Omega est une entreprise suisse d’horlogerie de luxe, fondée en 1848 à la Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse.
Établie à Bienne, dans le canton de Berne, depuis 1880, par les frères Brandt, elle rejoint le groupe Swatch en 1998.
Avec un chiffre d’affaires de plus de 2,3 milliards de francs en 2019, Omega en est devenue la première marque du groupe devant Longines et Tissot.
Description Par son ancienneté, sa longévité, sa visibilité (chronométrage sportif, conquête spatiale) et sa tailleDe 1894 à 2007, Omega a produit modèles de montres (Omega. Voyage à travers le temps, )., Omega est l'une des sociétés-phares de l'industrie horlogère suisse. Elle a en effet été la pionnière en matière d'industrialisation de la production (mécanisation, production de masse). Outre l'excellence de ses produits, reconnue par d'innombrables prix internationaux, elle a aussi été l'un des lieux de la lutte ouvrière et de la progressive amélioration des conditions de travail.
Après les tourments et les errements provoqués par l'irruption de la technologie liée au quartz et la concurrence des productions japonaises des années 1970, la marque a repris sa stabilité au sein du Swatch Group. Omega a développé des solutions techniques originales (échappement coaxial, calibres maison) et le design a été modernisé. Située aujourd'hui dans le segment « prestige »La segmentation stratégique opérée par le Swatch Group reprend celle que la SSIH avait instaurée dès 1930. La structure de cette segmentation peut être examinée sur le site du groupe horloger. du marché, certaines de ses productions visent clairement à se positionner dans le segment « luxe »La marque a ainsi produit un « tourbillon squelette » dont le prix atteint les francs suisses. Depuis quelques années, la firme développe également un secteur joaillerie.
En plus de la région biennoise, Omega a exploité des succursales ou des ateliers à Cortébert, Genève, Köniz, Lausanne, Le Sentier, Les Genevez et Villeret.
L'entreprise est active dans le chronométrage sportif depuis 1909, le traitement et l'affichage des données. Elle a assumé cette tâche la première fois lors des Jeux olympiques d'été de 1932 à Los Angeles car c'est la seule marque capable de fournir alors assez de chronographes certifiés. et, plus récemment, lors des Jeux olympiques de Turin en 2006, de Pékin en 2008 et de Vancouver en 2010. La marque signe avec les Jeux olympiques d'été de 2016 sa en tant que chronométreur officielOmega aux Jeux olympiques de Rio, Paris Match, 16 mai 2015, par l'intermédiaire de Swiss Timing sa maison-mère et filiale du groupe Swatch.
Historique thumb|Un calibre 38.5 d'une Gousset Omega (1941).
Fondation En 1848, Louis Brandt, alors âgé de 23 ans, ouvre un comptoir d'établissageUn comptoir d'établissage est une structure pré-industrielle qui permet une division du travail en distribuant les opérations de fabrication à plusieurs sous-traitants, chacun conservant son statut d'artisan indépendant. Il permet cependant au maître d'œuvre de fixer le niveau de ses exigences. à La Chaux-de-Fonds dans le canton de Neuchâtel. Ses montres portent la marque « Louis Brandt »..
En 1879, les deux fils du fondateur, Louis-Paul et César Brandt, décident de se lancer dans la fabrication industrielle « à l'américaine ». En raison de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée et de surfaces disponibles et de l'opposition de leurs concurrents, La Chaux-de-Fonds ne leur paraît pas convenir. Après avoir envisagé de s'implanter dans plusieurs villages du Jura, ils s'installent définitivement à Bienne dans le canton de Berne, mieux située sur le plan logistique (transports, main-d'œuvre, fourniture d'énergie, etc.). Dès , ils lancent leur premier calibre fabriqué par des procédés mécaniques. Fiable et bon marché, le produit connaît un succès fulgurant. Dès le second semestre 1880, l'entreprise occupe 250 personnes et lance ses premières marques. À l'époque, le temps de travail dans l'entreprise est de 59,5 heures hebdomadaires, ce qui est inférieur au maximum légal fixé à 65 heuresMarco Richon, Omega Saga, .. Avant la fin de la décennie, l'entreprise devient la plus grande de l'horlogerie suisse, occupant 600 personnes et à même de produire montres par année. La qualité de la production est reconnue par la Confédération suisse et à l'étranger.
