Les et , lors d'une rencontre pour un match de football de l'UEFA au stade Johan Cruyff Arena à Amsterdam, aux Pays-Bas, entre le club israélien Maccabi Tel-Aviv et le club néerlandais Ajax Amsterdam, des affrontements ont lieu en marge de la rencontre.
Des hooligans du Maccabi Tel-Aviv sont filmés la veille en train d'arracher puis de brûler un drapeau palestinien, tout en scandant des slogans anti-arabes. et en chantant « mort aux Arabes ». Malgré le risque élevé de l'événement, les autorités néerlandaises maintiennent la rencontre, justifiant que le hooliganisme fait partie du football..
Le jour du match, vers 13h, ces images regroupant divers incidents sont partagées et relayées sur des canaux Telegram regroupant des résidents d'Amsterdam. Ces publications provoquent des appels à la violence pour riposter contre les supporters israéliens.
Peu après le match, aux alentours de minuit, des tensions surviennent autour de l’accès aux taxis, principalement conduits par des chauffeurs d’origine marocaine ou de confession musulmane.. Cela mène à l’agression d’un chauffeur par des hooligans du Maccabi Tel-Aviv.. L’incident, filmé et largement diffusé sur les réseaux sociaux aux Pays-Bas, est suivi d'un autre incident filmé dans le centre-ville d’Amsterdam, où des hooligans attaquent un passant...
Avec l'appui de chauffeurs de taxis amstellodamois, d'autres habitants de la ville se regroupent après le match pour organiser des attaques contre des supporters israéliens.. Dans plusieurs vidéos d’agressions circulant en ligne, certains assaillants se revendiquent pro-palestiniens. Vêtus de noir et pour la plupart masqués, ils forment des groupes véhiculés dans le centre-ville, dans une escalade de violence qualifiée de « chasse aux Juifs » ou de « pogrom » par de nombreux responsables politiques et médias...... Ces agressions donnent lieu à une indignation mondiale..
Alors que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou envoie deux avions pour rapatrier les derniers supporters israéliens présents aux Pays-Bas, la police néerlandaise procède à le lendemain des incidents, et cinq autres quelques jours plus tard.
Par la suite, les organisations sportives opérant dans les colonies israéliennes ainsi que leur supporters sont interdites sur le territoire néerlandais. Cette décision vise à la fois à répondre aux violations de territoire opérés par ces organisations, mais également à sanctionner les équipes où , faisant ainsi références aux violences initiés par les houligans du Maccabi Tel Aviv.
Contexte Antécédents du Maccabi Le Maccabi Tel-Aviv, le club le plus ancien et le plus titré d'Israël, concentre une frange historique d’ultras, les , réputés pour leur violence et leur racisme.. Le recrutement par le club en 2012 du joueur arabo-israélien avait ainsi conduit à des slogans ouvertement racistes et violents contre lui, tels que « » et « ». Au début de la crise migratoire, en 2015, les avaient aussi manifesté leur hostilité envers les réfugiés, notamment syriens, par une banderole . déployée avant un match contre .
En , en marge d’un autre match européen contre l’Olympiakos, des ultras du Maccabi Tel-Aviv ont passé-à-tabac un homme d’origine arabe à Athènes. En Israël, ces supporters sortent dans les rues lors des manifestations anti-Netanyahu. Ils s’étaient attaqués aux manifestants à l’aide de matraques et de tessons de bouteilles lors d’un rassemblement accusant le Premier ministre de corruption en 2020..
Situation aux Pays-Bas Les Pays-Bas ont enregistré une augmentation significative des incidents antisémites pendant la guerre entre Israël et le Hamas débutée en .. En 2024, l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne avait signalé une hausse des attaques antisémites à travers l'Europe, en partie attribuée à cette guerre.. Le match entre l'Ajax et le Maccabi Tel-Aviv était un match de phase de groupes de la Ligue Europa, tenu à la Johan Cruyff Arena. Le match lui-même s'est déroulé sans incident, avec une victoire de l'Ajax sur le Maccabi Tel-Aviv, 5-0.
