Martin DröllingSon nom s'orthographie également Drölling. En allemand le « ö » se prononce « eu », il signe d'ailleurs parfois Drelling., né le à Oberhergheim (Haut-Rhin), et mort à Paris le , est un peintre français de portraits et de scènes de genre.

Biographie thumb|upright|Intérieur d'une cuisine (1815), détail, musée du Louvre, Paris. D'origine alsacienne, Martin Drölling naît dans une famille nombreuse dont le père, Martin Drölling, clerc du tabellion local, a épousé Catherine Schobler. Il découvre la peinture par hasard et décide d'en faire l'apprentissage. Malgré quelques réticences, son père signe le contrat pour quatre années avec un peintre local. Un conflit éclate bientôt entre le maître et l'élève qui n'a plus rien à apprendre de son patron. Il le quitte pour poursuivre son apprentissage à Strasbourg où il partage l'atelier avec le peintre Maratti.

Il s'installe à Paris, où il entre à l'école des beaux-arts le . Il obtient un contrat chez un marchand qui lui offre par tableau. Lorsqu'il achève sa formation artistique vers 1780, il épouse Madeleine Welker, qui meurt peu après.

Il se remarie le avec Louise Elisabeth BelotNée en 1761., fille d'un marchand de couleurs pour peintres, avec laquelle il a trois enfants. L'aîné, Michel Martin Drölling, naît en 1789 et sera également peintre. Le deuxième, Marius, naît le . Sa benjamine, Louise-Adéone Drölling, dite « Madame Joubert », naît en 1797Elle épouse en premières noces l'architecte Pagniere, et en secondes noces M. Joubert. Elle est l'une des rares peintres femmes de son époque. Ses œuvres sont conservées aux musées des Invalides, Carnavalet, et Saint-Louis dans le Missouri). et deviendra elle aussi peintre.

Le couple emménage rue de Seine. Il reçoit les conseils d'Élisabeth Vigée Le Brun qui l'emploie comme assistant pour la peinture d'objets dans ses toiles. Elle le présente à Jean-Baptiste Greuze. Il montre de l'habileté pour les scènes d'intérieur, les copies et les portraits.

Il commence par travailler à la manufacture de Dihl et Guérhard, dite aussi manufacture du duc d'Angoulême, au 22 rue de Bondy (actuelle rue René-Boulanger) à Paris : « Dihl & Guérhard avait fait l'acquisition d'un quadrilatère inclus dans la rue du Temple, rue Meslay, Bd Saint-Martin », dans l'ancien Hôtel de la marquise de Ferrières. C'est là qu'il rencontre Alexandre Brongniart, nommé directeur de la manufacture nationale de Sèvres en 1800.

De 1802 à 1813, il œuvre en qualité de peintre-décorateur à la Manufacture nationale de Sèvres. Son épouse meurt en , il élèvera seul Michel-Martin et Louise-Adéone, alors âgés de 14 et 6 ans.

Il lutte toute sa vie contre la pauvreté. En 1816, il met un tableau en loterie pour payer son logeurLettre à son fils le , conservée au Musée du Louvre, département des arts graphiques.. Il meurt à Paris le , à quelques jours de l'ouverture du Salon qui verra la foule se presser - enfin ! - devant ses tableaux.

L'usage des Le , les révolutionnaires vident les urnes de la chapelle Sainte-Anne de l'abbaye du Val-de-Grâce comportant de la famille royale (princes et princesses, et ).

Ceux-ci sont confiés à l'architecte Louis-François Petit-Radel, chargé de les disperser. Il les met en vente, attirant l'attention de peintres désireux d'en employer les pigments pour réaliser du brun momie. Parmi eux, Drölling se porte acquéreur. Il utilisera cette couleur pour l'Intérieur d'une cuisine (musée du Louvre), « Le marchand forain » ainsi que « La maîtresse d’école ».

