La (en , abrégé en , numéro d'unité militaire А5001), aussi appelée brigade Anne de Kyiv, est une grande unité d'infanterie mécanisée de l'Armée de terre ukrainienne. Elle est créée en durant l'invasion russe de l'Ukraine.
La brigade est principalement formée et équipée par la France, et est baptisée par les militaires français « Anne de Kyiv ». en l'honneur d'Anne de Kiev, une fille du grand-prince de Kiev qui fut reine des Francs au .
Historique Création La brigade commence sa formation au printemps . Le , le président français Emmanuel Macron fait part, lors de son discours des 80 ans du débarquement, de son intention de former et équiper une brigade ukrainienne.. Le , la création de l'unité est officiellement annoncée et ses armoiries sont présentées : elles représentent un scorpion avec les armoiries de l'oblast de Rivne, la région d'origine de la brigade.. En raison du manque de véhicules blindés en nombre suffisant, les dix nouvelles brigades (, , , , , , , , et ) sont initialement créées comme unités d'infanterie plutôt que comme unités mécanisées. Cependant, en , la est réorganisée en unité mécanisée, recevant des chars Leopard 2A4 et des canons d'artillerie automoteurs CAESAR.
Formation gauche|vignette|Un entrainement des soldats ukrainiens dans le camp du Grand Est.
C'est la première fois dans l'histoire qu'une brigade est ainsi formée et armée intégralement par plusieurs pays à partir de rien. Le , il est révélé que la est celle équipée par la France, selon les souhaits du président français.
Les unités mécanisées, d'appui-feu, de reconnaissance, du génie et une partie des éléments d'artillerie reçoivent leur formation complémentaire en France. Le bataillon de chars est formé en Pologne et le reste de la brigade, environ , est entraîné dans des camps en Ukraine... Cette formation est financée par l'Union européenne..
Formation initiale des combattants en Ukraine La formation militaire initiale au sein de l'unité est destinée aux réservistes ayant déjà obtenu leur pendant leur service militaire. Cette formation dure deux mois, durant lesquels les combattants sont évalués en fonction de leur aptitude et de leur motivation, certains étant redirigés vers d'autres unités. À la fin de cette formation, ils reçoivent le brevet intitulé (en ukrainien : Військово-облікова спеціальність, abrégé en )..
Toujours en̺ Ukraine, une fois leur - obtenu, les artilleurs suivent une formation en trois étapes au de l'. Durant la première étape, le personnel est sélectionné et suit un entraînement tactique et de tir réel sur du matériel soviétique, afin de former des batteries cohérentes. Ensuite, les soldats reçoivent une formation individuelle pour leur spécialité au sein de la batterie. Enfin, ils participent à une formation collective de la batterie. Les batteries d'artillerie sont ensuite envoyées en France pour se former sur le canon Caesar, qui sera leur matériel de dotation.
Formation du bataillon blindé en Pologne En , le bataillon blindé est envoyé en Pologne pour s'entraîner avec les véhicules de la polonaise sous la supervision d'instructeurs norvégiens..
Formation en France vignette|à gauche, le président Emmanuel Macron félicitant les soldats ukrainiens lors de sa visite au camp de Mourmelon le .
Une fois en France, environ sont entrainés par français de la force opérationnelle « Champagne » au camp de Mourmelon dans le département champenois de la Marne dans la région du Grand Est : il s'agit des unités mécanisées, d'appui-feu, de reconnaissance, du génie et une partie des éléments d'artillerie. Une attention considérable a également été portée à la formation individuelle par spécialité et à la formation combinée avec une formation simultanée en médecine tactique.
La formation des artilleurs en France porte essentiellement sur l'entretien et la maintenance du canon CAESAR et de son système informatique, avec notamment des pannes provoquées par les instructeurs pendant les exercices. Les artilleurs français et ukrainiens échangeant leurs compétences, les Français apprenant des Ukrainiens en matière d'utilisation des drones et en communication au front, et les Ukrainiens dans l'utilisation spécifique du CAESAR, ainsi qu'en logistique et en maintenance. Les formateurs français relèvent le niveau de formation particulièrement élevé des artilleurs ukrainiens avant leur arrivée en France quant à la précision de leurs tirs. Les Ukrainiens sont quant à eux impressionnés par la logistique de l'armée française ainsi que par la robustesse corporelle des militaires français.
La formation des équipages de VAB commence par des cours théoriques sur le véhicule et son armement, puis par des séances pratiques de conduite sur route, autoroute, en tout-terrain et en franchissement de cours d'eau. Ils apprennent le transport et le débarquement de troupes ainsi que le transport de munitions. Des cours de maintenance et de réparation sont également dispensés. Les équipages s'entraînent également au maniement de la mitrailleuse Browning M2 sur véhicule à l'arrêt et en mouvement sur des cibles mobiles et fixes..
Désertions pendant la formation en France 55 soldats (56 selon les sources ukrainiennes) ont déserté durant la formation en France, l'information est confirmée par le ministre français des Armées Sébastien Lecornu le sur Europe 1.. L'armée ukrainienne impute la responsabilité des désertions au commandant de la brigade , qui a été démis de ses fonctions début en même temps que plusieurs autres officiers supérieurs.. Une enquête préliminaire est lancée parallèlement sur les circonstances de ces désertion début ..
Formation continue et entraînement Parallèlement aux missions de combat, les unités de la brigade qui ne sont pas en première ligne continuent leur entraînement. Ainsi, la brigade publie le sur les réseaux sociaux une vidéo datant du montrant l'un de ses AMX-10 RC à l'entraînement sur un champ de tir..
