L'armée polonaise (en polonais : Wojsko Polskie) est le nom donné aux forces militaires de la Pologne. Le nom est utilisé depuis le début du , bien qu'il puisse également être utilisé pour désigner des formations plus anciennes. Les forces armées polonaises se composent actuellement des branches de l'armée de terre (Wojsko Lądowe), de la marine (Marynarka) et de l'armée de l'air (Lotnictwo) et sont placées sous le commandement du ministère de la Défense nationale (). vignette|300x300px|volution territoriale de la Pologne au cours de son histoire. vignette|267x267px| Casque polonais du vignette|200x200px| Chevaliers polonais (vers 1228-1333) vignette|200x200px| Chevaliers polonais (vers 1333-1434) vignette|200x200px| Chevaliers polonais (vers 1447-1492) vignette|267x267px| Armure de plaques de type allemand, chevalier mercenaire polonais, vers 1514 vignette|217x217px| Armure et barde d'un chevalier mercenaire polonais du début du vignette|270x270px| Cavaliers polonais du milieu du vignette|200x200px| Soldats polonais, vers 1633-1668 vignette|200x200px| Infanterie polonaise, vers 1548-1572 vignette|384x384px| Armure de cavalerie polonaise du tournant des vignette|200x200px| Soldatesque polono-lituanienne, vers 1576-1586 vignette|200x200px| Soldats polonais, vers 1674-1696 vignette|200x200px| Soldats polonais, vers 1697-1795 vignette|267x267px| du vignette|261x261px| Armure de hussard du vignette|266x266px| Pièce d'artillerie polonaise à tir rapide, à plusieurs canons et à canon mobile du , capable de tirer simultanément droit devant et latéralement, et utilisé, entre autres, pour l'appui-feu des attaques de cavalerie vignette|343x343px| La garde du Hetman, peinture de Wacław Pawliszak vignette|200x200px| Revue des troupes polonaises et saxonnes en 1732 vignette|200x200px| Soldats polonais vers 1588-1632 vignette|336x336px| Casquette plate des Gardes à pied de la Couronne, 1697-1733 droite|vignette|262x262px| pendant le soulèvement de Kościuszko de 1794 vignette|265x265px| Uhlans du duché de Varsovie
Période pré-étatique Avant l'émergence d'un État polonais à proprement parler (au ), l'ensemble de la population participait à la défense de son territoire. Ce fait historique se reflète dans la langue elle-même, où le mot wojsko (« armée ») signifiait également « peuple » et désignait en vieux polonais une grande foule de personnes. Les populations pré-polonaises se battaient en groupe, sans utiliser de tactique particulière, et elles étaient probablement commandées par le guerrier le plus expérimenté du groupe. Deux concepts sont également associés au système de défense des tribus slaves habitant les zones historiques de la Pologne :
La cité fortifiée Une cité fortifiée est généralement située dans un lieu naturellement défensif, difficile d'accès, entouré de remblais protecteurs, de douves naturelles ou artificielles, d'une palissade et de pics. Elle était habitée en permanence par des artisans et les agriculteurs travaillant dans les champs environnants, tous étant citoyens à part entière de la ville. Un exemple en est Biskupin.
La ville refuge Une place forte située dans une zone difficile d'accès, offrant un abri à l'ensemble de la population locale en cas d'agression, ainsi qu'un point fort de soutien armé.
La période du premier État polonais Après la création de l'État polonais apparaît, aux côtés de la milice commune décrite dans le paragraphe précédent, et dont la mission était de défendre les environs immédiats en cas d'agression, une armée princière. Celle-ci était utilisée pour des opérations militaires plus larges, y compris offensives. Il s'agissait d'une force armée permanente attachée au prince. Les soldats formant cette troupe recevaient du prince une solde, une part du butin, des armes et de la nourriture. Une armée parfaitement organisée, disciplinée, bien entraînée et nombreuse conférait aux premiers Piast un avantage significatif sur les autres centres tribaux. Grâce à elle, ils purent étendre rapidement l'État Piast et mener des guerres avec les pays voisins.
L'armée princière était composée d'unités d'infanterie et de cavalerie. L'infanterie était divisée en unités de :
- Archers – équipée d'arcs lourds. - « Porteurs de boucliers » – équipés de boucliers, de lances et de haches.
La cavalerie était composée de :
- cavalerie blindée lourde () – un soldat à cheval équipé d'une épée, d'une hache, d'un arc, d'un bouclier, d'un casque et d'une armure. - cavalerie légère – même armement que le précédent mais sans l'armure.
Initialement, l'armée princière était dirigée personnellement par le prince, ses plus proches parents, ou ses associés. Au fil du temps, avec l'extension du territoire contrôlé et l'augmentation du nombre de troupes, il a fallu créer une fonction d'organisation des forces armées. À partir du , c'était le comte du tribunal — le voïvode-palatin (en latin : come palatinus) — qui joue se rôle, en plus de ses fonctions administratives.
L'armée de Mieszko était composée d'environ trois mille guerriers. Sous le règne de Boseslas le Vaillant, leur nombre s'accroit jusqu'à trois mille neuf cents guerriers (selon Gallus Anonymus). Mieszko II dispose probablement d'une armée tout aussi nombreuse au début de son règne. Les armes aussi évoluent. À l'époque de Boleslas III Bouche-Torse, une longue chemise en cotte de mailles descendant jusqu'au mollet devient populaire parmi les cavaliers lourds, et le petit bouclier rond a été remplacé par un plus grand type normand ou bouclier « en forme d'amande ». Les cavaliers utilisaient couramment la lance.
