Auguste Calas, né le dans le et mort le à Carlsbad (Reich allemand), est un militaire, commissaire de police, résistant et déporté français.
Biographie
Famille Auguste Joseph Jean Calas naît le dans le . Il est le fils de Paul Dieudonné Calas, cordonnier, et de Marie Bariéraud, couturière.
Ses parents tiennent un magasin de chaussures à ParisLivret d'hommage à Auguste Calas, parrain de la promotion 1947 de l'école inter-régionale des gardiens de la paix de Marly-le-Roi.. Il a une jeunesse studieuse et calme.
Carrière militaire Après avoir hésité avec une carrière musicale, son goût de l'action l'amène à choisir la carrière des armes.
Il s'engage volontairement dans l'armée française en 1913 comme soldat de classe au régiment d'infanterie.
Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale en , il monte au front comme caporal avec son régiment.
Il monte rapidement en grade comme sous-officier. Son unité est notamment engagée dans la bataille de la Marne puis en Argonne.
Grièvement blessé par schrapnel en , il est cité à l'ordre de l'armée pour son comportement au feu et reçoit la médaille militaire.
Promu officier en , il est affecté au bataillon de chasseurs, qui est engagé dans la bataille de Verdun entre mars et puis dans celle de la Somme en septembre et .
A nouveau blessé le devant Biaches (Somme), il est fait prisonnier par les Allemands et interné à Osnabrück.
Il tente de s’évader à deux reprises, ce qui lui vaut l’incarcération dans la fameuse forteresse d’Ingolstadt (dite ‘’fort des évadés’’). Il y partage la chambrée de deux jeunes capitaines, qui joueront un rôle dans le conflit mondial suivant, Georges Catroux et Charles de Gaulle.
Pourtant, en , Auguste Calas parvient à s'en évader. Il retourne en France et rejoint immédiatement son poste de commandant en . Il est promu lieutenant.
De à , il prend part à la guerre soviéto-polonaise comme cadre de la jeune armée polonaise, puis est envoyé dans les Etats baltes.
De retour d'Europe de l'Est, il sert ensuite sur sa demande en Algérie pendant huit ans, au régiment de tirailleurs algériens puis au régiment de tirailleurs algériens.
Carrière d'inspecteur puis de commissaire de police Retraité de l'armée en 1928, il entame une deuxième partie de carrière dans la police à compter de 1931, en qualité d'inspecteur.
Promu commissaire de police en 1934 après concours, il est affecté à la police municipale de Châteaudun (Eure-et-Loir), puis est nommé à Millau (Aveyron) en 1935.
A compter de 1936, il est commissaire de police de Fontainebleau, et ce jusqu'à sa future arrestation en 1943.
Il est décrit comme un .
Rappelé à l’activité en , il est affecté au régiment d'infanterie à Domfront. Réformé en pour ses deux blessures de la Grande guerre, il reprend son poste de commissaire de police à Fontainebleau.
Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale Durant l'occupation allemande, il joue un rôle important dans la Résistance à Fontainebleau.
Tout d’abord, en tant que commissaire de police, il emploie tous les moyens mis à sa disposition pour protéger les personnes recherchées par les Allemands : les juifs ainsi que les communistes pour lesquels il fournit des renseignements favorables, et tous les résistants qui se présentent à lui.
Il les prévient des recherches dont ils sont l'objet, et facilite leur départ (établissement de faux-papiers). Par ailleurs ses fonctions lui permettaient de signer de nombreuses cartes d'identité pour les maquisards et les S.T.O.
A titre d'illustration, il déclare à son officier de paix : .
Par ailleurs, catholique convaincu, il rejoint le mouvement de résistance Front national en , qui a été fondé par des militants communistes.
Arrestation, internement, déportation et mort Auguste Calas est arrêté le à son domicile du 8 rue Auguste Barbier à Fontainebleau par la Gestapo, dont Wilhelm Korf, chef de la Gestapo de Melun, en personne.
Il est détenu trois mois et demi à la prison de Fontainebleau, tenue par l'occupant allemand, où il est mis au secret. Il est ensuite transféré le au fort de Romainville puis au camp de Royallieu à Compiègne six jours plus tard.
