L'Histoire de la France au est marquée par l'apogée du pouvoir royal, qui devient absolu. Après la paix des Pyrénées (1659), le royaume de France devient une puissance dont le rayonnement s'étend à une grande partie de l'Europe.

Cette période est marquée, en Europe, par la guerre de Trente Ans (1618-1648) et par un ensemble d'autres guerres par lesquelles les rois ou princes des différents pays cherchent à détrôner les rois étrangers afin de récupérer un maximum de pouvoir.

Mais c'est aussi une période de très grands changements du point de vue culturel. La culture française rayonne en Europe, dans tous les domaines, appuyée par la création d'Académies : la littérature, les arts, les sciences. Le français est confirmé comme la langue des grands écrivains (Molière, Corneille…). La peinture, la sculpture, l'architecture et la musique sont florissantes. Les scientifiques français tiennent une place très importante en Europe (astronomie, mathématiques, physique, optique), avec Fermat, Pascal, Descartes...

Les artistes et les intellectuels français sont alors au cœur des réseaux culturels européens.

C'est la raison pour laquelle le est quelquefois appelé en France le Grand Siècle.

Sous Henri IV thumb|Henri IV par Frans Pourbus le Jeune (1610).

Né à Pau le , assassiné à Paris par Ravaillac le , Henri de Navarre, roi de France de 1589 à 1610 sous le nom d’Henri IV et de Navarre de 1572 à 1610, est le fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne III d'Albret, reine de Navarre.

Bien que baptisé en 1554, il reçoit de sa mère une éducation calviniste qui motive sa transition à la religion réformée dès la fin de 1559.

Après une jeunesse passée dans le Béarn jusqu’à l’âge de 8 ans, c’est à la cour que se poursuit son éducation.

Il revient au catholicisme pendant quelques mois et ce jusqu’à la mort de son père en 1562. Son retour au calvinisme se concrétise par sa présence et celle de sa mère au synode de la Rochelle qui élabore les bases de l’Église réformée de France.

En 1589, Henri III meurt assassiné par Jacques Clément, un dominicain.

Seul héritier légitime à la mort d'Henri III, Henri de Navarre abjure le protestantisme le dans l'église abbatiale de Saint-Denis : le Pape Clément VIII l'absout le . Il est ensuite sacré à Chartres (Reims étant aux mains des ligueurs) le . Quelques mois plus tard en mars, il entre à Paris triomphant, alors que la ville était aux mains de la Ligue catholique depuis 1588.

Henri IV restaure l’État et le pouvoir monarchique, et pense surtout à reconstruire la France, déchirée par plus de trente ans de guerre civile. Il est aidé dans son entreprise par des conseillers choisis pour leur valeur, ex-ligueurs ou huguenots. Le duc de Sully, qui reste toujours protestant bien qu’ayant conseillé au roi de se convertir, sera son principal ministre et ami ainsi que Villeroy, ancien ligueur, homme de robe, véritable ministre des Affaires étrangères.

En 1598, Henri IV signe l’édit de Nantes, garantissant la liberté de culte aux protestants et mettant fin à 36 années de guerres de religion. Il semble ouvrir une ère de tolérance et d'apaisement. Le royaume se reconstruit peu à peu, même si la pacification est longue et difficile. Le conflit religieux peine à s'apaiser.

En 1610, Henri IV, disposant d’une armée entièrement réorganisée par le duc de Sully, décide de lancer la guerre contre les Habsbourg dont les armées occupaient Clèves et Juliers depuis le début de l’année.

Le roi s’apprêtant à rejoindre son armée est assassiné par Ravaillac, un catholique fanatisé, le , rue de la Ferronnerie à Paris. Louis XIII lui succède sur le trône de France.