La première armée princière des Piast était suffisamment forte pour affronter les Tchèques, les Poméraniens et les Vélètes, mais pas assez forte (et trop mal équipée en cavalerie) pour faire face à l'expédition impériale sur le champ de bataille (Boseslas III dut employer des tactiques de guérilla contre Henri V). La Pologne des Piast doit surtout sa série de succès dans les guerres ultérieures avec l'Empire — ce jusqu'à l'invasion menée par Frédéric Barberousse — aux excellentes qualités défensives des places fortes polonaises ainsi qu'à l'utilisation généralement habile des conditions du terrain. Lors des affrontements avec les expéditions impériales, la formation la plus importante était généralement constituée d'archers (moins souvent de lanceurs de javelots), qui — lorsqu'ils étaient positionnés dans une position favorable — étaient capables d'infliger des pertes importantes à l'armée ennemie ainsi surprise pendant sa marche. Cependant, la défense des principales places fortes de la partie occidentale du pays demeurait d'une importance capitale dans les guerres avec l'Empire.
À l'Est, la situation était différente : les princes polonais envahissent à plusieurs reprises la Rus' de Kiev aux , attaquant avec succès l'ennemi sur le terrain (en profitant généralement du moment de faiblesse du prince kiévain, et souvent avec l'aide de forces étrangères, par exemple les Petchénègues). Les expéditions de pillage contre les États voisins constituaient alors la base du revenu de l'armée princière, et c'est pourquoi elles étaient menées très souvent, parfois même plusieurs fois par an. Cette situation change lorsque se répand le système de redistribution des terres basé sur le droit chevaleresque.
La période féodale Aux , la chevalerie apparaît comme la principale force militaire de l’État. Le processus de sa formation en tant qu'unité militaire clairement définie est long et difficile à appréhender. Au fil du temps, à mesure que l'administration des Piast se consolidait dans les zones précédemment conquises, la solde fut progressivement remplacée par des concessions de terres, qui devinrent le principal moyen de subsistance des guerriers. En échange du droit d'usage foncier, le chevalier était obligé de se présenter à l'appel du prince. Dans le même temps, un deuxième processus a lieu. Les autres propriétaires fonciers qui en sont entrés en possession d'une manière ou d'une autre sont tenus à la même obligation. Ainsi se crée une classe de chevaliers dont la communauté repose sur les mêmes droits et obligations. Au fil du temps, une noblesse relativement homogène émerge de ce groupe initialement diversifié.
Ceux qui possédaient des biens étaient obligés de répondre à la convocation du prince. Un riche chevalier part en guerre avec quelques uns de ses hommes ; un chevalier pauvre y va seul. Plusieurs chevaliers d'un même territoire sont réunis pour former une « bannière » (chorągiew). Lorsque la mobilisation couvrait la majeure partie du pays, les bannières étaient regroupées en escouades (hufiec). À cette époque, la coutume se développe pour les chevaliers de répondre aux appels princiers uniquement dans des situations de menace directe pour le pays ou la région. Dans le cas d'une guerre d’agression, le prince était obligé de couvrir les frais de la campagne sur ses fonds propres.
Le commandement suprême sur les chevaliers mobilisés était exercé par le prince ou le voïvode qui le remplaçait. Les bannières étaient commandées par des châtelains assistés de fonctionnaires appelés tribuns (wojski).
Même si les paysans n'avaient pas de fonctions militaires, ils étaient également enrôlés dans l'armée dans des situations exceptionnelles. Les citadins étaient chargés de défendre les villes.
Aux L'armée polonaise sous la monarchie féodale : les forces armées du royaume de Pologne entre 1320 et 1454.
Réformes militaires de Casimir III le Grand Sous le règne de Casimir III le Grand, les forces armées de l'État polonais et le devoir de service militaire furent codifiés dans des normes juridiques. Selon les statuts royaux, la principale force offensive et défensive de l'État devait être constituée par la levée en masse de la noblesse (pospolite ruszenie), composée de trois catégories : les chevaliers-nobles, les petits seigneurs, et les chevaliers issus des roturiers, comme les chefs de village, les baillis et même des paysans ordinaires.
Les chevaliers-nobles, étant les plus puissants, étaient généralement les mieux armés et disposaient souvent d'une suite militaire importante. Les petits seigneurs ou servaient dans la suite des grands seigneurs ou dans les bannières locales. Les chevaliers issus de roturiers (chefs de village ou paysans) occupaient des fonctions subalternes.
Tous ces chevaliers étaient tenus de servir personnellement dans l'armée à l'appel du roi, car ils possédaient des biens fonciers sous la loi chevaleresque, exempts d'autres obligations fiscales. Ils devaient disposer, selon leurs moyens, d'un équipement militaire adéquat.
Levée en masse et défense du territoire Ces règles s'appliquaient lors de la convocation de la levée en masse. En cas d'invasion ennemie sur le territoire, une levée locale (wyprawa domowa ou « défense du pays ») était organisée. On levait également des troupes parmi les exploitations agricoles et les villes, mais ni la noblesse ni les bourgeois n'étaient obligés de se présenter en personne ; ils devaient fournir un certain nombre de soldats proportionnellement à la taille de leurs terres ou à leurs revenus.
Sous Casimir III, la levée en masse pouvait mobiliser de à soldats, auxquels s'ajoutaient des fantassins paysans et des miliciens urbains en cas d'invasion. En cas de campagne offensive, le royaume pouvait rassembler entre et hommes. Pour la « défense du pays », jusqu'à 10 % de la population pouvait être mobilisée dans certaines parties du royaume. En 1341, hommes furent appelés pour défendre le pays contre les invasions tatares.
Impôts et financement de l'armée