L'Observatoire de l'immigration et de la démographie (OID) est une association fondée en 2020 et un laboratoire d'idées français dirigé par Nicolas Pouvreau-Monti et financé notamment par le fonds Périclès de Pierre-Édouard Stérin. L'organisme affiche ses positions en faveur d'une diminution de l’immigration et d'une augmentation de la natalité. Absent de la sphère académique mais très présent dans les médias, l’OID est parfois décrit comme une source de référence de statistiques publiques sur l'immigration. Si les études de l'organisme sont souvent reprises dans le débat public et dans les travaux de la droite parlementaire, plusieurs médias soulignent une vision alarmiste de l'immigration partagée par l'extrême droite. Aussi, des journalistes, chercheurs et démographes dénoncent des biais méthodologiques et d'interprétation dans ses publications.

Histoire Le laboratoire d'idées est créé en par six hauts fonctionnaires et entrepreneurs. Ces , parmi lesquels Maxime Hemery-Aymar et Nicolas Pouvreau-Monti., se lient d'amitié pendant leurs études en se croisant à Polytechnique, Sciences Po, l'ESSEC, et dans l'association souverainiste Critique de la raison européenne. Cette association est fondée par Alexandre Loubet, qui sera par la suite élu Rassemblement national (RN) et deviendra conseiller spécial de Jordan Bardella.. Parmi les membres actifs de l'association, se trouve notamment Sarah Knafo, qui rejoindra plus tard Reconquête..

Le , l'Observatoire participe comme intervenant au colloque la « France de 2050 » organisé par le ministère de l'Intérieur, dont le ministre Gérald Darmanin enverra ensuite une lettre de remerciement à l'OID.

Fin 2023, plusieurs médias indiquent que les publications de l'Observatoire servent de « boîte à outils » à un nombre croissant de parlementaires français, et influencent le débat parlementaire, principalement à droite et au centre. Les travaux de l'Observatoire sont notamment utilisés lors des débats concernant la loi immigration. À cette occasion, l'Observatoire est en particulier cité par Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, qui estime que l'OID fait un « travail sérieux » ; les rapporteurs du RN, Edwige Diaz et Yoann Gillet, auraient . Charlie Hebdo note aussi qu'Edwige Diaz, Christelle D'Intorni et Alexandre Loubet travaillent régulièrement avec Nicolas Pouvreau-Monti.. Selon Le Point, certains chiffres de l'Observatoire auraient été cités par Jean-Pierre Chevènement lors d'une interview dans le Le Journal du dimanche.

En 2024, Nicolas Pouvreau-Monti travaille encore pour le ministère de l’Intérieur. Il fait un dans Le Point en , et un mois plus tard à la télévision, au moment du débat sur la loi Darmanin. En 2024, Arrêt sur Images indique, tout en s'en étonnant, que Nicolas Pouvreau-Monti est devenu l'un des intervenants préférés des médias sur le sujet de l'immigration, et le décrit comme étant « invité de toutes parts ».. Arrêt sur images indique avoir sollicité Public Sénat, qui avait invité le directeur de l'OID à un débat. La chaîne explique que Nicolas Pouvreau-Monti avait été « identifié comme interlocuteur défendant une lecture critique des politiques migratoires, venant contrebalancer l’expression des autres points de vue exprimés sur le plateau ».

En 2024, selon le magazine Paris Match, l'organisation aurait acquis une influence notable dans les milieux politiques de droite et du centre. Ses travaux influencent les députés lors des débats parlementaires liés au projet de loi « Asile et immigration ». Il publie des chiffres concernant l’augmentation du solde migratoire, les conséquences de l’accord franco-algérien de 1968 et l’hypothèse de la suppression de l’aide médicale d'État. Il le directeur général de l’Office français de l'immigration et de l'intégration, Didier Leschi, selon lequel l'OID va à l'encontre de la pensée dominante qui . Didier Leschi estime que , ce que le professeur du collège de France François Héran dément dans Le Monde.

La même année, l'OID donne une conférence dans la salle René-Monory du palais du Luxembourg avec l'intervention d'un ancien ambassadeur de France, Xavier Driencourt, l'ancien ministre de l’Immigration grec, Dimitris Kairidis, le directeur de l’Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), Didier Leschi et le fondateur de l’OID, Nicolas Pouvreau-Monti.

En 2025, Judith Waintraub écrit dans Le Figaro Magazine que l’OID « est devenu une référence en matière de données statistiques dans un domaine où l’opacité était entretenue à dessein ». La même année, Le Monde analyse que l'OID jouit d'une , avec des tribunes reprises dans la presse écrite et des invitations chez CNews, Europe 1, France Info ou Arte. Le journal indique que les experts sont « déroutés » par « l’audience et la respectabilité » obtenues par l’OID : notamment, certains chercheurs estiment que l’OID est confondu avec un organe scientifique, sans en être un.

Organisation et financement Fondateurs et équipe vignette|Nicolas Pouvreau-Monti en 2026.|347x347px Nicolas Pouvreau-Monti et Maxime Hemery-Aymar font partie des six cofondateurs du laboratoire d'idées. En 2024, le « conseil d'orientation scientifique » est composé de l’avocat Thibault de Montbrial, de l'ancien préfet Michel Aubouin, de l’ancien recteur de l’académie de Nice et démographe Gérard-François Dumont, de l’ex-directeur de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) Pierre Brochand et de l’ancien ambassadeur français à Alger Xavier Driencourt.

Paris Match indique en que l’Observatoire compte quatre permanents, tandis qu’Arrêt sur images, évoque en octobre seulement deux employés à temps plein.

