Lhystérectomie est un acte chirurgical qui consiste à enlever l’utérus, en entier ou seulement une partie. Il peut également impliquer la suppression du col de l'utérus, des ovaires, des trompes utérines et d'autres structures environnantes.

Description Habituellement réalisée par un gynécologue, l'hystérectomie peut être totale (retrait du corps, du fond de l'utérus et du col de l'utérus; souvent appelé « complet ») ou partielle (ablation du corps utérin en laissant le col intact, également appelé « supracervical »).

On parle « d'hystérectomie totale » (« non conservatrice » ou « avec annexectomie ») si l'ablation comprend le corps et le col utérins. Elle est dite « subtotale » si on laisse en place le col utérin. On dit enfin hystérectomie « conservatrice » ou « interannexielle » si les ovaires et les trompes utérines sont laissés en place.

Plusieurs techniques chirurgicales sont proposées : par voie abdominale, avec incision abdominale médiane basse sus-pubienne, dite incision de Pfannenstiel ; par voie laparoscopique (LAVHLaparoscopie, Hôpitaux universitaires de Genève (consulté le 12 avril 2011).) ; par voie vaginale, l’utérus étant extrait par les voies naturelles..

C'est la procédure chirurgicale gynécologique la plus couramment réalisée. En 2003, plus de hystérectomies ont été réalisées aux États-Unis, dont plus de 90% ont été réalisées pour des conditions bénignes. Ces conditions bénignes incluent l'extraction de fibromes (tumeurs bénignes de l'utérus), les cas de saignements anormalement abondants, ou les cas d'endométriose. Certaines femmes souffrant de douleurs pelviennes anormales et handicapantes dans leur vie quotidienne ont également eu recours à cette procédure.

L'ablation de l'utérus rend la personne incapable de procréer (tout comme le retrait des ovaires et des trompes utérines). De plus, cette intervention, comme toute opération chirurgicale comporte des risques ainsi que des effets à long terme. Cette chirurgie est donc généralement recommandée lorsque les autres options de traitement ne sont pas viables pour la personne. Par exemple, une femme souffrant de douleurs pelviennes intenses et ne supportant pas un traitement à base d'hormones peut envisager l'hystérectomie.

L'ovariectomie (ablation des ovaires) est souvent réalisée en collaboration avec l'hystérectomie pour diminuer le risque de cancer de l'ovaire. L'hystérectomie avec ablation des ovaires augmentait le risque pour les femmes de mourir d'une maladie cardiaque. Des études plus récentes soulignent également l'idée que le fait de laisser les ovaires intacts est bénéfique pour la santé à long terme des femmes, car ceux-ci continuent de produire des hormones (l'œstrogène et la progestérone), même après la ménopause.

Histoire Le terme vient du grec ancien , hystera, « utérus » et , ektomḗ, « coupe ».

Dès 1862, Eugène Koeberlé est l'un des tout premiers à procéder avec succès à des hystérectomies sur des bases scientifiques. Avant la fin du siècle, des progrès essentiels sont obtenus par Jules-Émile Péan et Paul Segond dans l'hystérectomie vaginale appliquée au traitement des suppurations pelviennes (opération de Péan-Segond).

Types vignette|Dessin schématique des types d'hystérectomie. L'hystérectomie, au sens littéral du terme, signifie simplement l'ablation de l'utérus. Cependant, d'autres organes tels que les ovaires, les trompes de Fallope et le col de l'utérus peuvent également être retirés au cours de la procédure, ce qui arrive fréquemment. L'hystérectomie radicale : la suppression complète de l'utérus, du col de l'utérus, de la partie supérieure du vagin, et du parametrium. Indiquée pour le cancer. Les ganglions lymphatiques, les ovaires et les trompes de Fallope sont généralement éliminés dans cette situation, comme pour l'hystérectomie de Wertheimencyclopedia.com > Wertheim's hysterectomy Citing: "Wertheim's hysterectomy." A Dictionary of Nursing. 2008. Encyclopedia.com. (October 13, 2010).. Hystérectomie totale : ablation complète de l'utérus et du col de l'utérus, avec ou sans ovariectomie. L'hystérectomie subtotale : ablation de l'utérus en laissant le col. L'hystérectomie subtotale (supracervicale) a été proposée dans l'espoir d'améliorer le fonctionnement sexuel après hystérectomie.

