Les explosions de bipeurs et de talkies-walkies au Liban survenues les et sont des attaques perpétrées par Israël qui ont consisté à faire exploser de manière simultanée plusieurs milliers de bipeurs et de talkies-walkies utilisés par le Hezbollah, au Liban principalement, et dans une plus faible mesure en Syrie. Les explosions de bipeurs le ont fait près de 12 morts et . Le , ce sont des talkies-walkies qui explosent, faisant au moins 25 morts et plus de 450 blessés. En tout 42 personnes ont été tuées, la plupart étant des membres du Hezbollah, et près de 3 500 blessées selon le ministère libanais de la Santé.
Ces attaques interviennent dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hezbollah (2023-2024) et de la guerre à Gaza.
Selon les experts, les services israéliens auraient infiltré la chaîne d'approvisionnement des bipeurs. Près de ont été piégés au moment de leur fabrication. avec de petites quantités d'explosifs. Les explosions ont été déclenchées à distance et ont blessé ou tué les personnes à proximité des appareils.
L'ONU qualifie ces attaques de « violations du droit international ». Plusieurs spécialistes de droit international soulignent le caractère indiscriminé de l'attaque et rappellent l'interdiction des pièges, énoncée dans l’article 7(2) du Protocole II de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC) et intégrée au droit international de la guerre en 1996.
Contexte
Au cours de la guerre à Gaza, le Hezbollah s'est joint au conflit en soutien au Hamas en tirant sur des positions israéliennes. Depuis lors, le Hezbollah et Israël ont été impliqués dans des échanges de tirs transfrontaliers, qui ont déplacé des communautés entières en Israël et au Liban et causé des dommages importants aux bâtiments et aux terres le long de la frontière.
Avant la série d'explosions, le , le cabinet de sécurité d'Israël avait indiqué que désormais la frontière nord avec le Liban devenait un objectif de guerre, qui s'ajoute aux deux objectifs antérieurs que sont le démantèlement du Hamas et la libération des otages kidnappés lors des attaques du .. Le gouvernement espère assurer ainsi le retour à leur domicile des personnes déplacées du nord d'Israël. L'agence de sécurité intérieure d'Israël, le , a annoncé ce même jour avoir déjoué en un complot du Hezbollah visant à assassiner un ancien haut responsable de la défense à l'aide d'un engin explosif..
En , l'armée israélienne renforce sa présence à la frontière avec le Liban, en prévision d'une guerre à grande échelle..
Cette attaque intervient au moment où des négociations sont en cours sous l'égide des États-Unis pour tenter d'obtenir la désescalade à la frontière entre le Liban et Israël..
Avant les explosions, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait appelé les membres à cesser d'utiliser des smartphones, en soulignant la capacité d'Israël à infiltrer ces appareils et leur avait demandé de privilégier les bipeurs. Le groupe paramilitaire qualifie l’événement de ...
17 septembre 2024
Déroulement thumb|Vidéo d'une caméra de sécurité de l'explosion d'un bipeur au Sud du Liban. Le , des centaines de membres du Hezbollah, ainsi que des civils de leur entourage, ont été grièvement blessés dans plusieurs endroits au Liban à la suite de l'explosion de bipeurs (appareils de radiomessagerie, en anglais « pagers »). Les bipeurs ont sonné pendant plusieurs secondes avant l'explosion. dans le but que le destinataire ait le temps de se saisir de l'appareil, de manière à augmenter les chances qu'il soit touché au visage par l'explosion..
Les explosions se sont produites dans plusieurs zones où se trouvaient des membres du Hezbollah, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth (Dahieh), dans le Sud du Liban, et dans la plaine de la Bekaa, où des explosions ont été signalées dans les villes d' et Rayak. Des explosions auraient été déclenchées jusqu'à 30 minutes après les détonations initiales, ce qui a aggravé le chaos résultant des précédentes. Des explosions ont également été signalées à Damas, en Syrie., pour un total de quatorze blessés..
Des témoins ont rapporté avoir vu plusieurs personnes saignant de leurs blessures à la suite des explosions. Des photos et des vidéos circulant sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux des banlieues sud de Beyrouth montraient des individus allongés au sol avec des blessures aux mains ou près de leurs poches.
Les hôpitaux du sud du Liban, de la vallée de la Bekaa et des banlieues sud de Beyrouth ont été submergés de patients, dont beaucoup souffrent de blessures graves. En réponse, le ministère libanais de la Santé a conseillé aux personnes possédant des bipeurs de s'en débarrasser et a demandé aux hôpitaux de rester en « état d'alerte élevée ». L'Agence nationale d'information gérée par l'État a lancé un appel aux dons de sang.
Cause et responsabilités bipeurs avec des explosifs disposés de manière indétectable à l'intérieur, ont été vendus au Hezbollah à partir de , sous le nom de modèle AR-924, reprenant le design du modèle AP-924 de .. Gold Apollo, entreprise taïwanaise, déclare que ces appareils ont été fabriqués sous licence par l'entreprise hongroise .. Selon le , est une « organisation écran créée par des membres des services de renseignements israéliens »..... Cette société écran emploie un seul prestataire de service.....
