Maurice Georges Poncelet est un artiste peintre et lithographe français, également résistant, né le à Mulhouse (Haut-Rhin), mort le à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales).
Biographie Peintre de l'entre-deux-guerres thumb|left|120px|Jules Wielhorski S'il est dit que Maurice Georges Poncelet reçoit les conseils de Jules Wielhorski dont il fréquente l'atelier à Nancy dans les années 1914-1915 Raymond Nacenta, School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, Londres, 1960., il laisse apparaître, dans ses confidences de 1935 à René Huyghe, un itinéraire très personnel qu'il segmente en quatre périodes dont, dit-il, la constante demeure : 1) Les années 1913 et 1914 où il s'adonne avec insouciance à , avant la Première Guerre mondiale qui, s'il y délaisse totalement la peinture, n'en est que plus profondément marquante : ; 2) Les années 1919-1925 où il réagit contre avec des ; 3) Les années 1925-1932 où il met ses recherches en applique dans des compositions de grandes dimensions dont il donne une définition expressionniste : ; 4) À partir de 1932, évolution vers .
En 1933, il participe au Grand Prix de Peinture Jacques Darnetal attribué sur votes d'un jury de critiques d'art en la Galerie Georges Bernheim à Paris. Il y obtient la troisième place derrière Raymond Legueult et Adrien Holy« Les Beaux-Arts - Le Grand Prix de peinture a été attribué hier à Raymond Legueult », Comœdia, 3 juin 1933, .
Deux expositions, en puis en à la Galerie Simonson, réunissent cinq jeunes artistes que Germain Bazin dit en un groupe baptisé N.G.S. (Nouvelle Galerie Simonson) et composé de Maurice Georges Poncelet, Roger Chapelain-Midy, Adrien Holy, Jacques Lestrille et André Planson Germain Bazin, « Les expositions », L'Amour de l'art, avril 1933, .. s'enchante dès la première exposition Maximilien Gauthier Maximilien Gauthier, « Les expositions », L'Art vivant, 1933, . qui réévoque lors de la seconde exposition « une intéressante équipe dont il m'est déjà arrivé de dire les mérites, le sérieux, l'amour du beau métier, et qui continue fermement » Maximilien Gauthier, « Les expositions », L'Art vivant, 1934, .. René Huyghe pour sa part définit dans le même temps la singularité des cinq artistes par René Huyghe, « Les tendances actuelles », L'Amour de l'Art, janvier 1934, .
Les commandes officielles thumb|left|200px|Palais de la découverte, Paris thumb|200px|Lycée Janson-de-Sailly, Paris En 1936, Maurice Georges Poncelet reçoit, pour l'Exposition universelle, la commande de trois importantes peintures murales qui, évoquant les Inventions de la fronde, de la roue et du rouleau, seront ensuite attribuées au palais de la découverte à Paris. Une seconde commande lui attribue la composition murale du parloir du lycée Janson-de-Sailly tandis que celle de la salle de gymnastique revient à Jean Dreyfus-SternBernard Champigneulle, « Les nouvelles décorations du lycée Janson-de-Sailly », Mobilier et décoration, 1936, « La décoration au lycée Janson-de-Sailly », Le Figaro, 11 août 1937.. Michel Florisoone pourra de la sorte le situer avec Jacques Lestrille et André Planson (qui brossent alors les peintures murales des deux amphithéâtres de l'Institut national agronomique); Jean Aujame (qui exécute celle du lycée de jeunes filles - aujourd'hui lycée Antoine-Watteau de Valenciennes), Charles Dufresne (qui terminera juste avant sa mort celle de l'amphithéâtre de la Faculté de pharmacie de Paris) et Francis Gruber, parmi les peintres qui, , voire même les renouveler. Michel Florisoone, « La peinture contemporaine et les problèmes de la décoration murale », L'Amour de l'art, février 1938, .
