Charles Troufleau, né le à Clermont dans l'Oise et mort pour la France à Pisoderi, au nord de la Grèce le , est un poète français du . Son nom est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France.
Biographie Charles Maurice Troufleau, né le à Clermont, est le fils d'Étienne Troufleau (-), principal du collège de Clermont et de Juliette Céline Carlin (-).
Après une brillante scolarité à Montpellier, à Beauvais, puis au lycée Lakanal en 1895, il rentre à l'École normale supérieure en 1897, année où il remporte les premiers prix de composition française (prix d'honneur, offert par le Président de la République) et de composition latine du Concours général. Auditeur régulier de l'École pratique des hautes études, il réussit l'agrégation de lettres en 1900.
Après une année de service militaire au 19e régiment d'infanterie à Brest, il est nommé comme professeur de seconde au lycée d'Angers, en .
Il épouse Emélie Eugénie Hublet le à Juigné-sur-Loire. À la rentrée scolaire de 1904, il est nommé au lycée de Belfort où exerce pendant 8 ans. Pendant cette période, il travaille beaucoup et publie un Manuel de littérature française de 500 pages en 1907. Il publie ensuite plusieurs recueils de poésie et écrit deux poèmes dramatiques, l'un ayant Sainte Geneviève pour protagoniste et l'autre écrit en grec sur l'aventure d'Amphitryon.
Alors qu'il professeur en première supérieure au lycée de Bordeaux depuis , il est mobilisé comme lieutenant de réserve en au 42e régiment d'infanterie à Belfort et participe à sa campagne en Alsace. Promu capitaine en , il part avec l'armée d'Orient en pour participer aux opérations sur le front de Macédoine, en soutien aux Serbes. Il reçoit une première citation : « Au combat de Furka, le , après avoir soutenu l'effort de l'ennemi jusqu'à la retraite de la ligne, s'est retiré avec ordre et discipline, tenant l'ennemi en respect, ramenant à bras d'hommes tous les blessés. Par une marche longue et pénible en pays montagneux, par des sentiers à peine tracés, a pu tromper la vigilance d'un ennemi très supérieur en nombre et accomplir la mission confiée ».
En , il est nommé capitaine adjudant-major et commande le 6e bataillon du 242e régiment d'infanterie.
Le , pendant la bataille de Monastir, entre Florina et Pisoderi, il est en première ligne avec son bataillon face à une contre-attaque bulgare. Frappé en pleine poitrine et laissé sans soin, il est dégagé quelques heures plus tard par ses troupes, mais succombe à ses blessures, à l'ambulance alpine n°2 à Pisoderi, le .
Les citations à l'ordre de l'armée dont il est l'objet en précisent les circonstances : « Officier particulièrement courageux, ayant un absolu mépris du danger. Au cours d'une violente contre-attaque ennemie, a été mortellement blessé au moment où, quittant son poste de commandement, il se portait sur la première ligne pour encourager les hommes par sa présence » et « Était un des rares survivants de cette pléiade d'élèves de l'Ecole normale supérieure , au front depuis le début de la campagne. D'un courage à toute épreuve, d'un mépris absolu du danger. Officier de première valeur. Très grièvement blessé, le , pendant une violente contre-attaque bulgare. Mort à la suite de ses blessures ».
Il est inhumé au cimetière militaire de Bitola (Monastir).
Distinctions à titre posthume , arrêté du
Hommages Le nom de Charles Troufleau est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France. Son nom figure sur les plaques commémoratives 1914-1918 du lycée Lakanal à Sceaux, de l'École normale supérieure à Paris et sur le monument aux morts de Bordeaux. Des poèmes de Charles Troufleau sont dits aux matinées poétiques de la Comédie française, par Maurice Escande en 1924, par Maurice Donneaud en 1927. Un de ses élèves écrit : « J'eus le bonheur d'être son élève pendant un an... Il nous conduisait vers cette légère pensée hellénique qu'il voyait toujours éclose au pays des lignes simples et la vie harmonieuse ; il répugnait à la sentir chargée des commentaires d'une philologie venue du Nord, barbare à ses yeux. Tout, avec lui, retrouvant la mesure antique, devenait ordre et lumière. Il semait ainsi, avec le goût des choses pures, un peu de raison sur sa route, et plus d'une vocation classique s'éveilla sous son influence ». Une place ou une allée a reçu son nom dans la Forêt des écrivains combattants inaugurée en 1938 dans les Cévennes. En 2016, les amis du vieux Verneuil-en-Halatte lui rendent hommage à l'occasion d'une conférence. A l'occasion de la cérémonie du , la ville de Clermont lui rend hommage.
Œuvres principales
Vers, poésies, 1901 Ici commence, poésie, 1910 Entre les murs, 1912 Manuel de littérature française, 1907
La Lettre, poème inédit qu'il écrit à sa femme le depuis le front sera souvent lue au cours des commémorations.
Bibliographie
Références
Liens externes
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