Avant la rencontre, la maire d'Amsterdam, Femke Halsema, avait interdit les manifestations pro-palestiniennes près du stade en raison de préoccupations liées à de possibles violences.. Malgré un renforcement de la sécurité, des manifestants pro-palestiniens ont tenté de se rendre à la Johan Cruyff Arena le jour du match, bien que la ville ait interdit de telles protestations.. Des agents du Mossad ont accompagné l'équipe du Maccabi Tel-Aviv pour « assurer une protection maximale », et la avait renforcé sa présence dans le centre-ville la veille du match. Le Mossad avait également averti d'une menace potentielle visant les Israéliens et les Juifs aux Pays-Bas avant la rencontre, en envoyant un avertissement aux forces de sécurité.. La maire a par la suite déclaré que le match n'avait pas initialement été classé comme présentant un risque élevé, car l'Ajax est traditionnellement considéré comme un « club de football juif ».. Le , groupe de supporters de l'Ajax, avait d'ailleurs communiqué qu’il était à en cas de manifestation politique aux abords du stade..
Affrontements Les violences ont commencé dès mercredi . Des affrontements isolés ont lieu entre des supporters de l’Ajax, du Maccabi et du club turc de Fenerbahce, qui jouait contre un autre club néerlandais, l’AZ Alkmaar, selon le chef de la police d’Amsterdam, .. À la veille du match selon la police néerlandaise, des hooligans du Maccabi Tel-Aviv ont attaqué dans la soirée un conducteur de taxi considéré comme Arabe et incendié un drapeau de la Palestine dans les rues d'Amsterdam. aux alentours de minuit. Une heure auparavant, ce sont des tags pro-palestiniens qui avaient été constatés près du stade tandis qu'un groupe de personnes avait projeté des messages insultant sur le stade. Ces deux incidents avait conduit à des arrestationshttps://www.amsterdam.nl/nieuws/nieuwsoverzicht/raadsbrief/. Plus tôt dans la journée, un rassemblement sur la place du Dam avait aussi conduit à l’arrestation d’une dizaine de supporters israéliens pour « trouble à l’ordre public ». Des vidéos les montrent entonnant des chants à connotation raciste, notamment pour exprimer leur joie face à la mort de Palestiniens à Gaza, insulter des passants et vandaliser des bâtiments dans les rues de la ville.. De même, des petits groupes de manifestants d'un rassemblement pro-palestinien étaient en quête d'affrontements alors que leur manifestation était déplacée par les autorités. En raison de ces troubles la police néerlandaise a été largement déployée aux abords du stade avant et après la rencontre.
Pendant la rencontre, les supporters israéliens présents en nombre dans le stade (environ selon le journal israélien ) ont été accusés d’avoir proféré insultes racistes, des chants anti-arabes et encourageant à massacrer les Palestiniens.
