L'État du Liban libre Jabbra, Joseph G.; Jabbra, Nancy W., Lebanon: Gateway to Peace in the Middle East?, International Journal, 1983 (arabe : دولة لبنان الحرة, Dawlat Lubnān al-Ḥurra) était un État séparatiste non reconnu, au sud du Liban. Il s'étendait sur , le long de la frontière israélienne, et servait de zone tampon pour Israël qui occupent militairement la zone.
Il est proclamé en 1979 par Saad Haddad, un officier au service d'Israël, fondateur de l'Armée du Liban sud, une milice chrétienne, supplétive de l'armée israélienne lors de l'invasion israélienne du Liban en 1978. Renforcée par l'invasion israélienne du Liban en 1982, l'autorité du Liban libre périclite rapidement après la mort de Haddad en 1984.
Après le redéploiement d'Israël au Sud-Liban en 1985, l'État du Liban libre est remplacé l'administration de la ceinture de sécurité du Sud-Liban, qui poursuit l'occupation israélienne du Sud-Liban. Au cours du conflit au Sud-Liban, l'administration maronite et l'Armée du Liban sud opèrent sous la supervision d'Israël, pour finalement s'effondrer lors du retrait de l'armée israélienne du Liban en 2000.
Histoire L'annonce de la création de l'État est faite le 18 avril 1979 par Saad Haddad Barak, Oren, Ambiguity and Conflict in Israeli-Lebanese Relations., Israel Studies 15, no. 3, 2010. Saad Haddad est alors officiellement renvoyé de l'armée libanaise poursuivi pour haute trahison par le gouvernement libanais. Cet État est destiné à servir de zone tampon à Israël. Le délégué américain au Conseil de sécurité de l’ONU accuse même Israël de procéder à l'annexion rampante d’un territoire de au Sud-Liban. Les historiens Mounzer et Hana Jaber voient cette proclamation séparatiste comme une réalisation de la vision politique israélienne du Liban sud ; ainsi Shimon Peres en 1976 avait déclaré : « Le sud du Liban qui s’étend le long de la frontières israélienne, représente un vide au sens militaire et politique. ». gauche|vignette|Les officiers israéliens Rafael Eitan et , en compagnie de Saad Haddad (à droite), lors d'une visite aux soldats israéliens et aux soldats de l'ONU au Liban, le 1er juin 1982, cinq jours avant la nouvelle invasion du pays par Israël. L'existence du Liban libre dépend du soutien logistique et militaire israélien (après 1982), ce qui en fait un État client d'Israël. Le Liban libre fonctionne pendant plusieurs années comme une autorité semi-indépendante au Sud-Liban, en totale déconnexion politique avec le gouvernement libanais internationalement reconnu de Beyrouth. Le gouvernement du Liban libre sous la direction de Haddad ne reçoit jamais de reconnaissance internationale.
Après l'invasion du Liban par Israël en 1982, une grande partie du territoire revendiqué par le Liban libre est intégrée à la dite « ceinture de sécurité du Sud-Liban », sous le contrôle conjoint de l'armée israélienne et de l'Armée du Liban libre. L'autorité du Liban libre décline encore davantage avec la mort de Saad Haddad en janvier 1984, après quoi seule la force militaire de l'État autoproclamé continue de fonctionner, rebaptisée Armée du Liban sud (ALS). Communications Durant les deux premières années du conflit du Sud-Liban (1982-2000), Saad Haddad dirige la station de radio chrétienne Voice of Hope William A. Rugh, Arab Mass Media: Newspapers, Radio, and Television in Arab Politics, initialement créée et financée par George Otis de High Adventure Ministries. La Voice of Hope est créée comme une œuvre caritative pour aider l'enclave chrétienne du Sud-Liban, mais elle devient rapidement politisée, lorsque Hadaad l'utilise pour des diatribes politiques visant ses nombreux ennemis.
High Adventure la présente comme la seule station de radio privée au Moyen-Orient qui diffuse l'Évangile, mais son message est souvent entaché par l'affiliation nécessaire avec la milice de Hadaad, car son fonctionnement dépend de sa protection et de son autorité, ce qui donne lieu à un mélange très curieux de leçons d'Écritures et de commentaires politiques que le personnel de la station ne peu ni contrôler ni réglementer.
S'appuyant sur la couverture positive de Voice of Hope, Pat Robertson fonde en 1982 la première branche étrangère de son Christian Broadcasting Network, connue sous le nom de , et place son fils, Tim, à sa tête. Bien que le massacre de Sabra et Chatila provoque une brève brouille entre les américains et Haddad, CBN et Voice of Hope continuent toutes deux à diffuser sans interruption jusqu'à la fin du Liban libre et jusqu'à ce qu'Israël mette fin à son occupation en 2000 Ballout, Laila, Vanguard of the Religious Right: U.S. Evangelicals in Israeli-Controlled South Lebanon, Diplomatic History, 2022. Économie
Le début de la Bonne frontière coïncide avec le début de la guerre civile au Liban en 1976 et avec le soutien israélien aux milices majoritairement maronites du Sud-Liban dans leur lutte contre l'OLP. À partir de 1977, Israël permet aux maronites et à leurs alliés de trouver du travail en Israël et leur fournit une assistance pour l'exportation de leurs marchandises via la ville portuaire israélienne de Haïfa. Le principal poste frontière par lequel les marchandises et les travailleurs passent est la porte de Fatima, près de Metoula. Cela fournit une stabilité économique essentielle à l'administration du Liban libre et à l'administration ultérieure de la ceinture de sécurité du Sud-Liban. Relations avec les Nations Unies La liberté de mouvement du personnel de la FINUL et des observateurs de l'ONUST dans l'enclave du Liban libre reste restreinte en raison des actions d'Amal et de l'Armée du Liban libre sous la direction du major Saad Haddad avec le soutien des forces militaires israéliennes. Pendant la guerre du Liban de 1982, les positions de l'ONU sont envahies, principalement par les forces de l'Armée du Liban sud sous le commandement de Saad Haddad. Reconnaissance internationale Le Liban Libre ne réussit à obtenir la reconnaissance d'aucun État, à l'exception de celle officieuse de l'État d'Israël. Le pays bénéficie néanmoins d'un certain soutien de la part des , qui rencontrent souvent le gouverneur du Liban Libre, Saad Haddad, lors de ses voyages télévisés en Terre Sainte.
Postérité
La zone de sécurité délimitée par la ligne jaune imposée par Israël en avril 2026 recouvre sensiblement le même territoire (voir cet article).
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Occupation israélienne du Sud-Liban Conflit israélo-arabe Conflit israélo-palestinien Conflit israélo-libanais Guerre civile libanaise Insurrection palestinienne au Sud-Liban
Liens externes
Catégorie:Ancien pays en Asie Catégorie:Histoire contemporaine du Liban Catégorie:Relations entre Israël et le Liban