En 2023 une succession d'analyses sur Vue de Caen d'Alexandre Pau de Saint-Martin montre que la pratique a bien existé : le balayage au microscope électronique sur les pigments bruns confirme la présence de tissus, l'analyse protéomique identifie des protéines cardiaques, et l'examen au micro-CT-scanner confirme qu'il s'agit de restes de . Une éventuelle vérification similaire pour Intérieur d'une cuisine est en attente d'une autorisation du musée du Louvre..

Œuvres Dessins, aquarelles Portrait de sa femme et de son fils Michel-Martin, dessin, musée Magnin, Dijon

Peintures thumb|upright|Portrait de la fille de l'artiste, musée Magnin, Dijon. Portrait d'Elisabeth Belot épouse du peintre, vers 1785, musée des beaux-arts d'Orléans Portrait de Monsieur Michel Belot, 1791, musée des beaux-arts d'Orléans Joseph Merceron, avocat au Parlement de Paris, 1791, National Gallery of Australia, Canberra. Autoportrait, vers 1800, musée des beaux-arts d'Orléans Baptiste aîné, 1802, Bibliothèque-musée de la Comédie-Française Portrait de Mademoiselle Lise Belot, musée des beaux-arts d'Orléans La femme et la souris, musée des beaux-arts d'Orléans Intérieur de cuisine, musée des beaux-arts d'Orléans Portrait de Louise-Adéone Drölling, vers 1812, musée Magnin, Dijon Portrait de sa fille Louise-Adéone, 1812, musée de Strasbourg Le Marchand forain, 1813date connue par la lettre à son fils datée du 11 mars 1813 conservée au département des arts graphiques, Musée du Louvre Intérieur d'une cuisine, 1815, huile sur toile, , musée du Louvre La Salle à manger, Salon de 1817 La Maîtresse d'école, Salon de 1817Œuvre aujourd'hui disparue dont il ne reste qu'une gravure. Elle fut considérée par la critique comme étant son œuvre la plus aboutie. Portrait de Monsieur et Madame Louis-Charles MaigretDont le glacis aurait été réalisé à partir de mummie, substance à base de cœurs de souverains acquis par Louis François Petit-Radel, selon une légende née sous la plume de Lenôtre en 1905 et démontée en 1957 par Suzanne Dagnaud, que cite Laetitia Levrat]. Sources : , musée du Louvre.

Peintures sur porcelaine Vers 1800, Une nymphe et un Amour, assiette en porcelaine, montée en tableau connue par l'inventaire après décès de Dilh qui l'avait chez lui. 1800, Portrait de Dihl, peinture sur porcelaine dure, production de la manufacture de porcelaine Dihl et GuerhardC'est par erreur que la RMN attribue ce portrait au fils de Martin qui n'avait que 11 ans à cette date. Voir ., musée national de Sèvres. Avant 1812, Service à thé qui figure sur le portrait qu'il a fait de sa fille en 1812 conservé au musée des beaux-arts de Strasbourg. 1812, Barbier Égyptien, assiette en porcelaine, datée de 1812 mettant en scène trois personnages (deux hommes et un enfant), sujet copié d'après une œuvre de Dominique Vivant Denon, musée national de Sèvres.

Salons 1781 et 1782, Salon de la jeunesse à la Fête-Dieu se tenant Place Dauphine Salon de 1793 à 1817 1793, premier Salon libre, au Louvre : Autoportrait Salon de 1817 : Intérieur d'une cuisine, La Maîtresse d'école, Intérieur d'une salle à manger

