Le de chasseurs alpins (BCA) était une unité militaire de l’armée française, aujourd'hui dissoute.

Création et différentes dénominations : création du de chasseurs à pied () : le est fait prisonnier à Metz : reformé en tant que de marche de chasseurs : reconstitution du : devient par décret le de chasseurs alpins () 1930 : dissolution et nouvelle création du 1940 : dissolution du 1944 : reconstitution du 1955 : devient le centre d'instruction du 1969 : redevient le 1990 : dissolution du

Historique des garnisons, campagnes et batailles thumb|Le de chasseurs lors de la bataille de Solferino Garnisons successives 1854 : Camp de Viméreux 1855 : Paris 1856 : Vincennes 1872-1875 : Lyon 1877-1885 : Alençon 1889 : Albertville 1894-1922 : Annecy 1918-1930 : Rhénanie : Neustadt, Düsseldorf, Kreuznach et Kaiserslautern 1930-1939 : Gap 1948-1990 : Barcelonnette thumb|Le futur président de la République Raymond Poincaré en 1897 comme lieutenant du de chasseurs alpins

Un premier de chasseurs à pied « Chasseurs des Ardennes » est formé le par ordonnance royale de Louis XVI. Il tient garnison à Monaco et est dissous sous le Premier Empire. Ce n'est qu'un homonyme. Les Chasseurs à Pied créés par le Duc d'Orléans sous la monarchie de Juillet ne peuvent se prévaloir de cette filiation.

Le , le de chasseurs à pied est créé à Strasbourg par décret Impérial. Envoyé au camp de Viméreux lors de la guerre de Crimée en 1854, il est ensuite rattaché à l'Armée de l'Est et tient garnison à Paris en 1855, puis à Vincennes jusqu'au .

Le , le bataillon rejoint l'Algérie et participe aux expéditions des Babors, de la grande Kabylie en 1857 et de l'Oued-el-Kebir en 1858.

En 1859, il prend part à la campagne d'Italie et se distingue au passage du Tessin, à Magenta et à Solférino, où ses carrés résistent aux trois charges de la cavalerie autrichienne. Lors de la guerre de 1870, le BCP s'illustre dans les combats de Borny, Rezonville, Saint-Privat (Montigny-lès-Metz), Bellevue, Servigny et Ladon. À Sedan il disparaît avec l'Armée de Metz. Il est reformé en tant que de marche de chasseurs dans le cadre de l'armée de la Loire et combat à Villorceau et au Mans. Le , le BCP est officiellement reconstitué et prend garnison à Lyon.

Le , il repart en Algérie où il fait partie des colonnes expéditionnaires du Sud en 1876 et du Souf en 1877. Rentré en métropole, il se fixe à Alençon.

Le , le bataillon part pour le Tonkin, embarquant à Toulon le 30 pour débarquer en baie d'Along le . Il prend part aux affaires de Hué, Tam-so, Yengia, Dong-Triem et Hoan-Mo. Le Bataillon est ainsi le seul parmi les bataillons de chasseurs à avoir participé à la conquête du Tonkin. De retour en France le , il est stationné à Albertville jusqu'en 1894. vignette|Des chasseurs du lors d'une course de ski à Chamonix en 1912. Par décret du , il devient le de chasseurs alpins et s'installe à Annecy de 1894 à 1914.

Le , une compagnie est désignée pour faire partie du de chasseurs à pied qui embarque le pour Madagascar et prend part aux combats de Mévétanana et Bevitzoka.

Première Guerre mondiale 1914 Le BCP, sous les ordres du commandant Louis Augerd, quitte Annecy le et est engagé dans les Vosges. Il y combat d'abord pour repousser la couverture ennemie (Lac Blanc), puis pour couvrir le repli (Charbonnière les 18 et - Stampoumont le ), et enfin pour arrêter définitivement et faire reculer l'envahisseur (Hemberg du 2 au ).

En remplacement du commandant Augerd promu, le commandant Forêt prend le commandement le . Le bataillon, transporté dans le Nord, participe à la course à la mer (Lihons le - Dompierre le ), à la bataille des Flandres (Kemmel en novembre) et à la tentative d'offensive d'hiver (Carency le ).

