vignette|356x356px| Catalogue de l' Exposition des livres écrits par des femmes, tenue en 1947.
Le Conselho Nacional das Mulheres Portuguesas (Conseil national des femmes portugaises) est une organisation féministe portugaise qui défend les droits sociaux et politiques des femmes. Fondée au Portugal en 1914 par Adelaide Cabete, elle maintient ses activités jusqu'en 1947 quand le régime de l'Estado Novo ordonne sa fermeture. C'est l’organisation féministe la plus importante et la plus durable de la première moitié du au Portugal et la seule à survivre après la fin de la Première Guerre mondiale.
Débuts La première tentative de fondation d'un Conseil des femmes au Portugal remonte au début du , lorsque Carolina Michaëlis de Vasconcelos s'efforce de afin de rencontrer une féministe canadienne en visite, Sophia Sanford. Cette initiative n'aboutit cependant pas.
Le Conselho Nacional das Mulheres Portuguesas est finalement fondé le , à l'initiative de la gynécologue et militante féministe Adelaide Cabete, qui en devient la première présidente. Carolina Michaëlis de Vasconcelos est invitée à en être présidente d'honneur.
Objectifs du Conseil Le bulletin du Conseil, publié à partir de , précise que son objectif est de , mettant fin à . Le Conseil cherche notamment à améliorer la situation juridique des femmes dans la famille et dans l’État, obtenir le droit de vote des femmes, mettre fin à la traite et l’exploitation des femmes, améliorer la santé publique, défendre les droits des femmes enceintes et des femmes ayant récemment accouché et protéger les femmes et les enfants défavorisés et maltraités.
Le Conseil se veut apolitique mais plusieurs membres éminentes de la , qui prône le renversement de la monarchie, en font partie, ce qui freine la participation de femmes plus conservatrices et, en général, plus aisées. En conséquence, l'organisation manque de fonds et son siège, pendant la majeure partie de son existence, se trouve dans le cabinet médical d'Adélaïde Cabete et de sa sœur, Maria Brazão, à Lisbonne. Cependant, en 1914 et 1915, il compte tout de même quinze associations affiliées, parmi lesquelles l'Associação de Estudantes do Instituto de Educação e Trabalho (Association des étudiants de l'Institut d'éducation et de travail), lAssociação de Professores do Ensino Gratuito (Association des professeurs de l'enseignement libre), le Fundo de Apoio aos Estudantes Pobres (Fonds d'aide aux étudiantes pauvres), le Grupo Feminista Português (Groupe féministe portugais), la Liga Portuguesa da Moral Pública (la Ligue portugaise de moralité publique), le Núcleo do Porto da Liga Republicana das Mulheres Portuguesas (Groupe de Porto de la Ligue républicaine des femmes portugaises), l'Associação das Alunas do Instituto Feminino de Educação e Trabalho (Association des étudiantes de l'Institut des femmes pour l'éducation et le travail), la Liga Portuguesa da Moralidade Pública (Ligue portugaise de moralité publique) et le Tuna das Costureiras de Lisboa.
Activités Les congrès Pour célébrer le dixième anniversaire de sa fondation, le Conseil national des femmes portugaises organise en , à Lisbonne, le Premier Congrès féministe et éducatif, inauguré par le président de la République, Manuel Teixeira Gomes qui découvre, à cette occasion, que les femmes n'ont pas encore le droit de vote au Portugal. Vingt-cinq communications sont présentées, dont 17 par des femmes. Les propositions faites dans les présentations sont très progressistes pour l'époque : elles concernent le droit à un mois de congé de maternité pour la femme qui travaille, l'introduction de l'éducation sexuelle les écoles, l'égalité de rémunération pour des postes équivalents, le droit de vote pour les femmes ou le statut juridique égal pour les femmes et les hommes mariés. y plaide, de façon pionnière, pour l'intersection de la question coloniale avec la lutte féministe.
Le succès du premier congrès de Lisbonne amène à organiser un nouveau congrès en 1928. Ce deuxième congrès traite davantage des droits politiques et civils des femmes : « Le vote pour les femmes », de présente ainsi un rapport sur le « Vote pour les femmes » et Elina Guimarães plaide pour une meilleure protection et un salaire de substitution pour les femmes enceintes ou accouchantes.
