Peter Hegseth, dit Pete Hegseth, né le à Minneapolis (Minnesota), est un militaire, animateur de télévision, auteur et homme politique américain.
Il sert dans la garde nationale du Minnesota avec le grade de commandant de réserve et effectue des missions à Guantánamo (2004-2005), en Irak et en Afghanistan (2012). Après sa carrière militaire, il devient commentateur politique sur Fox News.
En 2025, il est nommé secrétaire à la Défense des États-Unis sous la seconde présidence de Donald Trump. Face à l'opposition de plusieurs sénateurs républicains qui se joignent aux démocrates lors de sa confirmation par le Sénat, le vice-président J. D. Vance doit apporter son vote pour le confirmer, ce qui fait de Hegseth le deuxième membre de cabinet de l'histoire américaine confirmé grâce au vote départiteur du vice-président.
Fervent évangélique à tendance fondamentaliste et promoteur de la violence militaire, Hegseth défend des positions radicales dans de nombreux domaines politiques, notamment les affaires étrangères, les questions militaires et diverses questions sociétales, et se dit climatosceptique. Sur le plan idéologique, il est souvent défini comme , proche de l'extrême-droite américaine.
Biographie
Origines et études Peter Brian Hegseth naît le à Minneapolis, dans le Minnesota, premier enfant né de l'union entre Brian Hegseth (coach de basketball) et Penelope Haugen (coach en gestion pour cadres) — sa famille est d'ascendance norvégienne. Tous deux sont de sensibilité républicaine.
Peter Hegseth est au départ un excellent élève, et intègre l'université de Princeton dont il sort diplômé en 2003. Il se dit profondément traumatisé par les attentats du 11 septembre 2001, qui impactent sa vision du monde et son choix de carrière. Devenu directeur de rédaction du journal étudiant de droite The Princeton Tory, il en fait un média de guerre culturelle contre les idées du Parti démocrate, prenant des positions radicales contre les droits des minorités.
Carrière militaire vignette|Le sous-lieutenant Hegseth dans la base navale de la baie de Guantánamo. Après ses études, il rejoint l'entreprise Bear Stearns en tant qu'analyste des marchés de capitaux tout en suivant parallèlement le programme de formation des officiers de réserve, le Reserve Officers Training Corps (ROTC). À l'issue de sa formation, il est nommé sous-lieutenant chef de section d'infanterie au sein de la garde nationale du Minnesota.
Il est envoyé en mission en 2004 sur la base militaire américaine de Guantanamo (Cuba) jusqu'en 2005. Son unité est alors sous le contrôle opérationnel du bataillon du régiment d'infanterie de 101e division aéroportée. Il est décoré de l'Army Commendation Medal.
Peu de temps après être rentré de Cuba en 2005, Pete Hegseth se porte volontaire pour servir à Bagdad en Irak où il occupe le poste de chef de section d'infanterie et, plus tard à Samarra, le poste d'officier des actions civilo-militaires. Pendant son séjour en Irak, il reçoit la Bronze Star Medal, le Combat Infantryman Badge, et une deuxième Army Commendation Medal.
Après son séjour en Irak, il reprend une carrière civile, avant de se porter à nouveau volontaire en 2012 pour l'Afghanistan comme capitaine de la garde nationale du Minnesota, pour un poste d'officier instructeur de lutte antiguérilla au Counterinsurgency Training Center de Kaboul.
Pete Hegseth détient le grade de commandant de réserve (équivalent de chef de bataillon dans l'infanterie française).
Si Pete Hegseth se pose régulièrement en héros de guerre multi-décoré et en vétéran aguerri par le combat, certains anciens militaires rappellent néanmoins qu'il a toujours été réserviste et a essentiellement occupé des postes bureaucratiques voire honorifiques loin des champs de bataille. , et que la vision très hollywoodienne de l'armée qu'il promeut provient davantage d'Instagram que des lignes de front. .