Financements À sa création, l'observatoire est financé par ses fondateurs et se présente comme une . Avant 2021, l'organisation publie peu et ne communique pas sur l'identité de ses membres.. Dans les trois années suivantes, l'Observatoire publie sur son site internet une cinquantaine de notes, dont certains éléments sont, d'après Le Point, .

À partir de 2023, l'Observatoire bénéficie du soutien de , selon Le Point. Il s'agit notamment de Périclès, le plan de financement et laboratoire d'idées de Pierre-Édouard Stérin, dont l'objectif est de pousser les idées conservatrices et nationalistes.....

Positionnement Selon son fondateur, l'OID a pour mission de . Aussi, le site de l'OID affiche qu'il souhaite diminuer l’immigration et augmenter la natalité..

L'OID a pour directeur des études l'ancien collaborateur d'élu LR Grégoire Daubigny. Par ailleurs, son conseil scientifique a pour membres Xavier Driencourt (qui préside aussi le comité stratégique du magazine d’extrême droite Frontières), Thibault de Montbrial (conseiller sécurité de Valérie Pécresse et également lié au média Frontières), Pierre Brochand (ancien de la DGSE, proche d'Éric Zemmour)., Gérard-François Dumont (directeur de la revue nataliste Population et Avenir), et Michel Aubouin (contributeur du magazine d’extrême droite Causeur).

En , Politis relève que l'OID a organisé deux conférences au Parlement, dont l'une avec le Wilfried Martens Centre, think tank du Parti populaire européen, qui regroupe des partis européens de droite et du centre. L'autre a été lancée à l'initiative d'Éric Pauget, député de la Droite républicaine, et certains invités ont des liens avec l’extrême droite, comme les diplomates Pierre Brochand et Xavier Driencourt. Le média parle aussi de la présence de Fabrice Leggeri, mais celle-ci est contestée par l'OID dans le droit de réponse publié par Politis. Parmi ceux qui s'expriment se trouve également le haut fonctionnaire Didier Leschi et le chercheur démographe à l'université d'Oxford David Coleman.. Hélène Thiollet, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), estime que les discours sont idéologiques et conservateurs, et que l'OID n'est ..

Nicolas Pouvreau-Monti qualifie l'OID de « réaliste » et « d'apartisan », tout en reconnaissant l'existence d'un positionnement assumé. Il déclare : « Un think-tank par définition ça apporte des idées. Je ne sais pas qui peut prétendre à une objectivité absolue sur ces sujets. » L'Observatoire estime que la responsabilité des gouvernants français est de « rétablir une capacité de maîtrise politique des flux migratoires », et l'OID s'oppose à l'institut Convergences Migrations, qui, selon l'Observatoire, « voit dans l'accélération de l'immigration une fatalité inéluctable et en relativise le caractère inédit ». Selon Le Point, les fondateurs de l'Observatoire voulaient créer un organisme qui se positionne entre ceux pour qui l'immigration ne présente aucune difficulté et ceux pour qui elle est une catastrophe, un organisme qui soit rigoureux, non idéologue et politiquement indépendant, un peu comme le serait le .

Selon L'Humanité, l'OID collaborerait avec l', autre laboratoire d'idée financé par Périclès..

L'OID fait partie des membres fondateurs de l’.. et a signé sa charte. Les autres membres fondateurs sont le hongrois du Mathias Corvinus Collegium (MCC), le Center for Immigration Studies, , et l'. L'ONG Global Project Against Hate and Extremism décrit ces groupes comme anti-immigration. Dans un article sur l'OID, l'Observatoire des multinationales rappelle que le MCC forme l’élite pro-Viktor Orbán, l'organisation a été critiquée pour avoir diffusé des données manipulées, et le , lié à John Tanton, avait soutenu la décision de Donald Trump de séparer les enfants de leurs parents en situation irrégulière. Il conclut que l’OID et ses homologues américains sont .

En 2025, le ministre de droite Bruno Retailleau affirme que le travail de l'OID était pour et aborder sereinement le débat sur l'immigration.

La même année, un rapport publié par l'OID analyse la « remarquable trajectoire d’intégration » sociale et économique de la diaspora d’Asie du Sud-Est, en s'appuyant sur les chiffres liés à l'immigration issus du Vietnam, du Cambodge et du Laos..

Caractéristiques Selon Le Point et Paris Match, l'observatoire tire ses chiffres en croisant les données du ministère de l'Intérieur, de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et d'Eurostat. Le Point estime que ces chiffres sont, pour la plupart, inédits.

Le directeur de l'Observatoire estime que les chiffres que son laboratoire d'idée met à disposition sont difficilement accessibles, et, selon Le Point, cet avis est partagé par d'autres think tank, comme Fondapol. Dominique Reynié, directeur de Fondapol, a ainsi déclaré devant le Sénat en 2023 avoir « davantage d'informations statistiques sur la situation suédoise, danoise, britannique et même américaine que sur celle de notre propre pays ». Le Point estime que cela explique l'intérêt porté au travail de l'Observatoire par des « instances installées », notamment l'Ofii. Son directeur Didier Leschi déclare consulter les travaux de l'ODI, et il estime que l'Observatoire utilise des données qui existent déjà, mais qu'il les présente de manière différente à ce qui se fait habituellement.

Selon Le Point, le travail de l'Observatoire a provoqué l'intérêt de plusieurs « experts de renom » concernant le sujet migratoire. La démographe de l'INED et contributrice du Figaro Vox, Michèle Tribalat estime que l'Observatoire est fait de qui rendent accessible au public des données de l'Insee en les mettant « en perspective ».

Publications notables Détournement du rapport de France Stratégie (2021)