On a postulé que le retrait du col provoque une perturbation neurologique et anatomique excessive, entraînant un raccourcissement vaginal, un prolapsus de la voûte vaginale, et des granulations de la coiffe vaginale. Ces avantages théoriques n'ont pas été confirmés dans la pratique, mais d'autres avantages par rapport à une hystérectomie totale ont émergé.

Le principal inconvénient est que le risque de cancer du col de l'utérus n'est pas éliminé et que les femmes peuvent continuer à avoir des saignements cycliques (bien que sensiblement moins qu'avant la chirurgie).

Ces questions ont été abordées dans une revue systématique de l'hystérectomie totale versus supracervicale pour les conditions gynécologiques bénignes, qui ont rapporté les résultats suivants : il n'y avait aucune différence dans les taux d'incontinence, la constipation, les mesures de la fonction sexuelle ou l'atténuation des symptômes pré-opératoires ; la durée de la chirurgie et la quantité de sang perdue au cours de la chirurgie étaient significativement réduites durant l'hystérectomie supracervicale par rapport à l'hystérectomie totale, mais il n'y avait pas de différence dans les taux de transfusion post-opératoire ; la morbidité fébrile était moins probable et un saignement vaginal cyclique en cours un an après la chirurgie était plus probable après une hystérectomie supracervicale ; il n'y avait pas de différence dans les taux d'autres complications, de rétablissement ou de réadmission. À court terme, des essais randomisés ont montré que la préservation ou l'élimination du col n'affecte pas le taux de prolapsus ultérieur des organes pelviens.

L'hystérectomie supracervicale n'élimine pas la possibilité d'avoir un cancer du col puisque le col lui-même est laissé intact, et peut donc être contre-indiqué chez les femmes ayant un risque accru de ce cancer ; des frottis de pap réguliers pour dépister la dysplasie cervicale ou le cancer sont encore nécessaires.

Utilisations médicales vignette|L'hystérectomie. L'hystérectomie est une intervention chirurgicale majeure, avec des risques et des bienfaits inhérents à celle-ci. Cette intervention affecte l'équilibre hormonal de la femme, il est donc primordial de se renseigner auprès de spécialistes. De par son caractère irréversible, l'hystérectomie est normalement recommandée en dernier recours, si d'autres traitements ne sont pas viables. Ainsi, il est possible de remédier à certaines conditions intraitables du système utérin et reproducteur. Voici une liste non exhaustive des raisons pour lesquelles pratiquer une hystérectomie : endométriose sévère et réfractaire (croissance de la muqueuse utérine en dehors de la cavité utérine) et / ou adénomyose (une forme d'endométriose, où la muqueuse utérine s'est développée et parfois à travers la paroi musculaire utérine), après épuisement des autres options pharmaceutiques ou chirurgicales ; les douleurs pelviennes provoquées pouvant être handicapantes, l'hystérectomie peut être une solution si la personne ne souhaite pas/ne supporte pas d'autres traitements ; certaines femmes ne désirent pas procréer et font ainsi le choix de l'hystérectomie comme méthode de contraception définitive ; après l'accouchement pour éliminer soit un cas grave de placenta praevia (un placenta qui s'est formé au-dessus ou à l'intérieur du canal génital), soit un placenta percreta (un placenta qui s'est développé dans et à travers la paroi de l'utérus pour se fixer à d'autres organes) ; dans les cas d'hémorragie obstétricale excessive ; dans le cas de plusieurs formes de prolapsus vaginaux. ; dans les cas de trans-identité (femme-homme) ; dans les cas de traitement de cancers gynécologiques.