1915 Ramené dans les Vosges, le bataillon est bientôt engagé dans la partie d'Alsace conquise. Durant la bataille du Reichsackerkopf il repousse les attaques allemandes (Soultzeren le ) et, passant lui-même à l'attaque, s'empare de Metzeral le , ce qui lui vaut sa première citation. Blessé à Metzeral, le commandant Forêt passe le commandement au commandant de Douglas le . Sous ses ordres, le bataillon continue à lutter dans les Vosges et livre de sanglants combats (crête du Barrenkopf le , Le Linge à Hohrod le , Hartmannswillerkopf le )Le capitaine Joseph Ferdinand Belmont a été blessé mortellement le 28 décembre 1915 à 4 heures du matin (dans les environs du Hirtzenstein, sous l'Hartmannswillerkopf)..

1916 Le commandant Pichot-Duclos remplace le commandant de Douglas. Le bataillon tient l'Hilsenfirst pendant le printemps et participe ensuite à la bataille de la Somme (bois de Hem le , Maurepas le , mont Saint-Quentin le ).

Sous les ordres du commandant Doyen, qui remplace le chef de bataillon Pichot-Duclos, le bataillon est ramené dans les Vosges où il termine l'année dans un secteur calme. Fait rare pour l'époque (cette distinction étant réservée aux officiers), la remise de la croix de la Légion d'honneur au caporal Claude Goutaudier (de Renaison dans la Loire) par le président de la République en 1916, pour la capture avec son camarade Guillot (tué à l'ennemi), d'une centaine de combattants allemands dont deux officiers, devant le bois de Hem (département de la Somme), le , avec la justification suivante :

Claude Goutaudier était déjà titulaire de la croix de guerre avec deux palmes et étoile. Le caporal Goutaudier a survécu à la grande guerre ; il décède de la malaria en 1949 en Algérie, où il exerçait la profession de responsable de .

1917 vignette|Remise de croix de guerre par le commandant Doyen en juin 1917 L'hiver, le printemps et l'été 1917 voient le bataillon transporté des Vosges sur l'Aisne, dans la Meuse et en Champagne. Les périodes d'entraînement dans les camps alternent avec l'occupation des secteurs du front. Il ne livre aucun combat important durant cette période.

En automne, le bataillon est brusquement appelé à opérer en Italie où la situation s'est aggravée. Il arrête les Autrichiens au Monte-Tomba le .

1918 Ramené en France dès la première attaque allemande, le stationne successivement en Picardie, en Flandre et enfin sur l'Ourcq où il se trouve quand sonne l'heure de l'offensive victorieuse. Il participe à l'attaque de juillet (Rassy le 19, bois de Chatelet le 23) et y gagne sa deuxième citation.

L'entre-deux-guerres vignette|Garde du BCA au pont de chemin de fer de Germersheim (Rhénanie-Palatinat) en 1919. vignette|Équipe du BCA lors d'une épreuve militaire de ski à Pontarlier le . Après l'armistice, le bataillon est ramené sur Paris et cantonne successivement à Viarmes, Neuilly et Challes. Il rend les honneurs aux souverains et aux chefs d'État. Au printemps 1919, il est désigné pour faire partie de l'armée du Rhin et tient garnison à Hainfeld, Germersheim, Schornsheim, Landau, Trèves et Neustadt. Il participe à la première occupation de la Ruhr de mai à et retourne ensuite à Neustadt. Lors de la deuxième occupation de la Ruhr, de à , il passe par Datteln, Hoerde, Aplerbeck et enfin Düsseldorf. Quittant la Ruhr, il établit ensuite ses quartiers à Bingen d' à , puis à Kreuznach de à et enfin à Kaiserslautern.

Il est dissous le , lors de l'évacuation de la Rhénanie, sans disparaître pour autant, puisqu'à cette même date, le BCA de Gap reprend l'appellation BCA. Il occupera le Quartier Reynier jusqu'à son départ pour le front à la mobilisation de 1939. Il forme la demi-brigade avec le BCA de Barcelonnette et le 28e BCA., bataillon de réserve dérivé du BCA et du BCA.

Seconde Guerre mondiale

1939-1940 En , le bataillon part pour le front au sein de la alpine de la division d'infanterie alpine. Pendant la Bataille de France, il combat sur l'Aisne et sur l'Ourcq. Du au , il résiste jusqu'au bout dans les bois de la Ferme du Préau. Il est cité à l'ordre de l'armée le jour même par le secrétaire général de la défense nationale. Il forme pour le reste de la campagne un bataillon de marche avec le . Dissout le , il n'est pas reformé dans le cadre de l'armée d'Armistice..