Influenceur militariste Il travaille par la suite comme commentateur sur la chaîne conservatrice Fox News, dans des programmes dans lesquels il attire l'attention sur les problèmes des militaires et des vétérans.. Hegseth s'est opposé ouvertement à ce qu'il qualifie de politiques « woke » au sein de l'armée américaine et de ses dirigeants et s'oppose à la présence de militaires femmes au combat.
Il s'engage dans le lobby néo-conservateur (), dont il gravit les échelons jusqu'à en devenir directeur puis président, ce qui contribue à le rapprocher du monde politique : il est alors proche de John McCain, et s'affiche en opposition ferme à Barack Obama. Toutefois, sa gestion financière calamiteuse de Vets for Freedom ainsi que plusieurs scandales (alcoolisme, harcèlement sexuel...) conduit à sa démission forcée, et à une fusion (sans lui) du groupe avec Military Families United en 2011.
Pressenti pour travailler dans la première administration Trump en 2016, le parcours de Pete Hegseth avait été scruté par Justin Higgins, un ancien cadre républicain chargé d'effectuer ce travail d'investigation. Higgins avait jugé Hegseth « insuffisamment qualifié » pour les postes de secrétaire à la Défense ou aux Anciens Combattants..
Il annonce avoir obtenu du président Donald Trump une grâce présidentielle pour deux soldats condamnés pour meurtre et la réintégration d'un troisième, condamné pour avoir posé avec un cadavre en Irak.
En 2020, il publie un livre aux allures de manifeste idéologique : , dans lequel il développe un parallèle entre les Croisades médiévales et les différentes guerres américaines au Moyen-Orient (mais aussi les débats politiques internes), affirmant que les musulmans comme les démocrates sont des qui . Il y appelle les Américains à une à la fois contre le progressisme, la diversité culturelle et contre tous ceux qu'il désigne comme : mondialisme, socialisme, laïcité, écologisme, islam, mouvement LGBT, et démocratisme.
En 2024, il publie The War on Warriors: Behind the Betrayal of the Men Who Keep Us Free (), un manifeste militariste dans lequel il critique les efforts visant à lutter contre l'extrémisme au sein de l'armée américaine, écrivant que « sous prétexte d'éradiquer l'« extrémisme », les généraux d'aujourd'hui écartent les patriotes de base de leurs rangs ». Il a qualifié les initiatives d'inclusion d'« idéologies discriminatoires qui rebutent les jeunes hommes patriotes et chrétiens qui ont traditionnellement constitué nos rangs ». Dans le même ouvrage, Hegseth a appelé les États-Unis à ignorer les conventions de Genève, arguant qu'elles confèrent un avantage injuste aux forces ennemies : « Nous combattons les mains liées – et l'ennemi le sait… Si nos soldats sont contraints de suivre des règles arbitraires et qu'on leur demande de sacrifier davantage de vies pour que les tribunaux internationaux se sentent mieux dans leur peau, ne vaudrait-il pas mieux gagner nos guerres selon nos propres règles ?! ».
Secrétaire à la Défense des États-Unis vignette|Pete Hegseth prêtant serment devant J. D. Vance en tant que secrétaire à la Défense. En , Donald Trump, de nouveau président élu désigne Pete Hegseth comme secrétaire à la Défense.
Sa nomination est affaiblie par des révélations sur sa consommation effrénée d'alcool, ses comportements déplacés lorsqu'il dirigeait deux associations de vétérans et sur l'accord de confidentialité signé avec une femme l'accusant d'agression sexuelle en 2017..
Le , les sénateurs républicains Mitch McConnell, Lisa Murkowski et Susan Collins se joignent aux démocrates pour voter contre sa confirmation, forçant donc le vice-président J. D. Vance à apporter un vote décisif. Hegseth devient ainsi le deuxième membre du cabinet de l'histoire des États-Unis, après Betsy DeVos en 2017, à être confirmé grâce au vote décisif du vice-président..
