Max Bourgoin, né à Toucy (Yonne) le Archives départementales de l’Yonne, Bulletin de Naissance (Cote : ADY1453W78) et mort à Joigny (Yonne) le Service Historique de la Défense (Caen), Extrait d'acte de décès établi en décembre 1972 (Cote : AC21P30971), est un résistant français.

Monteur électricien de l'Usine à Gaz de Joigny et proche des milieux communistes, il participe activement à la résistance dans l'Yonne de 1940 à 1944https://www.ville-joigny.fr/images/pdf/Joigny_infos_juin.pdf. Il est immatriculé parmi les Forces Françaises Combattantes (FFC)Archives Départementales de l'Yonne, Avis de la commission rendu le 19 septembre 1957 (Cote : ADY1453W78) quant à l'attestation d'appartenance aux FFC (Référence originale : I.M. N° 407/FFCI/Adm du 17 avril 1947) comme un agent P1 c'est-à-dire un agent permanent qui conserve son activité professionnellehttps://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_methodologique/42.pdf et il lui est attribué la Carte de Combattant Volontaire de la RésistanceOffice Départemental des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de l'Yonne, Carte attribuée le 21 octobre 1957.

Il adhère aux FTPF Francs-Tireurs Partisans Français de Joigny (Yonne)Diplôme des FTPF signé par le président du Comité Militaire National des FTPF, Charles TILLON député de la Seine et Ministre de la République Française, le 4 septembre 1944 (Archives familiales) de 1942 à 1943. Puis, après l'arrestation de leur cheffe Irène Chiot, il rejoint définitivement le groupement de libération FFI Forces Françaises de l'Intérieur du Groupement Bayard en qualité de chef de groupeMinistère des Armées – Mémoire des Hommes (Cote : 19P89/16 – Archives B15 Groupement Bayard, Troupes, Effectif des chefs de groupe, page 41) https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr//arkotheque/inventaires/ead_ir_consult.php?ref=GR_19_P matricule https://museedelaresistanceenligne.org/mediasmusee/bayard.pdf. Ces deux groupements adhèrent au réseau FFC Jean-Marie Buckmaster / Donkeyman, réseau auquel Max Bourgoin est également immatriculé Service Historique de la Défense (Vincennes), Archives du Réseau Jean-Marie Buckmaster, , ligne 49.

Le soir du , il est tué par son camarade FFI Robert PercevaudArchives de la Justice Militaire (Le Blanc), Jugement rendu le 29 juin 1945..

Biographie

Vie privée Max Bourgoin naît à Toucy (Yonne) le fils d'Achille Bourgoin (chef cantonnier à la Joigny) et de Marie Dautret (couturière à domicile)

Max Bourgoin épouse Mariette Héritier en 1932 à Joigny. Le couple a deux fils, Guy (1933) et Jean-Claude (1936).

En 1936, Il adhère aux idéaux du Rassemblement National

Pendant l'Occupation allemande Il se sépare de son épouse et vit dans son logement de fonction à l'Usine à Gaz de Joigny.

Après la Libération, il loge chez Suzanne Decroix, tenancière du café du Chapeau. Une ancienne détenue des Allemands à la prison d'Auxerre pour avoir participé à la Résistance et pour avoir "favorisé la correspondance avec des prisonniers de guerre" du Frontstalag n°124 de Joigny.

Parcours professionnel Électricien de formation, il travaille par intermittence à l’usine à gaz de Joigny entre 1930 et 1936, puis de façon permanente comme monteur électricien de 1938 à 1944Archives de la Justice Militaire (Le Blanc), Jugement rendu le 29 juin 1945, Dossier "Informations", Pièce n°23:

Mobilisation Max Bourgoin intègre le service armée en 1930, année de classe de mobilisationCarnet de mobilisation de Max Bourgoin, classe 1930 (Archives familiales). Il répond au matricule n°1239. Il est décrit comme un homme de 1m58 aux cheveux bruns et aux yeux marrons dont l'acuité visuelle est de 2/3.

Il est incorporé à compter du et vacciné contre la variole.

Après avoir reçu un certificat de bonne conduite "accordé", il est affecté au Centre de Mobilisation n°201 à Sélestat (Bas-Rhin) où il intègre le 29è bataillon des chasseurs à pied. Il accomplit une période d'instruction et d'exercice au camp d'Oberhoffen (Bas-Rhin).

