La cathédrale de Florence (en italien : ) ou cathédrale Sainte-Marie-de-la-Fleur (), baptisée ainsi en rapport au lys de Florence, est la cathédrale du de l'archidiocèse de Florence à Florence en Toscane (Italie). Située piazza del Duomo dans le centre historique de Florence, elle est accolée au campanile de Giotto et fait face à la porte du Paradis du baptistère Saint-Jean et à la Loggia del Bigallo.

Santa Maria del Fiore (Sainte Marie de la Fleur) est l'une des plus vastes églises d'Europe : elle mesure de long et la coupole de diamètre intérieur. De plan basilical, elle comporte une nef à trois vaisseaux, un chevet à trois chapelles rayonnantes.

La cathédrale possède le plus grand dôme en appareil maçonné jamais construit (avec 45,5 mètres de diamètre extérieur), dû à l'architecte Filippo Brunelleschi en 1436, qui marque le début de l'architecture de la Renaissance. On peut voir sur la coupole, à l'intérieur de ce dôme, une des plus grandes fresques narratives : de fresques, exécutées par Giorgio Vasari et Federico Zuccari.

Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982.

La construction, commencée sur les anciennes fondations de l'église Santa Reparata, en 1296 par Arnolfo di Cambio, a été continuée par Giotto di Bondone de 1334 jusqu'à sa mort en 1337. Giotto n'entamera que la construction du campanile de Giotto et ce sont Francesco Talenti et Giovanni di Lapo Ghini qui continueront la construction en 1357.

En 1412, elle est renommée Santa Maria del Fiore. L'église est consacrée le , à la fin des travaux de la coupole de Brunelleschi, par le pape Eugène IV.

À ce jour, elle est la cathédrale (ou dôme) de l'archidiocèse de Florence.

Édifices préexistants À la fin du , la Platea Episcopalis, l'ensemble épiscopal de Florence, présentait les trois édifices qui le composent encore actuellement mais avec des proportions complètement différentes. L'actuelle place San Giovanni était à peine plus qu'une rue élargie faisant le tour du baptistère Saint-Jean, qui était alors le véritable cœur de l'ensemble. Il était juste complété par son attique et son toit en marbre en forme de pyramide octogonale.

À l'est, aussitôt franchie la porte du Paradis, qui n'était pas encore ornée de ses portes en bronze réalisées par Lorenzo Ghiberti, apparaissait le seuil de l'église Santa Reparata qui disposait à son extrémité orientale d'un véritable chœur harmonique muni de deux campaniles.

Comme couronnement de cette Platea Episcopalis se dressait aussi l'ancienne église San Michele Visdomini, plus tard déplacée plus au nord, qui se trouvait sur le même axe du baptistère et de la cathédrale, ainsi que le plus ancien hôpital florentin. Au sud se dressaient les habitations des chanoines, elles-mêmes organisées autour d'un cloître central.

La cathédrale Santa Reparata, bien qu'ancienne et vénérée, ne convenait plus en tant qu'église d'une cité en forte expansion, riche et puissante, qui venait juste de régler ses comptes avec sa rivale, Sienne, et avait imposé son hégémonie sur un échiquier toscan chaotique.

Santa Reparata est décrite par Giovanni Villani comme « de forme trop grossière et trop petite pour une cité si établie » et dans les documents communaux comme « tombant en décrépitude ». Par ailleurs cet édifice religieux servait de siège au gouvernement de la République florentine qui décida, en 1294, d'ordonner la reconstruction de l'église avec des dimensions telles qu'elle devrait éclipser les cathédrales des cités adverses, dont Notre-Dame de l'Assomption de Pise et Notre-Dame-de-l'Assomption de Sienne.

Un accent particulier a donc été mis sur la richesse de sa construction afin de démontrer la puissance de la cité.

Nouveau chantier et critique thumb|Schéma de l'évolution du plan de Santa Maria del Fiore basé sur l'hypothèse de Camillo Boito.

