La gare d'Amiens (dite localement « gare du Nord », notamment dans les transports en commun urbains) est une gare ferroviaire française située à proximité immédiate du centre-ville de la commune d'Amiens, préfecture du département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Elle est mise en service par la Compagnie des chemins de fer du Nord, en 1846. Avec les gares voisines, elle est le centre d'une importante « étoile ferroviaire » à huit branches, dont six restent exploitées en trafic voyageurs dans les .

C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par des trains express régionaux (réseau ) dont le TERGV.

Situation ferroviaire Établie à d'altitude (niveau des rails), la gare d'Amiens est située au point kilométrique (PK) de la ligne de Longueau à Boulogne-Ville, entre les gares de Longueau et de Saint-Roch (Somme). Gare de bifurcation, elle est l'origine (au ) de la ligne d'Amiens à Laon. La première gare ouverte dans cette direction est celle de Villers-Bretonneux, précédée par celle fermée de .

Elle constitue, avec le site de Longueau et les gares de Saint-Roch (Somme), Boves et Vers (fermée), le cœur de l' amiénoise ; cette page est une archive., qui est composée de huit branches permettant d'atteindre Paris-Nord (via Creil), Compiègne (via Montdidier), Lille-Flandres (via Arras et Douai), Calais-Ville (via Abbeville et Boulogne-Ville), Rouen-Rive-Droite (via Abancourt et Serqueux), Laon (via Tergnier), et autrefois Frévent (via Doullens) et Beauvais (via Crèvecœur-le-Grand).

La gare possède six quais, desservant douze voies. Celles-ci sont ainsi réparties : au nord, cinq voies en impasse (8, 9, 10, 11 et 12) pour la ligne d'Amiens à Laon, et, au sud, sept voies de passage (1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7) pour la ligne de Longueau à Boulogne-Ville. Néanmoins, des jonctions installées à l'est de la gare permettent aux trains d'accéder aux deux types de voies, quelle que soit la ligne empruntée (à l'exception des circulations en provenance ou à destination de l'ouest, qui sont obligées d'arriver ou de partir de la gare par les voies de passage). Par ailleurs, elle dispose de voies de service pour le service infrastructure de la SNCF.

Histoire Première et deuxième gares La création de la Compagnie des chemins de fer du Nord par le banquier James de Rothschild a lieu le . Le réseau va vite être étendu vers Valenciennes, Gand, Amiens et Boulogne, par absorption des autres compagnies présentes dans la région (Picardie et Flandres, Nord-Est, Lille à Béthune, Lille à Valenciennes).

vignette|gauche|L'ancien , vu vers 1909. Le a lieu la mise en service de l'embarcadère d'Amiens, dessiné par l'architecte Alfred Armand ; l'année suivante, il devient une gare (appelée « gare du Nord »), cette dernière étant agrandie de locaux supplémentaires en 1903.. En 1848, la gare prend de l'importance avec l'inauguration de la ligne Amiens – Abbeville – Boulogne. Le , est ouverte la ligne de entre Amiens et Canaples par la Compagnie du Nord. Puis, la gare est desservie par le tramway d'Amiens à partir de 1891. La Première Guerre mondiale est fatale pour la gare, puisqu'elle est détruite par une vague de bombardements intenses (durant l'opération Michael, en ). Elle est reconstruite à l'identique après le conflit.

vignette|gauche|Restes de voitures accidentées, vus le . Le jeudi , un express, reliant Paris (gare du Nord) à Boulogne, déraille en franchissant un aiguillage à l'entrée de la gare ; dix-huit des , majoritairement de troisième classe, sont détruites sous l'effet du choc (dont cinq finissent leur course enchevêtrées), puis deux d'entre elles s'embrasent aussitôt. Cet accident cause et plus de (dont ), sur un total de 350 à présentes à bord du train. L'enquête révèle que le convoi est arrivé trop vite en gare ( au lieu des 40 réglementaires, non respectés par le mécanicien) et que ses voitures sont inadaptées à la circulation à vitesse élevée (matériel habituellement employé pour un service de banlieue qui ne dépasse pas 40 à , mais ici utilisé pour assurer un train supplémentaire vers le littoral à l'occasion du week-end du ), ces mêmes voitures construites en bois étant de surcroît équipées de lampes à gaz (alors que l'éclairage électrique est obligatoire depuis 1918)..

