Cet article propose une chronologie détaillée des évènements se déroulant à Lyon pendant la période révolutionnaire. Il mentionne également les événements nationaux qui impactent la ville par leur importance. Ces derniers sont notés en vert.
La période des dix années révolutionnaires, s'étalant de 1789 à 1799, se découpe en quatre grandes parties : les années agitées, entre le printemps 1789 et l'été 1792 ; les années violentes, jusqu'au printemps 1793 ; les années traumatiques, jusqu'au printemps 1795 ; et les années difficiles, jusqu'à l'automne 1799.
Dans les années traumatiques se détachent cinq moments clés : le , les sections modérées majoritaires se soulèvent contre les Chalier, entraînant lors d'affrontements place des Terreaux ; Joseph Chalier est arrêté le lendemain ; Lyon proclame le divorce avec la Convention, face à la montagnadisation de cette dernière, lors de la fête civique du 29 juin, et confirme la scission en guillotinant Chalier le ; le , Lyon est assiégée par la Convention ; l'armée de la République entre à Lyon le 9 octobre ; le , la Convention prend un décret appelant à la destruction de Lyon ; après la chute de Robespierre, Lyon passe de la Terreur rouge à la Terreur blanche.
1787 vignette|gauche|Portrait de Louis Tolozan de Montfort.
Réunie à partir du 22 février, cette assemblée ne comprend qu'un lyonnais, Tolozan de Motfort.
1788 vignette|Antoine de Malvin de Montazet, archevêque de Lyon. Le 21 janvier, une lettre de cachet demandée par Antoine de Malvin de Montazet, François BonjourSerge Maury, « Une communauté convulsionnaire dans l’attente du millénium : les « Fareinistes » (1783-1805) », Siècles [En ligne], 49 | 2020, mis en ligne le 27 août 2020, consulté le 22 octobre 2024. URL : https://journals.openedition.org/siecles/7333 ; DOI : https://doi.org/10.4000/siecles.7333, curé de Fareins, est arrêté et les Fareinistes sont dispersés.
En mars, devant l'état de misère des ouvriers lyonnais, Louis XVI engage le Consulat à avancer 300000 livres pour soutenir l'approvisionnement des nécessiteux. En contrepartie, il fait don pour 20 ans à la ville des droits qu'ils perçoit sur les aspirants à la maîtrise.
Le 2 mai, l'archevêque Montazet meurt à Paris.
Le 30 août, le Consulat pose la première pierre du futur pont de l'Archevêché, achevé en 1808.
Septembre 1788 : annonce des États généraux.
Le 8 octobre, M. de Castellas, doyen de l'église, comte de Lyon, prend possession de l'archevêché au nom du nouvel évêque, Yves-Alexandre de Marbeuf. Ce dernier, restant à la cour du roi, envoie une lettre pastorale exhortant ses fidèles lyonnais à secourir les ouvriers sans travail.
M. Tolozan de Montfort envoie un mémoire en décembre, s'appuyant sur les derniers états généraux, pour réclamer que ce soit le Consulat qui organise la préparation, les élections des députés, tout en se réservant la moitié de ces derniers. Il demande également que ce soit le Consulat qui rédige les cahiers de doléances.
En décembre, l'hiver est très rigoureux et des ateliers de charité sont établis dans les cinq élections de la généralité de Lyon, avec des distributions de riz.
1789 En 1789, la population lyonnaise est d'environ sans compter les faubourgs de Vaise, La Croix-Rousse et La Guillotière, soit au total.
Janvier 1789 En janvier, l'hiver est très rigoureux et le premier redoux provoque une débâcle des glaces sur le Rhône.
Le 12 janvier, la première assemblée des citoyens se réunit dans le réfectoire des Carmes des Terreaux. Les trois cents personnes qui se réunissent rédigent des propositions pour les Cahiers de doléances, et surtout les modalités d'élection des députés, dans l'idée d'empêcher le Consulat de confisquer les élections à son profit.
Le 15 janvier, l'assemblée se réunit pour la deuxième fois aux Carmes, et prenant conscience de la hardiesse de certaines de ses propositions, elle insiste sur le fait que seule l'assemblée du Tiers état décide en dernier ressort.
