Les embargos sur les armes contre Israël depuis le début de la guerre de Gaza à Gaza sont des mesures d'interdiction ou de restriction total ou partiel. des exportations militaires adoptées notamment par la Belgique, le Canada, l'Italie et l'Espagne. Les principaux fournisseurs d'armes d'Israël, les États-Unis et l'Allemagne, continuent de lui livrer des armes malgré les critiques de plus en plus vives concernant le nombre de morts très élevé dans cette guerre, et le risque de génocide pour la population de Gaza, risque jugé « plausible » par la Cour internationale de justice le .

Israël est un exportateur majeur d’armes, mais son armée dépend largement des avions, des bombes guidées et des missiles importés pour effectuer sa campagne aérienne. Les livraisons d'armes par les États-Unis et dans une moindre mesure par l'Allemagne, ont été déterminantes pour Israël, lui permettant de poursuivre « ce qui a été décrit comme l'une des campagnes militaires les plus meurtrières et les plus destructrices de l'histoire ».

Embargos sur les armes Selon la décision provisoire de la Cour internationale de justice du dans la procédure engagée par l'Afrique du Sud contre Israël, nommée Application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza, il y a un risque « plausible » de génocide à Gaza du fait des opérations militaires israéliennes. La Cour de justice a ordonné à Israël de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher les actes qui pourraient constituer un génocide envers les Palestiniens de Gaza. Cela a incité les organisations humanitaires du monde entier à exercer une pression sur leurs gouvernements pour qu’ils mettent un terme au commerce des armes avec Israël. Plusieurs pays comme le Canada, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Japon ont déclaré leur intention de cesser d’envoyer des armes à Israël. Plusieurs autres pays ont déclaré qu’ils cesseraient d’acheter des armes israéliennes.

Australie Le ministre australien des Affaires étrangères a déclaré que son pays n’avait pas fourni d’armes à Israël depuis le début de la guerre de Gaza, et plus précisément depuis au moins 2018. Cependant, le gouvernement a été mis en cause pour son opacité sur la question. Selon les autorités, « depuis 2019, l’Australie avait délivré environ 247 permis d'exportations d'armes vers Israël, dont environ 66 demeurent actifs » en .

Selon The Guardian depuis , l'Australie a délivré 12 permis d'exportation d'armes vers Israël, liés à la défense de l'État hébreu.

En , l'Australie annonce un « réexamen des 66 permis d'exportation militaire vers Israël approuvés avant le conflit de Gaza ».

Belgique En Belgique, la compétence en matière de ventes d’armes est exclusivement régionale : un secteur dominé par la Région wallonne qui détient à 100% l’entreprise FN Herstal. Le pouvoir de décision de suspendre les exportations d'armes vers un pays revient à une seule personne: le Ministre-Président de la Région. Il n'y a pas d'implication du Parlement Fédéral ni d'acteurs extérieurs. Le , le Ministre-Président, Elio di Rupo, annonce la suspension temporaire des licences d'exportation de poudre en cours de validité.

De plus, en , cette région de Belgique interdit tout transport d'armes vers Israël qui passerait par ses aéroports, à la suite d'une enquête médiatique montrant qu'une compagnie israélienne, Challenge, avait fait transiter de munitions par la Belgique pendant la guerre à Gaza. La Région wallonne avait déjà mis en place des mesures restrictives limitées dans le commerce d'armes avec Israël depuis 2009.

Canada Le Canada décide un embargo sur les armes à destination d'Israël en ; le vote en ce sens à la Chambre des communes canadienne se réfère à la décision de la Cour internationale de justice. Les autorités canadiennes faisaient face à une plainte en justice pour violation du droit international en raison de ses exportations d'armes vers Israël. L'embargo ne concerne pas cependant les permis d’exportation militaire délivrés avant le .

Depuis le début de la guerre à Gaza les ventes d'armes canadiennes vers Israël étaient limitées au matériel non létal selon le gouvernement.

Le Canada avait vendu des équipements militaires pour un montant de de dollars canadiens (environ d’euros) à Israël en 2022 et de en 2021. Israël était alors au rang des clients du Canada en matière d'armes.

France Selon les données de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, la France a arrêté de vendre des armes vers Israël depuis 1998.

Le , le président Emmanuel Macron appelle à l'arrêt des livraisons d'armes à Israël, déclarant que « la priorité est qu'on revienne à une solution politique, qu'on arrête de livrer des armes pour combattre à Gaza » ; il affirme aussi qu'éviter une escalade au Liban est une « priorité » et que « le Liban ne peut pas devenir un nouveau Gaza », provoquant une réponse diplomatique indignée de Netanyahou.

Cependant, tout au long de la guerre à Gaza, la France a poursuivi ses exportations vers Israël de pièces qui peuvent entrer dans la fabrication d'armes au sein de l'industrie militaire israélienne. Selon une révélation du média d'investigation Disclose en , la France a vendu « des équipements pour la production de drones israéliens utilisés lors de l'offensive sur Gaza ».

Italie L'Italie est au rang mondial des fournisseurs d'armes à Israël, après les États-Unis et l'Allemagne, jusqu'au début de la guerre à Gaza en 2023 ; ses ventes représentaient 0,9% des importations d'armes israéliennes. L'Italie annonce dès un embargo sur les armes vers Israël.

Toutefois en , le ministère italien de la Défense admet avoir livré pendant la guerre à Gaza les commandes conclues avant le , en infraction avec l'interdiction par la loi italienne qui interdit « l'exportation d'armes létales vers des pays en guerre ».

Japon Un partenariat privé entre Itochu Corporation (Japon), Nippon Aircraft Supply et Elbit Systems (Israël) a été conclu par un protocole d'accord (Memorandum of Understanding) 7 mois avant le début de la guerre entre Israël et le Hamas, en . Ce partenariat visait à importer des composants au Japon.