Résistant à Vic-Fezensac Si le nom de Maurice Georges Poncelet a figuré en 1937 à Berlin - aux côtés de ceux d'Alfred Courmes, Roland Oudot, Raymond Legueult et Jean Aujame - parmi lors de l'exposition L'art français contemporain à l'Académie des beaux-arts de Prusse, laquelle est placée sous le patronage d'Hermann Goering, ministre-président de Prusse, et d'André François-Poncet, ambassadeur de France à Berlin, le premier acte de résistance de l'artiste, en 1941, n'en sera pas moins éthique avec son refus de céder sa toile Marchande de cages aux oiseaux (aujourd'hui conservée par le Fonds national d'art contemporain) à Goering qui demande à l'acquérir. Il prendra à cet effet la précaution d'envoyer la toile au Carnegie Museum of Art aux États-Unis où il est connu par sa participation à trois expositions passées et où elle restera en sécurité jusqu'à son retour en France à la Libération.
thumb|left|200px|Vic-Fezensac (Gers) thumb|100px|George Starr thumb|100px|Raymond Escholier Démobilisé dans le Condomois lors de l'armistice de 1940, il s'installe à Vic-Fezensac (Gers) avec son épouse Ramona. Leur fille Anita, qui deviendra un thème de son œuvre peint, naît à l'hôpital d'Auch en 1941.
L'artiste s'implique dans la Résistance au sein du bataillon de l'Armagnac commandé par Maurice ParisotHauts lieux de mémoire du Gers, Le bataillon de l'Armagnac - Histoire où, sous le pseudonyme de « Properce », il participe avec George Starr dans le secteur de Vic-Fezensac à la récupération des containers chargés d'armes, de nourriture et même d'argent que larguent par parachutages nocturnes les avions alliés Raymond Escholier, Maquis de Gascogne, éditions du Milieu du Monde, 1945.Pierre Dupouy et Cathy Guilbaud-Dupouy, « Résistance : parachutage par une nuit glacée », Le Journal du Gers, 17 novembre 2024. Capturé par la Milice française et livré à la Kommandantur d'Auch, il est enfermé à la caserne d'Espagne où il ne délivrera aucun aveu malgré la torture et dont il parviendra à s'évader pour rejoindre les troupes combattantes.
En 1945, restituant l'histoire du bataillon de l'Armagnac dans son livre Maquis de Gascogne, Raymond Escholier lui dédie ainsi l'ouvrage : .
De l'École de Paris à l'École de Toulouse thumb|250px|Port-Vendres Les catalogues des salons parisiens restituent qu'après avoir résidé dans les années 1920 en la cité des artistes du 52, rue Vercingétorix, dans le 14e arrondissement, puis dans les années 1930 au 6, rue de Furstemberg dans le 6e arrondissement (immeuble abritant le musée national Eugène-Delacroix), Maurice Georges Poncelet quitte Paris après la Seconde Guerre mondiale pour s'installer route du phare à Port-Vendres dans une maison identifiable par l'aquarelle qu'en conserve le musée des Augustins de Toulouse. Ainsi, le catalogue du Salon de Mai, organisé en 1948 par les Artistes indépendants bordelais au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux et où l'une des toiles qu'il présente est une vue de Port-Vendres, le situe non plus dans l'École de Paris mais dans l'École toulousaineArtistes indépendants bordelais (préfaces d'André Lhote et Roger Bissière), Salon de mai, catalogue, 1948.
Mort et postérité Maurice Georges Poncelet meurt à Port-Vendres le .
René Huyghe situe Poncelet, , aux côtés de Jean Aujame, Balthus, Christian Bérard et Alfred Courmes parmi les artistes qui René Huyghe de l'Académie française et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, Larousse, 1970, vol.2, .. Maurice Georges Poncelet, à ce propos, affirma lui-même : « la mission de l'art n'a pas pour but unique la reproduction des choses, mais l'interprétation libre et personnelle de la nature et l'évasion spirituelle » Bernard Dorival, Les peintres du vingtième siècle du Cubisme à l'abstraction, 1914-1957, éditions Pierre Tisné, 1957, .. Il demeure de même de ceux dont se souvient Pierre Cabanne quand il évoque cette « génération de 1930 » - associant pour sa part son nom à ceux de Jules Cavaillès, Jacques Lestrille, Roland Oudot, Kostia Terechkovitch et Charles Walch - qui, ennemie des excès d'alors incarnés par les Cubistes et les Fauvistes, assuma cette difficulté existentielle de Pierre Cabanne, L'art du , éditions Aimery Somogy, 1982, ..
