alt=@Mulugeta Atsbeha|vignette|Traumatismes chez les enfants éthiopiens dans le Tigré : retour à l'école. Le trauma chez les enfants dans les conflits. de la fin du et du décrit la prise en considération des conséquences des conflits armés sur les populations civiles, en particulier sur les enfants, qu'il soit physique ou moral. Il présente plusieurs différences importantes par rapport aux traumatismes des guerres des et et sont liés au contexte des conflits sur différents plans: la nature des conflits, les nouvelles méthodes de guerre, les changements sociétaux et les avancées technologiques.

Les violations des droits de l'enfant sont fréquentes dans les zones de conflit : en 2025, plus d'un enfant sur 6 vit dans des zones de conflit.et en subissent les conséquences, soit la moitié de la population touchée par ces conflits. Dix pour cent d'entre eux sont en situation de déplacement forcé.. Les violations des droits de l'enfant sont de plus en plus nombreuses. Enfants et adolescents subissent, outre les blessures physiques, du stress et des traumatismes susceptibles de provoquer des maladies chroniques, des dépressions et des troubles mentaux divers, en ce compris à l’âge adulte.. Les troubles du stress post-traumatique (TSPT).qui se sont développés chez les enfants vivant dans des pays en conflit nécessite une prise en charge psychologique, rarement mise en place lorsque les conflits sont en cours..

Dans les pays en guerre au XXIe siècle, différents rapports publiés font état d'une augmentation significative (21 %) des violations graves commises envers les enfants dans les conflits actuels, comme par exemple en Ukraine, en Syrie, en Israël, au Soudan, dans la bande de Gaza, au Yémen, en république démocratique du Congo. Ils pointent également les conséquences du génocide Rwanda sur les enfants, même nés après le génocide.

Contexte

Conflits asymétriques et évolutions technologiques Le contexte des guerres contemporaines diffère considérablement de celui des guerres du passé. Au , les guerres étaient généralement inter-étatiques, menées par des armées conventionnelles et impliquaient des affrontements directs entre des forces organisées. Certes, avec un impact considérable sur les populations civiles. Les guerres contemporaines du quant à elles, sont de plus en plus caractérisées par des conflits asymétriques, intra-étatiques, où des groupes armés non étatiques et des forces militants mènent des opérations de guérilla, de terrorisme et des attaques ciblées contre des civils. Ces types de conflits impliquent souvent une guérilla urbaine, du terrorisme transnational et des opérations clandestines, ce qui entraîne un paysage de guerre plus complexe et imprévisible.

Cette évolution du paysage des conflits a des implications majeures sur les traumatismes subis par les enfants. Dans les guerres des et , les enfants étaient souvent plongés dans des situations de conflit et témoin directs des combats. Dans les guerres contemporaines, les enfants sont souvent des victimes indirectes, exposées à des violences indiscriminées telles que des bombardements aériens, attaques de drones, tirs de roquettes ou des attaques suicides, qui frappent les lieux où ils se trouvent, tels que les écoles, les marchés ou leurs propres maisons. Suivant les types de factions en présence, armées, groupes terroristes ou milices, les enfants peuvent être enlevés, recrutés par les milices, utilisés comme boucliers humains, comme monnaie d'échange voire victimes de viol.

Les avancées technologiques utilisés dans les guerres contemporaines impliquent de plus en plus l'utilisation d'armes lourdes, de drones armés (en particulier depuis l'attaque du 11 septembre aux États-Unis), de missiles balistiques et de nouvelles technologies de guerre électronique (cyberattaques). Ces nouvelles technologies de guerre rendent les attaques plus puissantes et plus destructrices. Les bombardements aériens massifs et l'utilisation de drones armés permet de mener des frappes ciblées à distance, réduisant ainsi le risque pour les soldats d'être directement exposés au danger. Ils causent des destructions considérables et des pertes massives parmi les enfants, souvent sans avertissement ni possibilité d'échapper à l'attaque.

Le recours à de nouveaux types de mines terrestres (mines anti-personnel) est également en augmentation. Celles-ci sont utilisées par des armées régulières (Russie en Ukraine, Myanmar, Corée du Nord) ainsi que par des groupes armés entre autres à Gaza (par les Brigades Al-Qassam), en Colombie (FARC) , en Inde (Parti Maoïste Indien et le PLGA-People’s Liberation Guerrilla Army), au Myanmar, au Pakistan (IRGC) et par des groupes armés dans les pays limitrophes du Sahel.

Les conflits actuels en cours en Ukraine, en Syrie, au Soudan, à Gaza, en Israël, au Yemen, en Ethiopie, au Cameroun ou en RDC sont illustratifs de l'évolution du paysage des conflits armés dans le monde.

Les conséquences des guerres actuelles sur les enfants sont profondes et variées. Outre les traumatismes physiques, ils vont des traumatismes psychologiques à la perte d'éducation et à la violence physique. La communauté internationale considère désormais que protéger les enfants dans les zones de conflit et leur garantir le droit à une vie saine et épanouissante sont un enjeu majeur.

Les traumatismes psychologiques et émotionnels infligés aux enfants dans de telles circonstances sont souvent profonds et durables, car ils ont été témoins ou victimes de la destruction brutale de leur environnement familial et communautaire.

