Le gouvernement Bayrou est le quarante-sixième gouvernement de la française et le septième sous la présidence d'Emmanuel Macron, en fonction du au .
François Bayrou est nommé Premier ministre le , neuf jours après la motion de censure renversant le gouvernement Barnier, qui avait engagé sa responsabilité sur le budget de la Sécurité sociale trois mois après sa prise de fonction, dans un contexte de crise politique.
Renversé par un vote de confiance négatif le , Bayrou présente sa démission le lendemainSelon l'usage républicain, jusqu'à la nomination du nouveau gouvernement le , le gouvernement démissionnaire assure les affaires courantes.. Sébastien Lecornu lui succède le jour même. Il s'agit du premier gouvernement de la Cinquième République contraint à démissionner sur la base de l'article 49, alinéa de la Constitution.
Formation
Contexte
Le , après l'engagement de la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 en vertu de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, une motion de censure déposée par le Nouveau Front populaire est adoptée, faisant tomber le gouvernement de Michel Barnier, trois mois jour pour jour après sa nomination. Ce vote marque la première fois depuis 1962 qu'un gouvernement français est renversé par une motion de censure, plongeant le pays dans une crise politique sans précédent..
Le lendemain, le Premier ministre présente la démission de son gouvernement au président de la République qui en prend acte... Des négociations s'engagent alors entre Emmanuel Macron et divers groupes parlementaires, à l'exception des groupes LFI, RN et UDR. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, propose un accord de non-censure pour stabiliser le futur gouvernement, à condition que le Premier ministre soit issu de la gauche.. Cette condition n'est toutefois pas respectée.
Formation du gouvernement
Le , après des négociations marquées par des tensions, Emmanuel Macron nomme François Bayrou comme nouveau Premier ministre. Bayrou, figure centriste et président du MoDem, est choisi pour sa loyauté envers Macron et son expérience politique, bien que le président ait initialement envisagé d'autres candidats comme Bernard Cazeneuve ou Sébastien Lecornu.... À 73 ans, Bayrou devient le deuxième Premier ministre le plus âgé à entrer en fonction, après Michel Barnier.
La composition du gouvernement est annoncée le à par le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler. Cette annonce suscite une polémique, car elle coïncide avec le jour du deuil national dédié à Mayotte, provoquant des critiques pour « indécence » et « mépris », notamment de la part de la députée Estelle Youssouffa.. Le gouvernement compte , respectant la parité hommes-femmes, comme tous les gouvernements depuis 2012, et ne comprend aucun secrétaire d'État. Il réunit des personnalités de divers horizons politiques, incluant des membres de RE, LR, MoDem, et d'autres formations, dans une tentative de coalition large pour stabiliser la situation politique.
Le premier Conseil des ministres est prévu pour le . Ce gouvernement, formé dans un contexte d'instabilité politique, a pour mission prioritaire de stabiliser la situation et d'assurer l'adoption du budget 2025, un enjeu crucial pour respecter les règles budgétaires européennes..
Déclaration de politique générale
Le , le Premier ministre François Bayrou prononce sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale.. Cette déclaration, encadrée par l'article 50-1 de la Constitution, ne donne pas lieu à un vote de confiance, à l’image des gouvernements Borne, Attal et Barnier.. Cette stratégie s’explique par l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale, rendant un vote de confiance politiquement risqué dans un contexte d’instabilité marquée par la chute du gouvernement Barnier le après une motion de censure.
Dans son discours, Bayrou détaille les priorités de son gouvernement, centrées sur trois axes : la consolidation budgétaire pour répondre aux exigences de l’Union européenne, la relance économique via des mesures de soutien aux entreprises et à l’emploi, et le renforcement de la cohésion sociale à travers des réformes dans l’éducation et la santé. Il propose un « contrat de législature » visant à rassembler une coalition élargie, incluant RE, LR et le MoDem, pour éviter une nouvelle motion de censure.. Il insiste également sur des projets de décentralisation, visant à renforcer l’autonomie des collectivités territoriales, et sur la transition écologique, avec des engagements pour accélérer la réduction des émissions de carbone.
Cette déclaration suscite des réactions contrastées. Les groupes d’opposition, notamment le Nouveau Front populaire et le Rassemblement national, critiquent l’absence de vote de confiance, y voyant un signe de faiblesse et un manque de légitimité démocratique. Ils reprochent également au gouvernement un programme jugé trop vague face aux crises économique et sociale.. En revanche, les alliés de la majorité saluent la volonté de Bayrou de privilégier le dialogue et la recherche de compromis dans un Parlement fragmenté. Le discours, retransmis en direct, attire une attention médiatique significative, marquant un tournant dans la tentative de stabilisation politique après plusieurs mois de turbulences..
