Le parc national de Kaziranga (en anglais Kaziranga National Park, en assamais কাজিৰঙা ৰাষ্ট্ৰীয় উদ্যান, [Kazirônga Rastriyô Uddan], prononcé ) est un parc national situé dans les districts de Golaghat et Nagaon de l'État d'Assam en Inde sur le bord est de l'Himalaya. Ce parc a été classé réserve naturelle en 1908 et est devenu un parc national en 1974. Depuis 1985 il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Les deux tiers de la population de rhinocéros indiens (Rhinoceros unicornis) y vivent., soit sur les existants. ; et on y trouve la plus grande densité de tigres au monde, d'où son classement parmi les Tiger reserves en 2006. Le parc abrite également d'importantes populations reproductrices d'éléphants d'Asie (environ ), de buffles d'eau (environ ) et de barasinghas (environ 800). Kaziranga est en outre classé zone importante pour la conservation des oiseaux (ou ZICO) par l'association BirdLife International..

Kaziranga est une vaste étendue de hautes roselières, de prairies d'herbe à éléphants, de marécages et d'une forêt tropicale semi-sempervirente irriguée par quatre grandes rivières, dont le Brahmapoutre et ses nombreux bras morts. Kaziranga a été le thème de plusieurs livres, de documentaires et de chansons. Le parc a fêté son centenaire en 2005, après son classement en Reserved forest en 1905.

Ce parc a obtenu des succès plus notables dans la conservation de la faune que la plupart des autres aires protégées en Inde.

Étymologie Le plus ancien témoignage du nom de cette forêt vient des archives du roi Âhom Pratap Singha au qui, passant dans la région, aurait été particulièrement impressionné par le goût du poisson de Kaziranga.. Cependant l'origine étymologique de Kaziranga est incertaine. Selon une légende, une jeune fille du nom de Ranga, d'un village voisin, et un jeune homme du nom de Kazi, de Karbi Anglong, sont tombés amoureux. Cet amour étant inacceptable pour leurs familles, le couple choisit de disparaître dans la forêt, qui porta ainsi leurs noms. Selon une autre légende, Srimanta Sankardeva, un saint-savant Vaishnava, bénit un couple sans enfant, Kazi et Rangai, et leur demande de creuser un grand étang dans la région où l'érudit voulait vivre..

Certains historiens estiment plutôt que le terme dérive du karbi Kajir-a-rang et signifie dans cette langue « Village de Kadjir », Kadjir étant un nom féminin populaire parmi les Karbis.. Les monolithes, sur lesquels sont gravés des lois Karbis, appuient cette hypothèse. Une autre hypothèse suppute que, comme kazi signifie chèvre et que rangai signifie rouge en karbi, Kaziranga pourrait désigner la « région des chèvres rouges » (cerfs des marais ou barasinghas).

Création et évolution du parc

Au début du , la zone de Kaziranga était célèbre pour le danger que pouvaient représenter les animaux sauvages, le paludisme et les fréquentes inondations dues à l'imprévisible évolution des bras du fleuve Brahmapoutre. Avec la montée de l'industrie du thé en Assam, les forêts de la région sont peu à peu défrichées. Les villageois mettent en pratique la culture sur brûlis, tandis que les Britanniques établissent de petites colonies permanentes pour la culture du thé. À la fin de ce siècle, les colons anglais s'inquiètent de la disparition du gros gibier. C'est après une visite dans la zone pour observer les rhinocéros que la femme de George Curzon, vice-roi des Indes, une américaine nommée Mary Victoria Leiter, fera pression sur son mari pour que la zone soit protégée. En effet, Lady Curzon n'a pu observer que des traces de sabots, tant l'espèce était devenue rare.. La rumeur raconte que son guide Balaram Hazarika aurait volontairement contourné les zones de présence de l'animal pour bien faire comprendre à Lady Curzon l'urgence de la situation.. Quoi qu'il en soit, une zone de fut proposée comme Reserved forest le par notification au commissaire en chef de la zone.. La population mondiale de rhinocéros unicornes est alors de quelques dizaines d'individus, contre approximativement au début du .