Les femmes peuvent également exprimer le désir de subir une hystérectomie élective pour des raisons autres que la résolution des conditions du système reproducteur ou des maladies.

Certaines des conditions dans lesquelles une personne (ou une personne de confiance si le patient n'est pas en état) peut demander une hystérectomie pour des raisons autres que la maladie peuvent être une prophylaxie contre certains cancers du système reproducteur, surtout s'il existe de nombreux antécédents familiaux de cancers du système reproducteur (en particulier le cancer du sein en collaboration avec les gènes BRCA1 ou BRCA2) ou dans le cadre de la guérison de tels cancers.

Certaines personnes ayant de graves troubles du développement ont eu des hystérectomies. Aux États-Unis, les tribunaux suprêmes de l'État ont jugé que des cas particuliers de stérilisation attribuable à des déficiences développementales violaient les droits constitutionnels et de common law du patient.. Il est donc important de respecter le consentement de la personne dans le choix de la pratique d'une intervention chirurgicale.

Cancers gynécologiques De nombreux types de cancers du système reproducteur sont traités chirurgicalement. Ceux-ci comprennent l'utérus, du col de l'utérus, de l'ovaire, de l'endomètre ou des tumeurs ; ainsi que les fibromes utérins qui ne répondent pas à des options de traitement plus conservatrices..

Chirurgie de réassignation sexuelle

Les hystérectomies électives avec salpingo-ovariectomie bilatérale sont souvent pratiquées avant ou dans le cadre d'une chirurgie de réassignation sexuelle pour les hommes trans. Certains hommes choisissent d'opter pour une hormonothérapie substitutive au début de leur transition sexuelle afin d'éviter les complications liées à l'utilisation de testostérone, tout en ayant des organes producteurs d'hormones femelles (p. ex., cancer de l'utérus et coronaropathie) ou pour retirer autant de sources d'hormones sexuelles féminines que possible afin de mieux « passer » pendant les expériences de vie réelle de leur transition. D'autres préfèrent attendre d'avoir une « chirurgie du bas » complète (retrait des organes sexuels féminins et construction d'une anatomie externe d'apparence masculine) pour éviter de subir plusieurs opérations séparées.

Traitements possibles avant une hystérectomie vignette|La myomectomie. vignette|Suture de l'utérus après une myomectomie.L'hystérectomie étant irréversible et une intervention chirurgicale intrusive, chaque patiente doit réfléchir à la solution qui lui convient le mieux avec l'aide d'un spécialiste, voici une liste non exhaustive des possibilités de traitements qu'une patiente peut avoir avant de pratiquer une hystérectomie selon différents cas.

Saignements importants Les dispositifs intra-utérins au lévonorgestrel sont très efficaces pour contrôler les saignements utérins anormaux (DUB) ou les ménorragies et devraient être envisagés avant toute chirurgie.

La ménorragie (saignements menstruels abondants ou anormaux) peut également être traitée par l'ablation de l'endomètre qui est une intervention ambulatoire moins invasive dans laquelle la muqueuse de l'utérus est détruite par la chaleur, mécaniquement ou par radiofréquence. L'ablation de l'endomètre réduit considérablement ou élimine entièrement les saignements mensuels chez quatre-vingt-dix pour cent des patients atteints de DUB. Il n'est pas efficace pour les patients présentant une muqueuse utérine très épaisse ou des fibromes utérins.

Fibromes utérins

Les dispositifs intra-utérins au lévonorgestrel sont très efficaces pour limiter le flux menstruel et améliorer d'autres symptômes. Les effets secondaires sont généralement très modérés parce que le lévonorgestrel (un progestatif) est libéré localement avec une faible concentration. Il existe aujourd'hui des preuves substantielles que Levongestrel-DIU offrent un bon soulagement dans le cas de fibromes.