1944-1945 Héritier des maquis de l'Oisans et du Queyras, le bataillon est recréé le , au fort du Rabot à Grenoble. Par décret du , il prend l'appellation de chasseurs alpins. Tout au long de l'hiver 1944-45, il est en Haute Maurienne. Tandis que les Allemands occupent les crêtes, l'ordre est donné le , de s'emparer du plateau du Mont-Cenis avec comme objectif principal le Mont-Froid. Attaquant de bas en haut des positions fortement tenues, gravissant avant l'assaut mille mètres de dénivelé, il atteint d'emblée tous ses objectifs. Pour ce fait d'armes, il reçoit sa deuxième citation au titre de la guerre 1939-1945. Le , le bataillon franchit le Mont-Cenis pour poursuivre les Allemands en Italie. Le , il progresse en direction de Turin. Il regagne finalement la France après l'armistice le .

Épisode de la conquête du Mont-Froid

Le BCA, commandé par le capitaine Grand, reçoit l'ordre le de s'emparer de la crête du Mont-Froid, qui domine la vallée de la Maurienne. Cette pièce maîtresse du dispositif ennemi est tenue par des troupes d'élite de la Wehrmacht renforcées par des unités italiennes de la Division Folgore.

L'attaque est prévue pour le . En raison des conditions atmosphériques, elle est reportée de 24 heures. La mission principale, conquérir le Mont-Froid, est confiée à la que commande le capitaine Branche, renforcée par la SES/2 du sous-lieutenant Faure. Le à 18 heures, les sections s'engagent sur la pente au départ de Bramans. Les éléments sont déchaînés. Une épaisse couche de neige couvre le sol, un vent glacial balaie la crête. En tête progresse la SES/4 du sous-lieutenant Lacabe.

Lorsque le jour se lève, deux des trois points de résistance ennemie sont dépassés sans être tombés aux mains des chasseurs. Ce sera l'affaire de la journée du . Les Allemands essayent par tous les moyens de rester maîtres de l'ensemble de la position. Devant le bloc Est, les deux adversaires s'installent dans un face à face meurtrier. Au bout de 24 heures, le sous-lieutenant Lacabe et ses éclaireurs s'en emparent. Tout au long de la journée du , ils vont consolider la défense. Au milieu de la nuit suivante, une puissante contre-attaque les en déloge. Les Allemands s'y maintiennent toute la nuit, mais, sous les coups redoublés des Français, ils sont contraints de se replier.

Au matin du , le Mont-Froid est entièrement aux mains des Français. Après plus de 48 heures de combat dans des conditions épouvantables, la est relevéeEn 1985, une promotion d'élèves officiers de réserve des écoles de Coëtquidan prend le nom de Mont-Froid.. Deux jours plus tard, le général de Gaulle, au cours d'une prise d'armes à Bramans, décerne pour ce fait d'armes une nouvelle citation au Bataillon.

De 1945 à nos jours Le , le BCA s'installe en Autriche dans le cadre de l'armée d'occupation et est stationné à Brégence sur les rives du lac de Constance. Le , le bataillon reçoit la fourragère aux couleurs de la croix de guerre 1939-1945, pour les deux citations qu'il a obtenues lors du conflit.

Le bataillon rentre en France et s'établit en à Barcelonnette et à Jausiers dans les quartiers Jacquemot et Breissand. La vallée de l'Ubaye renoue alors avec ses traditions militaires. En effet, lieu de passage, elle a de tout temps, accueilli des unités militaires dont le volume variait suivant les tensions du moment.

Après le séisme du en vallée de l'Ubaye, les chasseurs du participent aux opérations de secours, notamment dans la haute Vallée de l'Ubaye (commune de Saint-Paul-sur-Ubaye et plus particulièrement les hameaux de La Grande Serenne (épicentre du séisme), de la Petite Serenne et de Fouillouse au-delà du pont du Châtelet).

Centre d'instruction pendant la période de la guerre d'Algérie, le « Onze » redevient bataillon opérationnel le et entre dans la composition de la alpine.