À la suite de la guerre entre la France et l'Allemagne, Max Bourgoin est appelé sous les drapeaux du et il intègre la 7è S.E.C. (Section d'Électriciens en Campagne) du au . Il se retire à Cadalen (Tarn) le pour rejoindre Joigny]le Service Historique de la Défense (Caen), Fiche d'affectation matriculaire 1930 (Cote AC21P30971).

Résistance Dans un rapport de renseignements de la gendarmerie de JoignyProcès-verbal de renseignements de la gendarmerie de Joigny, le 19 février 1945 (Cote : ADY6W25455-2), Max Bourgoin est décrit comme « un militant communiste de la première heure » aux côtés de son collègue de travail Jean Bouzioux et de son camarade communiste Fernand Dufour.

Distribution de tracts « anti-allemands » À l'Automne 1941, des tracts de propagande anti-allemands sont parachutés par des avions anglais. Une partie des tracts sont rapportés et distribués à des ouvriers de l'Usine à gaz de Joigny dont Max Bourgoin. L'Usine à gaz fait alors l'objet d'une enquête de Gendarmerie à la suite de la dénonciation d'un collègue pour « détention de tracts communistes »Archives départementales de l’Yonne, Rapport de la Gendarmerie Nationale de Joigny (Cote : ADY1W97). Max Bourgoin et plusieurs collègues de l’usine à gaz de Joigny sont arrêtés par les autorités allemandes lors d’une vague de perquisitions.

Emprisonnement Le , Max Bourgoin est finalement emprisonnéArchives Départementales de l'Yonne, Registre d’écrou de la Prison d’Auxerre (Cotes : ADY33J18, ADY1115W9 et ADY1115W10) avec ses camarades d’usine pendant 3 mois au quartier allemand de la prison d’Auxerre pour le motif suivant : « non remise de tracts anti-allemands »Archives Départementales de l'Yonne, Registre d’écrou de la Prison d’Auxerre, Passagers de l'année 1941 (Cote : ADY1115W2).

Max Bourgoin est relâché le .

Adhésion aux FTPF de Joigny Au Printemps 1942, Max Bourgoin rejoint le groupe de résistance FTPF qui se constitue autour d’Irène Chiot et de Fernand Dufour avec lesquels il participe à des missions dangereuses de sabotage en association avec le groupe de résistance jovinien Bayard dont il se rapproche l'année suivante.

Actions conjointes avec le Groupe de résistance jovinien Bayard Le , le jour du débarquement des Alliés en Afrique du Nord, Max Bourgoin participe à une opération de diversion d'ampleur et détruit notamment la ligne téléphonique reliant le Poste de Contrôle de Joigny.

Entre juillet et , il opère à la destruction de pylônes électriques, de voies ferrées, de matériel ferroviaire et voitures.

Le , il opère au sabotage de batteuses, de moteurs électriques et de presses à fourrage permettant ainsi l'incendie du Parc à Fourrages de Joigny dédié à l’approvisionnement allemand à la Caserne DavoustArchives Départementales de l'Yonne (Cote ADY1W126), Dégâts et dommages de guerre, Rapport du Préfet délégué intérieur de la Police Nationale et des Services des Renseignements Généraux de l'Yonne, le 21 août 1943.

Max Bourgoin aide également à l'évasion de prisonniers français et contribue régulièrement au ravitaillement de rapatriés.

Ces opérations exécutéesMinistère des Armées – Mémoire des Hommes (Cote : 19P89/16 – Archives B15 Groupement Bayard, Résumé des opérations exécutées) sont attestées par divers certificatsArchives Départementales de l'Yonne, Demande de la carte du Combattant Volontaire de la Résistance, le 5 février 1947 (Cote : ADY1453W78) des FFI rédigés et signés par Paul Herbin, Commandant du groupement BayardArchives familiales, Attestation du Commandant Herbin, le 12 décembre 1946, le Lieutenant Martial CharpyService Historique de la Défense (Caen), Attestation du Lieutenant Charpy, le 25 septembre 1946 (Cote : AC21P30971), et l’officier des effectifs des FFI Maurice Vaudet.