Chefs de corps vignette|Le commandant de la , Taras Maksimov (au centre), lors de la cérémonie du de remise de décorations aux combattants s’étant distingués dans la défense de Pokrovsk.
– : colonel .. ; – : par intérim lieutenant-colonel Oleh Kosovsky ; – présent : colonel .
Historique des batailles, combats Bataille de Pokrovsk
Le la publication en ligne signale dans les environs de Chevtchenko et de à au sud de la ville de Pokrovsk et précise que ces unités recevront bientôt des drones financés par les collectivités locales de leur lieu de mobilisation..
Le , la ville de Lviv publie dans sa rubrique nécrologique le décès au combat le de Vitaly Tylipsky de la ..
À partir du , au moins deux bataillons de la brigade sont déployés en renfort sur le front entre Pokrovsk et Velyka Novossilka : un bataillon d'artillerie, dont le commandant porte l'indicatif « Cosaque » (en ), et le de la brigade pour épauler les , la et la et ainsi acquérir une expérience du front... Le déploiement complet de la brigade sur le front de Pokrovsk est prévu pour dans le but faire face à l'offensive russe de la .. Durant la première semaine de combat, la brigade a infligé aux forces ennemies 15 décès, 17 blessés et a capturé un soldat russe..
Le , l'état-major général des Forces armées ukrainiennes informe l'agence de presse Interfax-Ukraine du déploiement complet de la brigade dans la région de Pokrovsk ainsi que du renforcement de son bataillon de drones. De plus, la brigade reçoit des équipements supplémentaires...
Le , le portail Internet ukrainien et Iouriy Boutoussov sur censor.net le rapportent que les soldats de la ont capturé quatre soldats russes. Fait surprenant, l'armée russe, contrairement à ses habitudes, cherche à les échanger immédiatement contre des prisonniers de guerre ukrainien...
Le , les militaires d'un des bataillons mécanisés, commandés par le major Mykola Nikoliuk et le sergent Serhii Shalankevich, reprennent à l'adversaire une position perdue la veille lors d'un assaut qui inflige de nombreuses pertes...
Le , le journaliste correspondant militaire annonce que la stabilise le front dans sa zone de responsabilité.. La publication Internet « Apostrophe TV » (en ) reprend l'information en précisant que la propagande russe, qui cible la brigade depuis sa formation en France, redouble d'intensité, signe de l'efficacité de la brigade au combat..
Controverse (désertion et départ au ZSCH)
Emballement médiatique .
Le , la députée ukrainienne d'opposition Mariana Bezouhla, sur sa page Twitter (X), s'appuyant sur le déploiement de seulement deux bataillons de la brigade sur le secteur de Pokrovsk, relaie l'article de la chaîne Telegram Военный Осведомитель de l'organisme de propagande gouvernemental russe knd.gov.ru, article rapidement supprimé. La députée y dénonce le démantèlement de la , qui ne serait qu'une ou encore une créée à des fins publicitaires. Ce tweet de Mariana Bezouhla est relayé le jour même par le media gouvernemental russe Pravda.fr. et divers médias de propagande russe. avant d'être repris par des médias internationaux plus neutres. Dans le même temps, sur sa page Facebook, le journaliste ukrainien , rédacteur en chef du portail d’information sociopolitique ukrainien , pro-ukrainien, dénonce une absence totale de drones dans la brigade.
Le , dans son article publié sur Censor.net, Iouriy Boutoussov signale un grand nombre de au sein de la brigade. Il s'étonne également du changement de législation concernant le SZCH, estimant que cela pourrait conduire les mobilisés à quitter leur poste. Il trouve par ailleurs anormal que des hommes ayant un emploi soient mobilisés dans l'armées.
Fin , la polémique est lancée par Iouriy Boutoussov sur sa page Facebook, puis le lendemain par la publication du même texte sur son journal en ligne (en ), relayée par la députée Mariana Bezouhla et reprise par les médias pro-ukrainiens, prorusses ukrainiens, russes et occidentaux. À la suite de cet article de Iouriy Boutoussov, le enquête sur la formation de la brigade. Sous la supervision du président Zelensky, des problèmes de désertion et d'organisation inefficace sont relevés. Cette enquête vise à mettre en lumière les conséquences de la création de nouvelles brigades sans préparation adéquate.
Durant la formation de la brigade en France, une cinquantaine de soldats déserte, ce qui entraîne le limogeage du commandant de l'unité. D'après le journaliste Iouriy Boutoussov, des défaillances matérielles, des munitions inopérantes, un manque de matériel de guerre électronique et de drones, ainsi que des changements dans le commandement auraient entraîné des pertes et de nombreux soldats (1700) manquent l'appel (en traduit improprement souvent par désertion) au sein de la brigade, et l'enquête du SBI vise à en déterminer les responsabilités. De plus, en et , 2500 soldats de la brigade auraient été réaffectés à d'autres unités sur le front. En , pendant que la direction de la brigade est en formation en France, plus d'un millier de soldats seraient recrutés en Ukraine et ne recevraient pratiquement aucune formation. À partir de , une partie du personnel de la brigade est renvoyée en Ukraine pour terminer sa formation, mais serait réaffectée à d'autres brigades.
À la suite de cette polémique, l'état-major général des Forces armées ukrainiennes est convoqué à ce sujet le par le président Zelensky.
Les scandales concernant la corruption du Colonel Dmytro Ryumshin se poursuivent durant le premier semestre .
Enquête
Début , Tatiana Sapiyan, porte-parole du SBI, confirme qu'une enquête à propos des allégations de Iouriy Boutoussov concernant la est en cours..