vignette|droite| Réjouissances à l'annonce de l'abolition de l'esclavage, le 30 pluviôse an II dans la cathédrale Notre-Dame de Paris transformée en temple de la Raison. On voit Jean-Baptiste Belley, premier représentant noir à la Convention en uniforme à droite, et devant lui, probablement, Marie-Thérèse Lucidor Corbin Marie-Thérèse Lucidor Corbin, née en et morte le , est une militante créole française du . Elle a célébré l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en prononçant un discours et en chantant un hymne aux citoyens noirs, sur l'air de La Marseillaise.

Biographie Le père de Marie-Thérèse Corbin était André Lucidor, un ancien esclave de la Martinique qui travaillait comme maître d'armes près de Saint-Nicolas-des-Champs, à Paris. En 1745, il épouse Thérèse-Charlotte Richard, une Française blanche. Il se peut qu'elle-même soit originaire de la Martinique, mais si c'est le cas, ils n'auraient pas pu se marier là-bas. Marie-Thérèse, baptisée le , était la deuxième fille du couple. Elle travaille comme lingère et épouse en 1786 Jean-François Corbin, négociant en vins, qui la quitte en 1789 et la laisse vivre dans la pauvreté à Paris, avec sa sœur aînée, Louise. En 1791, elles furent toutes deux exclues de la « Société fraternelle des deux sexes » comme « femmes capables de troubler l'ordre public, voulant sonner le tocsin à l'église Saint-Roch et voulant renverser des statues dans les lieux publics après la fuite de Louis XVI ». Louise a tenté de se suicider par défenestration et a ensuite été internée à l'asile de Charenton.

Marie-Thérèse est arrêtée en et accusée d'être impliquée dans le vol des joyaux de la couronne française du Garde Meuble. Affirmant que le ministre de l'Intérieur, Jean-Marie Roland de la Platière, et le maire de Paris, Jérôme Pétion de Villeneuve, lui avaient donné pour instruction de tenter de retrouver les voleurs, elle est finalement libérée par Fouquier-Tinville, qui ne retient aucune charge contre elle. En , elle adresse une pétition à la Convention nationale pour laver son nom, arguant que son association avec les voleurs – bien qu'elle ait réussi à traduire certains d'entre eux en justice – lui avait fait perdre son appartement et la garde de ses enfants. Plusieurs personnes témoignent en sa faveur, dont Garat, ministre de la Justice, qui lui fait accorder un secours provisoire de 100 livres, le .

Après la loi du 4 février 1794 (16 pluviôse) abolissant l'esclavage dans toutes les colonies françaises, Lucidor Corbin prononce un discours passionné au Temple de la Raison à Notre-Dame :

Elle a ensuite chanté un « hymne des citoyens de couleur » sur l'air de La Marseillaise :

En , elle publie un long texte sur l’éducation nationale dans les colonies françaises. La grande familiarité du texte avec Saint-Domingue suggère que d'autres personnes comme Julien Raimond ou Léger-Félicité Sonthonax ont pu l'aider à l'écrire. Elle a continué à faire appel à l'aide publique, se présentant comme réfugiée pour réclamer de l'aide, et a peut-être continué à travailler comme indicatrice de police.

Sa fille Marie-Constance entre au Conservatoire de Paris en même temps que la future cantatrice Alexandrine-Caroline Branchu, autre élève métisse. Marie-Constance n'obtint cependant pas de succès comme chanteuse et mourut en 1808. Marie-Thérèse fut admise à l'Hospice des Incurables, rue de Sèvres, où elle mourut le , à l'âge de 81 ans.

Travaux

Discours de la citoyenne Lucidor F. Corbin, créole, républicaine, prononcée par elle-même au Temple de la Raison, l'an de la liberté . Paris : Coutubrier, . Hymne des citoyens de couleurs . 1794. Aperçu d'une Républicaine Française sur les colonies pour y établir des éducations nationales. Fait par la Citoyenne Lucidor femme Corbin, créolle. 1795.

Notes et références

Liens externes

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