Guerre franco-savoyarde

Fin de la guerre franco-savoyarde (1600-1601) qui se termine par le Traité de Lyon de 1601

Louis XIII et Richelieu

Les années Mazarin Mazarin (1643-1648) Mazarin et le Conseil de régence

Louis XIII meurt le . Son fils, Louis XIV, qui doit accéder au trône n'a pas encore 5 ans. L'occasion est exceptionnelle pour Anne d'Autriche. Elle va jusqu'à forcer le Parlement à briser le testament de son mari, et se fait reconnaître comme régente à part entière. Une de ses premières décisions est alors d'élever le cardinal de Mazarin. Celui qui fut la « créature » du cardinal de Richelieu, devant selon les volontés du roi défunt faire partie du Conseil de régence aux côtés d'Anne d'Autriche ou de Gaston d'Orléans, Anne d'Autriche le fait chef du Conseil, lui donnant la première place au gouvernement, juste au-dessus de Gaston qui est lieutenant général du royaume. Sa grande expérience des affaires de l'Europe, son habileté de diplomate, sa position exceptionnelle de parrain du jeune roi (donné par le roi avant sa mort), son appartenance au Sacré Collège qui élit le pape lui assurent le prestige et le respect indispensable à sa nouvelle fonction.

Les dévots

La compagnie du Saint-Sacrement est un grand parti dévot très ramifié de nobles (surtout de robe) qui fut fondé entre 1627 et 1629. Elle ne se réunit que secrètement, en petits groupes. Elle a trois buts, conformes aux idéaux contre réformistes : Développer des œuvres pieuses (aide aux malades, pauvres, rachats de captifs) ; Convertir des protestants et des juifs ; Répression des mœurs (libertinage, blasphème) et poursuite des déviants.

Ces dévots sont ultramontains et souvent impliqués dans les complots de l'époque. Mazarin devra lutter contre eux lors de la cabale des Importants, mais refuse de faire tomber les têtes comme c'était souvent le cas sous Richelieu. Cela ne signifie pas que Mazarin manque d'autorité, car il sait condamner, surtout dans le milieu ecclésiastique.

La poursuite de la guerre

Sur le plan militaire, à partir de 1643, Mazarin connaîtra encore 16 ans de combats armés, notamment contre l'empire des Habsbourg. Il peut compter sur la régente Anne d'Autriche et sur de grands capitaines : le marquis de Turenne (huguenot, frère du duc de Bouillon), le jeune duc d'Enghien (futur Grand Condé), Maillé-Brézé, ou Carl Gustaf Wrangel, chef des armées suédoises. Grâce au duc d'Enghien, la France remporte la bataille de Rocroi en 1643. Turenne (devenu maréchal de France) et lui prennent la place de Fribourg-en-Brisgau en 1644 et celle de Nördlingen en 1645 en tuant le général des Impériaux, Mercy. En 1648, c'est encore Turenne, cette fois aidé de Wrangel le Suédois, qui l'emporte sur les Bavarois et les Impériaux la bataille de Zusmarshausen. La même année, Condé vainc les Espagnols à Lens.

Augmentation de la pression fiscale La France, afin de financer la guerre, a besoin d'argent. Aussi il devient nécessaire de trouver de nouveaux revenus. « Comme il est difficile d'augmenter la taille ou la gabelle, Mazarin et la régente songent à faire payer la capitale où sont concentrés beaucoup de gens bien » Ils font payer ces riches et lancent le toisé (faire payer les maisons construites illégalement dans les faubourgs de Paris), critiqué l'année suivante. Il devient nécessaire d'arrêter les agitateurs. Cependant, cela se reproduit lorsque Mazarin augmente les taxes d'entrée de marchandises dans Paris : cette ville immense pour l'époque (pas moins de habitants dans seize quartiers) possède un pouvoir de révolte sous Henri III, sous l'influence de la Ligue. Mazarin doit faire appel à l'Italien Particelli d'Emery qu'il nomme surintendant des finances : en augmentant le retard dans le paiement des « quartiers », ils touchent essentiellement les rentiers. « L'accumulation des taxes et le retour aux emprunts forcés déclenchent une protestation générale des officiers du roi, directement concernés ». En 1648, les relais de l'opinion sont en place pour soulever la capitale.

