Les Églises du Christ, également connues sous le nom lÉglise du Christ, sont une association libre d'assemblées chrétiennes autonomes situées dans le monde entier. Parmi les croyances et pratiques qui les distinguent de la plupart d'autres communautés on relève la croyance à la nécessité du baptême pour le salut et le refus d'employer des instruments de musique dans les services. Beaucoup de ces assemblées s'identifient comme étant non confessionnelles.

Aux États-Unis, les Églises du Christ sont issues du mouvement de restauration de nombreux chrétiens du qui ont voulu se libérer des limites des confessions de foi ou pratiques propres aux différentes églises chrétiennes, qui sont interprétées comme non bibliques et source de divisions. Ils voulaient voir .

En certains autres pays, telle que l’Espagne, les Églises du Christ peuvent tracer leurs origines modernes à des mouvements indigènes qui ignoraient l’existence des Églises du Christ américaines mais qui avaient les mêmes objectifs et les mêmes approches de la Bible que le mouvement aux États-Unis.

Histoire

Les Églises du Christ sont issues du Mouvement de Restauration qui commença en Europe et aux États-Unis à la fin du et au début du siècles, sous l'impulsion de deux groupes : l’« Église chrétienne », dirigée par Barton W. Stone, et l'autre, les « Disciples du Christ », conduite par Thomas Campbell (1777-1844) et son fils, Alexander Campbell (1788-1866). Dans les deux cas, il s'agissait d'une convergence de croyants à la recherche d'un retour à une forme originale et « pré-confessionnelle » du christianisme. Les participants à ce mouvement cherchaient à fonder leur doctrine et leur pratique sur la Bible seule, plutôt que de reconnaître les conciles traditionnels et les hiérarchies confessionnelles qui en étaient venues à définir le christianisme depuis le . Les membres des Églises du Christ croient que Jésus n'a fondé qu'une seule Église, que les divisions actuelles entre chrétiens n'expriment pas la volonté de Dieu et que la seule base pour restaurer l'unité des chrétiens est la Bible. Ils s'identifient simplement comme « chrétiens », sans utiliser aucune autre forme d'identification religieuse ou confessionnelle. Ils aspirent à être l’Église du Nouveau Testament telle qu’établie par Christ.

L'idée fondamentale du mouvement de restauration était que le christianisme dans son ensemble s'était éloigné des croyances et des pratiques que les apôtres transmirent à l'Église du premier siècle de la part de Jésus. Cette situation semblait cohérente avec les nombreux avertissements contenus dans le Nouveau Testament concernant une future apostasie. Les adhérents du mouvement voyaient les signes évidents de cet éloignement de la doctrine biblique aussi bien chez les protestants que chez les catholiques. La solution à leurs yeux était un simple retour à la Bible avec la volonté d'y découvrir le modèle primitif donné par Dieu et de s'y conformer. Ils croyaient qu'en faisant ainsi, ils ne créeraient pas une nouvelle église, mais permettraient le retour à ce qui existait à l'origine du christianisme, une église unifiée. Pour certains, l'Église authentique avait complètement disparu de la terre, alors que d'autres étaient persuadés que des Églises fidèles à la Parole de Dieu avaient toujours existé, que les historiens aient rapporté leur présence dans divers pays ou non. Dans les deux cas de figure, la marche à suivre serait la même : reconnaître que la Bible seule fait autorité, plutôt que les traditions ecclésiastiques ou les décisions des conciles humains, et suivre humblement ce qu'elle enseigne. Les Églises du Christ raisonnent ainsi: La parole de Dieu est comme une semence. Si l'on la prêche sans y ajouter les doctrines des hommes, elle produira toujours la même Église qu’elle a produite au premier siècle. Malgré des centaines d’années d’apostasie, les hommes peuvent, grâce à cette parole éternelle, découvrir et restaurer l’Église de Jésus-Christ. Cette approche aurait le double avantage de mettre de côté les noms et institutions confessionnelles qui sont étrangères à la Bible et constituent des barrières à l'unité des croyants, et de permettre qu'on soit sûr d'être dans la volonté de Dieu.

Au milieu du , une division se développa progressivement au sein du mouvement de restauration. Une source de controverse était la société missionnaire, créée par des délégués de plusieurs assemblées locales en 1849 et chargée d'administrer des efforts collectifs d'évangélisation. Elle adopta un règlement intérieur qui fixa le niveau des cotisations à verser pour y faire partie et qui donna au bureau exécutif le pouvoir de nommer des missionnaires, décider de leur soutien et de leur champ de travail, les superviser, les renvoyer en cas de besoin et présenter un rapport sur leurs activités lors de la convention annuelle. Un certain nombre d'assemblées choisirent de ne pas y adhérer, parce qu'elles ne trouvaient pas d'autorité biblique pour une telle organisation et estimaient que la responsabilité d'évangéliser le monde appartenait à l'Église elle-même plutôt qu'à une institution d'origine humaine. On soulignait également que le système de financement de la société trouvait son inspiration dans les affaires mondaines et s'écartait du principe biblique des dons volontaires comme chacun . D'autres assemblées s'en retirèrent estimant que la société missionnaire portait atteinte à l'autonomie des assemblées locales et risquait de s'ériger en porte-parole pour l'Église entière.

