thumb|Albert Einstein en 1921. Les opinions religieuses d'Albert Einstein ont été largement étudiées et souvent mal interprétées. Albert Einstein a affirmé « Je crois dans le Dieu de Spinoza ». Il ne croyait pas dans un dieu personnel qui se préoccupe des destins et des actions des êtres humains, une opinion qu'il qualifie de naïve. Cependant, il a clarifié « je ne suis pas athée », préférant se qualifier d'agnostique, ou encore de « non-croyant religieux ». À l'occasion de certains entretiens, il a déclaré qu'il pensait qu'il existe un « législateur » qui définit les lois de l'univers. Einstein a aussi déclaré qu'il ne croyait pas dans la vie après la mort, précisant qu'« une vie est suffisante pour moi ». Il était impliqué de façon très proche avec plusieurs groupes humanistes. Einstein rejetait tout conflit entre la science et la religion, et pensait que la religion cosmique était nécessaire pour la science.

Croyances religieuses Albert Einstein avait lui-même affirmé « Je ne suis pas athée, et je ne pense pas que je puisse m'appeler un panthéiste... Je crois dans le Dieu de Spinoza qui se révèle dans l'harmonie ordonnée de ce qui existe, et non dans un Dieu qui se préoccupe des destins et des actions des êtres humains ». Einstein croyait que le problème de Dieu était le « plus difficile au monde ». Une question à laquelle on ne pouvait répondre « simplement par oui ou non ». Il a concédé que « ce problème complexe est trop vaste pour nos esprits limités ».

Einstein a expliqué son opinion sur les relations entre la science, la philosophie et la religion dans ses discours de 1939 et 1941 : « La science peut seulement être créée par ceux qui sont totalement imprégnés par l'aspiration de la vérité et de la compréhension. Toutefois, cette source de sentiment trouve sa source dans la sphère de la religion », car « le savoir de ce qui est n'ouvre pas la porte directement vers… ce qui devrait être le but de nos aspirations humaines ». Toutes les aspirations « existe dans une société saine comme les traditions puissantes » qui « trouvent naissance non par la démonstration mais par la révélation, par l'intermédiaire de puissantes personnalités. Il ne faut pas tenter de les justifier, mais plutôt essayer de ressentir leur nature simplement et clairement. Les plus grands principes pour nos aspirations et nos jugements nous sont donnés dans la tradition judéo-chrétienne ».

Petite enfance Einstein a été élevé par des parents juifs séculiers et est allé dans une école élémentaire catholique de Munich. Dans ses Notes autobiographiques, Einstein a écrit qu'il a petit à petit perdu sa foi très tôt dans son enfance : ... j’en suis venu – bien qu’enfant de parents juifs non religieux - à une profonde religiosité, qui, toutefois, a atteint une fin brutale à l'âge de douze ans. À travers la lecture de livres de vulgarisation scientifique je suis vite parvenu à la conviction que la plupart des histoires de la Bible ne pouvaient pas être vraies. La conséquence fut une orgie fanatique de libre pensée associée à l'impression que la jeunesse est intentionnellement trompée par l'État par le biais de mensonges, c'était une impression d'écrasement. Une méfiance à l'égard de tout type d'autorité a résulté de cette expérience, une attitude sceptique envers les convictions présentes dans n’importe quel milieu social - une attitude qui depuis ne m’a jamais quitté, même si, plus tard, elle a été tempérée par une meilleure compréhension de la connexion causale.

