L'attentat de l'Historil est un attentat à la bombe perpétré le contre le café l'Historil, fréquenté par les forces françaises à Djibouti.

Ayant fait au moins une dizaine de morts (dont quatre militaires français) et une quarantaine de blessés, il est revendiqué par un certain Hamouda Hassan Adouani au nom d'une mystérieuse organisation terroriste proche-orientale (les ) et de la cause palestinienne. Cependant, selon la diplomatie et les renseignements ouest-allemands, l'attentat aurait en réalité été commandité par la Libye de Mouammar Kadhafi pour faire payer à la France son soutien au Tchad dans le conflit tchado-libyen.

Hamouda Hassan Adouani est condamné à mort pour l'attentat en 1991, avant de voir sa peine commuée en 1993 et d'être finalement gracié et libéré en 2000.

Déroulement Le , un homme s'installe à la terrasse du café , lieu de rendez-vous des militaires français de la base de Djibouti. Il y dépose une mallette contenant dix kilos d'explosifs, commande un jus d'orange et puis s'en va. À (UTC+3), la bombe explose, tuant une dizaine de personnes et en blessant une quarantaine voire une cinquantaine. La déflagration est si violente que certains cadavres ne sont même pas identifiables. Les forces de sécurité bouclent rapidement la place du 27-juin, où, selon les autorités, . Le ministre de l'Intérieur de Djibouti, Youssouf Ali Chirdon, et l'ambassadeur de France, Robert Thomas, se rendent sur les lieux peu de temps de temps après.

Victimes Il existe différents bilans de l'attentat de l'Historil : (, et ) et plus de quarante ou une cinquantaine de blessés (dont , , plusieurs Ouest-Allemands et un Italien) ; (, et ) et une quarantaine de blessés ; et .

Les cinq Français tués dont l'attentat sont quatre militaires (le sergent Pascal Huillet, le quartier-maître Alain Parvé, le matelot Martial Heyd et le sergent-chef Gérard Durek) et un civil (Gérald Delbourg, professeur au lycée technique de Djibouti).

Les quatre ou trois Ouest-Allemands tués dans l'attentat sont des chercheurs embarqués à bord du navire océanographique Météor.

Auteur et responsabilités Quelques jours après l'attentat, un suspect est arrêté à l'aéroport de Djibouti. Il s'agit de Hamouda Hassan Adouani, un ressortissant tunisien de 26 ans, arrivé le à Djibouti avec un visa de dix jours. Il déclare à la police avoir commis l'attentat pour le compte des , une organisation terroriste qui l'aurait recruté à Damas, en Syrie. Son mobile officiel est le soutien à la cause palestinienne. En réalité, il aurait été l'instrument d'un règlement de comptes entre la Libye et la France. Selon un télégramme de du service de renseignement extérieur ouest-allemand, le BND, que Kadhafi a commandité cet attentat pour se . Dans un autre télégramme, envoyé au ministère ouest-allemand des Affaires étrangères en 1988, les fonctionnaires de l' écrivent que les enquêteurs locaux croient que . Malgré cela, aucune action judiciaire n'est engagée contre l'État libyen. Les tribunaux djiboutiens s'abstiennent de le faire, , selon le ministère ouest-allemand des Affaires étrangères. Quant au procureur fédéral ouest-allemand, , il ne saisit pas du dossier car il n'y a aucune preuve que l'organisation à l'origine de l'attentat soit active en Allemagne de l'Ouest. Hamouda Hassan Adouani est donc le seul à être jugé pour l'attentat. En , il est condamné à la peine de mort par la cour criminelle de Djibouti, ce qui fait de lui le seul condamné à mort de l'histoire du pays depuis son indépendance. En , sa peine est commuée en emprisonnement à perpétuité (ou en emprisonnement de ) par le président Hassan Gouled Aptidon. En , il est finalement gracié par le président Ismaïl Omar Guelleh. Depuis, il vit en liberté en Tunisie, dans sa région natale de Bizerte.

Références

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