Le cardinal Pietro Valeriano Duraguerra, légat apostolique du pape Boniface VIII, pose solennellement la première pierre de la nouvelle basilique pendant la fête de la Nativité de la Vierge en 1296.

La construction de l'édifice fut un vaste projet qui dura au moins (bien plus si l'on tient compte de la fin de la réalisation de la façade du ), auquel ont participé de nombreux artistes importants. La construction de Santa Maria del Fiore est donc le fruit d'un chantier qui a duré des siècles et qui reflète les fortunes diverses de l'histoire politique et économique de Florence, des changements de goûts et des personnalités des maîtres d'œuvre qui se sont succédé à la tête du chantier tout autant qu'un des moments majeurs dans le développement de l'ingénierie moderne.

Problèmes avec les études sur le chantier

Les nombreuses études de ce chantier mettent en valeur qu'il s'agit d'un des plus grands chefs-d'œuvre de l'architecture mais n'ont pas encore documenté parfaitement les avancées techniques liées à cette construction.

Les savants qui s'y sont consacrés n'ont pas, ou rarement, porté leur attention aux données scientifiques et aux archives existantes. Il advient ainsi, encore aujourd'hui, que les descriptions et théories se basent sur des faits obsolètes et souvent inexacts.

Les plans et les coupes de G. B. Nelli ne représentent pas du tout la forme réelle de la cathédrale mais en constituent une version normalisée, qui n'enregistre pas les changements de direction dans l'axe de la cathédrale par rapport à l'axe de Santa Reparata, ni les largeurs variables des arcades du corps basilical, c'est ainsi que les différences notables de largeur entre les secteurs de la coupole restent mentionnées régulièrement.

De même les hypothèses de Camillo Boito sur le plan prévu par Arnolfo sont encore utilisées aujourd'hui comme si elles étaient le reflet d'un fait avéré, alors que les fouilles de Franklin TokerFranklin Toker, A Baptistery below the Baptistery of Florence, Londres, 1976. - Extrait de : The Art Bulletin, 58 (1976). ont déjà démontré la faible correspondance entre les hypothèses et la réalité.

Malgré la somme de données qui a été rendue disponible ces dernières années, les publications récentes préférant recourir encore aux vieilles mais solides théories ne sont pas rares. Ces théories reflètent, plus qu'un réel état des choses, le point de vue du et des premiers savants qui les ont formulées.

Empreinte d'Arnolfo thumb|upright=1.2|Santa Maria del Fiore selon le projet présumé d'Arnolfo, ou peut-être celui des auteurs mêmes de la fresque, Andrea di Bonaiuto, fresques de 1369, cinquante ans avant la réalisation de la coupole (Chapelle des Espagnols, Santa Maria Novella).

Les travaux commencèrent par le creusement des fondations puis par l'élévation des murs des nefs latérales. On procéda ainsi pour laisser le plus longtemps possible l'église Santa Reparata en état de fonctionner comme cathédrale.

À la tête du chantier, on plaça Arnolfo di Cambio qui avait déjà probablement travaillé sur la grande église Santa Croce de Florence et concomitamment dirigé la construction du Palazzo della Signoria. Le débat n'est toujours pas tranché de savoir s'il y eut réellement un projet d'Arnolfo et si celui-ci transparaît encore à travers la structure actuelle. À la lumière des rares et incomplètes fouilles qui ont été conduites, il n'est pas possible de donner une réponse certaine, mais dans l'ensemble il est incontestable que plusieurs particularités de la cathédrale portent fortement la marque d'Arnolfo, même si la réalisation en a été assurée par d'autres maîtres d'œuvre. L'existence d'un tel projet initial est donc probable.

Il est généralement admis que dans la représentation de l'« Église triomphante » des fresques d'Andrea dans la chapelle des Espagnols de la basilique Santa Maria Novella serait présente une représentation plausible du modèle en bois présenté par Arnolfo.