Il est tout à fait clair pour moi que le paradis religieux de ma jeunesse, qui a donc été perdu, fut une première tentative de me libérer des chaînes d’une existence "simplement personnelle" dominée par des désirs, des espoirs et des sentiments primitifs. Là dehors, il y avait ce gigantesque monde, qui existe indépendamment de nous, êtres humains et qui se tient devant nous comme une grande et éternelle énigme, au moins partiellement accessible à notre pensée et à notre inspection. La contemplation de ce monde raisonna comme une libération, et j'ai vite remarqué que beaucoup d’hommes que j'ai appris à estimer et à admirer avaient trouvé la liberté intérieure et la sécurité dans cette recherche. Saisir mentalement ce monde extra-personnel dans le cadre de nos capacités se présenta à mon esprit, à moitié consciemment, à moitié inconsciemment, comme un objectif suprême. Les hommes du présent et du passé eux-aussi motivés [par cette quête], ainsi que les découvertes qu'ils ont obtenus (sic), ont été les amis qui ne pouvaient pas être perdus. La route de ce paradis n'était pas aussi confortable et attrayante que la route du paradis religieux, mais elle s'est montrée fiable, et je n'ai jamais regretté l'avoir choisiEinstein, Albert (1949). "Autobiographical Notes".

Dieu personnel Einstein a exprimé son scepticisme à l'égard de l'existence d'un dieu anthropomorphique, en décrivant souvent cette opinion comme « naïve » et « enfantine ». Dans une lettre de 1947, il a déclaré : « il me semble que l'idée d'un Dieu personnel est un concept anthropologique que je ne peux prendre au sérieux ». Dans une lettre à Beatrice Frohlich du , il a déclaré que « L'idée d'un Dieu personnel m'est plutôt étrangère et semble même naïve ».

Encouragé par son collègue L. E. J. Brouwer, Einstein a lu le livre Choisis la vie du philosophe Eric Gutkind, qui est une discussion de la relation entre la révélation juive et le monde moderne. Le , Einstein a envoyé la réponse suivante à Gutkind : « Le mot Dieu n'est pour moi rien d'autre que l'expression et le produit des faiblesses humaines, et la Bible un recueil de légendes vénérables mais malgré tout assez primitives. ...Pour moi, la religion juive est, comme toutes les autres religions, l'incarnation d'une superstition primitive ». En 2018, sa lettre à Gutkind a été vendue pour 2.9 millions USD.

Le , Einstein a reçu une lettre de Joseph Dispentiere, un immigrant italien qui avait travaillé comme machiniste expérimental dans le New Jersey. Dispentiere s'était lui-même qualifié d'athée et était déçu par un reportage qui avait décrit Einstein comme conventionnellement religieux. Einstein a répondu le :

Dans son livre Ideas and Opinions de 1954, Einstein a déclaré : « Dans leur lutte pour le bien éthique, les professeurs de religion doivent avoir la stature d’abandonner la doctrine d’un dieu personnel, c’est-à-dire renoncer à cette source de crainte et d’espoir qui, dans le passé, a placé un si grand pouvoir entre les mains des prêtres. » En , il dit la chose suivante sur l'idée d'un sauveur : « Des traditions confessionnelles que je ne peux considérer qu'historiquement et psychologiquement; elles n'ont aucune autre signification pour moi. »

Panthéisme et Dieu de Spinoza Einstein a exploré l'idée que les humains ne pouvaient pas comprendre la nature du Dieu. Dans une interview publiée en 1930 dans le livre Glimpses of the Great de George Sylvester Viereck, il répond à la question de savoir si oui ou non il se décrit comme étant panthéiste. Il a déclaré : Votre question est la plus difficile au monde. Ce n'est pas une question à laquelle je peux simplement répondre par oui ou par non. Je ne suis pas athée. Je ne sais pas si je peux me définir comme panthéiste. Ce problème complexe est trop vaste pour nos esprits limités. Puis-je répondre par une parabole ? L'esprit humain, autant qualifié soit-il, ne peut comprendre l'univers. Nous sommes tel un petit enfant, qui entre dans une énorme bibliothèque dont les murs serait remplis jusqu'au plafond par des livres dans plein de langues différentes. L'enfant sait que quelqu'un a dû écrire ces livres. Il ne sait pas qui ou comment. Il ne comprend pas les langues dans lesquelles ils sont écrits. L'enfant remarque un plan défini dans la disposition des livres, un ordre mystérieux qu'il ne comprend pas, mais qu'il suspecte à peine. Voilà, il me semble, ce qu'est l'état d'esprit de l'humain envers Dieu, aussi grand et cultivé soit-il. Nous observons un univers merveilleusement arrangé, obéissant à certaines lois, mais nous ne comprenons que faiblement ces lois. Nos esprits limités ne peuvent saisir la force mystérieuse qui font se balancer les constellations. Je suis fasciné par le Panthéisme de Spinoza. J'admire encore plus ses contributions à l'esprit moderne. Spinoza est le plus grand des philosophes contemporains, car il est le premier philosophe à voir l'esprit et le corps comme unique, et non deux choses distinctes.