Le parc a été étendu jusqu'aux berges du Brahmapoutre au cours des trois années suivantes, pour une surface de . Le classement officiel comme Reserve forest date de 1908.

L'extension de la Kaziranga Reserve Forest, par les terres situées à l'est de la réserve existante vers la route de Bokakhat à Dhansirimukh, échoua. Les populations locales voyaient là leurs droits de pâturage, de pêche, de collecte de canne, de chaume et de bois de chauffage, etc., menacés ; en outre, la communauté des planteurs de thé, eux d'origine européenne, s'y opposait aussi aux motifs que la surface disponible pour la chasse aux gros gibiers serait grandement réduite, et que pendant la saison des pluies les rivières Difloo et Mora Dhansiri pouvaient également servir à la navigation fluviale et donc au transport du thé. Cependant, avec les interventions du Forest Settlement Officer and Deputy Commissioner du district de Sibsagar, le Major A. Playfair, une zone de a été ajoutée par la notification No.295 R du .

En 1916, la zone est convertie en sanctuaire de chasse jusqu'en 1938 et ce, bien que la chasse y soit interdite en 1926 et que les visiteurs soient autorisés à se rendre dans le parc.

L'agrandissement du parc vers le nord a été proposée à la fois pour fournir aux animaux sauvages une zone non inondable qui leur permet de fuir la montée des eaux et pour les protéger du danger de propagation des épidémies dues au bétail. La présence d'un grand nombre de buffles domestiques népalais dans cette zone a beaucoup retardé ce projet, mais une zone de a été ajoutée par la notification No.3560 R du .

Le Kaziranga Game Sanctuary (littéralement de l'anglais : sanctuaire de chasse de Kaziranga) a été rebaptisé en Kaziranga Wildlife Sanctuary (sanctuaire de vie sauvage de Kaziranga) en 1950 par P. D. Stracey, le conservateur des forêts, afin de se débarrasser de la connotation liée à la chasse. En 1954, le gouvernement de l'Assam édicte l'Assam Rhinoceros Preservation Act qui impose de lourdes peines pour le braconnage de rhinocéros. Des aménagements, Forest Rest House et auberges, sont créés pour accueillir les touristes, notamment à Baguri. Cependant ces pavillons touristiques sont insuffisants pour accueillir tous les visiteurs. Ils sont remis à la gestion du Département Tourisme de l'État d'Assam en 1963 à la création de celui-ci. Des aménagements sont construits à Kohora et Arimora.

En 1967, une extension de au sud de l'autoroute NH-37, pour fournir un corridor biologique aux animaux afin qu'ils la traversent pour rejoindre les Mikir Hills en sécurité lors des inondations, est faite par la notification No.FOF/WL/512/66/17 du .

En 1968, soit quatorze ans plus tard, le gouvernement vote une loi autorisant le classement du sanctuaire en parc national à la suite de la proposition de P. Baruah. Le gouvernement central donne ce statut à le par la notification No.FOR/WL/722/68.

Après son classement, de nouveaux territoires s'ajoutent sous la responsabilité du parc : le , le , le , le , le , le . Les Reserved forests de Panbari et de Kukurakata, respectivement de et , sont également sous le contrôle administratif du parc, qui en 2008 gère .

En 1985, la zone centrale du Kaziranga () est inscrite sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO en raison de son environnement naturel unique.

Géographie Situation

Le parc est situé entre 26° 30' et 26° 45' de latitude nord, et 93° 08' et 93° 36' de longitude est, dans la subdivision de Kaliabar du district de Nagaon et la subdivision de Bokakhat du district de Golaghat, dans l'État d'Assam en Inde, Fiche du parc. Il a la forme d'un haricot de de long sur de large, et occupe une superficie totale de , ayant perdu près de à la suite de l'érosion due au Brahmapoutre.. Au parc s'ajoutent sur plus de supplémentaires également classées en parc nationaux mais différenciées du parc de Kaziranga, qui protègent l'accroissement des populations animales ou servent de couloirs de circulation.

