L'École de police (en luxembourgeois: Policeschoul), créée en 1999 et héritière de l'école de Gendarmerie et de Police, est un établissement de formation professionnelle de base et continue de la Police grand-ducale, chargé de former les inspecteurs de police des groupes de traitement B1, C1 et C2.

L'école de police incorpore chaque année jusqu'à 200 fonctionnaires stagiaires pour une formation policière qui dure deux ans.

Elle s'appuie sur plusieurs centres nationaux internes, dédiés entre autres à la tactique policière, au tir, à la conduite, à la self-défense et aux sports.

Des campagnes de recrutement visent à attirer un large éventail de candidat·e·s en mettant en avant la diversité des métiers au sein de la Police grand-ducale, ainsi qu'en mettant l'accent sur l'engagement personnel au service du public.

Aperçu historique De 1928 à 1945: L'école de gendarmerie . Ces élèves étaient pris par la conscription et ils devaient, pour être admis, s'habiller, se monter et s'équiper à leurs frais. Ils étaient définitivement nommés gendarmes après avoir fait 4 ans de service dans les brigades.

Après la crise luxembourgeoise de 1867 et le départ du contingent prussien de la forteresse de Luxembourg, il semble qu'en plus du bataillon des chasseurs luxembourgeois, le corps de gendarmerie utilisait une école pour ses besoins en formation.

Une instruction systématique de gendarmes luxembourgeois n'a été mise en place qu'à partir d' sur base d'une décision du Commandant de la force armée, Maurice Stein, sur une proposition des officiers du corps qui se sont offerts à donner les cours en dehors de leur service ordinaire.

Pour pouvoir accéder à cette école de gendarmerie, un examen d'entrée et un service militaire préalable de deux ans dans la compagnie des volontaires était exigé. Une mauvaise conduite pendant les deux ans de service militaire excluait le volontaire des cours.En outre le candidat devait être exempt d'infirmités et doué d'une constitution robuste, permettant un service actif de jour et de nuit. La taille minimum était de .

La formation à l'école durait deux ans au moins incluant au programme des matières théoriques telles que les langues, l'arithmétique, la géographie, le code pénal ou encore la procédure criminelle ainsi que des formations pratiques comme le tir, les exercices d'attaque et de défense et l'équitation.

Les élèves-gendarmes qui ont suivi avec fruit les cours étaient admis, selon les besoins, à l'examen de gendarme qui porte sur la matière indiquée ci-dessus.

De 1945 à 1999: L'école de gendarmerie et de police (EGP) Vers la fin des années 1930 déjà, certaines voix politiques commencèrent à demander que les soldats entrant à la police puissent fréquenter l'école de gendarmerie de la caserne du Saint-Esprit à Luxembourg.

Une telle formation de base commune de la gendarmerie et de la police étatisée a finalement été formalisée avec la réorganisation militaire post-Seconde Guerre mondiale. En 1945, une école commune de gendarmerie et de police a été instituée. L'encadrement a été assuré par des officiers et sous-officiers de la gendarmerie.

En 1952, un instituteur a été ajouté au cadre et la taille minimale des candidats a été définie à en précisant qu' en cas de besoin et pour des hommes d’une constitution très robuste, ce minimum peut être réduit à .

À la suite de l'abolition du service militaire obligatoire en 1967, une première promotion de volontaires gendarmes et policiers de l'EGP a été assermentée le au centre militaire à Diekirch, après une formation de six mois, suivie de stages pratiques.

À partir de 1972 la formation s'est étendue sur une année pour les candidats sous-officiers de la gendarmerie et de six mois pour les candidats gendarmes. En 1982, la formation des candidats gendarmes a également été étendue sur toute l'année avec des stages durant les congés scolaires.

Le recrutement des sous-officiers féminins a été introduit en 1979 pour la Police et en 1980 pour la Gendarmerie avec un maximum fixé à 10% de l'effectif total du corps. Une première promotion de 20 volontaires féminins a commencé leur instruction de base dans la caserne du Herrenberg à Diekirch en .

Au début des années 1990, l'EGP a déménagé au 7, rue Emile Mayrisch sur le site de la Villa Hartmann à Verlorenkost, où elle a partagé les bâtiments avec le centre des langues jusqu'en 1999, année de dissolution de la Gendarmerie et de l'école de gendarmerie et de police.

De 2000 à 2018 : L'instruction policière réformée À la suite de la réforme de 1999, qui a fusionné les corps de la Gendarmerie grand-ducale et de la Police pour former la Police grand-ducale, l'école de la gendarmerie et de police (EGP) a été remplacée par l'École de Police (EP), tout en conservant ses sites d'activités.

À l'exception des volontaires de la carrière des brigadiers, le service militaire n'était plus un critère de recrutement pour les volontaires de police de la carrière de l'inspecteur.

La durée de la formation de base, qui commençait en septembre de chaque année, a été portée à deux ans pour les volontaires de police de la carrière de l'inspecteur, incluant une instruction tactique de base de 3 mois (ITB), au centre militaire de Diekirch, et des stages pratiques en unités opérationnelles. La durée de formation des candidats brigadiers, recrutés directement auprès de l'armée, est restée d'un an.

En première année de formation, le casernement était obligatoire pour les volontaires inspecteurs. Un studio leur était mis à disposition. En deuxième année, le volontaire était dispensé de résider dans les locaux de l'école de police.

Le volontaire de police touchait une rémunération pendant sa formation. En 2001, cette rémunération s'élevait à brut en première année en plus d'une libre prestation de nourriture et d'un habillement et équipement professionnel gratuit.

