La Vénétie française est, techniquement, un ancien territoire sous l'autorité du Second Empire français, correspondant à la cession en 1866 de la région de Vénétie par l'empire d'Autriche dans le cadre de la troisième guerre d'indépendance italienne et la guerre austro-prussienne, avant son incorporation au sein du royaume d'Italie.

Histoire

Cession de la Vénétie à la France vignette|Le territoire cédé (bleu foncé) à la France par l'Autriche (vert) par les termes du traité, qui sera incorporé à l'Italie à la suite d'un plébiscite.

En , l'empire d'Autriche prend des mesures destinées à donner plus d'autonomie à ses provinces, dont la Vénétie. La Gazette de Venise publie alors, dans la semaine du , un manifeste de la lieutenance annonçant la suppression des commissariats de districts et l'institution de . Les communes correspondent ainsi directement avec les congrégations provinciales et Venise est placé sous la dépendance immédiate de la lieutenance. La congrégation centrale de la province de Venise est supprimé et un statut particulier est proposé pour Venise.

La question vénitienne devient cependant l'un des thèmes déclencheurs de la troisième guerre d'indépendance italienne cette année-là, entre l'empire d'Autriche et le royaume d'Italie. L'armistice signé, l'empereur des Français Napoléon III engage des négociations diplomatiques. Pour résoudre le différend et surtout à la suite de l'écrasante victoire prussienne à Sadowa, soit sous la pression des événements, la Vénétie est cédée par l'empereur d'Autriche François-Joseph à l'Empire français. Produit sans conditions, cet acte de cession ainsi que son acceptation par Napoléon III impliquent l'établissement immédiat de l'autorité française en Vénétie. L'annonce de la cession ravive de nombreuses hypothèses diplomatiques françaises : notamment, le lendemain, Henri Vrignault annonce dans Le Monde que la situation permettrait à la France de remettre au goût du jour ses projets de Confédération italienne ; Coquille se montre, dans les jours suivants, partisan d'un plébiscite au suffrage universel des populations, avant toute cession, pour une annexion au royaume d'Italie ou une restauration de la république de Venise ; cette restauration est souhaitée par Léopold de Gaillard dans Le Correspondant. Étant un acte inattendu par ailleurs, sa communication est l'événement majeur du mois, parmi d'autres nouvelles officiels qui provoquent de grandes variations des cours boursiers.

Mises en accord D'emblée, Napoléon III fait connaître son consentement à la réunion de la Vénétie au royaume d'Italie, dès le , notamment dans une lettre du qu'il adresse au roi Victor-Emmanuel II :

Un traité est par la suite signé le entre la France et l'Autriche et ratifié le à Vienne. En vertu de cet acte, la remise des forteresses et des territoires du royaume de Lombardie-Vénétie doit être effectué par un commissaire autrichien entre les mains d'un commissaire français. Il est alors prévu que ce dernier s'entende avec les autorités vénitiennes pour leur transmettre les droits de possession qu'il aura reçus et que les populations soient appelées à .

Le commissaire envoyé en Vénétie par le gouvernement français est le général de division Edmond Le Bœuf, aide de camp de Napoléon III. Après avoir été reçu à Padoue par le roi italien, s'est rendu à Venise. Le général Mœring est nommé, quant à lui, commissaire du gouvernement autrichien pour la remise de la Vénétie, parti de Vienne pour rencontrer Le Bœuf.

Cession de la Vénétie à « elle-même » Le , à du matin, se réunissent : d'une part, le général de division Edmond Le Bœuf, aide de camp de l'Empereur des Français ; d'autre part, le comte , le chevalier Edouard de Betta et le docteur Achille Kelder, formés en commission. Le Bœuf prononce alors l'allocution suivante :

Après avoir donné lecture de cette lettre, il poursuit par :

Puis, le comte répond en italien, au nom des membres de la commission, et remercie de la médiation de Napoléon III. Le Bœuf reprend ainsi solennellement la parole et prononce ainsi la cession :

Au même moment, le général gouverneur autrichien Alemann part pour Trieste et est salué par la foule. À , le drapeau national italien est arboré sur la place Saint-Marc, à Venise. Au milieu de l'enthousiasme de la population, sont tirés. La municipalité, la garde nationale et le général Revel se rendent ensuite à l'embarcadère à la rencontre des troupes, qui sont accueillies par de vives acclamations. La ville est richement pavoisée et une brillante illumination est organisée le soir..

Références

Bibliographie . .

Annexes

Articles connexes Traité de Vienne (1866) Guerre austro-prussienne République cisalpine

Liens externes

Transcription de huit documents relatifs à la Vénétie de 1866 sur istrianet.org

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