Jean-Claude Marin, né le à Saint-Denis, est un haut magistrat français. Directeur des affaires criminelles et des grâces de 2002 à 2004, il est procureur de la République de Paris de 2004 à 2011 puis procureur général près la Cour de cassation de 2011 à 2018.
Carrière En 1977, Jean-Claude Marin est substitut du procureur à Pontoise. En 1985 il est détaché à la commission des marchés à terme de marchandises.
En 1988, il devient chef de la section financière du parquet de Paris. L'époque est celle de l'affaire du délit d'initié Pechiney-Triangle. Il est procureur adjoint de 1995 à 2001.
Il est nommé en 2001 avocat général à la Cour de cassation, puis directeur des affaires criminelles et des grâces le , et procureur de la République de Paris de 2004 à , poste auquel lui succédera François Molins. en , l'intérim étant assuré entre-temps par son adjointe Dominique Planquelle.
Il est nommé procureur général près la Cour de cassation le publié au JORF du 29 juillet 2011., il est installé dans ses fonctions le suivant.
Lors de la rentrée solennelle le , il émet dans son allocution des critiques au fonctionnement de la Cour de cassation, et donc indirectement à son premier président, Vincent Lamanda« Les flèches acérées du procureur général Jean-Claude Marin », Le Monde. ..
Par un décret du président de la République du , il est nommé président du conseil d’administration de l’Établissement public chargé du palais de justice de Paris (EPPJP) publié au JORF du 2 février 2012..
Par arrêté du Garde des Sceaux du , il est nommé président du Groupement d'Intérêt public Justice Coopération InternationaleJournal Officiel du 21 mars 2018.
Par décision du Conseil de l'Union européenne, il a été désigné membre du comité de sélection du procureur en chef et des procureurs composant le Parquet européenDécision (UE) 2018/1275 publiée au journal officiel de l'Union européenne du 21 septembre 2018.
Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite, à compter du et maintenu en fonction jusqu’au ..
Polémiques Il a été accusé d'être proche des partis et hommes politiques, d'avoir voulu mettre fin à des procédures judiciaires visant certains d'entre eux. Son rôle dans les réformes de la justice a suscité des polémiquesSelon Bakchich info : « Le procureur de la République de Paris, qui vient de demander un supplément d’information dans l’affaire Clearstream, est un homme plein de talents. Doté d’un grand sens politique, il a d’abord été balladurien, pour virer chiraquien, avant de tourner sarkozyste, avec à chaque fois un objectif : sa carrière. Il brigue aujourd’hui le poste de procureur général de Paris. Retour sur un magistrat très au fait du sens du vent. » (Xavier Monnier, , Bakchich info, 9 juin 2008)..
C'est sous son autorité que le Parquet de Paris s'oppose en 2010 à une enquête judiciaire sur la nomination de François Pérol, soupçonné de prise illégale d'intérêt lors de son passage de conseiller économique du président Nicolas Sarkozy à la direction d'une banque tout juste fusionnée sous le patronage de l'État. Dans l'affaire des sondages de l'Élysée, le Parquet dirigé par Jean-Claude Marin classe la plainte sans suite en et, après le dépôt d'une plainte avec partie civile, il saisit la cour d'appel de Paris en 2011 pour s'opposer à une enquête judiciaire. Dans les deux cas, la cour de cassation donnera raison aux juges contre le Parquet de Paris, et des enquêtes seront finalement lancées.
Cette polémique a montré ses limites lorsque, après 6 ans d'instruction, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé M. PérolJugement de la 32ème chambre du TYribunal correctionnel de Paris en date du 24 septembre 2015, décision confirmée par arrêt de la Cour d'appel de ParisArrêt de la 9ème chambre de la Cour d'appel de Paris en date du 30 juin 2017..
L'affaire Tarnac À propos de l'affaire Tarnac, des universitaires et des juristes dénoncent l'« inconsistance » des charges retenues, ainsi que le « tour clairement politique » qu'a pris l'affaire, et réclament la libération immédiate de Julien Coupat. La Ligue des droits de l'homme s'inquiète également d'« une procédure qui ne s’embarrasse pas du respect des libertés individuelles, et se déroule sous l’œil de médias alimentés d’informations uniquement à la charge des personnes mises en cause« Sabotage SNCF : des intellectuels et la LDH dénoncent la législation antiterroriste », Libération, 27 novembre 2008..
Lors de la libération du jeune homme de Julien Coupat, le , Jean-Claude Marin, alors procureur de la République de Paris, déclare . La remise en liberté du jeune homme, détenu pendant plus de six mois à la prison de la Santé, donne prise aux plus vives réactions et est souvent interprétée comme le signe manifeste d'un « fiasco judiciaire » : le député PS Arnaud Montebourg déclare notamment que Arnaud Montebourg, « Ce romantisme de Tarnac qu'on a jeté en prison », Rue89, 28 mai 2009..
L'affaire Dray Après son soutien à Julien Dray, Jean-Claude Marin a proposé aux avocats de ce dernier une « procédure sur mesure » pour reprendre la formulation du journal Libération dans son édition du . Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a annoncé au député de l’Essonne et à ses avocats qu’ils auraient communication du rapport d’enquête préliminaire sur ses comptes, pour qu’il puisse livrer ses observations, avant que le parquet ne décide de la suite à donner à l’affaire. Il est tout à fait inhabituel qu’une enquête préliminaire soit ainsi communiquée. « C’est une expérimentation », a précisé le parquetKark Laske, Affaire Dray : une procédure sur mesure ?, Libération, 9 juillet 2009..