Einstein a déclaré : « Mes vues sont proches de Spinoza: admiration de la beauté et croyance en la simplicité logique de l’ordre et de l’harmonie que nous ne pouvons saisir qu’humblement et imparfaitement. Je pense que nous devons nous contenter de notre savoir et notre compréhension imparfaite, et traiter les valeurs et les obligations morales comme un problème purement humain, le problème humain le plus important. »

Le , Einstein a contacté par télégramme le rabbin Herbert S. Goldstein en allemand : « Je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle lui-même dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un Dieu qui se soucie du destin et des actions des êtres humains. » De plus amples explications sont dans ses réponses données au magazine japonais Kaizō en 1923 :

La recherche scientifique peut diminuer la superstition en encourageant le raisonnement et l'exploration causale. Il est certain qu'à la base de tout travail scientifique un peu plus délicat on trouve une conviction, analogue au sentiment religieux, que le monde est fondé sur la raison et peut-être compris. Cette conviction liée à un sentiment profond d'une raison supérieure, qui se manifeste dans le monde de l'expérience, constitue pour moi l'idée de Dieu.

Agnosticisme et athéisme Einstein a dit que les gens pouvait le qualifier d'agnostique plutôt que d'athée : « J'ai dit à plusieurs reprises qu'à mon avis l'idée d'un dieu personnel est enfantine. Vous pouvez me traiter d’agnostique, car je ne partage pas cet esprit du croisé que peut avoir l’athée professionnel dont la ferveur est nourrie par la douleur de sa libération à l’endoctrinement religieux de sa jeunesse. Je préfère une posture d’humilité qui témoigne plus de notre faiblesse intellectuelle à comprendre les choses de la nature tout comme notre propre existence. » Dans une interview publié par le poète allemand George Sylvester Viereck, Einstein a déclaré : « Je ne suis pas athée ». Selon le prince Hubertus, Einstein a dit : « Face à une telle harmonie dans le cosmos, que je suis capable d’identifier avec mon esprit humain limité, il y a encore des gens qui disent qu’il n’y a pas de Dieu. Mais ce qui m’énerve vraiment, c’est qu’ils me citent pour soutenir de tels points de vue. »

En 1945, Guy Raner, Jr. a écrit une lettre à Einstein, lui demandant s'il était vrai qu'un prêtre jésuite l'avait poussé à se convertir de son athéisme. Einstein a répondu : « Je n'ai jamais parlé à un prêtre jésuite de ma vie et je suis étonné de l'audace de dire de tels mensonges à mon sujet. Du point de vue d'un prêtre jésuite, je suis, bien sûr, et j'ai toujours été athée. ...Il est toujours trompeur d'utiliser des concepts anthropomorphiques pour traiter des choses en dehors de la sphère humaine – des analogies puériles. Nous devrions admirer humblement la belle harmonie de la structure de ce monde, là où nous pouvons le reconnaître pour le moment. Et c'est tout. »

Dans une lettre de 1950 à M. Berkowitz, Einstein a déclaré : « Ma proposition à propos de Dieu est celle d’un agnostique. Je suis convaincu qu’une conscience aiguë de l’importance primordiale des principes moraux et l’anoblissement de la vie n’a pas besoin de l’idée d’un dispensateur de la loi œuvrant sur la base de la récompense et du châtiment."