Loppidum du Vieux-Reims, ou oppidum du Vieux-Reims, également appelé oppidum de Condé-sur-Suippe/Variscourt et oppidum de Variscourt, est ancien établissement protohistorique fortifié Rème situé sur le territoire des communes de Condé-sur-Suippe, de Variscourt et de Guignicourt, dans le département français de l'Aisne en région Hauts-de-France.
Le site se présente comme un « oppidum de confluent », dont l'un des angles se trouve à la jonction de l'Aisne avec la Suippe, et comme « oppidum de plaine », partiellement enclos d'un puissant rempart doublé d'un fossé, la ville fortifiée installée et construite sur une terrasse alluviale..
L'occupation et l'utilisation de l'oppidum rème du Vieux-Reims, classé parmi les fortifiées de ., s'étendent sur une courte période, datées de la Tène « D1B », aux , chronologiquement établies, grâce aux datations de l recueilli ainsi qu'aux analyses de résidus de bois, entre .
Des restes de poteaux, de puits, de cheminées et d'entrepôts et des vestiges de bâtiments domestiques ont été mis en évidence. Le petit mobilier est notamment documenté par des poteries datées de La découverte et mise au jour de bassins suggère que le sel est, à l'époque, extrait sur place..
Aux abords immédiats de l'oppidum, la zone recouvrant la confluence de l'Aisne avec la Suippe a été utilisée de l'époque néolithique jusqu'au tout début de l'époque gallo-romaine. Situés extramuros de l'ancienne ville rème, les vestiges d'une nécropole, datés de l'âge du bronze, ont été découverts..
Des fouilles régulières ont été effectuées sur le site depuis le milieu du . Le site du Vieux Reims est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du . Plus de la moitié de l'oppidum, dont les vestiges et les terrains ont été affectés par plusieurs aménagements d'époque contemporaine , est actuellement détruite jusqu'à plus d'un mètre de profondeur.
Contexte géographique et archéologique vignette|gauche|« La Sucrerie », commune de Condé-sur-Suippe, à la limite de Guignicourt, lieu-dit dont les terrains sont englobés par le site du Vieux Reims et ayant fait l'objet de campagnes de fouilles. Le site archéologique, qui s'inscrit au point de confluence de la Suippe et dont la surface s'étend en majeure partie sur la rive gauche de l'Aisne, se trouve à cheval sur les communes aisnoises de Condé-sur-Suippe, Variscourt et Guignicourt. Il est situé à en axe est de la ville de Laon.. Le site est borné par la commune d'Aguilcourt, au sud. Le méandre formé par le cours de l'Aisne au niveau local, délimitant le Vieux Reims au Nord et à l'Est, fournit au site une défense naturelle. Ses terrains occupent une terrasse alluviale s'échelonnant sur l'interfluve de la rivière avec son confluent.
L'oppidum est, à vol d'oiseau, distant de de Durocortorum en axe nord.. Les deux sites sont reliés par une de plus de de large traversant successivement, du nord au sud, les communes de Sissone, Mons-en-Laonnois, Condé-sur-Suippe et Courcy.. L'ancien habitat fortifié se place également à environ en direction de l'est/sud-est du ... ainsi qu'à en axe ouest du site archéologique d'Acy-Romance..
Le plan cadastral de l'époque napoléonienne, exécuté, en ce qui concerne les communes de Guignicourt et Variscourt, en 1832, puis des photographies aériennes, réalisées en 1976 et 1977, permettent de documenter, de restituer et d'estimer l'étendue du site., en grande partie détruit durant le en raison de la mise en œuvre de grands travaux d'infrastructures tels que le creusement du canal latéral à l'Aisne, la construction de la ligne ferroviaire reliant Laon à Reims, la création d'un bassin d'extraction de graviers et la construction d'une sucrerie.
