Les bombardements israéliens au Liban de septembre-novembre 2024 sont la première phase de la guerre entre Israël et le Hezbollah font plus de 2 600 morts et 13 492 blessés, en majorité des civils, à la date du , selon le ministère libanais de la Santé. 1,4 million de personnes ont été déplacées en raison de la guerre. dans un pays de d'habitants. En 13 mois de conflit, entre le début des affrontements frontaliers entre Israël et le Hezbollah le , et le , le bilan des pertes humaines est de plus de 3 400 morts et 14 000 blessés au Liban, sans compter les disparus.
Ces bombardements massifs succèdent à des frappes de moindre intensité dans le cadre des affrontements frontaliers entre Israël et le Hezbollah qui avaient commencé avec le déclenchement de la guerre à Gaza. Pour la seule journée du , ont été tuées et plus de ont été comptabilisées au Liban dans les bombardements israéliens rapporté par dans son communiqué de presse du ., un nombre plus élevé qu’en un an d’affrontements. Le but déclaré d'Israël est de neutraliser le Hezbollah, qui lance des roquettes sur le nord d'Israël avec l'objectif affiché de soutenir le Hamas. Selon les autorités israéliennes, ont dû quitter la zone frontalière avec le Liban à cause des roquettes lancées par le Hezbollah. Selon l’ONU, Libanais ont dû quitter leur lieu d'habitation (soit plus d'un cinquième de la population totale) à cause des bombardements israéliens..
Les Nations unies dénoncent « le coût humain de la violence pour les civils ».. Le souligne le fait que et le Washington Post, que les frappes israéliennes au Liban sont parmi les plus meurtrières depuis des décennies..
Les bombardements ont préparé l'invasion du Liban dès le 30 septembre. Ils se poursuivent sur de nombreuses régions du pays pendant l'offensive terrestre.... L'armée israélienne désigne l'ensemble de ces actions d'un nom de code, « Opération Flèches du Nord ».
Un accord pour un cessez-le-feu est trouvé le . Malgré le cessez-le-feu, l'armée israélienne mène quotidiennement des frappes avec des drones, tuant 34 personnes durant les trois premières semaines de cessez-le-feu.
Déroulement Le au matin, l'armée de défense israélienne bombarde massivement au moins dans le Sud-Liban et la région de la Bekaa et conseille aux habitants d'évacuer la zone et de s'éloigner des combattants du Hezbollah. Les bombardements du font au moins , dont et plus de et provoquent des déplacements massifs de population. Le Premier ministre libanais parle d’ Le ministère de la Santé a appelé tous les hôpitaux des gouvernorats du Sud, de Nabatieh et de Baalbek-Hermel à suspendre toutes les opérations « chirurgicales » non urgentes, afin de traiter les blessés atteints par les bombardements.. Le gouvernement libanais annonce la fermeture des écoles. Les bombardements israéliens ont fait une majorité de victimes civiles, selon Radio France internationale. Des dizaines de milliers d’habitants du Sud-Liban ont fui en direction du nord au cours de la journée.. Les bombardements israéliens se poursuivent, tandis que l'exode massif de la population du Sud-Liban continue.
Le le bombardement israélien du quartier général du Hezbollah tue au moins , selon des estimations préliminaires. ; le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a été tué dans ce raid, au cours duquel d'une tonne chacune ont été larguées, en quelques minutes, sur la banlieue sud de Beyrouth..
Le , les bombardements se poursuivent dans de nombreuses régions du pays, pendant qu'Israël entreprend une offensive terrestre dans le sud.
Le successeur potentiel de Hassan Nasrallah, Hachem Safieddine, est la cible, dans la nuit du 3 au , de bombardements massifs, aussi violents que ceux qui avaient visé le quartier général du Hezbollah le , dans la nuit du 3 au ., « nuit de terreur » pour les habitants selon Courrier international..
Des sources indépendantes confirment la mort de plusieurs commandants du Hezbollah : Ibrahim Kobeissi, tué dans une frappe aérienne sur un immeuble de Beyrouth, qui tue 5 autres personnes le .., Mohammed Hussein Surur, dans un bombardement le ., Nabil Kaouk le , Ali Karaki tué dans le bombardement israélien du quartier général du Hezbollah le .
Le conflit prend la dimension d'une « guerre totale » ; il s'agit de la cinquième guerre israélo-libanaise depuis 1978..
Après le cessez-le-feu conclu fin , des bombardements israéliens se poursuivent notamment dans le sud du Liban en , janvier et .
Violations du droit humanitaire international Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés déclare, le , à propos des bombardements israéliens depuis le au Liban, avoir constaté ... Filippo Grandi souligne le fait que la destruction de maisons civiles n'est pas conforme au droit de la guerre, de même que les déplacements forcés de population ou « le fait de forcer les gens à fuir »..
Un rapport de Human Rights Watch (HRW) publié après la guerre, en , accuse Israël d’avoir mené des « attaques aveugles contre des civils. » L'ONG cite notamment l'exemple du village de Younine, dans l’est du Liban, où 33 civils ont été tués au cours de deux massacres. Le , une bombe aérienne guidée JDAM fournie à Israël par les Etats-Unis a touché un immeuble habité, tuant 23 membres d’une famille syrienne. Une seconde frappe, conduite le , y a détruit une maison et tué dix civils, dont cinq femmes et un bébé d'un an. HRW précise n’avoir trouvé durant son enquête « aucune preuve d’activité militaire, ni de cibles militaires, sur ces deux sites » et qu'aucun avertissement n'avait été donné aux habitants pour évacuer.