Collections publiques Musée du Louvre : et Louis-Charles Maigret, Intérieur d'une cuisine. En tout sept œuvres y compris les études et la lettre à son fils du Musée des beaux-arts de Strasbourg : peinture sur porcelaine d'un service à thé Musée des beaux-arts d'Orléans : Portait d'Elisabeth Belot épouse Drolling Musée des beaux-arts de Bordeaux Musée des beaux-arts de Caen Musée des beaux-arts de Mulhouse Musée Crozatier au Puy-en-Velay Musée Pouchkine à Moscou Kunsthalle de Brême Jill Newhouse Gallery à New York Musée Magnin de Dijon : Portrait de Louise-Adéone Drölling, Portrait de Drolling et de son fils Michel-Martin Drolling (dessin) Musée de la Chartreuse de Douai : Le Colporteur Comédie-Française Musée de la porcelaine de Sèvres : Portrait de Dihl, Barbier Égyptien Cabinet des Estampes et des Dessins de Strasbourg : Portrait du fils de l'artiste, Vue du Palais Bourbon, Etude pour une vendeuse d'oranges, femme assise avec un livre National Gallery of Australia, Canberra : Joseph Merceron, avocat au Parlement de Paris, 1791

Correspondance Une partie de sa correspondance, est conservée au département des arts graphiques du Musée du Louvre, principalement les lettres qu'il adresse à son fils Michel-Martin et à sa fille Louise Adéone soit autographes à son fils Michel-Martin et de Michel-Martin à son père au cours de son séjour à Rome entre 1811 et 1816. Cette correspondance, augmentée de plusieurs lettres conservées par les descendants du peintre, a été déchiffrée par Carole Blumenfeld et publiée en 2009 dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français.

Élèves Michel Martin Drolling, son fils Louise-Adéone Drölling, sa fille

Référence dans la littérature Balzac le mentionne pour illustrer le raffinement du corsaire qui a enlevé la fille du Marquis d'Aiglemont dans La Femme de trente ans : ..

La légende des "cœurs des rois" est également reprise dans un roman d'Isabelle Duquesnoy, L'Embaumeur Ou l'Odieuse confession de Victor Renard - Édition La Martinière .

Notes et références

Annexes

Sources et bibliographie

. Sur la famille Drölling, on consultera Le Nécrologe Universel du , dirigé par E. de Saint-Maurice Cabany, t. 6, Paris, 1851, . Dictionnaire Bénézit Léonce Bénédite, Histoire des Beaux-Arts 1800-1900, éd. Flammarion, s.d. . Edmond Bapst, Un enfant de Bergheim, Martin Drölling, La Vie en Alsace, 1934. Isabelle Blondé, « Martin Drolling, Droelling, Der(l)ing (dit le Vieux) », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 8, Denis Lecoq, Drölling Martin Gérard Lemaire, Histoire du Salon de Peinture, éd. Klienksieck, Paris, 2004.Mémoire de maîtrise en histoire de l'art, Université de Strasbourg, 1982. Edouard Charton, Le Magasin pittoresque de 1899 (BNF Gallica), vol.17, , . Collectif, Encyclopédie des gens du monde, répertoire universel des sciences, des lettres et des arts. Salon de 1798, article sur Martin Drolling, Paris, Librairie Treuttel & Wurtz, 1837, vol.8, . Louis Desiré, L’Intérieur d’une cuisine, dans Le Magasin Pittoresque, 1999, vol. 17, . . André Girodie, La noce de village de Martin Drölling , dans les Archives alsaciennes d’histoire de l’art, , Paris, Strasbourg Istra, 1933, . Frère Édouard Sitzmann, « Martin Drölling », Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Paris, Édition du Palais Royal, 1909, T.I, . Marcelle Brunet, Tamara Préaud, Sèvres des origines à nos jours, Fribourg, Office du livre, 1978, . . Jean-Louis Schlienger, Drölling: le peintre du clair-obscur dans Saisons d'Alsace, 2004, . Carole Blumenfeld, « Les conseils avisés d'un peintre à son fils : la correspondance entre Martin Drölling (1752-1817) et Michel-Martin Drölling (1786-1851) », Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français'', Année 2009,

Liens externes

Œuvres et portrait des Drolling, père, fils et fille A propos du Brun momie, https://www.beauxarts.com/grand-format/pourquoi-cet-innocent-interieur-cache-une-histoire-gore/?

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