Le calibre 19 En 1894, l'entreprise lance le calibre Omega 19 lignes, qui donnera son nom à l'entreprise. Le nom est déposé dès le . Ce produit est une réussite totale aussi bien technique que commerciale : vingt ans plus tard, en 1914, il représente encore le tiers de la production d'OmegaLe calibre 19 sera rapidement décliné en 9 dimensions et en 16 qualités de finition (Omega Saga, ). En 1896 : Omega remporte sa première récompense. L'entreprise occupe près de 800 personnes et fabrique montres Omega par année. On la considère déjà comme la . Les premières contrefaçons apparaissentMarco Richon, op. cit., . Après la mort des deux fondateurs, l'entreprise est transformée en société anonyme au capital de ().
Le temps des crises Jusqu'en 1907, les affaires sont florissantes : l'entreprise tente d'atteindre une production de pièces par jour en rationalisant et optimisant ses processus de fabrication. Mais en 1908 et 1909, l'industrie horlogère connaît une crise majeure : certaines firmes perdent jusqu'à 25 % de leur chiffre d'affaires. Omega parvient à limiter l'érosion de ses exportations à 7 % seulement. La crise passée, la demande augmente à nouveau, à tel point que la société peine à livrer ses clients.thumb|Réclame de 1923 (L'Illustration). En 1909, Omega assure son premier grand chronométrage sportif lors de la coupe Gordon Bennett de Zurich.
La Première Guerre mondiale provoque des perturbations importantes dans la production et l'engagement en masse de personnel féminin. En 1918-1919, la Suisse subit, comme ses voisins, une épidémie de grippe espagnole et surtout une vague de grèves ouvrières sans précédent. Les ouvriers d'Omega bloquent l'accès à l'usine et la direction fera appel à la troupe pour en dégager l'accès. La semaine de travail tombe à 48 heures, des vacances payées sont accordées aux ouvriersUne semaine après 10 ans, 2 semaines après 20 ans d'activité (Omega Saga p. 24).. Malgré les accords, les conflits sociaux persistent et la firme connaît encore plusieurs épisodes de grève.
À la fin de l'année 1920, les commandes chutent brutalement. L'entreprise est prise de court et l'exercice suivant se conclut sur une perte financière de plus de La première perte depuis la transformation en société anonyme, et peut-être bien la première depuis 1848, selon Marco Richon. La perte sera encore aggravée l'année suivante.. En 1924, Omega se rapproche de la firme Tissot, qui rencontre alors le même type de difficultésTissot était très active sur le marché russe, un marché définitivement perdu après la révolution russe, qui lui aurait accordé un prêt important. « N'oubliez pas que c'est Tissot qui a sauvé Omega ! » (Marie Tissot).. Des dirigeants de cette époque prétendaient même que « la Tissot avait sauvé l'Oméga ».
La SSIH Le Krach de Wall Street va accélérer le processus de fusion en 1930 et pousser à la création d'une société holding, la Société suisse pour l'industrie horlogère (SSIH) qui chapeaute les entreprises Omega et Tissot, déjà liées par une convention d’intérêts. Dans le partage de marché que prévoit l'accord, la production haut de gamme est attribuée à Omega, tandis que Tissot exploitera le milieu de gamme. À peine deux ans plus tard, un partenaire inattendu se joint à la SSIH, le fabricant de complications Lemania de la vallée de Joux. Il apporte des compétences qui n'existaient pas auparavant dans le groupe, en particulier la fabrication de chronographes, ce qui permet à Omega d'assurer la même année le premier chronométrage des Jeux olympiques à Los Angeles. En 2024, Omega continue à être chronométreur officiel pour les J.O. et pour les J.O.P. de Paris.