Le bulletin : Alma femina Tout au long de son existence, le Conseil national des femmes portugaises publie un bulletin à l'intention de ses membres. Initialement dénommé simplement Bulletin du Conseil national des femmes portugaises, son nom devient Alma feminina (L'âme féminine) en 1917, puis A Mulher (La Femme) en 1946. Le magazine a pour objectif principal de faire connaître les activités de l'association et les initiatives promues par les organisations féministes et féminines internationales, ainsi que d'informer les lectrices sur la situation des femmes et l'état du féminisme dans d'autres pays. vignette| Supplément au journal O Século sur les suffragettes de la Ligue républicaine des femmes portugaises, publié le 12 mai 1910 : 5 - Ana de Castro Osório ; 6 - ; 7 - ; 8 - ; 13 - ; 14 - Adélaïde Cabété ; 15 - Carolina Beatriz Ângelo ; 16 - Maria do Carmo Joaquina Lopes.
Années 1930-1940 En 1930, à l'initiative de la journaliste Maria Lamas, la ville organise une , avec le soutien du journal O Século. Le but de l’exposition est de donner une visibilité au travail des femmes de tout le pays, . Son succès contribue à la notoriété du Conseil national des femmes portugaises.
Cependant, au cours des années 1930 et 1940, émergent des associations de femmes associées au gouvernement autoritaire de l'Estado Novo, comme , Mocidade Portuguesa Feminina ou encore la Juventude Independente Católica Feminina et qui deviennent ses interlocuteurs privilégiés et obéissants. Le Conseil national des femmes portugaises fait face aux exigences de contrôle de l'état. Mais il continue à adresser des pétitions aux différents organes du pouvoir politique et à intervenir publiquement en faveur des causes qu'il défend.
Fin À la mort d'Adelaide Cabete en 1935, Sara Beirão est élue présidente. Elle est suivie par Isabel Cohen von Bonhorst en 1942, et Maria Lamas en 1945.
En 1947, après le succès de l'« Exposition de livres écrits par des femmes » au Grand Hall des Beaux-Arts de l'Université de Lisbonne, le Conseil national des femmes portugaises est interdit par le régime d'António de Oliveira Salazar et doit immédiatement cesser ses activités. Néanmoins, de nombreuses membres du Conseil continuent à œuvrer pour la promotion des droits et de meilleures conditions de vie des femmes portugaises, en rejoignant d'autres associations qui sont encore autorisées.
Membres notables (1883-1944), peintre, sculptrice et artiste de dentelle ; Adelaide Cabete (1867-1937), gynécologue et enseignante, présidente du Conseil de 1914 à 1935 ; (1881-1938), vice-présidente du Conseil en 1929 et de 1931 à 1935 ; (1891-1936), première femme notaire au Portugal, vice-présidente du Conseil de 1926 à 1927 ; (1892-1958), écrivaine et poétesse ; Maria Lamas (1893-1983), écrivaine journaliste, présidente du Conseil de 1945 à 1947 (1880-1985), écrivaine et linguiste ; Carolina Michaëlis de Vasconcelos (1851-1925), écrivaine et enseignante, présidente honoraire du Conseil ; (1888-1993), enseignante ; (1883-1984), enseignante et écrivaine ; (1895-1976), peintre ; Elina Guimarães (1904-1991), juriste, vice-présidente du Conseil de 1928 à 1929 et en 1931 ; (1916-2004), écrivaine et journaliste ; (1886-1943), medium ; (1869-1948), journaliste et écrivaine, secrétaire générale du Conseil en 1914 et 1919 et vice-présidente en 1921 ; (1909-2000), écrivaine, poétesse et journaliste ; Maria Lamas (1883-1993), écrivaine, traductrice et journaliste ; (1873-1932), écrivaine, poétesse et journaliste ; (1893-1967), avocate ; Sara Beirão (1880-1974), écrivaine et journaliste, présidente du Conseil de 1935 à 1942 ; (1898-1970), première femme pédiatre au Portugal (1883-1930), enseignante
Références
Liens externes
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