Expositions Expositions personnelles Galerie Druet, 20, rue Royale, Paris, février-. Galerie Wildenstein, 21, rue La Boétie, Paris, 1948. Poncelet - Œuvres récentes, Galerie Bernard Rosenthal, 41, boulevard Malesherbes, Paris, mai 1949. Galerie de l'Élysée, 64, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris, mars 1953Pierre Descargues, « À travers les galeries - À la santé de Poncelet », Les Lettres françaises, 26 mars 1953, . Galerie André Weil, 26, avenue Matignon, Paris, . Galerie Chappe Lautier, Toulouse, 1957. Galerie Rosenthal, Paris, 1959. Galerie Denise Valtat, 59, rue La Boétie, Paris, octobre- (affiche lithographique par Fernand Mourlot). Hommage à Maurice Georges Poncelet, mairie de Vic-Fezensac, Pierre Dupouy et Cathy Guilbaud-Dupouy, « Maurice Poncelet n'a pas perdu sa rue », Le Journal du Gers, 23 mai 1999
Expositions collectives thumb|200px|Galerie Simonson, Paris thumb|250px|Carnegie Museum of Art, Pittsburgh
Salon d'Automne, Paris, sociétaire en 1923 Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'Automne de 1903 à nos jours, Arts & Images du Monde, 1992, ., 1925, 1927, 1932 Michel Florisoone, « L'actualité et la curiosité - À travers le Salon d'Automne », L'Art et les artistes, octobre 1932, ., 1933, 1934, 1936Salon d'Automne, Catalogue, 1936, n°1143, Michel Florisoone, « L'actualité et la curiosité - À travers le Salon d'Automne », L'Art et les Artistes, octobre 1936, ., 1938Salon d'automne, Catalogue, 1938, n°1255, , 1947Salon d'Automne, Catalogue, 1947, n°1046, 1949Salon d'automne, catalogue, 1949, n°1146, . Quelqus œuvres de peinture moderne : Félix Buhot, Paul Charlemagne, René Demeurisse, Amédée de La Patellière, Maurice Georges Poncelet, Georges Sabbagh, Galerie Siot-Decauville, Paris, Patrick Descamps, Paul Charlemagne - L'œuvre au noir, R.S.V.P. éditions, Bruxelles / Musée du Mont-de-Piété de Bergues, 2022.. Salon des Indépendants, Grand Palais, Paris, 1927Salon des Indépendants, Catalogue, 1927, n°2976-2977, , 1931, 1935, février-Salon des Indépendants, Catalogue, 1936, n°2700-2701, . Salon d'hiver, Grand Palais, Paris, février-mars 1930, aquarellesSalon d'hiver, catalogue, 1930, n°1293-1301, . Salon de l'art français indépendant, 237, boulevard Raspail, Paris, avril-« Les expositions », L'Art et les artistes, mars 1930, . Salon des Tuileries, Paris, Néo-Parnasse, 235, boulevard Raspail, 1932. Yves Alix, Jean Aujame, André Breuillaud, Roger Chastel, Thérèse Debains, Frédéric Delanglade, André Planson, Maurice Georges Poncelet, Galerie Speranza, 10, rue des Beaux-Arts, Paris, « Les expositions - Galerie Speranza », L'Art et les artistes, octobre 1932, . Exposition de la N.G.S., groupe de cinq jeunes peintres - Roger Chapelain-Midy, Adrien Holy, Jacques Lestrille, André Planson, Maurice Georges Poncelet, Galerie Simonson (Galerie des artistes modernes), 19, rue de Caumartin, Paris, , Raymond Bouyer, « Les expositions », La Revue de l'art ancien et moderne, janvier 1934, Roger Brielle, « Histoire de l'art contemporain - Les liquidateurs de l'après-guerre », L'Amour de l'art, 1934, Charles Fegdal, « À travers les expositions - Groupe de la N.G.S. », La Semaine à Paris, 20 avril 1934, . Exposition du Grand Prix de peinture Jacques Darnétal, Galerie Georges Bernheim, 40, rue La Boétie, Paris, . Robert Antral, Germain Delatousche, René Demeurisse, Charles Kvapil, Louis Neillot, André Planson, Maurice Georges Poncelet (peintures), Georges Chauvel, René Collamarini, Henri Émile Martinet (sculptures), Atelier 75, 20bis, rue La Boétie, Paris, « Art - Les galeries », La Semaine à Paris, 16 février 1934, .. International Exhibition of paintings, Carnegie Museum of Art, Pittsburgh, octobre-Carnegie Museum of Art, International Exhibition of paintings, présentation de l'exposition, 1935, octobre-Carnegie Museum of Art, International Exhibition of paintings, présentation de l'exposition, 1938, octobre-Carnegie Museum of Art, International Exhibition of paintings, présentation de l'exposition, 1939.