Toponymie vignette|gauche|upright=1.5|Le site du Vieux Reims, sur la carte de Cassini. La première mention attestée du toponyme « Vieux Reims », connu sous cette forme qu'à partir de 1700, est documentée qu'à partir du milieu du , avec la carte de Cassini.. À l'instar du « Vieux-Laon » et du « Vieux-Chalons », ce toponyme trouve probablement son origine au sein documents ecclésiastiques des et reflète , de vestiges datant de la campagne militaire de César en Gaule belgique et visibles in situ durant le moyen-âge.
vignette|Le lieu-dit Mur de Rome, à Variscourt (ici sur la carte délimité par une ligne orange). Dans plusieurs chartes datées des , le site est mentionné par les termes . et ..
Les études microtoponymiques de l'aire englobée par le Vieux Reims révèlent l'existence du lieu-dit , nom qui fait écho à une possible occupation du site par le légat Quintus Titurius Sabinus, celui-ci y ayant, dans cette hypothèse, installé un camp romain.. La partie nord-ouest du site est localement connue sous les termes , autre toponyme donné au . Le lieu-dit renverrai au passage à gué de l'Aisne par les troupes romaines avant de se confronter à celles menées par Galba, postulat énoncé par quelques historiens, mais non confirmé.
Le cadastre napoléonien permet de recenser d'autres toponymes du territoire couvert par le site : , , , , et , lieux-dits bornant ou se trouvant à proximité immédiate de l'enceinte fortifiée ; , ou , qui, à l'instar du , est probablement un lieu-dit lié à un ancien passage à sec de la Suippe ; , , et , lieux-dits liés à d'anciennes zones marécageuses situées entre les fortifications et l'affluent de l'Aisne.
Histoire Utilisation et occupation du site Chronologie et datation L'utilisation de l'oppidum rème du Vieux-Reims, classé parmi les fortifiées de , s'étendent sur une courte période, datées de la Tène « D1B », aux ... Après la campagne de fouilles de 1987-1988, la chronologie d'utilisation de l'oppidum du Vieux Reims est dans un premier temps estimée dans une fourchette allant de , datation effectuée par méthode comparative avec du mobilier mis en évidence sur des sites excavés localisés dans la même région. ; cette datation, ultérieurement affinée et réévaluée grâce aux analyses études de l recueilli ainsi qu'aux analyses de résidus de bois, se trouve établie à .
Fondation, occupation et abandon Au cours de la période recouvrant les phases allant de La Tène C2 à La Tène D2, le Vieux Reims, avec les sites protohistoriques de Saint-Thomas (Bibrax), de Villeneuve-Saint-Germain et de Pommiers, fait partie des quatre établissements résidentiels éligibles au statut de ville/oppidum identifiés dans la moyenne vallée de l'Aisne.. Durant cette période, l'oppidum de Condé-sur-Suippe/Variscourt, comme pour les trois autres , s'inscrit au sein d'un maillage périurbain faiblement dense. Le phénomène d'urbanisation du Vieux Reims aurait été continu et progressif, s'étalant sur les et probablement induit par une importante concentration d'établissements à destination essentiellement agricole. Pour autant, la fondation de l'agglomération du Vieux Reims, liée à son processus de fortification, résulte probablement d', suggérant une évolution de l'occupation des lieux subite et excluant un phénomène de synœcisme.
À l'époque de son occupation, l'oppidum de Condé-sur-Suippe/Variscourt/Guignicourt, avec une moyenne estimée de par hectare, compte une population s'élevant à environ ..
Pour Bernard Lambot et Patrick Casagrande, l'occupation puis l'abandon du site du Vieux Reims peuvent s'expliquer de la manière suivante :
Cette analyse est renforcée par l'emplacement du site de Durocortorum, estimé, selon Chossenot, Pinnelli et Valette, plus propice que celui du Vieux-Reims à l'aménagement d'un de voies terrestres, plus efficientes que les voies fluviales, et facilitant ainsi les relations commerciales de la avec les cités suessionne et trévire..