« Le protocole d'accord entre Itochu Aviation et Elbit Systems porte sur l'importation d'équipements de défense nécessaires à la sécurité nationale du Japon (...) Il ne contribue en aucune manière au conflit israélo-gazaoui », a déclaré le porte-parole d'Itochu Corp.

Le protocole d'accord n’a pas été renouvelé puis a été suspendu fin février, en raison de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice (CIJ).

Pays-Bas Les Pays-Bas exportent des pièces détachées de F-35 vers Israël. En 2024, le tribunal néerlandais a été saisi par 3 ONG (Oxfam Novib, PAX en The Rights Forum). Pays-Bas ont mis un terme aux livraisons d'armes à Israël, par crainte qu'elles soient utilisées d'une manière qui viole le droit international humanitaire - entraînant la mort de civils et la destruction de zones résidentielles - à Gaza. En , la Cour d'Appel néerlandaise ordonne l'arrêt des livraisons des pièces détachées pour l'avion de combat F-35 à Israël

L'Etat néerlandais se pourvoit en Cassation le 12/02/2024. Un débat au Parlement néerlandais se déroule le 26/09/2024.  

En , la Cour néerlandaise déboute définitivement les 10 ONG à l'origine de l'appel, partant du principe que les Pays-Bas ont le droit de "mener leur propre politique étrangère, y compris les décisions concernant les exportations de matériel militaire."

Royaume-Uni

Pays fournisseur d'armes Entre 2015 et le Royaume-Uni a accordé à Israël des licences d'exportation militaire d'une valeur d'au moins de livres ( de dollars), selon un rapport de Human Rights Watch. Les exportations comprenaient des équipements, des armes, des chars, de la technologie et des munitions, ainsi que des composants pour le bombardier furtif F-35 utilisé à Gaza.

Position du Parti travailliste au pouvoir dès juillet 2024 Lorsque le Parti travailliste britannique arrive au pouvoir à la suite des élections du , il s'engage à changer la position du Royaume-Uni sur la guerre en cours menée par Israël à Gaza.

Cependant, le gouvernement britannique n'a pas encore suspendu ses ventes d’armes à Israël. Un diplomate du ministère des Affaires étrangères a démissionné en en raison de ce qu'il considère comme une inaction du gouvernement et averti que le pays pourrait être impliqué dans des crimes de guerre. Cette décision, selon un sondage réalisé en juillet par YouGov, reflète le sentiment général de l'opinion publique au Royaume-Uni, où environ 58 % des Britanniques sont favorables à la fin des ventes d'armes à Israël pendant la guerre de Gaza, contre seulement 18 % qui y sont opposés. Une proportion encore plus élevée (78 %) est favorable à un cessez-le-feu immédiat. Un embargo sur les armes rencontre des obstacles du fait que la Grande-Bretagne est un fabricant clé de pièces pour les avions de combat F-35 utilisés par Israël. Israël a été accusé par ses détracteurs d'avoir utilisé ses F-35 lors de raids aériens sur Gaza. Selon le Times, la Grande-Bretagne est le partenaire de premier plan du programme de ces avions de chasse américains et fabrique 15 % des pièces de l'avion.

En le Royaume-Uni annonce suspendre 30 de ses 350 licences d’exportation d’armes vers Israël en raison du risque d'utilisation qui viole le droit international humanitaire.

Le refus d'Israël d'autoriser les visites du Comité international de la Croix-Rouge au camp de détention de Sde Teiman, où sont détenus des prisonniers palestiniens, explique en partie la volonté de la Grande-Bretagne d'imposer une interdiction d'exportation. Des avocats représentant le gouvernement britannique se sont rendus en Israël pour exposer la position britannique selon laquelle refuser à la Croix-Rouge l'accès au camp est contraire aux conventions de Genève. Selon le Yediot Ahronoth, Israël a reçu un avertissement de l'ancien ministre des Affaires étrangères David Cameron d'un soutien à un embargo européen sur les armesl si la Croix-Rouge se voyait toujours refuser l'accès à Gaza.

Pas d'embargo sur les armes

États-Unis

Premier fournisseur d'armes 69 % des achats d'armes d'Israël proviennent d'entreprises américaines, 30 % d'Allemagne et 0,9 % d'Italie. Les importations de matériel de défense en provenance d'autres pays représentent 0,1 % du total du pays. Israël a reçu la plupart de son équipement de défense, y compris des bombes pesant (réputées imprécises), des États-Unis. Un programme d’aide militaire supplémentaire de de dollars pour Israël a été approuvé par le Congrès américain en 2024, qui s'ajoute aux d'aide annuelle accordés un temps normal à Israël« L'aide militaire américaine à Israël bat tous ses records », Les Echos, 10 octobre 2024, https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/laide-militaire-americaine-a-israel-bat-tous-ses-records-2124424. Les États-Unis ont aussi dépensé de dollars pour les porte-avions envoyés en soutien à Israël, pour les systèmes de défense aérienne en Méditerranée, en mer Rouge et dans le Golfe, et pour les supplémentaires envoyés sur place afin de contribuer à l'interception de missiles ou de drones tirés vers l'État hébreu.

Suspension partielle entre mai et juillet 2024 L'administration du président Joe Biden a suspendu – mais ensuite repris – l'envoi de certaines bombes à Israël cette année, après les inquiétudes exprimées par les États-Unis quant à leur utilisation dans la bande de Gaza, lieu très densément peuplé.

En , les États-Unis ont menacé d'un embargo sur les armes si Israël n'améliorait pas a situation humanitaire à Gaza.

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