L’élection présidentielle ivoirienne de 2025 a lieu le afin d'élire le président de la république de Côte d'Ivoire pour un mandat de cinq ans.
Le président sortant Alassane Ouattara est candidat à un quatrième mandat. Le scrutin a lieu dans un contexte d'invalidation des candidatures de plusieurs figures de l'opposition, dont celle de l'ancien président Laurent Gbagbo, celle de l'ancien Premier ministre Guillaume Soro, et celles des anciens ministres Tidjane Thiam, Charles Blé Goudé et Pascal Affi N'Guessan.
L'élection est une victoire sans surprise pour le président sortant, qui l'emporte dès le premier tour avec plus de 89 % des voix en l'absence de ses principaux opposants. Le taux de participation accuse une nouvelle baisse consécutive, avec un peu plus de 50 % des électeurs s'étant rendus aux urnes.
Contexte Présidence d'Alassane Ouattara vignette|gauche|redresse=0.6|Alassane Ouattara.
Le président sortant Alassane Ouattara est au pouvoir depuis la présidentielle de 2010, où il est élu au second tour face au président Laurent Gbagbo... Le scrutin débouche sur une crise politique... La crise, qui se transforme rapidement en guerre civile, s'achève cinq mois plus tard par la prise de la capitale par les forces nouvelles pro-Ouattara et l'arrestation de l'ancien président Gbagbo retranché dans la résidence présidentielle de Cocody. À nouveau candidat, Ouattara est réélu dès le premier tour en 2015.., l'opposition pro-Gbagbo ayant boycotté le scrutin.
Un référendum constitutionnel instaure la Troisième République, qui met en place un parlement bicaméral, un poste de vice-président et remet à zéro le compteur de la limite du nombre de mandats présidentiels, renouvelable une seule fois... Les précédentes législatives en décembre de la même année sont remportées par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Alassane Ouattara, qui obtient la majorité absolue des suffrages. Le parti réitère ensuite cette victoire lors des sénatoriales de .
Réélection de 2020 Éligible pour un troisième mandat, Alassane Ouattara affirme à plusieurs reprises son intention de ne pas briguer à nouveau la présidence, conditionnant toutefois ce retrait à la non-participation des anciens présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié.... Il affirme ainsi vouloir , mais uniquement si .. Début , il annonce aux parlementaires réunis en Congrès ne pas être candidat à sa réélection.. Cette décision, qu'il affirme avoir mûrie deux ans durant, est saluée en Côte d'Ivoire comme à l'étranger.... Amadou Gon Coulibaly, premier ministre en exercice, est alors désigné candidat du RHDP pour la présidentielle de 2020.. Hospitalisé en raison de problèmes cardiaques, Coulibaly meurt cependant quatre mois plus tard... La mort de son dauphin désigné à l'élection présidentielle est alors un coup dur pour le président sortant, qui s'était mis en froid avec plusieurs autres personnalité du parti au pouvoir afin d'imposer sa candidature. Devant le vide laissé par le décès du Premier Ministre et la mise hors jeu préalable de ses concurrents internes, une troisième candidature de Ouattara finit par s'imposer, le président revenant sur sa décision de ne pas se représenter lors d'un discours à la Nation, prononcé le , à l'occasion de la fête nationale ivoirienne.. L'annonce est immédiatement suivie de violences pré-électorales. Des affrontements ont lieu entre des opposants à un troisième mandat du président sortant et des militants de son parti, le tout sur fond de tensions ethniques et communautaires...
Le scénario de 2015 se répète par conséquent lors de l'élection présidentielle de 2020, qui conduit à une large réélection d'Alassane Ouattara dans le contexte d'un boycott des partis d'opposition.... Le premier tour est entaché de violences et seuls de votes peuvent ouvrir sur , provoquant une réduction du nombre d'inscrits capables de voter de à , soit une exclusion de près d'un cinquième des inscrits. Ouattara réunit 95 % des voix, pour un taux de participation de 53 %..
L'opposition ne reconnait pas les résultats, ses dirigeants annonçant la création d'un conseil national de transition... Le , Pascal Affi N'Guessan est arrêté. Il est accusé par le procureur de « complot contre l'autorité de l'État », « mouvement insurrectionnel », « assassinat » et « actes de terrorisme ».. Le , le Conseil constitutionnel confirme les résultats publiés par la Commission électorale.. Henri Konan Bédié annonce entretemps le qu’il met fin au régime de « transition » proclamé à la suite de l’élection, et appelle au « dialogue national ».. Alassane Ouattara prête serment pour un troisième mandat le . Il annonce dans la foulée la création d’un ministère de la Réconciliation nationale et appelle à la reprise du dialogue avec l’opposition en vue des élections législatives de 2021..
Avec la participation des principaux partis politiques pour la première fois depuis la crise politique dix ans auparavant, qui avait conduit les deux législatives suivantes à s'organiser sous le poids de boycotts de l'opposition, ces élections s’opèrent dans un contexte d'appels à la réconciliation et d'espoir d'un retour à un climat politique apaisé. Bien que finalement décevant en termes de participation, le scrutin se déroule dans le calme. Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix du président Alassane Ouattara connait un recul mais conserve la majorité absolue des sièges.
Demande de réforme de l'opposition Le , 15 partis d'opposition se réunissent à Bonoua et demandent des réformes électorales, à travers une déclaration lue par Simone Gbagbo, ancienne première dame. Parmi les partis politiques présents figurent le Mouvement des générations capables (MGC) de Simone Ehivet, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples de Charles Blé Goudé. Ils estiment que le processus électoral actuel sera « source majeure de conflits ».. Le Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI) de l’ancien président Laurent Gbagbo ne signe cependant pas cette déclaration des partis d’opposition..
