Premier vague d'immigration Avec la découverte des gisements miniers dans le canton d’Esch et le raccordement au réseau de chemins de fer international, le Luxembourg connaît un regain d’activité économique. Pour y faire face, le pays fait appel à une main-d'œuvre étrangère. Avec la construction des premières usines dans le bassin minier en 1870, le Luxembourg décide de recruter une main-d'œuvre au-delà de ses frontières proches. Entre 1871 et 1910, la part de la population étrangère passe de 2,9 % à 15,3 %. Les Allemands constituent la majorité des étrangers, avec 21 762 ouvriers enregistrés, principalement grâce au Zollverein, qui relie les deux pays économiquement. Ils sont suivis par les Italiens (10 138 individus), les Belges (3 964) et les Français (2 103)Trausch, Gilbert. « Les Luxembourgeois face aux étrangers : les débuts d’un long débat ». Lëtzebuerg de Lëtzebuerger ? : le Luxembourg face à l’immigration / Association de soutien aux travailleurs immigrés. - Luxembourg : G. Binsfeld, 1985. N.p., 1985. Print. p. 32-33.La majorité des ouvriers non qualifiés dans la sidérurgie provenaient d’Italie, tandis que les ouvriers qualifiés et les patrons étaient majoritairement Allemands, Français ou Belges« L’impact économique des migrations au Luxembourg ». Études économiques de l’OCDE : Luxembourg 2003. Paris: Éditions OCDE, 2003. 105‑134. Print. p.111..
La Première Guerre mondiale entraîne une diminution du nombre d’Italiens au Luxembourg, mais cela est suivi par une augmentation exponentielle après la guerre. Le nombre d’Italiens passe de 6 170 en 1922 à 14 050 dans les années 1930Gallo, Benito, et Anna Viglione. « La communauté italienne entre fascisme et antifascisme ». Lëtzebuerg de Lëtzebuerger ? : le Luxembourg face à l’immigration / Association de soutien aux travailleurs immigrés. - Luxembourg : G. Binsfeld, 1985. N.p., 1985. Print. p.65. Cependant, malgré leur forte présence, seulement 3 996 Italiens travaillent dans la sidérurgie. La crise économique de cette période réduit leur nombre à 929 en 1939, forçant de nombreux Italiens à retourner dans leur paysIdem p.73..
Après la Seconde Guerre mondiale, les Italiens reviennent au Luxembourg. Alors qu’auparavant la majorité des immigrés venait du nord de l’Italie, après la guerre, ce sont principalement des Italiens des régions méridionales qui arriventCordeiro, Albano. « L’immigration au Luxembourg dans le dernier quart du siècle dernier ». Un siècle d’immigration au Luxembourg. N.p., 2001. Print p. 97..
Deuxième vague d'immigration À partir des années 1960, le Luxembourg connaît un nouvel essor économique, mais peine à trouver la main-d'œuvre nécessaire. L’Italie, en plein développement économique, ne fournit plus de travailleurs. Ce sont alors les Portugais, initialement attirés par la France et l’Allemagne, qui viennent répondre à ce besoin. Un accord de main-d'œuvre est signé entre les deux pays. Contrairement aux Italiens, les ouvriers portugais arrivent souvent avec leurs familles. Les emplois disponibles, diversifiés et répartis sur tout le territoire, concernent notamment le secteur de la construction. Ainsi, les Portugais s’installent sur l’ensemble du territoire luxembourgeoisIdem. p. 98-99..Grâce à cette augmentation de la main-d'œuvre et de la population, le Luxembourg connaît une croissance de 5,5 % de son PIB à partir des années 1985Langers, Jean. « Immigrations - passé et avenir ». Un siècle d’immigration au Luxembourg. N.p., 2001. Print. p. 187..
Cependant, les travailleurs étrangers occupent majoritairement des secteurs souvent mal rémunérés comparés aux Luxembourgeois. Si la majorité des Luxembourgeois sont employés à des postes qualifiés, les immigrés restent souvent ouvriersWiltgen, Paul. « Les effets économiques de l’immigration au Luxembourg : le cas des Portugais ». Lëtzebuerg de Lëtzebuerger ? : le Luxembourg face à l’immigration / Association de soutien aux travailleurs immigrés. - Luxembourg : G. Binsfeld, 1985. N.p., 1985. Print. p.112.. Par ailleurs, les offres d’emploi exigeant la connaissance d’une des langues nationales augmentent, passant de 47,2 % en 1984 à 70,1 % en 1999Fehlen, Fernand. « Des offfres d’emploi pour un marché du travail segmenté ». Un siècle d’immigration au Luxembourg. N.p., 2001. Print. p.142..
La troisième vague d’immigration se déroule dans les années 1990. Le Luxembourg est confronté à deux vagues de réfugiés provenant de l’ancienne Yougoslavie. La première, entre 1992 et 1993, accueille 2 000 réfugiés, tandis que la deuxième, entre 1998 et 1999, en compte 4 600Besch, Sylvain. « Quelle politique migratoire au Luxembourg au cours des années 90 : les points forts, défis et enjeux ». Un siècle d’immigration au Luxembourg. N.p., 2001. Print. p.130..
En 1999, la population totale du Luxembourg atteint 440 732 habitants, dont 37,3 % d’étrangersGreisen, Carmen, et Michel Legrand. « Les étrangers en déficit de participation politique au Grand-Duché? » Un siècle d’immigration au Luxembourg. N.p., 2001. Print. p. 155..
Références
Catégorie:Histoire de l'immigration Catégorie:Démographie au Luxembourg