Léonard Hubert Zeyen, né le à Schimmert (Pays-Bas) et mort le à Liège (Belgique), est un photographe belge.

Se livrant à la photographie en amateur depuis 1859, Hubert Zeyen ouvre son premier studio en 1868 à Liège. Le succès est rapidement au rendez-vous grâce à des commandes d'envergure, comme les quelque deux cents photographies qu'il réalise des employés de la société minière La Vieille-Montagne, aux relations d'amitié qu'il noue avec de nombreux artistes, intellectuels et notables locaux qui font de lui le photographe attitré de et aux innovations techniques qu'il est souvent le premier à utiliser à Liège, voire en Belgique dans certains cas. Il est l'un des principaux promoteurs de l'Association belge de Photographie, dont il est membre depuis la création en 1874 jusqu'à son décès en 1907.

Doté d'un solide sens de l'humour et capable de jouer habilement sur les apparences, il démontre une conscience très claire et en même temps très ludique de l'image qui lui permet d'échapper aux codes photographiques dominants de l'époque. Auteur principalement de portraits individuels et de groupe, il réalise aussi des autoportraits, seul ou à côté de ses amis, et quelques prises de vue de paysages, comme lors d'un voyage en ballon en 1886. Il est considéré comme .

Biographie

Entourage familial Léonard Hubert Zeyen, ou Zeijen selon son acte de naissance, né le à Schimmert aux Pays-Bas, est le fils de Jan Pieter Zeijen (Jean Pierre Zeyen), cultivateur, et Maria Joanna Stevens (Marie Jeanne Stevens).. gauche|vignette|redresse|Charles Theunissen, Portrait du photographe Hubert Zeyen, 1899 (peinture à l'huile ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|alt=Peinture représentant un homme âgé barbu, assis de trois-quart et qui tient un dessin en main, fixant de son regard le spectateur.En , il épouse à LiègeLes sources consultées n'établissent pas avec certitude quand Léonard Hubert Zeyen émigre à Liège (entre 1840 et 1859) ni quand il obtient la nationalité belge, certifiée par RKD Research (lien) et l'Union List of Artist Names du Getty Research Institute (lien). Marie Jeanne Hubertine Dullens., née en 1829 et veuve d'un marchand de chandelles de la rue Saint-Séverin depuis .. Lorsqu'elle épouse Hubert Zeyen, elle a déjà quatre fils de son premier mariage ()., dont Jean Joseph (1855-1883).. et Jean Isidore (né en 1857)., alors que Jean-Mathieu (1854-1857).. et Jean Baptiste (1859-1860).. sont morts en bas âge.

Le couple a cinq enfants, dont Martine, née en 1864. et qui épouse Ghisbert Albert Hubert Faucon, ingénieur civil, en 1893.. ; Eugénie Catherine née en 1868. et qui épouse Georges Louis Joseph Charles Clermont, docteur en médecine, en 1892.. ; et trois garçons qui décèdent alors qu'ils sont à peine âgés de quelques mois ; Jean Pierre en 1863.., Pierre Hubert en 1867. et Hubert Joseph en 1872... L'épouse du photographe décède quelques semaines après la naissance d'Hubert Joseph en ...

Léonard Hubert Zeyen, quant à lui, meurt des suites d'une longue maladie le à Liège..

Carrière

Le studio de la rue Saint-Séverin et les portraits de la Vieille-Montagne Le , Léonard Hubert Zeyen ouvre son studio de photographie au de la rue Saint-Séverin à Liège.. Le studio est situé dans le grenier du commerce de chandelles dont il s'occupe depuis son mariage en 1862. Passionné de photographie, il s'y adonne en amateur depuis 1859, comme le rappelle un article du journal La Meuse narrant l'inauguration du studio :

L'auteur de l'article remarque également et que .vignette|redresse|Henri Clavier, chef mineur sur le site de Valentin-Cocq de la société Vieille-Montagne, 1868 (épreuve photographique sur papier ; ), Liège, maison de la métallurgie et de l'industrie.|alt=Photographie noir et blanc où l'on observe un mineur qui se tient debout, lampe à la main et coiffé de son casque.