Les sources de perplexité ne manquent toutefois pas : le campanile, bien trop semblable à celui réellement exécuté, est plus classiquement « placé » près de la zone absidiale ; la coupole, bien que gothique dans son ornement, est une coupole traditionnelle hémisphérique.

Cette représentation pourrait plus simplement refléter, non pas le modèle d'Arnolfo, mais celui présenté par les auteurs mêmes de la fresque au musée de l'Œuvre du Dôme.

Il est probable qu'Arnolfo avait pensé à une église dotée d'une grande coupole, inspirée du modèle roman de Santa Maria della Rotonda (Panthéon de Rome), et avec l'intention de dépasser les dimensions du baptistère. Malgré quelques incertitudes des critiques, les fouilles ont confirmé que les premières fondations, qu'il est possible d'attribuer à Santa Maria del Fiore, se trouvent sous la façade actuelle (le mur dit « 100 ») et sous les murs latéraux, se déployant ensuite au sud de la façade. Cela permet de confirmer l'hypothèse qu'Arnolfo avait en projet une église aussi large que l'actuelle, quoiqu'avec un axe orienté un peu plus au sud et munie d'un campanile séparé au sud de la façade. La faible épaisseur de ces fondations indique une hauteur prévue du projet probablement bien moindre que celle qui fut atteinte.

Même la grande galerie saillante, bien qu'exécutée par Francesco Talenti, est un indice du style typiquement dû à Arnolfo. Les critiques l'associent à la corniche de Santa Croce (qui lui est traditionnellement attribuée) et à d'autres œuvres analogues comme la cathédrale d'Orvieto et celui de la cathédrale de Sienne. En particulier Angiola Maria Romanini, experte du sculpteur, souligne à quel point « les corniches – galeries sont une constante immanquable […] dans les architectures d'Arnolfo ».

À la mort d'Arnolfo (1302), contemporaine à celles des autres promoteurs du chantier, comme l'évêque Monaldeschi et le cardinal Matteo d'Acquasparta, légat du pape, les travaux subirent un ralentissement et furent ensuite suspendus pendant environ trente ans.

Aspect de l'ancienne façade thumb|Reconstitution de la façade d'Arnolfo di Cambio.

On tend aujourd'hui vers un consensus sur la présence d'une façade incomplète, imaginée et partiellement exécutée par Arnolfo, mais agrandie et intégrée dans l'œuvre des conducteurs de travaux successifs. Ce point a été l'objet de fortes controverses par le passé.

Au Museo dell'Opera del Duomo (musée de l'Œuvre du Dôme), de nombreuses statues et fragments sont conservés, la plupart de très bonne qualité et manifestement de la main d'Arnolfo, et provenant probablement en grande partie de Santa Maria del Fiore. La décision du gouvernement de la commune de Florence d'exempter Arnolfo du paiement des taxes pour lui et les siens reste un indice évident de l'appréciation portée sur les premiers travaux de la nouvelle cathédrale : un magnifique et ravissant début. Comme les honneurs de ce genre n'étaient pas dans les habitudes de la sourcilleuse administration de la cité, il faut croire qu'il s'agissait de constructions réellement impressionnantes, bien que seulement ébauchées.

Les témoignages restant de l'ancienne façade ayant survécu sont : La fresque du quatorzième représentant la Vierge de miséricorde (visible à la Loggia del Bigallo) ; Un dessin préparatoire pour une lunette de Bernardino Poccetti, exécutée peu avant la destruction de 1587. Ce dessin, le plus cité, laisse sans réponse bien des questions, car les deux côtés de la décoration ne sont pas symétriques et la construction aurait eu de gros problèmes de stabilité. Même si cette description était précise, il s'agirait non de la façade d'Arnolfo, mais de l'état final après les changements probablement importants opérés par les chefs de chantiers successifs ; Un dessin d' du , copie de Bernardo Poccetti ; Une miniature historiée de saint Zénobe de Florence (1355) ; Une fresque attribuée à Pietro Nelli (conservée au musée de l'Œuvre de Santa Croce).