Jules Coupier (1919-2020) est un lexicographe, traducteur et poète français d'expression provençale.
Biographie
Né le à Manosque dans une qui parle provençal, Jules Coupier fait ses classes à Oraison, avant d'aller à l'école normale d'Avignon de 1935 à 1938.
Il devient ensuite instituteur près de Paris, ainsi qu'en Moselle, « Ouvrages de références, les deux dictionnaires... », La Provence Digne, 7 juin 2016, p. 2..
À sa retraite en 1974, il s'installe à Vallauris, où il s'investit dans la société d'histoire locale Le Vieux Vallauris, dispensant notamment des cours de provençal au côté de Max Michel, « Segne Coupier [Maître Coupier] », Lou mièu Valauri, 2009, p. 7-8..
En 2009, lui dédie un poème dans son recueil Et cet éprouvé des ombres..
Le , il célèbre son centenaire.. Installé à la maison de retraite de Thoard et , « Jules Coupier, 97 ans, auteur dictionnaire provençal de référence », 19/20, France 3 Provence-Alpes, 27 juin 2016 (présentation en ligne)., il s'y éteint à 101 ans, le .., et est inhumé dans sa ville natale. Pierre-Dominique Testa lui consacre à son tour un poème à l'occasion de sa disparition..
Marié, il a un fils, .. Outre ses activités lexicographiques, il est féru d'astronomieVeici du 28 septembre 1996, entretien avec , France 3 Provence-Alpes (présentation en ligne)..
Travaux Le Dictionnaire français-provençal Il se fait surtout connaître par son Dictionnaire français-provençal qui, publié en premier lieu en 1995 par l'association Dictionnaires français-provençal emmenée par André Ariès et rédigé suivant la graphie mistralienne, se veut l' du Trésor du Félibrige.. Œuvre entamée en 1982, par un autodidacte en lexicographie aidé par sa femme, elle est refondue par une équipe bénévole de scientifiques conduite par le linguiste Philippe BlanchetEt comprenant également , Paul Nougier, Charles Rostaing et Pierre Vouland., et voit le jour grâce à une souscription d'environ 800 mécènes« Tout le provençal en deux livres », La Croix, 15 janvier 1996, p. 7..
Elle est signalée comme le par la Bibliographie linguistique ; Serge Bec le juge aux personnes apprenant ce parler et l'écrivantSerge Bec, « L'œuvre de Jules Coupier récompensée », Autre Sud, , mars 2006, p. 158-159., et Christian Bonnet le qualifie de , louant notamment la qualité des néologismes y forgésChristian Bonnet, « Le terreau des Lettres : vitalité de la lexicographie occitane », Revue française d'histoire du livre, , 1996, p. 163-172.. Le Dictionnaire sert aussi de source pour la réédition du Trésor du Félibrige entamée par le Conseil de l'écrit mistralien en 2006.. Jacques Taupiac vante un ouvrage et d'une , se distinguant par la des définitions.. Michel Courty, enfin, y voit une somme , du niveau du Petit Larousse ou du Robert..
Certaines critiquent sont formulées par des auteurs occitanistes. Bonnet regrette l'absence de certains et critique le trop grand nombre de synonymes proposées sous certaines entrées, tandis que Josiane Ubaud blâme un certain nombre de propositions en phytonymie.. Quant à Pierre Pessemesse, il estime que Coupier, qui à l'en croire , emprunte trop servilement au Trésor, et propose parfois des traductions arbitraires confinant au .. Quant à Taupiac, il estime que l'auteur cherche trop à singulariser le provençal et le démarquer du français, et déplore l'absence de principes de codification.
Il connaît une réédition en 2009 à l'initiative du Collectif Provence.. L'ouvrage comporte alors environ .
Autres En 1998, il fait paraître un Petit dictionnaire français-provençal, version abrégée de son dictionnaire. Jacques Taupiac salue à nouveau son travail, mais s'interrogeant sur les critères de sélection des mots conservés et évincés, regrette que ..
Il s'attelle également à la traduction et l'adaptation d'œuvres francophones classiques : Le Tartuffe de Molière, Phèdre de Jean Racine, Le Hussard sur le toit de Jean Giono, Le Grand Meaulnes d'Alain-Fournier, Sylvie de Gérard de Nerval, Le Silence de la mer de Vercors, et Le Diable au corps de Raymond Radiguet. Ces travaux sont déposés au Centre de documentation provençale de Bollène.
Enfin, on lui doit quelques poèmes inspirés d'Ovide et recueillis dans Divagaduro en 2003.
Il a collaboré au Rampau d'óuliviéKathryn Klingebiel, Bibliographie linguistique de l'occitan médiéval et moderne (1987-2007), Turnhout, Brepols, 2011, p. 253 ..
Ouvrages Dictionnaire français-provençal (préf. Charles Rostaing), 2. vol., Aix-en-Provence, Edisud, 1995 ; rééd. en 2009 par le Collectif Provence. Petit dictionnaire français-provençal, Aix-en-Provence, Édisud, 1998 . Lou Tartufe, trad. du Tartuffe de Molière, Marseille, Roudelet felibren [« Groupe félibréen »], 1998 . Divagaduro : rimarié prouvençalo em'un pessu de franchimand, Nice, Atlantis, 2003 .
Distinctions Prix de gratitude mistralienne 1996.. Grand prix littéraire de Provence 1996Patricia Dupuy, « Grand prèmi literàri de Prouvènço à Jùli Coupier [Grand prix littéraire de Provence à Jules Coupier] », Prouvènço d'aro, , loc. cit., p. 9 (lire en ligne).« Jùli Coupier Grand pres literàri de Prouvènço e Pres de la gratitudo mistralenco [Jules Coupier Grand prix littéraire de Provence et Prix de gratitude mistralienne », Li Nouvello de Prouvènço, , 1996, p. 20-21.. Prix Bruno-Durand 1996.. Commandeur des Arts et Lettres. (officier en 2013., chevalier en 2006).
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie .
Liens externes
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