La même année, il reçoit une commande, unique alors dans le contexte belge, pour une série de portraits de l'ensemble des travailleurs de la société minière La Vieille-Montagne.... L'entreprise, leader mondial de l'industrie du zinc à cette époque, décide d'organiser une campagne photographique à travers ses sites liégeois, allemands, français et suédois. Pour ce faire, elle engage plusieurs photographes dont Léonard-Hubert Zeyen pour les sites de la région liégeoise et Eugène Westendorp pour les sites de Prusse et de Moresnet.

Parmi les deux cents portraits que le photographe liégeois effectue, quatre-vingt-cinq sont d'ouvriers avec leurs outils et vingt-cinq sont des portraits de groupe pris dans l'usine. Un ensemble complet de ces photographies, qui sont les , est conservé à la maison de la métallurgie et de l'industrie de Liège.

Le photographe de Zeyen acquiert rapidement , mais aussi grâce aux relations d'amitiés qu'il tisse dès les années 1870 avec de nombreux artistes, intellectuels et notables, .

gauche|vignette|Portrait de groupe réunissant Henri Laport, Adrien de Witte, Auguste Lemouche, Léon Mignon et Léonard-Hubert Zeyen, vers 1870 (tirage argentique monochrome sur papier ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|alt=Photographie noir et blanc dépeignant un groupe de huit hommes qui prennent la pose.

Il fréquente et photographie en plus d'une occasion les artistes peintres Adrien de Witte, Armand Rassenfosse, François Namur, Henri Berchmans, le professeur Edmond Devos, le sculpteur Léon Mignon, l'armurier Henri Laport, le collectionneur Antonin Terme, l'ingénieur Jules Lucien, dit Julien, Rémont (1838-1894, fils de l'architecte Julien-Étienne Rémont). et, dès 1873, le graveur et illustrateur namurois Félicien Rops.

Au cours de sa carrière, il réalise aussi des photographies de l'architecte Edmond Jamar., du gouverneur de la province de Liège Léon Pety de Thozée., du linguiste Jean Haust., de l'homme d'État et entomologiste Edmond de Sélys Longchamps., du sculpteur et directeur de l'Académie royale des beaux-arts de Liège à partir de 1880, Prosper Drion., du poète et dramaturge Édouard Remouchamps., de l'éditeur et imprimeur Auguste Bénard., du médecin, entomologiste et photographe amateur Ernest Candèze., de l'ingénieur des mines et directeur général de la Compagnie royale asturienne des Mines Jules Hauzeur., du collectionneur et président de l'Institut archéologique liégeois Édouard Brahy-Prost., de l'homme politique Ernest Mahaim., du physicien, géologue, paléontologiste, minéralogiste et professeur à l'université de Liège Gustave Dewalque., mais aussi de plusieurs artistes peintres féminines comme Pauline Jamar., Catherine van Marcke-Demany (seconde épouse d'Édouard van Marcke). et Léonie Mottart-van Marcke (fille des précédents)..vignette|redresse|Portrait de Jules Hauzeur, (tirage argentique monochrome sur papier ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|alt=Photographie noir et blanc d'un homme chauve, barbu et qui porte des lunettes, vêtu d'un costume. Zeyen est considéré comme et .

L'Association belge de Photographie En 1873, il est envoyé par le gouvernement à l'Exposition universelle de Vienne et rédige un rapport dans lequel il constate que , retard qui est provoqué, selon lui, par un dû à plusieurs facteurs : l’absence d’association de photographes amateurs en Belgique. Hubert Zeyen observe ; le manque d'expositions spéciales organisées sous la direction du gouvernement qui sont consacrées à la photographie. Il remarque que, ; la faible production de matériel technique de photographie en Belgique. Il regrette que .

