Victor George, né à Bois-et-Borsu le et mort à Marche-en-Famenne le , est un poète belge de langue wallonne.

Il est l'auteur d'une œuvre personnelle dépouillée, réunie dans quelques recueils seulement. Figurant parmi les plus jeunes disciples de Jean Guillaume, il est considéré comme le dernier poète majeur de langue wallonne.

En parallèle de son activité d'écriture, il est un animateur important de la vie littéraire dialectale en Wallonie, dans les années 1980, 1990 et 2000. Il s'est notamment investi au sein du cercle littéraire Lès Rèlîs Namurwès, de la Société de langue et de littérature wallonnes et dans les jurys de plusieurs prix spécialisés.

Biographie Enfance, formation et vie privée Victor George est le fils d'Ernest George (1907-1989), un peintre en bâtiment, et de Thérèse Ligot (1911-2005). Il est l'ainé et le seul fils d'une fratrie de quatre enfants. Le wallon est sa langue maternelle., mais il recule nettement dès cette époque. C'est donc le sentiment d'être coupé de ses origines qui aurait poussé George à écrire.

Il fréquente successivement l'École communale de Bois-et-Borsu, l'Athénée royal de Huy et l'École normale de la Ville de Liège, dont il obtient un régendat littéraire.

Il épouse Marie-José George (1943-1982) le .

Parcours professionnel Victor George est professeur de français, successivement à l'Athénée royal de Braine-l'Alleud, à l'École de l'État d'Athus, à l'École moyenne de l'État à Trembleur, à l'Institut Félicien Rops à Namur et à l'Athénée royal de Dinant. Il retourne s'installer à Bois-et-Borsu en 1984 et prend sa pension en 1988.

De 1997 à 2008, il siège au Conseil des Langues régionales endogènes de la Fédération Wallonie-Bruxelles.. À la suite des élections communales de 2006, il devient conseiller communal à ClavierRésultats de la liste 15 « RC » pour la commune de Clavier dans « Élections 2006 », sur le site officiel des élections locales de la Wallonie..

Régulièrement sollicité pour ses compétences linguistiques, il collabore aux émissions wallonnes de la Radio-télévision belge de la Communauté française, enseigne au Centre de Recherche et d'Information du Wallon à l'École () et traduit les unes du quotidien L'Avenir à l'occasion des Fêtes de Wallonie.

L'homme de lettres Originaire de la province de Liège, Victor George, qui use d'un parler intermédiaire entre le wallon central et le wallon oriental, réalise son apprentissage poétique auprès de poètes namurois, notamment Jean Guillaume et Georges Smal. Il suit le sillage de ces deux auteurs, tous deux catholiques dévots mais non dogmatiques, qui mettent en scène les activités rurales du quotidien pour en faire la base de métaphores et d'interprétations presque mystiques de l'existence.

Victor George est reçu membre du cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès en 1960.. En 1967, il obtient la cocarde décernée au membre ayant fourni le travail le plus méritoire au cours de l'exercice écoulé..

Élu en 1979 à la Société de langue et de littérature wallonnes, il est le secrétaire de cette institution de 1982 à 2006. Ses contributions ont paru dans deux périodiques de la Société : Wallonnes et Les dialectes de Wallonie. De 1986 à 2006, il a également assuré la direction de la revue des Rèlîs Namurwès, Les Cahiers wallons.. En 1980, il devient membre du jury du Prix Georges Michaux de la Ville de Namur, qu'il a lui-même remporté deux ans plus tôt. Il cesse d'écrire vers 1984, au moment de son retour à Bois-et-Borsu.

Proche du romancier Auguste Laloux et du poète et professeur de littérature Jean Guillaume, Victor George a prêté sa voix à la lecture du recueil posthume de ce dernier, (« Derrière les talus »), en vue de la réalisation du coffret de disques compacts Œuvres poétiques wallonnes, en 2003Jean Guillaume, Œuvres poétiques wallonnes, éd. Fidélité, Province belge méridionale de la Compagnie de Jésus, 2003.. Il collabore également à l'anthologie Auteurs européens du premier de Jean-Claude Polet, en qualité de traducteur ; il y adapte en français des poèmes de Henri Simon.

Durant sa carrière, il collabore à plusieurs périodiques comme Les Dialectes de Wallonie, La Vie wallonne et De la Meuse à l'Ardenne.

L'homme de théâtre Victor George a fondé la troupe de théâtre dialectal (« Le quatrième acte ») à Bois-et-Borsu. En fonction des besoins de cette troupe, il a réalisé des traductions de pièces vers le wallon localAnne Jacquemin, « Le wallon et le théâtre perdent Victor George, de Bois-et-Borsu », dans L'Avenir, édition Huy-Waremme, 4 décembre 2024, ..