Les violations des droits des enfants en temps de guerre En son Art. 3, La Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre établit que : Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités doivent en toutes circonstances être traitées avec humanité, sans aucune distinction de caractère défavorable basée sur la race, la couleur, la religion ou la croyance, le sexe, la naissance ou la fortune, ou tout autre critère analogue.

À cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu, à l'égard des personnes mentionnées ci-dessus :

Les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ; Les prises d'otages ; Les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants ; Les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés.

Les blessés et les malades seront recueillis et soignés.Le Conseil de sécurité de l’ONU a recensé et condamné six violations graves des droits des enfants en temps de guerre : les meurtres et les mutilations d’enfants ; le recrutement et l’utilisation d’enfants par des forces et des groupes armés ; les attaques contre les écoles et les hôpitaux ; les viols et autres violences sexuelles sur les enfants ; et le refus de laisser les enfants accéder à l’aide humanitaire.

Pays en guerre au et impact sur les enfants

Ukraine L’attaque de l’Ukraine par la Russie, le a eu des conséquences multiples, à commencer par le déplacement de près de 4,4 millions d’Ukrainiens vers l’Union Européenne et 1,2 million vers la fédération de Russie, majoritairement des femmes et des enfants. Outre le déplacement de civils hors Ukraine, près de 5,9 millions ont été déplacés en Ukraine même.

Ce déplacement de civils a séparé les enfants de leur de leur père et d’une partie de leur famille. Ils ont dû s’intégrer dans un nouvel environnement, une nouvelle école, voire une nouvelle langue.

Ceux qui sont restés avec leur famille ont été privés d’un environnement sécurisé, confrontés à la violence des bombardements entraînant la mort de nombreux civils, au froid, à l'absence de soins, à la faim, à la déscolarisation et à la peur au quotidien. Certains enfants ont également assisté au massacre de civils, dont à Boutcha.

Déportation d’enfants ukrainiens par la Russie Dès le mois de , la Russie a opéré des enlèvements de masse d’enfants ukrainiens vers la Russie. Que ce soit lors de l’assassinat ou l’arrestation de leurs parents ou sous couvert d’invitations à des « colonies de vacances » en Crimée ». L’Ukraine a recensé 16 226 enfants déportés mais ce nombre pourrait être plus élevé. L’ONG Save Ukraine tente de les retrouver et les rapatrier en Ukraine.

Depuis le , Vladimir Poutine et sa commissaire « aux droits des enfants », Maria Lvova-Belova, sont sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale, sous le chef d’accusation de crimes de guerre et « déportations illégales ».

Le Département d’Etat américain fait état des preuves impliquant personnellement Vladimir Poutine, sa Commissaire aux « droits des enfants » et d’autres officiels du Kremlin dans l’enlèvement, la déportation vers des « camps de transition » où ils sont « rééduqués » avant d’être adoptés par des familles russes. Les enfants auraient été acheminés vers la Russie par avions militaires. Les autorités russes ont déclaré que ces enfants étaient des orphelins voire des enfants abandonnés par leurs parents.

Selon un reportage diffusé sur France 5 le , " l'Ukraine compte 7,5 millions de mineurs. Plus de 4 millions ont été déplacés depuis l'invasion russe. "

Impact sur la santé physique et mentale La destruction des infrastructures hospitalières, et des structures de soin a privé les enfants de vaccins essentiels et d’un accès au soins de base. En 2023, un enfant sur cinq présente des signes de stress post-traumatique, l’Unicef estimant à : « 1,5 million le nombre d’enfants exposés à la dépression, à l’anxiété, au syndrome de stress post-traumatique et à d’autres problèmes de santé mentale, avec des effets et des implications potentiels à long terme. »

Syrie La guerre civile syrienne, qui a débuté en 2011 dans le contexte du printemps arabe, a provoqué une crise humanitaire majeure. A l’origine, un graffiti d’ados « A ton tour, Docteur » contre Bachar el-Assad dans la ville de Deraa. Les adolescents, auteurs du graffiti, ont été arrêtés et torturés.

Réprimé dans la violence, le soulèvement pacifique qui a suivi a entraîné une guerre totale menée par le pouvoir syrien contre les populations civiles réfractaires au pouvoir de Bachar el-Assad. Les estimations font état de près de 500.000 morts, hommes, femmes et enfants entre 2011 et la chute du pouvoir, le . Des millions d'enfants ont été exposés à des violences et privés d'éducation. Le pouvoir de Bachar el-Assad n’a pas hésité à emprisonner, torturer et tuer enfants et adolescents, ces pratiques étant destinées à anéantir la résistance.

Les populations ont été déplacées massivement, en majorité vers la Turquie, vers l’Europe ainsi vers le Canada et les États-Unis. Les conditions dans lesquelles cette immigration forcée, avec traversées hasardeuses depuis la Turquie et des séjours plus ou moins longs dans des camps de réfugiés ont provoqué un stress considérable chez les enfants. Perte de repères, déscolarisation, peur, privation de soins, absence de soutien psychologique.

Les bombardements massifs de l’armée syrienne, alliée au Hezbollah et à la Russie ont frappé sans distinction civils et groupes armés rebelles. Entre 2013 et 2017, l’armée syrienne a également utilisé des armes chimiques contre la population civile dans différentes villes syriennes.

Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, le , une transition s'organise avec l'arrivée au pouvoir du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham. Selon, The Conversation, "ceux qui rendront la justice pourront s’appuyer sur le travail des associations et des groupes qui, depuis le début de la révolution, ont documenté les crimes commis par le régime."