Le 17 janvier, la débâcle des glaces commence sur la Saône, et le pont de Serin est emporté.
Les propositions de l'assemblée des citoyens sont critiquées dans une requête remise au Consulat le 17 janvier. Il est reproché un cens trop élevé, la division de Lyon en six arrondissement et l'exclusion du Consulat. Ce dernier, trop heureux de cette protestation s'empresse de d'interdire les assemblées particulières, en attendant les lettres officielles de convocation.
Malgré l’interdiction du Consulat deux jours plus tôt, les membres de l'assemblée des citoyens se réunissent à nouveau aux Carmes, mais sans acter quoi que ce soit.
Le 22, le Consulat provoque une assemblée des notables où Tolozan de Montfort lit le mémoire qui défend sa prétention à contrôler les élections des députés. Il la défend devant l'assemblée et fait voter une adresse au roi pour le remercier de la convocation des États généraux.
Le 28 janvier est lue dans les églises, lors des offices, la lettre de carême d'Yves Alexandre de Marbeuf dans laquelle il fustige la « subversion générale menaçant toutes les institutions du royaume ». Cette opposition aux volontés réformatrices est très mal reçue par de nombreuses personnes et déclenchent de vives réactions. L'archevêque craint alors de se rendre à Lyon.
Février 1789 Le 10 février, est éditée et diffusée une brochure qui s'attaque à nouveau à la prétention du Consulat de contrôler la désignation des députés.
Le 13, arrivent les lettres royales convoquant officiellement les États généraux et détaillant les modalités d'élection. Les polémiques s'arrêtent et un débat électoral s'engage.
La convocation pour l'assemblée générale élisant les députés est publiée, fixant la date du 14 mars. Une polémique s'engage pour la répartition des électeurs entre la ville et le plat pays.
Entre le 25 et le 28, les 68 assemblées partielles se réunissent et élisent les membres de l'assemblée générale ; 42 d'entre elles sont des assemblées de corporation. La réunion de la Grande fabrique se tient dans la cathédrale Saint-Jean et puisque tout le monde a le droit de s'exprimer la participation électorale est forte. Les 34 élus sont tous des ouvriers, en grande partie des meneurs de la révolte de 1786. Le meneur de ce groupe est Denis Monnet.
Mars 1789 Au début du mois, les marchands-fabricants en soie, exclus complètement de la députation lors du vote du 28 février, protestent et demandent de disposer d'une députation à part. Tolozan de Montfort, envoie une lettre à Necker qui constate la validité du vote, mais la déplore. Necker refuse de créer une exception pour les marchands-fabricants.
À partir du 14 mars, l'assemblée générale des trois ordres se réunit dans l'église des Cordeliers, elle est présidée par le lieutenant général Laurent BassetNotice biographique sur Man8rove et père de Anne Léonard Camille Basset de Châteaubourg, assisté de l'avocat en la sénéchaussée Pierre-Thomas Rambaud et un greffier nommé Fléchet. L'assemblée se compose de 300 représentants de la noblesse, de 317 représentants du clergé et de 350 du Tiers état, répartis en 200 issus du plat pays et 150 de la ville de Lyon. Les discours sont consensuels, la noblesse propose immédiatement de renoncer à ses exemptions fiscales. Il est décidé que chaque ordre procéderait séparément à la rédaction de ses cahiers de doléances et à l'élection de ses députés.
Les élus du tiers état se divisent sur le choix des huit députés entre le plat pays et la cité lyonnaise. Après demande officielle à Necker, ce dernier décide le 24 mars que chaque partie élirait quatre députés.
Entre le 26 et le 30 mars, les du Tiers-État de la ville de Lyon élisent Jean-Jacques Millanois, avocat, Jean-André Périsse du Luc, imprimeur-libraire, Benoît Guillaume Couderc et Pierre-Louis Goudard, négociants.
Avril 1789 le 2 avril, Tolozan de Montfort est envoyé à Versailles pour obtenir le droit de subventionner les boulangers au sortir de l'hiver afin d'éviter une flambée des prix du pain. En son absence, le Consulat est dirigé par le premier échevin Imbert-Colomès.
