La famille de La Saussaye est une famille française éteinte de noblesse d'extraction, originaire de la Beauce blésoise, puis qui s'est fixée à Blois jusqu'au .
Faute du volume jamais publié de l'Armorial général d'HozierLe généalogiste Louis Pierre d'Hozier a publié un Armorial général de la France ou Registres de la noblesse de France en 10 volumes entre 1738 et 1768. Un onzième volume, contenant la généalogie des de La Saussaye, a été préparé mais jamais terminé ()., l'histoire et la généalogie de la famille sont principalement connues grâce à l'héritage de Louis de La Saussaye (1801-1878), érudit amateur d'histoire et collectionneur de documents anciens, et aux travaux de son ami Alonso Péan à partir d'actes récoltés par Colbert et d'archives familiales, préambule..
Histoire
Origines Lors de la guerre de Cent Ans, le comté de Blois vient tout juste d'être acquis par un membre de la famille royale, en l'occurrence le duc Louis Ier d'Orléans (frère cadet du roi Charles VI), et se trouve à la frontière du royaume de Bourges, limitrophe du Vendômois qui, lui, se retrouve dans l'empire Plantagenêt. Si Blois et le val de Loire ne sont pas occupés, le duc-comte Charles d'Orléans est cependant emprisonné à la suite de la bataille d'Azincourt de 1415Le duc Charles d'Orléans ne fut libéré qu'en 1439 (, t. I, p. 58).. La régence est alors assurée par son demi-frère, Jean de Dunois, surnommé le , qui s'engage en 1429 aux côtés de Jeanne d'Arc pour bouter les Anglais qui occupent Orléans depuis 1427.
vignette|Batailles et opérations majeures en France entre 1415 et 1453. C'est dans ce contexte qu'émerge un premier Olivier de La Saussaye († 1467), mentionné comme porte-drapeau de Jean de Dunois, en faisant un compagnon d'armes de Jeanne d'Arc lors de la levée du siège d'Orléans... D'après Péan, Olivier serait un parent d'un Guillaume de La Saussaye, chanoine à Évreux, et serait né aux alentours de l'an 1380 : il aurait donc eu au moment de ces événements. Seigneur de la SaussayeNi Louis de La Saussaye, ni Péan ne donne la localisation de cette seigneurie. En tout cas, il ne peut pas s'agir de l'actuelle commune de La Saussaye (Eure), qui était à cette époque aux mains de la famille d'Harcourt., il avait épousé une dame de la Raboie, qui lui apporta en dot ledit fief, situé sur l'actuelle commune de Meung-sur-Loire..
Ascension sociale
Une famille de la petite noblesse de Beauce Au , la famille de La Saussaye est donc une petite famille de la noblesse de campagne, cherchant à affirmer sa place auprès des familles seigneuriales voisines.
Retirés à Beaugency où ils vivent, Olivier et son épouse aurait eu un unique fils, Robert, qui réunit les terres de ses parents. Il se trouve alors vassal de sire Pierre de Prunelé, seigneur d'Ouarville, à qui il rend hommage le . À l'image de son père, il est qualifié d'homme d'armes du même comte de Dunois († 1468), notamment dans les lettres patentes de Charles VII. Marié vers 1435 à Perrette Le Chasseur, Robert de La Saussaye agrandit considérablement la famille avec ses 6 enfants, dont un fils mort jeune (Gentien). et une fille, Marguerite, la plus jeune, mariée à sire Guillaume Bourdineau, seigneur de Villamblain, avec qui elle laissa une postérité..
L'aîné, Olivier II, d'abord simple écuyer., s'installe à Vienne-lès-Blois où il se fait bourgeois et marchand épicier, avant d'acquérir en 1492 la terre du Grand BrezollesBrezolles, parfois écrit Bruzolles, Brusolles, voire Brousolles, se trouve sur le territoire de la commune de Lestiou (Loir-et-Cher), à de Beaugency et 24 de Blois (). de son cousin Geoffroy Texier, marchand quant à lui à Beaugency.. Il vivait encore en 1521, mais son frère cadet Jean Ier, avec qui il partagea Bruzolles, lui avait déjà succédé en 1525..
