vignette|redresse=1.2|alt=Photographie en noir et blanc d'hommes en civil portant des pelles, marchant dans une rue sous la surveillance d'un soldat.|Colonne de prisonniers juifs envoyés aux travaux forcés défilant sous les yeux de la foule de Tunis, le .
La rafle de Tunis est une arrestation en masse de Juifs ayant eu lieu le à Tunis, sur ordre du colonel SS Walter Rauff, au cours de laquelle sont internés dans des camps de travaux forcés.
Contexte
La Tunisie est occupée par les armées de l'Axe à la suite de l'opération Torch lancée par les Alliés le . Toutefois, les Juifs de Tunisie ne sont pas contraints de porter l'étoile jaune., malgré la demande des forces d'occupation, car le texte préparé par la résidence générale et signé en n'est jamais entré en vigueur., ce qui est notamment le fait des pressions de Moncef Bey qui désapprouve publiquement les mesures antisémites dès son intronisation le .. Les Juifs italiens sont épargnés à la demande des autorités mussoliniennes , selon les termes de Paul Sebag.. Ces dernières craignent aussi que ces mesures ne renforcent la présence française en Tunisie : le nombre de Juifs italiens en Tunisie n'est évalué qu'à installées surtout à Tunis et rattachées à la bourgeoisie aisée et cultivée..
Durant les six mois d'occupation, outre les pénuries alimentaires et les bombardements subis par toute la population tunisienne, la population juive doit supporter le poids des réquisitions militaires et se voit frappée d'exorbitantes amendes collectives.. Le , un certain nombre de personnalités juives sont arrêtées. Devant la protestation du résident général Jean-Pierre Esteva, le ministre plénipotentiaire allemand Rudolf Rahn lui signifie ; ces personnalités sont finalement libérées le ..
La population juive se voit imposer le travail obligatoire comme en témoigne Albert Memmi. : le haut commandement allemand convoque le le président du Comité d'administration Moïse Borgel et le grand-rabbin Haïm Bellaïche à la Kommandantur. Le colonel SS Walter Rauff leur indique que le Comité d'administration est dissous et remplacé sans délai par un nouveau comité présidé par le grand-rabbin, qu'il doit fournir le lendemain matin une liste de âgés de plus de 18 ans pour travailler au service des forces occupantes et qu'il prendra en charge le ravitaillement, l'habillement et l'outillage des travailleurs, ainsi que les allocations pour les familles.. À la suite d'une prorogation du délai fixé, le nombre de travailleurs à fournir passe à mais, le au matin, seuls se présentent.
Événements Rauff se rend à la Grande synagogue de Tunis, y fait irruption et arrête tous ceux qui s'y trouvent, ainsi que tous les Juifs qui passent à proximité.. Les rafles continuent durant la journée, comme aux abords de l'école de l'Alliance israélite universelle.. Le Comité d'administration décide donc d'appeler au travail les Juifs âgés de , ce qui apaise Rauff qui ne donne pas suite à ses menaces contre les volontaires et les raflés, mais fait arrêter cent notables juifs pour servir d'otages et être fusillés en cas de désobéissance..
Dans l'après-midi, un millier de Juifs se présentent avant d'être répartis par groupe de cinquante et embarqués vers leurs lieux de destination. Le soir même, la première victime juive, Gilbert Mazouz (19 ans), ne pouvant avancer assez vite en raison d'un léger handicap, est abattue par un officier allemand sur la route du camp de Cheylus..
Conséquences Au fur et à mesure de l'arrivée des travailleurs, les otages sont libérés, entre le et le . Les communautés juives de Sousse et de Sfax fournissent aussi des travailleurs, qui ne sont cependant pas internés dans des camps.. La communauté fournit donc la totalité du financement des camps et subvient aux besoins des plus de transférés dans des camps de travail à Bizerte, Mateur, Zaghouan, Enfida, Kondar ou dans la région de Tunis. Les conditions de vie y sont très difficiles, dans des zones pilonnées par l'aviation alliée., et une soixantaine de personnes y meurent au cours de leur détention, parfois à la suite d'exécutions sommaires. Les camps sont finalement abandonnés pendant la débâcle allemande face aux Alliés en .
Commémoration Le de cet événement fait l'objet d'une commémoration en 2022..
Références
Bibliographie . . . .
Articles connexes Histoire des Juifs en Tunisie
Liens externes
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