Parachutage d'armement pour le réseau Jean-Marie Buckmaster / Donkeyman Le , à la suite du message de la BBC "Comme une banane sur une banquise"https://messages-personnels-bbc-39-45.fr/pdf/non_dat%C3%A9s2024_02_09.pdf, Max Bourgoin se joint à une opération de récupération d'un parachutage d'armes et d'explosifs aux Tuileries de Volgré (Yonne) intégrant plusieurs groupes de résistance du réseau Jean-Marie Buckmaster / Donkeyman. L’équipe est composée d’Irène Chiot, de Pierre Argoud, de Max Bourgoin, d’Eugène Pratz, d’Henri Pannequin et de plusieurs membres du FN de Branches (Yonne)La Croix de Saint-André, Robert Bailly, édité par l'ANACR-Yonne en mai 1983, page 59.

Son fils Guy Bourgoin découvre une partie de ces armes stockées dans le grenier du logement de fonction de son père alors qu’il faisait une partie de cache-cache avec ses amis à l'Usine à Gaz.

Dissolution du groupe FTPF et adhésion au groupe Bayard Le , Irène Chiot est arrêtée par les Allemands, ainsi que Jorge Semprun et Georges Vannereux. Le groupe FTPF se retrouve alors sans chef et une partie de ses membres, dont Max Bourgoin, décide de rejoindre le Groupe Jovinien Bayard pour intensifier la lutte contre l'Occupant. Chef de groupe et prise du maquis À partir du , Max Bourgoin est désigné chef de groupe dans la Résistance (groupement Bayard, Libération-Nord, Réseau Jean-Marie (W.O.), à la tête d’une dizaine à une trentaine d’hommes selon les communes. Ces groupes, composés de proches de confiance ou de jeunes réfractaires au STO, sont encadrés, formés et approvisionnés par des résistants expérimentés. Son emploi dans la maintenance électrique lui permet de circuler librement avec un laissez-passer. Le , les Allemands l’interpellent et lui demande de décrocher un drapeau français suspendu entre deux pylônes sur le pont de l’Yonne, installé par lui-même la veille sans qu’ils ne soupçonnent son implication.

En , Max Bourgoin rejoint la compagnie du Groupement Bayard au maquis de Sépeaux (Yonne)Attestation du Commandant Athos Rabier alias "Raoul", Commandant du Sous-Secteur Joigny-Sud-Ouest du Groupement de Résistance, le 21 mars 1948 (Archives familiales) avec laquelle il poursuit des actions d’envergure jusqu’à la Libération.

Dans le même temps, le registre des absences de l'Usine à gaz de Joigny fait état des absences de Max BourgoinArchives de l'EDF et de la Compagnie Française d’éclairage et de Chauffage par le Gaz, Mouvements de personnel (Cote : 727376) du au pour le motif "malade", puis du au pour motif le "FFI". L'Usine à gaz comptabilise parmi les "dommages de guerre" à cette période les faits suivantsArchives de l'EDF et de la Compagnie Française d’éclairage et de Chauffage par le Gaz, Dommages de guerre (Cote : 724279): "disparition d'outillage etc." à l'usine, "rupture de canalisations et de branchements" sur le réseau de gaz et "quelques coupures de lignes aériennes" du réseau électrique.

Libération de l'Yonne Le , la compagnie du Groupement Bayard dont fait partie Max Bourgoin, remonte l'Yonne en direction du NordMinistère des Armées – Mémoire des Hommes (Cote : 19P89/16 – Archives B15 Groupement Bayard, Résumé des opérations exécutées, page 122). L'objectif est de faire la liaison avec les troupes américaines situées à Sens (Yonne), prenant ainsi les soldats allemands en tenaille et obligeant ces derniers à évacuer les lieux ou à se constituer prisonniers. La compagnie atteint d'abord Saint-Julien-du-Sault (Yonne) où les premières troupes américaines du Capitaine Colben arrivent. La liaison est finalement effectuée dans son intégralité à Villeneuve-sur-Yonne (Yonne) à une dizaine de kilomètres au Nord de Joigny (Yonne).

Le , Max Bourgoin est photographié à l’avant d’une charrette de maquisards escortant des soldats allemands faits prisonniers. L’image est exposée au Musée de la Résistance de Joigny et identifiée comme représentant la Libération de Douchy (Loiret)

Le , il se voit décerner un diplôme des Francs-Tireurs et Partisans Français signé Charles Tillon qui le désigne comme « sergent pendant la guerre de libération nationale » qui « a droit à la reconnaissance nationale ».

Mort et hommages ultérieurs