Marié à Jeanne Peloquin, Olivier II semble néanmoins avoir eu 5 enfants, dont deux fils, parmi lesquels Olivier III et Jean II, et trois filles : Marguerite, épouse de Simon Boudet (seigneur de la Bouillie), Jeanne, qui se maria avec François Durant (seigneur de Bignon et bourgeois d'Orléans)., et Catherine, avec Nicolas Aubelin (seigneur de Fauvelles)..
Troisième fils de Robert, Philippe épousa Jeanne Berruyer avec qui il eut une unique fille, Guillemette, qui scelle en 1488 la première alliance matrimoniale notable, en l'occurrence avec une autre famille issue de la bourgeoisie beauceronne, la famille de Compaing, alliée aux prestigieuses familles de Thou et des Chamillard.
Péan ne mentionne aucune information notable ni sur Jean II, ni sur Jacques.
Branche de Pontoise Peu de détails concernant Olivier III sont connus mais il semble s'être établi dans le Vexin. Son fils aîné, Jacques II, fut grand-vicaire de Pontoise, tandis que le cadet, Olivier IV († 1598) fut conseiller du roi, greffier en chef de la chambre des comptes de Paris ainsi que maître des Eaux et Forêts de France, de Champagne et de Brie, après avoir acquis la seigneurie de Boisemont dans les années 1550.. Le fils de ce dernier, Olivier V, est cependant mort jeune., laissant ainsi Boisemont en héritage à sa mère, Marguerite de Lieux, qui vendit la seigneurie à Claude de l'Isle.
Marié à Jeanne de Bréda, Olivier III eut aussi 6 filles : Marguerite, unie à Jean Josselin, conseiller du roi et maître des comptes ordinaires ; Nicole, qui épousa Nicolas des Maillets, seigneur de la Coudraye ; Félice, mariée au sieur de Neuville ; Louise, mariée à Jean de Coffard ; Hélène, mariée à Louis Lefebvre ; et, Marie qui épousa Nicolas de Coulon.
L'héritage de Morvilliers
C'est avec Jean Ier de La Saussaye († 1554), seigneur de Brezolles, des VauxSur le territoire de la commune actuelle de Chitenay (Loir-et-Cher)., de la Raboie et de VerrièresDans l'actuel quartier Vienne de Blois (Loir-et-Cher), proche de Bas-Rivière., que la famille scelle en 1513 sa seconde grande alliance matrimoniale, avec la famille de MorvilliersLes armoiries retrouvées sur le tombeau de Pierre de Morvillier au sein de l'église Saint-Nicolas de Blois laissent penser que les deux familles étaient déjà liées à la fin du ().Le hameau de Morvilliers, sur l'actuelle commune de La Chapelle-Saint-Martin-en-Plaine (Loir-et-Cher), se trouve à de celui de Brezolles., en la personne de Jeanne († 1538), fille de sire Étienne III, seigneur de Saint-Lubin, et par conséquent sœur de Jean († 1577), nommé évêque d'Orléans en 1552 puis garde des sceaux de France en 1568. La sœur de Jeanne, Marie, ayant épousé Guillaume Bochetel, alors clerc de notaire de la chambre de François Ier, l'ascension dont jouit la dernière génération des Morvilliers profite indirectement aux de La Saussaye.
De Jeanne de Morvillier, Jean eut 2 fils suivis de 5 filles : Françoise épousa François de L'Hospital, lieutenant particulier à Bourges. ; Anne fut mariée à Adam de Baillon, seigneur de Villiers et de Vallance.. ; Jeanne donna sa main à Jean de Foucault, seigneur de Rozay ; Olive, religieuse à la Guiche. ; et, Marie épousa l'Italien Jean d'Alesso, petit-neveu du saint François de Paule.. Preuve que la famille a porté en grande estime cette alliance, plusieurs de ses membres ultérieurs portent les prénoms François-de-Paule ou Françoise-de-Paule.
Quant aux fils de Jean , l'aîné Mathurin (1513–1584) succéda à son oncle Jean de Morvillier à l'évêché orléanais en 1564, après le sac de la ville par les Huguenots. Son épiscopat a été mouvementé par les troubles des guerres de Religion, avec notamment la destruction de la cathédrale Sainte-Croix en 1567 lors d'une seconde attaque des Protestants., le forçant à se réfugier temporairement à Tours.