D'autre part, Lambot et Casagrande soulignent également que :
Enfin, la désertion subite de l'oppidum par ses occupants, après un important réaménagement selon un axe d'orientation sensiblement différent de celui d'origine, n'a très probablement pas été induite par un fait historique d'ampleur, l'hypothèse d'un mouvement concerté de sa population, préalable à la fondation de Durocortorum, demeurant un postulat privilégié, bien que non attesté.. Les vestiges d'un établissement mis en évidence à proximité de la commune de Bergnicourt, au sein de la plaine alluviale de l'Aisne, entre les cours de la Suippe et de la Retourne, possiblement dépendant l'aire d'influence de la ville protohistorique du Vieux Reims, pourrait constituer un indice allant dans ce sens.
Ancienne capitale des Rèmes avant la fondation de Durocortorum ? Si le statut du Vieux Reims comme ou comme de la cité rème à l'époque laténienne, avant la conquête romaine, a été avancé. ou formulé comme hypothèse, notamment en raison de son toponyme, de son étendue , de sa production monétaire ainsi qu'une potentielle corrélation entre son emplacement et celui du Bibrax mentionné par César..., ce postulat a été infirmé compte tenu des données historiques conjuguées aux données archéologiques et l'oppidum de Condé-Sur-Suippe/Variscourt/Guignicourt est, à minima, considéré en tant que , voire éligible au rang de de la ..
Historique des découvertes et fouilles Connaissance de l'oppidum antérieure à l'époque contemporaine L'oppidum est connu à travers les archives d'époques médiévale et moderne de Variscourt par les toponymes « le Mont d’Airain », « le vieux Rains », « le vieux Rheims », « le chemin d’airain », « le Mur de Rome ». Quelques éléments épars, fournis par l'étude de documents ecclésiastiques et seigneuriales, tels que la mention d'un , en 1650 et la mention d'un situé sur le territoire de Condé-sur-Suippe, entre la rivière homonyme et la limite avec la paroisse d'Aguilcourt, concourrent à indiquer que l'existence (au sens matériel et au sens nominatif) de l'oppidum est connue au cours du .
Le siècle suivant, en date du , un livre terrier émis par l'archidiocèse de Reims, mentionne l'existence d'. Ce document confirmerai que le terme "airain" devient, à partir de cette époque, le toponyme usuellement employé pour désigner l'oppidum.
Fouilles et découvertes au En date du , au sein d'une carrière sise à Condé, ou à la limite de Variscourt et de Guignicourt et se trouvant à proximité de la ligne ferroviaire reliant Reims à Laon, un ouvrier découvre fortuitement un vase noir profond de contenant ou en bronze recouvert d'or d'un poids total de . Après signalement de la découverte, les monnaies de ce trésor, de fabrication ambienne ou morin , font l'objet d'un dépôt le de la même année par l'Administration des chemins de fer de l'État puis d'une conservation au musée des Antiquités nationales pour deux d'entre elles et aux musées de Reims, de Laon et de Soissons pour les autres.....
Fouilles et découvertes au Des années 1960 jusqu'à la fin des années 1970 Au cours des années 1960, les Lachaud, un couple d'archéologues amateurs originaire de la région, opèrent des fouilles de sauvetage sur une zone de terrains incluse au sein du périmètre couvert par le site du Vieux Reims, un bassin d'extraction de gravier, alors inondé. Le couple d'industriels Rémois parvient à collecter un important se composant notamment de disques en céramique, certains aménagés d'un trou, dont la vocation est, à l'époque, indéterminée ; des couteaux ; de poteries fines ; et divers artéfacts à destination domestiques.. Le mobilier découvert, daté de La Tène III et qui est présenté à la Société archéologique champenoise., permet d'identifier des structures partiellement détruites par la mise en chantier de la gravière. Le site du Vieux Reims n'est alors plus considérer comme un camp romain, ainsi qu'il a été précédemment identifié par Piette, Melleville, Blanchet, Fleury et Baudet au cours du , mais en tant que .