Déporté à Buchenwald par le convoi I.172 parti le , il est transféré à Flossenbürg un mois plus tard. Le il est envoyé au kommando de Johanngeorgenstadt à Karlsbat-Falsper (actuelle République tchèque).
Devant l'avance alliée, le kommando est évacué à pied par la route. Très éprouvé par les mauvais traitements subis, Auguste Calas se trouve dans l'impossibilité de suivre la colonne.
Il est alors achevé d'un coup de fusil par deux Waffen-SS le à Carlsbad (Reich allemand)Carlsbad est appelé actuellement Karlovy-Vary et situé dans l'actuelle République thèque..
États de services
Grades dans l'armée Soldat de classe : Caporal : Sergent : Sergent major : Adjudant : Sous-lieutenant : Lieutenant : Lieutenant de réserve : Capitaine de réserve :
Grades dans la police
Inspecteur : Commissaire principal de classe : Commissaire principal de classe : Commissaire principal de classe : Lors de cette promotion par arrêté du , Auguste Calas est considéré par l'administration comme "déporté en Allemagne, sans affectation" alors qu'il est en fait déjà décédé depuis le .
Distinctions Auguste Calas est récipiendaire des décorations suivantes :
(décret du ) (arrêté ministériel du ) 50px Croix de guerre 1914-1918 avec palme de bronze et étoile d'argent (une citation à l'ordre de l'armée en et une citation à l'ordre de la brigade)Citation à l'ordre de l'armée d'Auguste Calas, accompagnant sa Médaille militaire : "adjudant au régiment d'infanterie, matricule 4432 : a entraîné sa section à l'attaque de positions ennemies retranchées, les a conquises et s'est maintenu, malgré de violentes contre-attaques. Blessé à la région épigastrique (blessure grave)."Ordre de la Libération - Dossier de médaillé de la Résistance française - Auguste Calas à titre posthume (décret du ) (décision ministérielle du )
(deux blessures de guerre : le et le ) 50px Médaille commémorative de la guerre 1918-1921 (Pologne) () Diverses autres décorations coloniales et étrangères
Hommages
Odonymie
Son nom est donné en à une rue de Fontainebleau reliant la rue des Pins à la rue Grande. Cette rue disparaît en 2015 à la faveur de la transformation de la Place de la République mitoyenne. Depuis cette rénovation, son nom est attribué à un square jouxtant l'église Saint-Louis de Fontainebleau.
Hommage Une plaque commémorative en hommage à Auguste Calas a été apposée à l'intérieur du commissariat de police de Fontainebleau après guerre sur décision du conseil municipal de Fontainebleau, puis replacée sur le mur extérieur dans les années 1980 ou 1990 pour servir de mémoire à tous les passants.
Parrainage
Son nom est donné en 1946 à une promotion de l’école inter-régionale des gardiens de la paix de Marly-le-Roi.
Reconnaissance Mort pour la France Interné résistant Déporté résistant Mort en déportation (1987)
Témoignage Le chanoine Fontaine, curé-archiprêtre de Fontainebleau, déclare lors d'une allocution prononcée au cours d'une messe dite à la mémoire du commissaire Auguste Calas que .
Vie privée Il épouse Wanda Borowska (née en 1897 en Pologne) le à Aïn-Sifra (Algérie française) ; le couple divorce avant 1931.
Divorcé, il vit en union libre pendant au moins de dix-sept ans avec Elisabeth Petit.
Par ailleurs, il est le père de Jeanne Calas (1940-2019), fille qu'il a eue avec Julienne Hareau, décédée âgée d'une vingtaine d'années lors de l'accouchement le à Mayenne. Jeanne vit ensuite chez ses grands-parents maternels au domicile de Ham. Auguste Calas la reconnaît juste avant sa déportation. Elle devient pupille de la Nation le . Jeanne Calas devient plus tard Letterrier.
Bibliographie
; les auteurs sont lauréats départementaux (Seine-et-Marne) du concours national de la Résistance et de la Déportation de 2018.
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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