Il est également membre et secrétaire du jury du Grand Prix du Roi Albert 1, le prix de théâtre dialectal le plus important en Wallonie.

Œuvre Influences, thèmes et formes L'œuvre de Victor George est écrite dans le respect scrupuleux du parler de Bois-et-Borsu. Ses thèmes de prédilection sont la nostalgie du passé, le temps qui passe, la mort, la foi chrétienne, ainsi que . note que ce monde rural est . Selon Willy Bal, la poésie de Victor George est d'abord métaphysique.

Au niveau de la métrique, Victor George écrit communément en octosyllabes, heptasyllabes et alexandrins ; il affectionne par ailleurs les distiques. Au niveau de la rhétorique, il affectionne les répétitions, les structures binaires et les oxymores. Il pratique une poésie .. Jean-Luc Fauconnier estime que .

Dès 1961, l'académicien Maurice Piron relève cet , tout en ajoutant aussitôt :

Victor George est un continuateur de la génération de poètes wallonophones composée de Willy Bal, Jean Guillaume, Marcel Hicter, Albert Maquet, Louis Remacle et Georges Smal. Il est vu en particulier comme un hériter de Jean Guillaume. En 1979, Jean Lechanteur suggère que le poète, alors débutant, doit encore dépasser cette influence :

Rétrospectivement, plusieurs critiques estiment que Victor George, de par l'influence de Jean Guillaume, occupe une place analogue à celles de Georges Smal et d'Émile Gilliard dans l'histoire des lettres wallonnes.

Réception critique La première accolade reçue par Victor George est le Prix des Critiques wallons, qualifié à cette époque de , qu'il se voit attribuer à l'âge de 24 ans pour son recueil (« Adieu compagnon »). Le jury qualifie celui-ci de . Maurice Piron évoque, à cette occasion, la .

Dix-huit ans plus tard, Victor George est le plus jeune poète sélectionné par Piron dans l'Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie, parue en 1979Maurice Piron, Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie, Liège, éd. Pierre Mardaga, 1979, .. La même année, Jean Lechanteur, l'un des rédacteurs de l'encyclopédie La Wallonie, le Pays et les Hommes, le cite parmi les « espoirs de la relève attendue » de la poésie wallonne.

Pour , son traducteur anglais, il est le et représente le dernier de la lignée de modernistes qui ont tant transformé la poésie en wallon ; du fait que la génération suivante n'a pas grandi avec le dialecte, peu d'écrivains ont émergé dans l'après-guerre, et aucun d'une quelconque stature, ce qui a privé George de pouvoir à son tour jouer le rôle de chef de file. Jean-Luc Fauconnier le considère aussi comme . , qui lui a succédé en tant que rédacteur responsable des Cahiers wallons, estime quant à lui qu'il est .

Pour , qui le compare à Francis Jammes et à Jules Supervielle, Victor George est parvenu, dans son recueil (« Racines », 1980), à surpasser Jean Guillaume, son maitre en poésie.

Diffusion internationale Victor George est un poète wallon souvent traduit en langue anglaise par , qui a fait paraitre des adaptations de ses œuvres dans plusieurs périodiques littéraires anglais, irlandais et indiens , ainsi que dans les anthologies (1996), (1997), (1997) et (1997)..

À la fin de l'année 2023, ses poèmes ont aussi fait l'objet d'une traduction en italienPascal Alexandre, « Clavier : les poèmes en wallon de Victor George traduits en italien », dans L'Avenir, édition Huy-Waremme, 25 janvier 2024 (page consultée le 14 décembre 2024)..

Prix et distinctions 1960 : admission à la société des Rèlîs Namurwès 1960 : et prix au Concours littéraire wallon du journal Vers l'Avenir (catégorie monologues) 1961 : Prix des Critiques wallons pour 1963 : Prime d'Encouragement de l'Art wallon de la Province de Liège pour 1965 : Prix de littérature wallonne de la Ville de Liège pour 1966 : Prix Joseph-Durbuy de la Ville de Huy pour (recueil inédit) 1978 : Prix Georges Michaux de la Ville de Namur pour In Paradisum 1979 : admission à la Société de langue et de littérature wallonnes, en tant que successeur de Marcel Florkin 1983 : Prix biennal de littérature wallonne du Ministère de la Communauté française de Belgique pour

Œuvres Poésie . . .

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Essais

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Préfaces .

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Notes et références

Voir aussi Bibliographie

 : .

Liens externes

Fiche de Victor George sur le portail Objectif plumes de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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