La Fronde (1648-1653)

Contexte et définition

Durant la guerre de Trente Ans, les combats sont épuisants, et les fonds difficiles à trouver. Aussi les armées sont souvent obligées après un combat de s'arrêter quelque temps dans une ville pour reprendre des forces, avant de repartir. Cela empêche bien sûr les grandes campagnes victorieuses, mais cela renforce aussi beaucoup les tensions dans le royaume. C'est donc dans cette ambiance que la France connaît ce que l'on nomme La Fronde : période d'une extrême complexité qui dure de 1648 à 1653, pendant la minorité de Louis XIV, et qui consiste en une « superposition d'exigences de la guerre étrangère, de contestation parlementaire, de révoltes populaires, de soulèvement nobiliaires, principalement urbains, sur fond de crise économique ».

Les parlements

Ils sont treize depuis 1633, depuis que (Louis XIII en a construit deux depuis la mort de son père. Celui de Paris est le plus important. Les parlements s'occupent des procès en appel. Pour les autres cas, il faut faire appel aux conseillers (plus de 200 à Paris) répartis dans des chambres spécialisées. À Paris : deux Chambres des requêtes (pour les cas peu importants) ; cinq Chambres des enquêtes (cas plus importants) : une chambre de la Tournelle (affaires criminelle) ; une chambre des vacations (quand les autres ne travaillent pas) ; la Grand-Chambre.

Tous ces conseillers ont acheté leurs offices, sauf le premier président qui est directement nommé par le roi. Les parlements possèdent leur droit (et devoir) de remontrance, ou de refus de la lettre de jussion, ils sont utiles pour traiter certaines affaire politiques (par exemple le procès de la Galigaï en 1617 pour sorcellerie). Aux parlements et aux chambres spécialisées, s'ajoutent les trois cours souveraines, appelées seulement supérieures par Louis XIV. Les membres de ces cours souveraines sont des officiers anoblis par leurs charges, au train de vie souvent assez aisés. Le palais de justice de Paris se trouve sur l'île de la Cité.

La première Fronde ou « Fronde parlementaire » vignette|droite|Une scène d’émeute au début de la Fronde en 1648 : le premier président du Parlement de Paris, Mathieu Molé, menacé par la foule. D'abord a lieu une agitation des parlements, entre janvier et décembre 1648. En 1648, Particelli augmente les taxes sur les propriétaires parisiens, impose la création de douze charges de maîtres des requêtes, augmente le bail de la Paulette. Toutes ces mesures sont contestées et se rejoignent dans une même révolte contre le fisc, les propriétaires de la capitale, les consommateurs qui subissent l'augmentation du tarif et les officiers du roi, ceux-là mêmes qui doivent faire appliquer la loi.

Le parlement de Paris prend la tête du mouvement protestataire et se réunit avec les cours souveraines dans la Chambre Saint-Louis où ils délibèrent ensemble d'un projet d'arrêt d’union, composé de 27 articles dans lesquels ils demandent la suppression de tous les nouveaux impôts, l'abandon de la création de charges, une réduction de la taille de 25 %… Ils reprochent une dérive du pouvoir traditionnel dans lequel l'administration des finances et de la justice est confiée à des officiers, mais de plus en plus le roi gouverne seul assisté d'un officier tout-puissant, ici Mazarin. Le gouvernement doit réagir : Particelli est renvoyé et les 27 articles sont quasiment tous acceptés.

Pendant que la guerre continue, Mazarin fait arrêter deux meneurs de la Fronde : Blancmesnil et Broussel, qui est alors âgé de 73 ans. Ce dernier devient un symbole (le roi arrête maintenant des vieillards) et des manifestations protestataires sont déclenchées ; la régente et Mazarin veulent les réprimer, mais le parlement de Paris se soulève et monte les barricades (Journée des barricades le ). Broussel est libéré et d'autres droits accordés.

La fin de la guerre de Trente Ans : les traités de Westphalie (24 octobre 1648)