La fusillade de Nagarkot est une tuerie de masse qui s'est déroulée le dans le village de Nagarkot, situé dans la province de Bagmati au Népal.

Ce jour-là, Basudev Thapa, un militaire âgé de au moment des faits, a pénétré dans le temple hindou Kali Devi MandirLe Kali Debi Mandir est un lieu sacré dédié à Kali, une déesse puissante et vénérée dans l'hindouisme. . Armé d'un fusil d'assaut, il ouvre le feu sur une foule rassemblée pour célébrer des festivités, comptant environ deux cent cinquante personnes. Lors de cette attaque brutale, il a tué onze personnes et blessé dix-neuf autres. Peu après, il est retrouvé mort, s'étant suicidé en se tirant une balle dans la tête.

Cette tragédie, qui représente le pire massacre perpétré au Népal, depuis l'attentat de Badarmude le , où plus d'une trentaine de personnes avaient perdu la vie, a profondément choqué la nation. Dans un pays où les tueries de masse sont extrêmement rares, cet événement a suscité une immense colère au sein de l'opinion publique, notamment à l'encontre du gouvernement, accusé de ne pas garantir la sécurité de ses citoyens.

Déroulement

Le , aux alentours de , de grandes festivités sont organisés dans le petit village de Nagarkot, au sein du temple hindou Kali Devi Mandir, ou trois cents personnes s'était réuni. Une dispute s'ensuit entre Basudev Thapa, et des hommes du village voisin, Pipalbot, avec lesquels il avait une inimitié de longue date, ces hommes étaient déjà connus du village, pour intimider et extorquer les villageois..

Tous ivres, une violente bagarre éclate entre Thapa et les jeunes hommes, l'un deux frappes à plusieurs reprises le militaire, ce dernier réplique en sortant un couteau et le taillade. En colère et alcoolisé, il hurle aux bandits .. Avant de partir à moto, en direction de sa caserne militaire, en arrivant, il s'arme d'un fusil semi-automatique SLR L1A1. Bien qu’il ne soit pas en service à ce moment-là, Thapa a été autorisé à quitter la caserne avec l’arme et à retourner au temple..

À son retour vers , bien que les hommes s'était déjà enfui, il se rend à l'intérieur du temple, ou la fête bat son plein, armé de son fusil et tire de manière effréné, sans discernement, sur toutes les personnes présente à l'intérieur de la grande salle. Après dix minutes, Thapa à tirer plus de deux-cent cartouches de fusil, ce dernier se suicide d'une balle dans la tête..

Victimes

Les corps des victimes ainsi que celui du tireur ont été retirés après l'intervention de l'armée, pendant la nuit. Le lendemain les noms des victimes sont officialisés, la majorité des victimes ont été envoyés et soignés à l’hôpital militaire Birendra de Chauni...

Les victimes sont les suivantes :

Réactions et conséquences Réponses nationales

Le gouvernement a réagi en formant une commission judiciaire de trois membres pour enquêter sur l’incident et a mis en place un versement d'indemnités de 150 000 roupies népalaises (à peu près ) à chacune des familles des victimes et de prendre en charge les frais de traitement des blessés...

Le , à l’issue d’une visite de cinq jours au Pakistan, le chef d’état-major de l’armée du pays s'est exprimé aux journalistes par rapport à la fusillade :

Controverses

Après la publication du rapport officiel le , l'armée a suscité de vives spéculations après la fusillade, en raison du flou et des contradictions entourant les informations fournies. Les renseignements sur Basudev Thapa demeurent lacunaires : né en 1979, sa date exacte de naissance reste inconnue. Aucun motif ni lettre de suicide n'a été évoqué par l'institution. De plus, sa mort elle-même est contesté, de nombreux témoins affirme qu'il aurait été tué par un soldat, d'une balle à la poitrine, contredisant la version officiel.

Également, en arrivant pendant la nuit, l'armée a rapidement nettoyé la scène du crime, détruisant délibérément les preuves, probablement dans le but de dissimuler l’incident.. Lorsqu’un deuxième fusil a été trouvé dans une flaque à environ 60 mètres du corps de Thapa, des interrogations quant à la possibilité d'un deuxième tireur ont été soulevés, sans aucune réponse..

Réponses populaires

Les répercussions qui on suivit cette tuerie de masse au Népal ont été très nombreuses. De nombreux militants des droits de l’homme, ainsi que les principaux représentants des partis d’opposition au pouvoir népalais, se sont mobilisés aux côtés des habitants de Nagarkot.. Le , Environ manifestants, menés par l'alliance des partis politiques, ont défilé à Katmandou pour exiger que le roi de l'époque, Gyanendra rétablisse la démocratie et condamne les meurtres..

Depuis que ce dernier s’est emparé du pouvoir absolu plus tôt cette année, affirmant qu’il avait besoin d’un contrôle total pour vaincre les rebelles maoïstes, dans la guerre civile népalaise, l’armée royale fait face à des critiques croissantes de la part des groupes de défense des droits de l’homme pour son usage excessif de la force et le meurtre de civils...

Ils ont dénoncé non seulement les fréquentes violations des droits humains commises par l’armée royale, mais également les graves problèmes de corruption et d’indiscipline qui gangrènent cette institution. Les manifestants ont souligné l’urgence de mettre en place des réformes profondes afin de garantir la justice, de prévenir de futurs abus et de restaurer la confiance de la population envers les forces armées..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Attentats du 20 juin 1985 au Népal, le . Attentat de Badarmude, le . Tueur de masse

Liens externes Document d'information sur les droits de l'homme au Népal du mois de janvier 2006, réalisé par le réseau de défense des droits de l’homme en Asie FORUM-ASIA.

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