Contestant vouloir une « procédure taillée sur mesure » pour Julien Dray, Jean-Claude Marin a exprimé dans le journal Le Monde l'opinion suivante Cette déclaration « énigmatique » (selon le journal Libération) a suscité quelques commentaires négatifs Karl Laske, « L’affaire Dray, poisson pilote dans la réforme de l’instruction », Libération, 22 juillet 2009..
Le , Jean-Claude Marin communique un avis tendant à abandonner les poursuites. Dans son rapport, le procureur de Paris suggère à la chancellerie de ne pas renvoyer Julien Dray devant le tribunal correctionnel et de ne prononcer qu'un simple « rappel à la loi ».
Le journal Le Monde parle d'une « enquête menée au bon vouloir du pouvoir », Le Figaro de « clémencePascale Robert-Diard, Le Monde du 18 décembre 2009 ; Le Figaro.fr du 17 décembre 2009. ».
Réforme de la justice Selon Alain Salles, ce serait lui qui aurait écrit la loi Perben II, dont le but était le renforcement des pouvoirs du parquet. Il bénéficiera lui-même de ces pouvoirs en devenant par la suite procureur de Paris, poste qu'il perçoit comme Alain Salles, Jean-Claude Marin : l'habileté du droit dans Le Monde du 21/09/2009..
Par ailleurs, Jean-Claude Marin milite en faveur du projet de réforme que Nicolas Sarkozy a développé devant la Cour de cassation. Il se félicite de la suppression du juge d'instruction tout en ne souhaitant pas l'instauration d'une véritable procédure accusatoire. Cette prise de position est critiquée par Philippe Bilger qui écrit ainsi Philippe Bilger, , Marianne 2, 23 février 2009..
Frédéric Beigbeder Fin , Jean-Claude Marin est impliqué dans une polémique« Le procureur, l'auteur et les ciseaux de l'éditeur », LeMonde.fr, mis en ligne le 30 juillet 2009.. Le procureur de la République de Paris est en effet placé « en détention non provisoire » au chapitre 27 de Un roman français de Frédéric Beigbeder, paru le chez Grasset. Il s'agit en fait d'une « vengeance littéraire » de la part de l'écrivain contre le procureur, à la suite d'une garde à vue subie après avoir été surpris en train de consommer de la cocaïne. C'est à cette occasion que Beigbeder fait la connaissance de Jean-Claude Marin, dont les services sont chargés du dossier.
Or, la presse considère que ce livre a été « censuré » par l'éditeur. Il existe en effet deux versions du Roman français : une première délivrée aux libraires et à la presse en « avant-lecture » au mois de , et une seconde destinée à la mise en vente en août de la même année. Entre ces deux moutures, un prudent toilettage des passages concernant Marin a été effectué. La raison avancée par l'éditeur est d'ordre purement juridique (craintes de demande de retrait du livre pour « injures » ou « diffamation »). Par exemple, dans un des passages modifiés, Frédéric Beigbeder écrit que ce doit être .
Des trois pages litigieuses consacrées à Jean-Claude Marin, il ne reste qu'une phrase où Frédéric Beigbeder affirme : .
Dans un communiqué en date du , Jean-Claude Marin rappelle le déroulement des faits et précise que la procédure suivie était habituelle.
Récompensé du prix Renaudot le , Frédéric Beigbeder remercie ironiquement Jean-Claude Marin « pour l'avoir mis en garde à vue »Le Point.fr, consulté le 02/11/2009..
Clearstream Du au , il soutient l'accusation au procès ClearstreamAlain Salles, Jean-Claude Marin : l'habileté du droit, Le Monde du 21/09/2009.. Il s'en prend à Dominique de Villepin quelques jours avant le début du procès Clearstream« Le procureur Jean-Claude Marin s'en prend à Dominique de Villepin », LePoint.fr, consulté le 29/08/2009..
Au procès Clearstream, Jean-Claude Marin, dans son réquisitoire de procureur de la République, demande une peine de dix-huit mois de prison avec sursis et une amende de euros à l’encontre de Dominique de Villepin pour avoir la manipulation Clearstream. Il avance alors, pour les besoins de son réquisitoire, la notion de , qu'il justifie publiquement avant l’audience, ce qui ne s’était jamais vu« Clearstream, distribution de soufflets » sur LeMonde.fr, consulté le 28/01/2010., suscitant ainsi la colère des avocats de la défense, qui y voient une pure invention hors de tout cadre légal.
Après la relaxe de Dominique de Villepin, il annonce son intention d'interjeter appel, en affirmant n'avoir reçu aucune instruction pour prendre cette décision« Affaire Clearstream : le parquet fait appel, M. Sarkozy n'est plus partie civile » dans LeMonde.fr, consulté le 29/01/2010..Devant la Cour d'appel de Paris, le parquet général de Paris reprend la même analyse juridiqueArrêt de la Cour d'appel de Paris en date du 14 septembre 2011..
Réquisitoire dans l'affaire Chirac Jean-Claude Marin requiert un non-lieu général au bénéfice de Jacques Chirac dans le dossier des emplois fictifs de la mairie de Paris, estimant qu'il manque l'élément intentionnel. La juge Xavière Simeoni ne suit cependant pas ces réquisitions dans son ordonnance du . La retraite de l'ancien président Jacques Chirac est menacée par cette ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Cette affaire est venue alimenter la controverse sur l'avenir de la justice en France, au moment où la disparition programmée du juge d'instruction est perçue par certains commentateurs comme une remise en cause de l'indépendance de la justice dans les dossiers « sensibles ». Face à un parquet soumis au pouvoir exécutif, les juges d'instruction semblent vouloir, selon les termes du journal Le Monde, Gérard Davet, « Le mois où les juges ont marqué leur indépendance », Le Monde des -2 novembre 2009.
Le décret sur la prescription des peines