Le sud du parc est bordé par la Mora Diphlu. Plus au sud, se situent les Barail Hills et les Mikir Hills. L'autoroute NH-37 a été construite après la délimitation sud du parc. Le fleuve Brahmapoutre constitue une limite mouvante au nord. Les autres rivières qui traversent la zone sont la Diphlu, la Mora Diphlu et la Mora Dhansiri.

La zone de Kaziranga est essentiellement une plaine alluviale limoneuse fertile faisant partie des zones inondées par le Moyen-Brahmapoutre, dans lesquelles on trouve des bancs de sable et des étangs appelés bheels qui représentent jusqu'à 5 % de la surface totale du parc. De larges bancs sableux formant des collines plates non inondables appelées chapories, servent de refuge aux animaux durant les inondations. L'altitude moyenne du parc varie de 40 à dans la plaine alluviale, avec une hauteur maximale à au sud, sur les Mikir Hills, la partie orientale du parc a une altitude moyenne plus élevée que celle occidentale.

Au nord, dans le district de Sonitpur, mais au-delà du Brahmapoutre qui forme une barrière infranchissable pour bon nombre d'espèces, existent deux « Wildlife sanctuaries » (sanctuaires de la vie sauvage), le Bura Chapori Wildlife Sanctuary et le Sonai Rupai Sanctuary. Ce dernier fait également partie du Kameng protected area complex, un vaste complexe de zones protégées au nord-ouest qui s'étend principalement sur l'Arunachal Pradesh et à la frontière du Bhoutan.

Géologie L'Assam se situe sur une projection de l'est de la plaque indienne, qui est poussée sous la plaque eurasienne au niveau d'une zone de subduction.

On suppose qu'en raison du mouvement vers le nord, les couches sédimentaires de l'ancien océan Téthys ont été poussées vers le haut pour former l'Himalaya. Le massif des Mikir Hills, situé au sud de Kaziranga est une des conséquences de cette remontée. De plus, en raison de la force exercée vers le nord-est par la plaque indienne, une large dépression faillée a été créé entre les Rajmahal Hills et le bloc formé par les massifs des Mikir Hills et ceux du Meghalaya. À son niveau, le fleuve Brahmapoutre vire au sud pour plus loin y retrouver le Gange. Les alluvions charriées par le Brahmapoutre et le Gange ont rempli cette dépression de sédiments récents.

Aujourd'hui, les massifs du Maghalaya et de Karbi Anglong restent détachés du bloc principal péninsulaire. La hauteur moyenne de ces montagnes varie de 300 à . Le parc national de Kaziranga se situe dans une zone où les dépôts de limon et de l'érosion effectuée par le Brahmapoutre sur des centaines d'années ont façonné le paysage. Le Brahmapoutre sur les 724 premiers kilomètres de son cours à travers l'Assam reçoit les eaux de plus d'une centaine d'affluents. Le processus d'érosion et de dépôt devient plus aigu pendant les inondations qui se produisent à intervalles réguliers pendant la saison des moussons. Une fois la vallée atteinte, le fleuve perd de sa force et le limon qu'il charrie se dépose plus facilement, formant des méandres, des bras morts ou un réseau anastomosé.

Climat

Le climat a une incidence importante sur la faune du parc, les animaux migrant vers le sud lors des inondations fréquentes lors de la mousson, se concentrant sur les points d'eau lors des périodes chaudes ou de sécheresse. La vallée du Moyen-Brahmapoutre est un des endroits les plus humides du monde, et le Kaziranga reçoit environ de pluie par an, valeur classique des zones tropicales humides. Le parc est régulièrement inondé par le Brahmapoutre, 5 à 10 jours de suite, phénomène nécessaire pour maintenir l'équilibre biologique du parc. Près des trois quarts de l'ouest du parc, dans la zone Baguri, sont submergés chaque année.