Le , le poste de secrétaire à la Défense est renommé par Donald Trump en secrétaire à la Guerre. Pete Hegseth devient donc le secrétaire à la Guerre des États-Unis, le premier depuis 1947..
vignette|droite|Fuite d'un groupe de discussion du gouvernement des États-Unis.
Signalgate
Le , Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef du magazine The Atlantic, rapporte qu'il a été accidentellement inclus par Mike Waltz dans une conversation de groupe où Hegseth a partagé des plans hautement sensibles d'attaques militaires américaines sur le Yémen deux heures avant leur exécution. Les discussions impliquaient plusieurs hauts responsables américains tels que J. D. Vance et Marco Rubio, et se sont déroulées sur Signal, une application de messagerie populaire dont l'utilisation est interdite pour le partage d'informations classifiées. D'anciens responsables ont qualifié l'utilisation de Signal pour partager des informations classifiées comme sans précédent, et ont déclaré que cet événement devrait normalement donner lieu à une enquête. Ils ont également estimé que Hegseth a dû extraire de manière illégale des données classifiées vers un réseau non classifié... Hegseth a nié avoir partagé des données confidentielles, et Goldberg a par la suite publié la majorité de la conversation, où Hegseth partage notamment le planning de l'attaque..
The Wall Street Journal a rapporté que Hegseth a également amené sa femme à deux rencontres où des informations confidentielles auraient été échangées.. The New York Times a révélé le l'existence d'un deuxième groupe Signal, où selon quatre témoins Hegseth avait également partagé les informations sur les plans d'attaque au Yémen avec des membres de son entourage personnel et professionnel, incluant sa femme, son frère et son avocat personnel... Selon John Ullyot, un ancien porte-parole du Pentagone, Hegseth aurait également mené des licenciements sur la base d'accusations infondées, et le département serait dans un « chaos total ».. Donald Trump a réitéré son soutien à Hegseth..
L'inspection générale du Pentagone transmet un rapport au Congrès accusant Pete Hegseth d'avoir « créé un risque à la sécurité opérationnelle ». « Utiliser un téléphone portable personnel pour conduire des affaires officielles et envoyer des informations non publiques du département de la défense via Signal risque potentiellement de compromettre des informations sensibles, ce qui pourrait conduire à causer du tort au personnel militaire et aux objectifs de la mission », résume le rapport..
Frappes dans les Caraïbes À partir de l'été 2025, Pete Hegseth supervise une série d'attaques militaires contre de petites embarcations soupçonnées de transporter de la drogue dans la mer des Caraïbes. Ces opérations ont provoqué la destruction de dizaines d'embarcations et la mort d'au moins 145 personnes.. Aucune preuve n'a été fournie par les autorités américaines sur la présence à bord de chargements de drogue et de nombreux experts en droit international humanitaire estiment que ces frappes constituent des exécutions extrajudiciaires.
Selon un article du Washington Post, après une première frappe américaine le ayant détruit un bateau et laissé deux survivants s'accrochant à une épave, Pete Hegseth a donné l'ordre de « tous les tuer » avec une seconde frappe.. Selon Hegseth et l'administration américaine, les bateaux transportaient des stupéfiants et les passagers étaient des « narcoterroristes », sans fournir de preuves, tandis que des rapports indiquent que des pêcheurs ont été tués lors de ces attaques. Plusieurs élus au Congrès appellent à une enquête tandis que Donald Trump apporte son soutien à son ministre..
Fin , lors d'une réunion avec les chefs de l'armée américaine, Pete Hegseth fustige les « règles d'engagement stupides » imposées aux soldats et assume un retour à une approche plus meurtrière : « Nous donnons carte blanche à nos combattants pour intimider, démoraliser, traquer et tuer les ennemis de notre pays. Fini les règles d'engagement politiquement correctes et autoritaires, place au bon sens, à une létalité maximale et à l'autorité des combattants ».
Guerre contre l'Iran