Son frère cadet, Olivier VI († vers 1567), mourut relativement jeune mais suffisamment longtemps pour avoir épousé Marguerite Alleaume, fille de sire Jacques et Madeleine Compaing, à qui il laissa un petit Charles de La Saussaye (1564–1622) en bas âge..
Seigneur de Bruzolles, de Villecoulon, de Lion-le-Marchais, de Villedamblin, de Chantemêle et des Champs., Charles fut diplômé docteur en théologie à La Sorbonne, puis doyen du chapitre de la cathédrale d'Orléans pendant la vacance de l'épiscopat après 1596. En cette qualité, il reçut le roi Henri IV le puis le couple royal en 1601 pour la reconstruction de la cathédrale, en ruines depuis le siège de 1563.
Une famille de l'administration d'Ancien Régime
Second mariage de Jean Ier et branche des Vaux
À la suite du décès prématuré de Jeanne de Morvillier († 1538), Jean de La Saussaye épousa en secondes noces, une Rose de Baillon.. De ce second lit, il eut plusieurs autres enfants, dont deux fils, Pierre et Jean III.
L'aîné Pierre hérita des fiefs de la Motte de Seur, des Vaux et de la Raboie. Sous Henri III, il était son secrétaire-interprète en allemand ainsi que commissaire ordinaire des guerres. Selon Péan, ce serait Pierre qui aurait commandé la construction de l'hôtel de La Saussaye, à Blois. Père de deux fils ainsi que 4 filles, il serait mort au plus tard en 1610.. Parmi ses fils, : l'aîné Jean IV de La Saussaye lui succéda et transmit ses domaines à son fils, Charles. ; le cadet Antoine, seigneur de la GraphinièreSur le territoire de l'actuelle commune de Chemillé-sur-Indrois (Indre-et-Loire)., fut d'abord chevau-léger de la Garde puis prévôt des maréchaux de France aux comtés de Blois et duché de Vendômois (il était aussi père d'un fils, Simon, seigneur de Béthune).
Quant aux filles, les secondes noces de Jean donnèrent naissance à : Élisabeth, mariée à Antoine Gaignet, seigneur de la Rue ; Marie, unie à Charles de la Châteigneraye, seigneur du Fourny et de Rochecot ; Jeanne, épouse de Florimond Savare, seigneur de VilletrocheSur le territoire de l'actuelle commune de Maves (Loir-et-Cher).. ; et Rose, mariée à Claude Maillard, seigneur de Saulleux..
Frère cadet de Pierre et seigneur de la Raboie, de Guillonville et de la HocquetièreSur le territoire de l'actuelle commune de Landes-le-Gaulois (Loir-et-Cher)., Jean III († 1606) était d'abord écuyer puis gravit rapidement les échelons en devenant secrétaire ordinaire de la chambre du roi, son interprète en allemand et commissaire ordinaire des guerres.. Peu après la fin des seconds États Généraux de Blois, il est, pour sa retraite, pourvu le par lettres patentes d'Henri III des charges de conseiller du roi et de maître des comptes de la Chambre des comptes de Blois.. Marié à Jeanne Allard de qui il tenait les fiefs de Guillonville et de la Hocquetière, il eut un unique fils ainsi que 4 filles.. Marie, la première, épousa Achille d'Herbelin, seigneur de Champigny, de Villegré et de la Morinière, conseiller du roi et maître de la même Chambre des comptes. D'après l'historien Bernier, le couple aurait fondé en 1613 le couvent des Cordeliers de Blois.. Françoise a quant à elle été promise à Denis Grosil, seigneur de VillemarceauSur le territoire de l'actuelle commune de Saint-Sulpice-de-Pommeray (Loir-et-Cher). et prévôt provincial des maréchaux de France à Blois et en Vendômois. Enfin, Élisabeth (ou Isabelle) est décédée à l'âge de sans avoir été mariée.
Unique fils de Jean III, Jean V († 1619) hérita naturellement de ses fiefs en 1606 mais lui succéda également à la Chambre des comptes de Blois en tant que maître ordinaire.. Il épousa en demoiselle Suzanne de Meules, fille de son collègue Pierre à la Chambre des comptes. Bien qu'il mourut 10 mois plus tard, en , il laissa un fils à son épouse : Jean VI.