Ce rapport va pour créer, principalement grâce à l'initiative d'Ernest Candèze, le à Bruxelles, l'Association belge de Photographie, dont la première section locale s’ouvre à Liège le . Parmi les membres fondateurs de l'association à Liège on trouve Ernest Candèze., Walter Damry., le Baron Adrien de Wittert., Auguste Florenville., Léon Laoureux., Jules Martiny., Guillaume Oury., Pierre Raufaste. et Léonard Hubert Zeyen. La création de l'association va permettre durant les vingt années suivantes l'émulation désirée par Zeyen, même si elle sera surtout effective sur le plan scientifique et moins sur le plan artistique. Le photographe reste membre de l'association jusqu'à son décès en 1907..

Les studios de la place Saint-Jean et du boulevard de la Sauvenière En 1874, il déménage son studio au de la place Saint-Jean. À partir de 1875, il commence à utiliser le tirage au charbon . En 1876, il cesse définitivement de s'occuper du commerce de vente de chandelles qu'avait récupéré son épouse à la mort de son premier mari en 1861. En 1880, il installe dans son studio une machine de Gramme lui fournissant une , qui lui permet non seulement de ne plus mais aussi de réduire les temps de pose des modèles et d'effectuer des agrandissements de plus grand format et de meilleure qualité.. Il est l'introducteur de ce système à Liège.gauche|vignette|redresse|Adrien de Witte, La projection lumineuse, 1889 (photogravure ; ), Liège, musée de la Vie wallonneAdrien de Witte représente le photographe Léonard Hubert Zeyen en train de manipuler un appareil d'agrandissement à la lumière électrique dans son atelier. L'appareil correspond probablement à celui décrit en 1887 dans le procès-verbal de la réunion de la section liégeoise de l'Association belge de Photographie lorsque Zeyen invite ses collègues à son domicile pour une démonstration d'agrandissement à la lumière électrique : (Pahaut et Bronze 2001, )..|alt=Un photographe est en train de manipuler un appareil d’agrandissement à la lumière électrique, qui est aussi haut que lui, éclairant en partie la pièce dans laquelle il se trouve.

En 1882, il transfère à nouveau son studio, exerçant désormais son activité dans de nouveaux locaux situés au du boulevard de la Sauvenière, où il va rester jusqu'à la fin de sa carrière en 1904. Le nouvel atelier est situé dans une maison construite par l'architecte Émile Remouchamps .. Le photographe réserve le rez-de-chaussée pour une exposition permanente de plusieurs de ses photographies mais aussi de tableaux, sculptures, dessins et objets de curiosités, où l'on retrouve, entre autres, des œuvres de Charles Soubre, Émile Delperée et Adrien de Witte. L'inauguration du nouveau studio réunit l'Association belge de Photographie, dont tous les membres de la section liégeoise sont présents, la presse locale, plusieurs professeurs de l'université de Liège, l'ensemble du corps professoral de l'Académie royale des beaux-arts de Liège ainsi que divers artistes et des notabilités de l'industrie, de la finance et de l'administration publique.

Dès 1883, Hubert Zeyen utilise le tirage au platine, . En 1895, il est l'un des quatre photographes qui réalise un groupe de deux cents portraits des membres de la Société les Disciples de Grétry présenté dans un cadre de et offert à , directeur de la société.. L'œuvre, dont et qui , est considérée par le journal La Meuse comme .

Lorsqu'il prend sa pension en 1904, Zeyen remet son studio photographique à Jules Delvaux..

Œuvre

Le portraitiste Selon le professeur de l'université de Liège Marc-Emmanuel Mélon.., Hubert Zeyen est le premier portraitiste liégeois . En effet, il a bien saisi que le .

vignette|redresse|Julien Rémont et Léonard Hubert Zeyen, vers 1880 (épreuve photographique sur papier ; ), Liège, musée de la Vie wallonne.|alt=Photographie noir et blanc où posent deux hommes, le premier à gauche est assis, déguisé en breton, et porte un chapeau ; le second à droite est debout, déguisé en écossais, et porte un béret.

Le même auteur note que Zeyen aime , imitant en cela certains peintres qui incluent leur autoportrait dans leurs compositions. Il estime que le photographe obtient une en s'incluant ainsi au sein de l'élite artistique locale, car l'autoportrait est . Dans ce genre, Mélon observe qu'Hubert Zeyen, doté d'un solide sens de l'humour, .