Mais la crise continue : en 1931, la moitié du personnel est mis au chômage complet. En 1932, la production chute et ne représente plus que 60 % de celle de 1929 ; l'effectif recule à 700 personnes, dont seules 30 ne chôment pas. La crise sera cependant l'occasion d'implanter de nouvelles méthodes de fabrication et l'optimisation des processus : interchangeabilité quasi complète des ébauches, travail à la chaîne effectué par un personnel moins qualifié, etc. Jusqu'en 1937, date de la signature de la Paix du travail, la vie de l'entreprise sera émaillée de grèves et de conflits sociaux. Les affaires reprennent alors lentement (les exportations sont alors pénalisées par la cherté du franc suisse). La fin des années 1930 est caractérisée par l'obtention d'un prix de précision de Kew TeddingtonSelon Omega Saga, p. 30, le prix de 1936 ne sera jamais égalé. et l'apparition des calibres R 13,5 et surtout . L'instabilité politique croissante en 1938 et 1939 (Anschluss, crise des Sudètes, Accords de Munich, Nuit de Cristal, annexion de la Tchécoslovaquie ) fait à nouveau faiblir les ventes.
La Seconde Guerre mondiale L'attitude protectionniste des États-Unis, l'extension des zones de conflits, l'effondrement de la demande civile et la fermetures des voies de communication marquent un frein très net. Dès 1939, la France fait pression sur les entreprises frontalière du Jura suisse (Omega, Dixi, etc.) pour obtenir des pièces de détonateursLa Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale, Rapport final, p. 200.. Malgré son refus catégorique et affiché de fabriquer du matériel militaire pour quelque belligérant que ce soit, il semble qu'Omega ait livré à la France des percuteurs pour les canons de la flotte aérienne et qu'un projet de carabine fut élaboré, puis abandonnéOmega Saga, p. 31.. Omega devient le plus gros fournisseur de montres pour l'armée de l'air britannique, qui lui en commandera jusqu'à la fin du conflit (soit les deux tiers de ses exportations). Sur le plan social, la guerre est l'occasion pour la firme de fonder un fonds de prévoyance pour ses employés.
L'année 1942 voit le lancement des premières montres automatiques : Omega Automatic.
Le est fabriquée la montre portant la marque Omega, qui est un chronomètre de poche en or de .
La fin de la guerre marque un réel engouement international pour les montres Omega (qui développent une campagne publicitaire dynamique) : Omega est choisie comme montre officielle par la Canadian Air Force, la Royal Australian Air force, l'U.S. Air Force , Air France, Sabena, Canadian Pacific Airlines, etc.
Après 1945 thumb|Un chronographe Seamaster (modèle récent). 1948 : Première Seamaster 1952 : Lancement du chronomètre-bracelet Constellation 1957 : Création du chronographe Speedmaster
The Moon Watch thumb|gauche|Omega Speedmaster.
1965 : La NASA choisit la Speedmaster comme chronographe officiel. 1969 : Buzz Aldrin pose son pied sur la Lune le en portant un chronographe Speedmaster dit Moonwatch, alors la seule montre capable d'aller dans l'espace sans risque de rupture du verre de la montre (qui est remplacé par un vitrage en plexiglas). Neil Armstrong avait laissé le sien dans le LEM en raison de la panne du chrono de bord.
Apparition du quartz Au cours des années 1970 et 1980, l'industrie horlogère connaît une crise sans précédent. Dans les années 1980, La plupart des fabricants disparaissent ou fusionnent dans la SMH. À la limite du dépôt de bilan, Omega est menacée de rachat par le concurrent asiatique SeikoNicolas Hayek, Préface de Omega. Voyage à travers le Temps. et ne doit son salut qu'à la reprise par Swatch. 1970 : Lancement des premières montres électroniques. Omega présente plusieurs produits d'avant-garde à la Foire de Bâle. Dans les années suivantes, la marque développera plusieurs calibres à quartz et à diapason. 1974 : Lancement de l'Omega Megasonic, développée par Max Hetzel (calibre 9162).