Le Mossad est largement décrit comme l'auteur de cette attaque, information décrite par des responsables américains et d'autres officiels informés de l'opération... L'État hébreu aurait planifié l'attaque, ce qui aurait nécessité au préalable la création de sociétés écrans — afin d'infiltrer la chaîne d'approvisionnement des bipeurs — la participation de nombreux agents du Mossad pour couvrir les activités de ces sociétés, et celle d'employés non-impliqués qui ignoraient tout de l'objectif réel de ces entreprises«Israel had a hand in the manufacturing of pagers that exploded on Hezbollah operatives this week, with this type of "supply chain interdiction" operation having been planned for at least 15 years, a U.S. intelligence source confirmed to ABC News.», . Selon le New York Times et le Washington Post, citant une source de services de renseignement, Israël, à partir de 2022, a participé à la fabrication des bipeurs qui ont explosé. Il aurait maitrisé le cycle de fabrication et de commercialisation, avec la création de sites internet à partir de pour vendre ce matériel au Hezbollah. L'explosif utilisé pour piéger les bipeurs est le tétranitrate de pentaérythritol (PETN) selon The New York Times. L'explosif aurait été placé au sein même de la batterie entre deux cellules de batterie, avec de plus un matériau détonateur.
Le , le Mossad a informé plusieurs responsables politiques de cette opération secrète. Les États-Unis n'auraient pas été prévenus préalablement à l'attaque. Selon CBS, Israël a informé des responsables américains de l'opération 20 minutes avant de la déclencher. Le , Benyamin Nétanyahou annonce avoir validé le déclenchement des explosifs des bipeurs et talkies-walkies. Il déclare également avoir avancé la date des explosions, initialement prévue en octobre, car l'attaque risquait d'être découvertehttps://www.lorientlejour.com/article/1436048/netanyahu-les-explosions-de-bipeurs-initialement-prevues-en-octobre-la-date-avancee-avant-une-possible-fuite.html.
Autres hypothèses envisagées Le média d'investigation hongrois Telex met en cause une autre société qui aurait fourni des bipeurs piégés, , basée en Bulgarie... Une enquête des services bulgares conclut cependant qu'aucun des bipeurs piégés n'a été sur le sol bulgare. Une autre enquête est ouverte en Norvège où le fondateur et dirigeant de Norta Global Ltd, domicilié à Oslo, Rinson J, a créé deux sociétés aux noms très proches dans ce pays scandinave. Rinson J. a quitté le pays le soir de l'explosion des bipeurs pour une conférence aux Etats-Unis.
L'hypothèse envisagée dans un premier temps, de l'explosion à distance des batteries au lithium des appareils par surchauffe est considérée en définitive comme peu probable par les experts. Les batteries au lithium, qui se trouvent dans divers appareils électroniques grand public et dans les véhicules électriques, peuvent surchauffer, fumer, fondre ou prendre feu en atteignant des températures jusqu'à (). ; toutefois, il est difficile de provoquer leur explosion.
Il a été révélé que l'Université américaine de Beyrouth avait renouvelé ses bipeurs le , engendrant une polémique affirmant que des responsables auraient été prévenushttps://today.lorientlejour.com/article/1427448/aub-denies-rumors-about-its-pager-system.html.
Victimes
Douze personnes ont été tuées le dont deux enfants. et quatre professionnels de la santé travaillant dans des hôpitaux privés de la banlieue sud de Beyrouth.. Le fils du député du Hezbollah, Ali Ammar, compte également parmi ces douze personnes tuées.
, l'ambassadeur d'Iran au Liban, a été blessé. Il aurait perdu un œil. ce qui est démenti par son ambassade..
Si un grand nombre de victimes sont des membres du Hezbollah, , selon le ministre de la santé libanais..
Selon des médecins libanais ayant soigné les victimes, la plupart des blessures ont été portées aux yeux et aux mains, nécessitant des énucléations. Dans la plupart des cas, les deux yeux ont été touchés ; les victimes deviennent aveugles..
18 septembre 2024 Le , des talkie-walkies explosent au Liban. Ces nouvelles explosions font au moins vingt morts et 450 blessés..... D'après des membres des services hospitaliers libanais, la majorité des personnes blessées par l'explosion de talkies-walkies piégés ont définitivement perdu la vue.. Les appareils étaient notamment utilisés par les membres du Hezbollah, ce dernier les ayant commandés en même temps que les bipers, mais aussi par des civils. Les appareils qui explosent sont plus massifs que la veille, les explosions, plus puissantes et les atteintes, plus graves..
Des talkies-walkies ont explosé pendant les funérailles de membres du Hezbollah tués le jour précédent par l'explosion de bipeurs.. D'autres explosions se sont produites dans des marchés et des rues animées.. Certaines explosions ont entraîné l'incendie de véhicules..
Les talkies-walkies IC-V82 sont fabriqués par la société japonaise ICOM de 2004 à . ; il s'agit de modèles anciens qui ne sont pas passés par un circuit de commercialisation régulier. La commercialisation des talkies-walkies piégés aurait commencé à partir de 2015. Ces talkies-walkies permettaient également l'accès aux communications de leurs utilisateurs.
Il avait été initialement rapporté que d'autres appareils de communication (téléphones portables, tablettes, lecteurs d'empreintes digitales voire panneaux solaires) avaient également explosé mais ces informations étaient fausses.
Conséquences
Pour la société libanaise Les attaques provoquent le choc et l'indignation de la plupart des Libanais du fait que les explosions ont eu lieu dans des lieux publics comme des marchés ou dans la rue et ont atteint des civils. Le Monde parle d'« une onde de terreur qui s'est répandue à travers le Liban ».
Selon le magazine Time, « beaucoup ont comparé ces deux attentats à du « terrorisme », à la fois en raison de leur impact sur la population libanaise et de leur caractère profondément angoissant ». Cet hebdomadaire américain compare la méthode « en deux étapes » aux attentats d'Al-Qaida visant des ambassades américaines en Afrique en 1998, au Kenya et en Tanzanie, ainsi qu'aux attentats à la voiture piégée lors de l’occupation américaine de l’Irak, où une bombe explosait, puis une deuxième une demi-heure plus tard. « Si l’objectif principal de l'attaque était de susciter la peur, le succès était palpable dans tout Beyrouth », indique le Time.