Le 4 avril a lieu la séance de clôture des travaux des assemblées des trois ordres dans l'église des Cordeliers. Les cahiers de doléances sont remis au lieutenant général Basset et les députés élus prêtent serment d'exécuter tout ce qui est contenu dans les cahiers.
mai 1789 .
Juin 1789 .
À la fin du mois, des troubles ont lieu aux barrières d'octrois entre les représentants de la municipalité et des Lyonnais qui accusent cette taxe de renchérir le coût de la vie. Au cours de ces émotions, le mai planté en 1786 devant l'hôtel Tolozan est brûlé.
Le 29 juin, la nouvelle de la réunion des trois ordres arrive au cercle des Terreaux, lieu de réunion de la bourgeoisie libérale, situé en face du pont Morand. Aussitôt diffusée en ville, elle provoque des scènes de liesse et la foule acclame Necker et le roi.
Le lendemain 30 juin, le Consulat organise pour fêter la nouvelle trois jours d'illumination de l'hôtel de ville et invite les Lyonnais à pavoiser. Un Te Deum est chanté dans la cathédrale de Lyon, organisé par les chanoines-comtes.
Juillet 1789 Les manifestations contre les octrois se renforcent au début du mois, se transformant en émeutes. Entre le 1er et le 3, les barrières sont attaquées et détruites. Imbert-Colomès interdit les attroupements et demandent aux « bons citoyens » de s'enrôler dans des compagnies de volontaires pour maintenir l'ordre. Ces compagnies sont immédiatement nommées les Muscadins par la population lyonnaise qui fait référence aux serviteurs des puissants négociants déjà appelés ainsi auparavant.
Le 3, il demande également de l'aide aux dragons de Monsieur stationnés à Vienne et aux Suisses de Sonnenberg de Grenoble. L'ensemble des troupes réprime les mouvements de foule, faisant un mort à la porte de Vaise. Les meneurs sont arrêtés.
Le 5 juillet, l'ordre est revenu, mais pour la première fois, des troupes stationnent dans la cité lyonnaise.
Le 7 juillet, le présidial rend sa sentence contre les meneurs arrêtés. L'un est condamné à mort et pendu, un autre est condamné aux galères et le troisième à l'exposition et au bannissement.
Le 9 juillet, le Consulat ordonne aux personnes qui ont fait entrer des marchandises sans payer l'octroi de se déclarer et de payer. Il procède à des visites domiciliaires pour trouver les coupables et interdit les attroupements de plus de quatre personnes.
Demandées par le Consulat, des lettres-patentes royales, imposant le rétablissement des octrois, arrivent à Lyon le 12 juillet.
Le 14 juillet, la nouvelle du renvoi de Necker est connue à Lyon, provoquant des émotions. Des placards sont affichés, accusant les aristocrates de mener un complot contre la volonté du tiers état et réclament des armes pour défendre ces derniers.
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Pour montrer une volonté d'unité, Imbert-Colomès organise une réunion des trois ordres à l'hôtel de ville le 17 juillet ; cela montre officiellement son respect du roi et de l'assemblée nationale nouvellement constituée. Cette déclaration est appréciée par le roi et l'Assemblée, qui renvoient des déclarations de satisfaction.
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Le 26, un Te Deum et des prières sont organisés dans toutes les églises de la ville, pour célébrer le retour au calme.
À partir du 27 juillet, la Grande Peur s'empare du Dauphiné. Imbert-Colomès envoie des troupes pour secourir les nobles agressés et ceux-ci vainquent les brûleurs de château. À leur retour le 30 juillet, ces troupes sont prises à partie à la Guillotière, ils reçoivent des pierres et des tuiles. Ils doivent à leur tour être soutenus par d'autres troupes.
Août 1789 .
Le 8 août, un nouveau tarif est décidé entre les marchands de soie et les maîtres d'atelier.
Le 9 août, devant le climat toujours très troublé, le prévôt général de la maréchaussée de Lyon interdit à son tour les rassemblements.