Un deuxième point de désaccord était l'introduction des instruments de musique dans le culte de certaines assemblées locales, à commencer par une Église au Kentucky en 1859, révélant au fond une différence d'approche de l'interprétation des textes bibliques. Là encore, le fondement de l'objection était le manque d'assise biblique de la pratique de la musique instrumentale pendant les cultes. Les assemblées qui tenaient à employer les instruments prétendaient que ce qui n'est pas explicitement interdit dans le Nouveau Testament doit être toléré ; celles qui ne les admettaient pas tenaient au principe que ce qui n'est pas autorisé dans le Nouveau Testament, soit par un commandement direct, soit par un exemple apostolique, soit par une déduction logique basée sur une déclaration explicite de la Bible, est défendu. Elles considéraient que n'importe quel chrétien peut adorer Dieu en bonne conscience en chantant a cappella, mais qu'imposer l'instrument de musique dans un culte forcerait beaucoup de fidèles à violer leur conscience.

Un troisième facteur de division était moins concret que les deux autres, mais tout de même important. Dans les séminaires et instituts bibliques qui avaient été établis par des membres du mouvement, la théologie libérale qui mettait en cause l'inspiration et l'infaillibilité des Écritures commençait à dominer.

Les assemblées qui optaient pour la société missionnaire et l'instrument de musique dans le culte prirent l'habitude de se désigner le plus souvent par le nom Église chrétienne ou Les disciples du Christ, alors que celles qui rejetaient ces choses comme étant des « innovations » portaient plus souvent le nom « Églises du Christ », mais il y avait de nombreuses exceptions dans les deux sens - des Églises qui rejetaient l'instrument et la société missionnaire qui continuaient d'être connues comme des Églises chrétiennes, et des assemblées qui épousaient ces choses, mais s'identifiaient toujours par le nom Église du Christ. En 1906, le recensement religieux américain a répertorié pour la première fois les Églises chrétiennes et les Églises du Christ comme des groupes séparés et distincts. Au sein de l'Église chrétienne il y eut encore des tendances conservatrices, dont les assemblées sont connues aujourd'hui par le nom Églises chrétiennes et Églises du Christ et des tendances plus libérales, dont les assemblées constituent l'Église chrétienne des Disciples du Christ.

Statistiques Étant donné l'absence de sièges nationaux ou mondiaux, il est impossible de déterminer avec certitude le nombre de membres ou d'assemblées locales. Des chiffres officiels n'existent pas. En 2022, le nombre total de membres des Églises du Christ fut estimé entre et , avec plus de locales dans le monde. Aux États-Unis, il y a environ et presque . La taille moyenne des congrégations est d'environ , les plus grandes congrégations comptant plus de . En 2000, les Églises du Christ étaient le groupe religieux aux États-Unis en termes de nombre de membres, mais le en nombre de congrégations.

Des Églises du Christ existent dans la plupart des pays francophones du monde, où elles ont plus de et plus de locales.

Origines du nom « Église du Christ » est le nom le plus couramment utilisé par ce groupe. Il peut se référer à l'Église « universelle », dans le sens de tous ceux qui, dans le monde entier, ont été sauvés par Jésus et qui forment son unique corps spirituel. Il est employé également pour identifier une assemblée locale comme «l'Église » dans un endroit particulier, sans autre description ni qualificatif. L'une des principales motivations derrière l'emploie de ce nom est le désir d'identifier l’Église en utilisant un nom que l’on trouve dans le Nouveau Testament. Les adhérents ont parfois été appelés Campbellites par les membres d'autres communautés car on suppose qu'ils sont des adeptes des enseignements d'Alexander Campbell, un meneur prééminent dans le mouvement de restauration. En effet, d'autres acceptent volontiers de porter les étiquettes de luthérien ou de calviniste pour refléter l'influence importante de Martin Luther et de Jean Calvin dans leur théologie, mais les Églises du Christ ont toujours rejeté l'appellation de Campbellite. Campbell lui-même a réfuté l'idée selon laquelle une dénomination aurait été fondée par lui ou qu'il en était le chef. Il déclara dans la publication The Christian Baptist en 1826 et 1828 : « Certains éditeurs religieux du Kentucky appellent ceux qui désirent voir l'ancien ordre des choses rétabli, « les Restaurateurs », « les Campbellites »… Cela peut bien convenir à certains ; mais tous ceux qui craignent Dieu et gardent ses commandements auront pitié de et déploreront la faiblesse et la folie de ceux qui pensent convaincre ou persuader par de tels moyens » et : . Le terme « Campbellite » est généralement inacceptable pour les membres des Églises du Christ parce qu'ils ne se réclament d'aucun homme à part Jésus-Christ et n'enseignent que ce qui est présenté dans les textes bibliques. En outre, ils croient que le Christ n’a établi qu’une seule Église et que l’utilisation de noms confessionnels sert à favoriser la division entre les chrétiens.

D'autres termes sont reconnus comme bibliques et donc tout à fait légitimes, tels que : « l'Église de Dieu », « l'Église du Seigneur », « l'Église des premiers-nés », « l'Église du Dieu vivant », « la maison de Dieu » et « le peuple de Dieu ». Ils sont employés dans certains contextes, mais ils ne sont pas souvent utilisés de façon publique (sur les pancartes ou autres publicités, dans les documents officiels) pour ne pas créer de la confusion, étant donné que d'autres groupes utilisent ces noms pour s'identifier. D’un point de vue pratique, l’utilisation d’un terme commun est considérée comme un moyen d’aider les chrétiens à retrouver des congrégations ayant une approche similaire des Écritures

L'organisation de l'Église

L'autonomie et le leadership de l'assemblée locale