Révision de la liste électorale La Commission électorale indépendante lance le la révision de la liste électorale qui comporte près de 8 millions d'électeurs. Elle ouvre d'enrôlement dans tout le pays.. L'enrôlement doit aboutir à l'inscription de 4,5 millions de nouveaux électeurs de plus sur une période 3 semaines prenant fin le ..
Afin de faciliter les procédures administratives liées à l'enrôlement, le certificat de nationalité est délivré gratuitement et il est possible de s'inscrire avec un récépissé de carte d'identité pour les personnes n'ayant pas encore reçu leur carte nationale d'identité. Malgré cette mesure, l'opposition demande un prolongement de la période d'enrôlement.
Le , par décret pris en conseil des ministres, le gouvernement prolonge la période du recensement électoral de la révision de la liste électorale d'une semaine, jusqu'au ...
Le , le Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), exige en vain l’inscription de Laurent Gbagbo sur la liste électorales..
Le nombre d'inscrit sur la liste électorale est annoncée le à électeurs..
Mode de scrutin
Le président ivoirien est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois de manière consécutive. Est élu le candidat ayant recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré élu. La constitution fixe la date du premier tour au dernier samedi du mois d'octobre de la cinquième année du mandat présidentiel en cours, et celle du second tour éventuel au dernier samedi du mois de novembre suivant..
Après l'élection présidentielle de 2020, le scrutin de 2025 sera le deuxième à avoir lieu sous la Constitution ivoirienne de 2016 adoptée par référendum neuf ans plus tôt. Celle-ci modifie notamment plusieurs des critères d'éligibilité du président comme la limite maximum d'âge d'un candidat, auparavant fixée à , qui disparaît, tandis que l'âge minimum est abaissé à (art. 55)..
Là où l'ancienne constitution imposait qu'un candidat soit , la nouvelle constitution remplace cette condition par . Un seul des parents d'un candidat présidentiel a désormais besoin de posséder la nationalité ivoirienne de naissance et ils ont maintenant la possibilité d'avoir eu une autre citoyenneté. Le candidat lui-même peut également avoir eu une autre nationalité, ce qui était auparavant impossible, mais doit y renoncer avant de soumettre sa candidature.
La fonction de vice-président est également créée en 2016. Nommé par le président, il lui succède en cas de vacance du pouvoir.
Candidats Candidatures retenues Seuls cinq candidatures sont finalement retenues, le Conseil constitutionnel jugeant le irrecevables cinquante-cinq candidatures sur les soixante dossiers soumis par la Commission électorale indépendante (Cei). Les candidatures retenues sont celles de Jean-Louis Billon, Alassane Ouattara, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello et Henriette Lagouhttps://information.tv5monde.com/afrique/elections-en-cote-divoire-la-liste-definitive-des-candidats-publiee-laurent-gbagbo-et-tidjane-thiam-ecartes-2790538..
Candidats déclarés CandidatPartiIdéologiesDétails centré|97x97px|Alassane OuattaraAlassane Ouattara(83 ans).Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP)DroiteLibéralisme, Houphouëtisme Président de la République de Côte d'Ivoire (depuis 2011) centré|97x97px|Jean-Louis Billon Jean-Louis Billon(60 ans) Congrès démocratique (CODE). Centre droit Ministre du Commerce (2012-2017)..Actuel député de Dabakala En octobre 2021, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle prévue pour 2025. Le 26 octobre 2024, il réaffirme sa candidature à l'élection présidentielle..Ancien cadre du PDCI. centré|97x97px|Simone Gbagbo Simone Gbagbo(75 ans) Mouvement des générations capables (MGC) GaucheSocialismePanafricanismeSouverainisme Présidente du MGCAncienne Première dame, en tant qu'épouse du président Laurent Gbagbo de 2000 à 2011. Elle est déclarée candidate de son parti en novembre 2024.. 97x97px|centré|Henriette Lagou Adjoua Henriette Lagou Adjoua(66 ans) IndépendanteSoutenu par le Groupement des partenaires politiques pour la paix (GP-PAIX) Ancienne ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant dans le gouvernement Affi N'Guessan I et candidate à l'élection présidentielle de 2015. Elle est déclarée candidate par la coalition GP-Paix le ... centré|97x97px|Ahoua Don Mello Ahoua Don Mello(67 ans) Indépendant
Candidatures notables rejetées La liste ci-dessous est non exhaustive. CandidatPartiIdéologiesDétails centré|97x97pxPascal Affi N'Guessan (72 ans).Front populaire ivoirien (FPI)Centre gauchePrésident du FPIPremier ministre de Côte d'Ivoire de 2000 à 2003centré|97x97pxLaurent Gbagbo (80 ans).Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire(PPA-CI)GaucheSocialismePanafricanismeSouverainisme.Ancien président de la république de Côte d'Ivoire (2000-2011).. Inéligible à la suite d'une condamnation de la justice ivoirienne.. centré|97x97pxTidjane Thiam (63 ans).Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain(PDCI-RDA)Centre droitLiberalismeHouphouëtismePrésident du PDCIAncien ministre du Plan et du Développement et ancien directeur du Bureau national d'études techniques et de développement (1994-1999)Déclaré inéligible par le tribunal de première instance d’Abidjan pour avoir perdu la nationalité ivoirienne après l'acquisition de la nationalité française en 1987.. Gnangbo Kacou.(63 ans)IndépendantEx-député, et quatrième vice-président du Conseil régional du Sud-Comoé. Wakallet Oga Cyrill Baï