Le service journalier, en dehors de l'ITB, contenait un appel nominatif, suivi de cours théoriques et pratiques incluant une pause de midi. En dehors des heures de service, les volontaires étaient astreints à un service de permanence.

Le contenu des cours de l'école de police entre 2000 et 2018 portait sur les langues administratives, la théorie et le pratique de l'usage des armes, la théorie et technique judiciaire, la circulation routière, l'ordre public, le sport, la maitrise de la violence ainsi que les droits de l'homme et autres aspects de police et société.

Un examen final clôturait la formation pour les volontaires de police ayant réussi la deuxième année de formation à la suite de quoi, le volontaire de police prêtait serment et était nommé au grade d'inspecteur-adjoint et un diplôme de fin d’études à l’École de Police était délivré aux candidats inspecteurs et brigadiers

Depuis 2018: L'école de police se modernise Dans le cadre d'une deuxième réforme en 2018, le système des volontaires de police a été aboli, accordant aux candidats le statut de fonctionnaire stagiaire du cadre policier. Les anciennes carrières des brigadiers et inspecteurs de police ont été renommés en groupe de traitement C2 et C1 respectivement. Une nouvelle carrière, le groupe de traitement B1, a été introduit, s'alignant ainsi au fonctionnement de l'administration générale de l'État.

En 2018, la durée de la formation pour les fonctionnaires stagiaires du cadre policier des groupes de traitement B1 et C1 a été brièvement portée à 3 ans, comprenant 3 mois d'instruction tactique de base, 9 mois de formation policière théorique et pratique à l'École de Police, ainsi que 24 mois d'initiation pratique en unité. Cette durée de formation a été réduite de nouveau à 2 ans en 2019 et n'a jamais eu d'implications majeures pour la durée réelle de la formation des candidats, qui est restée à 2 ans.

La durée de formation des fonctionnaires stagiaires du cadre policier du groupe de traitement C2, toujours recrutés auprès de l'Armée après leur service militaire, est restée d'un an.

À la suite d'une nouvelle volonté politique de recruter jusqu'à 200 candidats par an, les infrastructures et l'organisation interne de l'École de Police se sont révélées insuffisantes. Ainsi, la dernière session de l'ITB a eu lieu au début de l'année 2020, avant d'être supprimée à partir de 2021, année du déménagement de l'École de Police vers le nouveau site à Findel. Désormais, la rentrée des cours est fixée au mois de mai de chaque année.

Après les deux années de formation, les fonctionnaires stagiaires ayant réussi prêtent serment et sont nommés au grade d'inspecteur-adjoint, indépendamment de leur groupe de traitement.

Organisation Organiquement, l'École de police dépend de la Direction de la Formation (DFO), qui est elle-même rattachée à la Direction Centrale Ressources et Compétences (DCRC). Elle dispose d'une direction, d'un conseil pédagogique, des services centraux et d'un secrétariat.

Les formateurs de l'école de police sont regroupés par spécialisation dans des groupements de compétences, appelés centres nationaux.

Centre national des formateurs (CNF) : Législations et prescriptions de service en théorie et pratique. Centre national des sports (CNS) : Motricité, endurance, musculation, menottage, maîtrise de la violence. Centre national du tir (CNT) : Tir de pistolet et de mitraillette. Centre national de la tactique policière (CNTP): Tactique policière en théorie et pratique Centre national de la conduite (CNC) : L'auto-école policière gauche|vignette|Entrée principale Findel Les activités de l'École de Police sont réparties sur quatre sites distincts, dont deux dans le quartier Verlorenkost, un au Reckenthal, et le site principal à Findel.

L'école de police exploite ses propres stands de tir, salles sportives et de musculation, dojos et autres sites d'entrainement et de conduite.

Symboles et valeurs de l'EP

La mascotte vignette|Les valeurs La mascotte de l'École de Police est un hibou grand-duc, coiffé du képi des gendarmes et tenant un bâton de type tonfa entre ses griffes.

Il symbolise la sagesse, la connaissance mais aussi la monarchie. Cette sculpture, taillée dans du bois à l'aide d'une tronçonneuse par un artiste local, est exposée dans le hall du bâtiment principal à Findel.

Les valeurs Les cinq valeurs de la police définissent aussi le Leitbild du jeune policier et sont mis en évidence à plusieurs endroits dans le bâtiment principal à Findel. Il s'agit de la disponibilité, de la collégialité, de l'objectivité, du respect et de la diversité.

Le centre de documentation (Bibliothèque) Les premières traces d'une bibliothèque apparaissent dans les prescriptions de service de la compagnie de gendarmerie de 1936. On y mentionne la création d'une bibliothèque équipée d'écrits et de publications de service de la gendarmerie et de la police, de la police scientifique, ainsi que d'ouvrages utiles à la formation morale et technique des membres de la gendarmerie.

Chaque brigade de gendarmerie disposait d'un inventaire des livres et journaux disponibles dans la bibliothèque, dont la lecture, voire l'étude, était « vivement » recommandée à tous les membres de la gendarmerie.

À l'exception des dictionnaires allemand-français et allemand-italien, qui devaient toujours être à la disposition des gendarmes dans leurs brigades, tous les autres livres de la bibliothèque pouvaient être empruntés pour une période de 8 jours à un mois.

Cette bibliothèque, traditionnellement installée dans les locaux de l'école de police, a été officiellement instituée seulement par la loi du , portant création de la police grand-ducale. Elle a été renommée centre national de documentation (CND), et une médiathèque y a été ajoutée. Le centre de documentation de la police était toujours ouvert au personnel policier, au personnel civil de la police, ainsi qu'aux candidats de l'école, et le personnel d'encadrement permanent en assurait la gestion.