Selon l'ONG, « un nombre croissant de preuves montrent que les forces israéliennes ont systématiquement manqué à leur obligation de protéger les civils lors de leurs frappes menées au Liban en 2023 et 2024, ou de faire une distinction adéquate entre les cibles militaires d’une part et les civils d’autre part ». En outre, les Etats-Unis pourraient s’être rendus coupables de complicité de crimes de guerre pour avoir fourni des armes utilisées par l'armée israélienne pour massacrer des civils.
Ciblage du secteur médical vignette|Frappe aérienne israélienne près d'un hôpital dans la vallée de la Bekaa le .
Human Rights Watch parle de crimes de guerre manifestes concernant les frappes israéliennes contre le secteur médical au Liban. « Les hôpitaux et autres établissements médicaux sont des biens civils protégés par le droit international humanitaire », conformément à l'article 19 de la quatrième Convention de Genève.
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé l'aviation israélienne a bombardé, à la date du , 37 établissements de santé, tué 70 professionnels de santé et blessé 65 personnes travaillant dans le même secteur d'activité.
Les médecins et les secouristes qui œuvrent dans des organisations affiliées au Hezbollah bénéficient de la même protection que tous les professionnels de santé ; le droit international interdit de les cibler, souligne Heidi Matthews, professeure canadienne de droit à la Osgoode Hall Law School.. Par ailleurs un belligérant qui vise des établissements de santé en alléguant leur utilisation à des fins militaires doit en apporter la preuve claire.. Quand même ce serait le cas, les personnes blessées ou malades qui y sont soignées demeurent protégées, et doivent bénéficier d'un délai d'évacuation avant une attaque.
Au moins douze secouristes de la Défense civile libanaise (qui dépend de l’État libanais, sans rapport avec le Hezbollah) et seize ambulanciers de la Croix-Rouge libanaise (sans rapport avec le Hezbollah) ont été tués début octobre dans des frappes israéliennes. Au , au moins 192 secouristes et personnels de santé ont été tués lors des frappes aériennes israélienneshttps://www.lorientlejour.com/article/1435682/bilal-raad-une-figure-centrale-de-la-defense-civile-libanaise-tuee-par-israel.html. Israël a allégué une utilisation militaire d'ambulances par le Hezbollah « sans toutefois en apporter la preuve » selon CNN. Le Liban a porté plainte devant le Conseil de sécurité de l'ONU en réponse aux « attaques israéliennes réitérées et délibérées contre la Défense civile libanaise »https://www.lorientlejour.com/article/1436269/le-liban-va-deposer-une-nouvelle-plainte-a-lonu-apres-les-attaques-israeliennes-contre-sa-defense-civile.html.
Israël a largué des bombes à distance létale d'au moins 19 hôpitaux libanais, soit dans un rayon de 340 mètres autour de ces établissements, à distance dangereuse de 24 hôpitaux, soit dans un rayon de 500 mètreshttps://www.lorientlejour.com/article/1433965/larmee-israelienne-a-largue-des-bombes-a-proximite-mortelle-dau-moins-19-hopitaux-libanais-selon-une-analyse-de-cnn.html.
Ciblage d'infrastructures civiles Les bombardements israéliens qui visent de nombreux bâtiments abritant des filiales de la société de microcrédit al-Qard al-Hassan affiliée au Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth, dans le sud et l'est du Liban, le , constituent de possibles crimes de guerre. Le Rapporteur spécial sur les droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme, Ben Saul, rappelle l'interdiction juridique de s'attaquer aux « infrastructures économiques ou financières d'un adversaire, même si elles soutiennent exclusivement ses activités militaires ». Ainsi déclare-t-il, de tels bombardements « violent le droit international humanitaire en ciblant des infrastructures civiles ». Des ONG comme Legal Agenda, une « organisation de recherche indépendante » libanaise, soulignent également l'absence d'« objectif militaire légitime », ce qui autorise à parler de crime de guerre.. De même, Amnesty International.., qui déclare : .. Si Israël accuse Qard al-Hassan d'avoir contribué à financer le terrorisme, Amnesty affirme que l'institution est une . Qard al-Hassan accorde des prêts sans intérêts, en vertu des règles de la finance islamique qui interdisent l'usure et la spéculation.
Un média qui diffuse l'idéologie du Hezbollah, comme la chaîne de télévision Al-Sirat, spécialisée dans les émissions religieuses, n'est pas une cible légitime, selon la juriste Heidi Matthews, qui cite une décision en ce sens d’un tribunal pénal sur le bombardement d’une station de télévision et de radio serbe par l'OTAN durant la guerre en Yougoslavie. Israël a bombardé les bureaux d'Al-Sirat le , sans avoir apporté la preuve de la présence d'armes dans le bâtiment.
Ciblage de journalistes Le , des frappes israéliennes tuent trois journalistes libanais à Hasbaya, jusque-là épargnée par les bombardements, dans un ensemble de abritant 18 journalistes de 7 médias différents.. Sept autres sont blessés dans l'attaque. Des voitures marquées « PRESS » indiquaient la profession des locataires« Israeli strike in Lebanon kills 3 journalists », NPR, 25 octobre 2024, lire en ligne. Il n'y a pas eu d'avertissement avant les frappes. Deux des journalistes tués travaillaient pour la chaîne d'information panarabe Al Mayadeen et un autre pour Al-Manar, la chaîne du Hezbollah. The Guardian rappelle à ce sujet que . Le porte-parole adjoint de l’ONU souligne le fait que les journalistes sont .. Le Comité pour la protection des journalistes s’est dit « profondément indigné par une énième frappe aérienne israélienne meurtrière contre des journalistes ». Le Centre Samir Kassir Eyes pour la liberté des médias établit un parallèle avec le meurtre de journalistes pendant la guerre à Gaza et voit dans ce bombardement une tentative de décourager la couverture journalistique de la guerre menée au Liban par Israël.
Bilan des victimes au Liban
Sous forme de tableau