Philippe-Hyppolite Suzor est un homme d'église québécois.
Biographie
Jeunesse
Philippe-Hyppolite Suzor nait le . Il est le fils d'Hyppolite Suzor, marchand, et d'Angélique de Foy. Il fait des études classiques au Petit Séminaire de Québec de 1835 à 1846.
Vie religieuse Il fait ensuite des études théologiques au Grand Séminaire de Québec de 1846-1849.
Le , il est ordonné prêtre à Québec par Pierre-Flavien Turgeon, évêque coadjuteur de Québec et devient vicaire à Trois-Rivières du au . Il le sera durant 2 ans.
En 1851, il devient missionnaire à Saint-Chrystophe. Il y arrive et fonde la paroisse le . En plus de cette paroisse principale, il dessert les missions de Warwick, de Bulstrode et de Horton.
Il remplace la petite chapelle à quatre fenêtres et une petite table pour autel par une église de pierre, dans laquelle il fait installer l'électricité. Il commande pour l'occasion une nouvelle cloche. L'église est de style roman à la récollet. La voûte est ornée de tableaux sur toile. Surnommée la « Sixtine québécoise », elle abrite 76 reproductions de grands peintres européens, comme Michel-Ange, Raphaël et Rembrandt. Suzor-Coté y peint aussi des oeuvres originales.
Il fait aussi construire un couvent et un collège.
Durant son ministère à Saint-Chrystophe, il institue un horaire précis. Les Vêpres ont lieu à 1:30, les messes à 7:30, la grand'messe (messe du dimanche) à 9:30. Il fait des confessions tous les matins avant les messes et à 15:00 le samedi et les veilles de fêtes d'obligation.
En 1868, il devient aumônier du 4e détachement des zouaves pontificaux canadiens et part vers Rome avec celui-ci en juin de la même année. Il retourne au Québec en 1869.
En 1869, le curé d'Arthabaska décide de faire construire un couvent pour jeunes filles. Il est construit en et confié aux soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. Le curé donne au couvent un terrain attenant de sept arpans.
À son retour de Rome, il est nommé membre du Conseil épiscopal de Trois-Rivières le . Il fut aussi vicaire-forain des townships de l'Est par l'évêque de Trois-Rivières, Thomas Cooke, du au .
Il reste curé d'Arthabaska jusqu'au , date à laquelle il devient curé de Nicolet. Il le sera jusqu'au . Lors de la fondation du diocèse de Nicolet, en 1885, il devient vicaire-général par Elphège Gravel le . Il devient la même année procureur diocésain. Du au , il redevient curé de Nicolet, comme curé d'office de la cathédrale.
Le , Suzor célébrait ses noces d'or sacerdotales par de grandes fêtes et est élevé par le Pape Léon XIII, à la dignité de Prélat Domestique, avec le titre de Monseigneur.
Vie publique et politique Il fonde le journal L'Union des Cantons de l'Est, alors qu'il est curé de Saint-Chrystophe depuis 15 ans. La parution du premier numéro a lieu le . 8 ans auparavant, le village d'Arthabaskaville a été incorporé à partir d'une partie du territoire de Saint-Christophe et ce village est devenu un chef-lieu d'un district judiciaire. La population augmente rapidement. Ce bassin de population permet la création du journal. Pour se faire, Suzor convint les principaux citoyens d'Arthabaskaville et de Stanfold, ainsi que les curés des paroisses environnantes. Plus précisément, c'est avec l'aide de trois autres prêtres-curés de la région, trois avocats, deux marchands, deux cultivateurs, un notaire, un commerçant, un rentier et l’agent des terres du district qu'il fonde le journal. Le premier objectif du journal était de faire connaitre la région et de pousser ce processus de colonisation. Un autre objectif était de concurrencer un premier journal dans la région d'une idéologie différente. Le parrain du journal était Laflèche, alors évêque coadjuteur de Trois-Rivières. C'est lui qui donnera le nom au journal, dans un écrit où il rappelle que l'objectif du journal est l'union des cœurs et des esprits dans la foi et le patriotisme. Il appelle à la diffusion, dans les Cantons de l'Est, «des bons principes, religieux, sociaux et politiques». La devise originale du journal est: L'union fait la force. Une autre devise était: Notre Foi, notre Langue et nos Institutions. Politiquement, le journal suit le programme ultramontain de Laflèche. Il défend la religion catholique. En 1867, il défend la confédération, mais en 1916, il reconnaitra que la question des écoles catholiques en Ontario remet les bienfaits de la confédération pour les Canadiens français en question. Il appelle à la colonisation des Cantons de l'Est par les Canadiens français, à la fois pour arrêter la Grande Saignée et pour reprendre une région d'abord colonisée par les Britanniques. Le journal travaille aussi à éduquer les agriculteurs à leur travail. Le journal existera durant plus de 50 ans.
Vie privée Sa sœur, Marie-Céline-Adéline Suzor, est la mère de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. Philippe-Hyppolite Suzor était donc l'oncle de celui-ci. Il aura une grande importance dans le début de sa carrière, car il l'aidera à aller travailler dans quelques villes des États-Unis et lui a fait des commandes pour sa paroisse.
Retraite et fin de vie Le , il se retire à la Résidence Saint-Joseph, chez les Sœurs de l'Assomption de la Sainte Vierge à Nicolet et abandonne peu à peu ses charges. Il est alors le doyen du clergé canadien français. En 1890, il quitte son poste de procureur. Le , il passe de vicaire-général à vicaire-général honoraire jusqu'à sa mort.
ll décède le à 91 ans à la résidence. Il est inhumé dans le cimetière des Sœurs de l'Assomption de la Sainte Vierge à Nicolet.
Hommage Une rue de Nicolet porte son nom.
Bibliographie Aubin, André. Toponymie municipale. Ville de Nicolet. Document synthèse. Nicolet, Ville de Nicolet, . S. p. Fleurent, Maurice, Le clergé du diocèse de Nicolet 1885-1994, Nicolet, Séminaire de Nicolet, 1994 Tanguay, Cyprien. Répertoire général du clergé canadien [...], Montréal, Eusèbe Senécal & fils, imprimeurs-éditeurs, 1893, xiii, 526, xlvi p.275; 26 cm, Collections de BAnQ. «L'UNION DES CANTONS DE L'EST, Ses débuts, ses oeuvres et ses luttes», L'Union des Cantons de l'Est, , , 1 p. «Mgr Ph.-H. SUZOR P. R., V . G . H .», L'Union des Cantons de l'Est, , , 1 p. «LE PARRAIN DE L'UNION DES CANTONS DE L'EST: MONSEIGNEUR LOUIS-FRANÇOIS RICHER-LAFLÈCHE ÉVÊQUE DES TROIS-RIVIÈRES», L'Union des Cantons de l'Est, , , 2 p.
Notes et références
Liens externes
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