Vote de confiance et chute du gouvernement Lors d’une conférence de presse le , François Bayrou annonce qu’il convoquera une session extraordinaire de l’Assemblée nationale le afin de soumettre son gouvernement à un vote de confiance, selon les dispositions de l’article 49 alinéa 1 de la Constitution, sur l’adoption de son plan budgétaire. Si le gouvernement ne reçoit pas la confiance de la majorité des suffrages exprimés, il devra démissionner.
Les principales formations d’opposition (RN, LFI, PS, LÉ et PCF) annoncent aussitôt qu’elles voteront contre la confiance. Le Rassemblement national et La France insoumise se prononcent pour la dissolution de l'Assemblée nationale et des personnalités politiques de droite, comme l’ancien président Nicolas Sarkozy et l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, la jugent inévitable. François Ruffin ou Jean-François Copé, entre autres, ajoutent que le président de la République devrait démissionner en cas d’échec du vote de confiance. Le Parti socialiste, par la voie de son premier secrétaire, annonce être prêt à gouverner tout en excluant l'éventualité de ministres insoumis.
Le , l’Assemblée nationale rejette la confiance au gouvernement Bayrou, qui est renversé par 364 voix contre et 194 pour, et devient alors le premier gouvernement de la République contraint à démissionner après un vote de confiance défavorable, le précédent gouvernement tombé sur un vote de confiance négatif fut le gouvernement de Félix Gaillard en 1958.
Le président de la République Emmanuel Macron prend acte du résultat du vote des députés et reçoit le lendemain, , le Premier ministre François Bayrou pour accepter la démission de son gouvernement. Selon l'usage républicain, le gouvernement démissionnaire assurera les affaires courantes jusqu'au , date de nomination du gouvernement Lecornu.
Composition initiale
Premier ministre
Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique : François Bayrou
Ministres d'État + Titre Titulaire Ministre d'État, ministre de l’Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Élisabeth Borne Ministre d'État, ministre des Outre-mer Manuel Valls Ministre d'État, Garde des Sceaux, ministre de la Justice Gérald Darmanin Ministre d'État, ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau
Ministres + Titre Titulaire Ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles Catherine Vautrin Ministre de l'Économie, des Finances, de la Souveraineté industrielle et numérique Éric Lombard Ministre des Armées Sébastien Lecornu Ministre de la Culture Rachida Dati Ministre de l'Aménagement des territoires et de la Décentralisation François Rebsamen Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche Agnès Pannier-Runacher Ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Annie Genevard Ministre de l'Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification Laurent MarcangeliMinistre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associativeMarie Barsacq
Ministres auprès d'un ministre +TitreMinistre de tutelleTitulaireMinistre chargé de l'Enseignement supérieur et de la RechercheMinistre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la RecherchePhilippe BaptisteMinistreMinistre d'État, ministre de l'IntérieurFrançois-Noël BuffetMinistre chargée du Travail et de l'EmploiMinistre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des FamillesAstrid Panosyan-BouvetMinistre chargé de la Santé et de l'Accès aux soinsYannick NeuderMinistre chargée des Comptes publicsMinistre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numériqueAmélie de MontchalinMinistre chargé de l'Industrie et de l'ÉnergieMarc FerracciMinistre chargée du LogementMinistre de l'Aménagement du territoire et de la DécentralisationValérie LétardMinistre chargé des TransportsPhilippe Tabarot
Ministres délégués auprès d'un ministre +TitreMinistre de tutelleTitulaireMinistre délégué chargé des Relations avec le ParlementPremier ministrePatrick MignolaMinistre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminationsAurore BergéMinistre déléguée, porte-parole du GouvernementSophie PrimasMinistre déléguée chargée de l'Autonomie et du HandicapMinistre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des FamillesCharlotte Parmentier-LecocqMinistre déléguée chargée du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises et de l'Économie sociale et solidaireMinistre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numériqueVéronique LouwagieMinistre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du NumériqueClara ChappazMinistre déléguée chargée du TourismeNathalie DelattreMinistre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattantsMinistre des ArméesPatricia MirallèsMinistre déléguée chargée de la RuralitéMinistre de l'Aménagement du territoire et de la DécentralisationFrançoise GatelMinistre déléguée chargée de la VilleJuliette MéadelMinistre délégué chargé de l'EuropeMinistre de l'Europe et des Affaires étrangèresBenjamin HaddadMinistre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l'étrangerLaurent Saint-MartinMinistre délégué chargé de la Francophonie et des Partenariats internationauxThani Mohamed Soilihi
Organisation fonctionnelle
Organisation fonctionnelle du 23 décembre 2024 au 9 septembre 2025 (Affaires courantes du 9 septembre au 5 octobre 2025) :
Premier ministre
François Bayrou, Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique Patrick Mignola, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement Aurore Bergé, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations Sophie Primas, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement
Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Élisabeth Borne, ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Philippe Baptiste, ministre auprès de la ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Ministère des Outre-mer
Manuel Valls, ministre d'État, ministre des Outre-mer
Ministère de la Justice
Gérald Darmanin, ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice
Ministère de l'Intérieur