Ils ont perturbé la minute de silence en mémoire des victimes des inondations en Espagne en reprochant au gouvernement espagnol ayant récemment reconnu l’État palestinien.Vidéo de la scène dans le stade sur le site de Radio France Internationale le 8 novembre 2024 , causant des perturbations dans le stade et certains d'entre eux, en quittant le stade, ont été pris à partie dans plusieurs lieux de la ville néerlandaise.Après le match, des violences ont éclaté dans plusieurs quartiers d'Amsterdam. Selon la police néerlandaise, un grand groupe de supporters du Maccabi se promène dans le centre-ville, certains avec des bâtons à la main et commettent des actes de vandalisme. D'autres groupes dispersés, qui ont répondu à des appels sur les réseaux sociaux, se déplacent « à pied, en scooter ou en voiture » et s'en prennent à des supporters du Maccabi. Le chef de la police a indiqué qu’il avait été « extrêmement difficile » pour la police d’empêcher ce genre de « violence », malgré une importante présence policière. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des bagarres de rue dans lesquelles des supporters israéliens sont violentés par des individus aux visages dissimulés, voire passés à tabac. Dans une sorte de « chasse aux Israéliens », certains assaillants interrogeaient leurs victimes sur leurs origines et demandaient leurs papiers d'identité. , entend-on dans l'une de ces vidéos.. Une personne a reçu des coups de pied alors qu'elle se trouvait au sol, tandis qu'une autre a été jetée dans l'un des canaux de la ville, contrainte de dire pour être autorisée à sortir. Une autre reçoit des coups de pied rythmés par « Pour les enfants ! » (sous-entendu « de la bande de Gaza »). D’autres images, vérifiées par le quotidien , montrent également une personne frappée à terre par des ultras du Maccabi Tel-Aviv, et un supporteur israélien qui poursuit un autre homme, une ceinture à la main.. Un témoin cité par le journal affirme également qu’un de ses amis a été enlevé., tandis que de nombreux supporters ont cherché refuge en se barricadant dans des magasins et des bâtiments. Les rumeurs sur les enlèvements étaient en fin de compte infondées..
Victimes Avant les affrontements, un chauffeur de taxi est blessé et lynché par des hooligans du Maccabi Tel-Aviv. L'organisation néerlandaise porte ainsi plainte contre les supporters du club israélien pour une vingtaine de faits de violences, en se basant sur des preuves en images.. Parmi les faits, figurent l'agression de femmes portant le hijab ou un keffieh palestinien..
Pendant les affrontements, entre , principalement des supporters et hooligans israéliens, sont blessées, dont cinq sont brièvement hospitalisées.
Un supporter israélien a raconté qu’après le match, il avait été attaqué par un groupe de à l’extérieur d’un casino. Ces derniers l’auraient interrogé sur sa nationalité, et lorsqu'il a refusé de montrer son passeport, ils l’ont battu, le laissant inconscient avec deux dents cassées. Une autre supportrice israélienne a expliqué qu’elle était restée cachée dans son hôtel jusqu’à ce qu’il soit sûr d’en sortir. Un autre fan a rapporté qu’il semblait que des personnes attendaient les supporters du Maccabi à la gare. , a-t-il confié..
Certains supporters ont indiqué que leurs passeports leur avaient été dérobés, et dont les photos ont circulé sur les réseaux sociaux.
Auteurs La police néerlandaise révèle le lendemain matin de l'affrontement que , dont 49 habitent aux Pays-Bas et 10 en Israël, ont été interpellées à Amsterdam à la suite des violences. Parmi elles, principalement des jeunes, dont des mineurs, 55 sont relâchées après avoir écopé d'une amende pour trouble à l'ordre public.. Plus tard, le , trois autres personnes sont relâchées.. Les quatre personnes restantes sont conduites devant un juge-commissaire pour coups et blessures.. Ce même jour, à l'aide des enquêtes basées sur les images de caméras de surveillance, cinq nouvelles personnes sont arrêtées, âgées entre et originaires d'Amsterdam, d'Utrecht et de ..
La maire d'Amsterdam, Femke Halsema, rapporte que les agressions incluent des incidents impliquant « des garçons en scooter » qui prennent la fuite dès qu'ils sont confrontés à la police. Elle précise que les autorités ont sollicité une évaluation auprès du , sans qu'une menace spécifique ne soit identifiée. Elle indique également que les premières investigations montrent que les émeutes ont été rapidement organisées via la plateforme , deux jours avant le match..
Les médias israéliens suggèrent une implication de « Néerlandais d'origine turque et marocaine »., tandis que les médias néerlandais rapportent que des jeunes d'origine marocaine, résidant dans l'ouest d'Amsterdam, auraient participé aux actions de manière coordonnée.. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des jeunes individus masqués, parlant néerlandais avec des expressions influencées par l'arabe marocain et berbère..