Les bataillons du Levant (BDL) sont des unités d'infanterie des troupes spéciales du Levant, recrutés en Syrie et au service du mandat français en Syrie et au Liban. Après avoir combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, ils sont rattachés en 1945 à l'Armée syrienne.

Création et différentes dénomination 1925 : création des et du Levant 1926 : création des , , et du Levant 1928 : création du du Levant 1930 : création du du Levant 1934 : dissolution du du Levant 1938 : nouvelle formation du du Levant 1945 : les bataillons passent dans l'Armée syrienne

Historique Formation Les bataillons du Levant sont créés en 1925-1926 lorsque les trois régiments mixtes syriens (RMS) de l'ex Légion syrienne sont dissous : le du devient le , le du devient le , le du devient le , le du devient le , le du devient le , le est formé à partir d'éléments des et le .

L'objectif de la scission des régiments en bataillons est de rendre autonomes les unités des troupes auxiliaires du Levant dispersées en garnison sur le territoire de l'État de Syrie. Les bataillons du Levant se révèlent peu efficaces pour lutter contre la grande révolte syrienne qui éclate en . En 1927, les six bataillons, rattachés aux troupes auxiliaires du Levant, regroupent .

Le est formé à Qamichli le à partir d'éléments du , suivi du le . À cette date, les troupes auxiliaires deviennent les troupes spéciales du Levant.

Garnisons et opérations dans les années 1930 Les bataillons sont en garnison comme suit : à Tripoli au Liban, à Lattaquié dans l'État des Alaouites, à Damas et Deraa, à Alep et Idlib, à Antioche (Antakya) et Alexandrette dans le sandjak d'Alexandrette, à Deir ez-Zor, à Derik et puis à Hama après 1934, à Qamichli et Hassaké. Le , le est dissous et devient la garde à pied du sandjak d'Alexandrette (devenu indépendant sous le nom de Hatay en ). Un nouveau est créé le à partir du et prend garnison à Lattaquié (puis à Tartous).

Campagne de Syrie (1941) En juin-, les huit bataillons du Levant sont impliqués dans la campagne de Syrie aux côtés des forces vichystes.

Cependant, les et restent au nord-ouest du territoire et ne rejoignent pas la zone de combat tandis que le , mis en route vers Damas, reçoit l'ordre peu après son départ d'attendre de nouvelles instructions, qui n'arriveront jamais. Enfin, le , bien qu'en position à Damas face aux Alliés n'est jamais attaqué. Dans l'est syrien, une section du repousse en avril une incursion britannique mais ce bataillon, ainsi que le , reste l'arme au pied lorsque les Britanniques envahissent leur secteur en juin. Le tout entier se révolte le .

En juillet, le et le montent une contre-attaque devant Hasbaya avec trois escadrons tcherkesses (, et un escadron de partisans). Le village est repris mais les Tcherkesses changent de camp après une entrevue avec Philibert Collet, ancien chef des Tcherkesses rallié aux forces françaises libres. Les fantassins capitulent ensuite.

Avec la France libre Dissous par le général Dentz au moment de la capitulation vichyste, les bataillons du Levant sont recréés par la France libre fin 1941 - début 1942.

En 1945, les garnisons sont les suivantes : à Tripoli et Tell Kalakh, à Lattaquié et , à Damas, à Alep, à Raqqa, à Deir ez-Zor et Abou Kamal, à Hama, Homs et , à Hassaké, Qamichli et Derik.

Fin du mandat français Lors de l'insurrection syrienne de mai-juin 1945, le est engagé à Damas, dont il participe au pillage des souks après le bombardement de la ville. Après l'insurrection, les troupes spéciales syriennes subissent des désertions massives (70 % des officiers et sous-officiers syriens, 35 % des militaires du rang).

Le , les bataillons du Levant passent à l'Armée syrienne. Environ la moitié des soldats autochtones choisissent de signer un avenant à leur contrat pour servir directement dans l'Armée française et seuls une minorité rejoignent l'Armée syrienne, les autres démissionnant.

Organisation Les bataillons du Levant sont organisés avec 3 à 5 compagnies de fusiliers-voltigeurs, chacune à 3 sections d'infanterie et 1 groupe de mitrailleuses.

En 1930, les et comptent 80 à 90% d'Alaouites parmi les soldats autochtones, le est à majorité arabe sunnite (72%), le est à 95% constitué de soldats assyro-chaldéens (précédemment regroupés de 1926 à 1930 dans la du ) et les autres bataillons sont mixtes, environ 50% d'arabes sunnites et le reste d'alaouites et chrétiens (, et ) ou kurdes et chrétiens (). La composition peut varier : en 1939, le est à majorité sunnite. Au début des années 1930, les chefs de bataillon sont presque tous français (en 1945 ils seront majoritairement syriens), la moitié des commandants de compagnie est autochtone. Chaque bataillon dispose d'un lieutenant français chargé de la comptabilité, de l'habillement et de l'alimentation, chaque compagnie de trois sous-officiers français comptables.

À partir de 1930, les bataillons du Levant sont regroupés en demi-brigades, commandées par des colonels français avec un petit état-major. Les , et forment la du Levant (DBL), les et forment la et le forme la avec les et de chasseurs libanais.

Le est renforcé en par un peloton d'automitrailleuses légères Ford (pick-ups armés d'un fusil-mitrailleur et pouvant transporter des fantassins). Ce peloton est stationné à Qamichli et opère souvent avec les automitrailleuses légères du désert de la légère du désert.

Après 1943, les bataillons sont affectés ainsi : à la côtière, à la côtière, , et à la de l'Est-Syrien, au secteur Nord-Syrie, et au secteur Sud-Syrie.

Uniformes Les fantassins des bataillons du Levant portent un uniforme kaki semblable à celui de l'infanterie d'Afrique (zouaves et tirailleurs) en toile kaki clair.

Les pattes de collet sont violettes avec les marques distinctives jonquille : deux soutaches et le numéro de l'escadron du bataillon inscrit dans un croissant. Pour la troupe les soutaches sont en laine, pour les officiers en or. Les galons des officiers sont dorés.

La coiffure est une chéchia rouge en tenue de service et un chèche kaki enturbanné en opérations. Les officiers portent un képi à bandeau bleu ciel (avant 1929 le bandeau est violet), avec sur le dessus un nœud hongrois à cinq branches (et non quatre). Pour les Français, le turban et le calot du képi sont garance et les officiers syriens se distinguent par la couleur kaki du calot et du turban du képi, sur le haut du képi. Avant 1929, leur képi est dépourvu de visière (il s'agit donc d'une toque). Les officiers syriens adoptent dans la pratique le même képi que leurs homologues français.

Références

Voir aussi

Gendarmerie syrienne Escadrons de ligne du Levant Escadrons légers du Levant

Catégorie:Unité d'infanterie française dissoute Catégorie:Mandat français en Syrie et au Liban