En 1938, Amiens devient une gare de la SNCF. Au début de la Seconde Guerre mondiale, un nouveau bombardement intense sur Amiens démolit la seconde gare pendant la bataille de France (mai – ).

Troisième gare vignette|gauche|Plaques rendant hommage aux cheminots morts pendant les deux guerres mondiales. En 1955 débute la construction de la troisième gare par l'architecte Auguste Perret, quinze ans après la destruction de la précédente et un an après la mort de cet architecte. Le nouvel édifice avait été conçu dès 1942, dans le cadre d'un projet architectural global du quartier de la gare, qui comprend également la tour Perret et la place de la gare (constituée comme un carrefour d'importantes artères sur lesquelles donnent des façades de la gare ferroviaire et la gare routière) ; ce document est une archive.. Cette gare est mise en service en 1958..

Dans les , le conflit entre Amiens et Lille pour le tracé de la penche en faveur de la capitale du Nord-Pas-de-Calais, pour des raisons financières et politiques. L'agglomération amiénoise a ensuite perdu la desserte (via la gare de Longueau) des liaisons TGV entre le Nord et Lyon, qui existaient depuis 1984. Par la suite, le projet de construction de la « » a été évoqué, mais comme il semble être abandonné, la demeure le principal accès samarien à la grande vitesse, accès qui de surcroît n'est pas connecté au réseau classique (malgré la proximité de celui-ci). Toutefois, un aller-retour quotidien en TERGV (roulant à grande vitesse entre Arras et la métropole lilloise, puis continuant vers Dunkerque) est mis en place. début 2020.. En outre, fin 2028, la gare devrait accueillir des circulations régulières de TGV (en direction de Marseille et Strasbourg, via Creil), par l'intermédiaire du raccordement Roissy – Picardie ; cette nouvelle infrastructure a aussi pour objectif de créer un accès direct en TER à la gare de l'aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV.. (évitant ainsi le transit par Paris et la ligne B du RER).

L'ensemble architectural d'Auguste Perret, constitué par la tour Perret et la place Alphonse-Fiquet (gare et immeubles d'habitation), fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le .. En 2004, la tour Perret, la gare et lesdits immeubles entrent dans le label « Édifice labellisé ».

vignette|Les aménagements de Claude Vasconi, notamment la verrière surplombant la place Alphonse-Fiquet, vus en 2012. Le est au fond, à droite. Voulu par Gilles de Robien et exécuté sur les plans de Claude Vasconi, un vaste plan de modernisation de la gare d'Auguste Perret débute en 2006. Jusqu'en 2008, l'ancien parking en plein air est démoli, et un accès en pente douce aux voies depuis l'extérieur, ainsi qu'une verrière (dite ), l'ont remplacé. La circulation des véhicules est depuis interdite sur la place, hormis celle des bus et taxis. Ces aménagements sont cependant controversésGilles Plum, « L’œuvre de Perret à Amiens, le Grand Palais : existe-t-il encore une politique de mise en valeur du patrimoine ? », , sur le site de La Tribune de l'Art (consulté le )... La verrière dispose d'un nouveau système d'éclairage depuis (récompensé par le « trophée de l'éclairage innovant » à l'édition 2016 du concours Lumières)., tandis que le parvis est doté d'une bambouseraie à partir de l'été 2020..

Par ailleurs, les quais sont également refaits et rehaussés entre et : c'est de marquises, datant des , qui sont totalement rénovées et remises aux normes. Depuis , l'accès aux voies 7, 8, 9, 10, 11 et 12 peut se faire depuis le au , par un escalier et des escalators (un montant et un descendant). Un ascenseur est mis à la disposition des personnes à mobilité réduite. Un escalator a été installé au niveau du quai des voies 7 et 8, pour les voyageurs arrivant à destination. Durant la phase de modernisation de l'espace de vente, les guichets ont été transférés dans des bungalows sur l'esplanade devant l'entrée principale ; ils ont retrouvé leur place dans le hall de la gare en .

vignette|Écran du système CATI, affichant les départs. La gare est dotée de nouveaux systèmes d'affichage pour les trains à l'arrivée et au départ, au niveau des quais, ainsi que dans le ( et inférieur) et la passerelle couverte. Des bancs sont installés dans les mêmes espaces, pour le confort des passagers. L'inauguration de la fin du gros des travaux de rénovation de la gare s'est déroulée le , date de l'ouverture de l'espace inférieur au niveau des quais, accessible depuis la place Alphonse-Fiquet. Ces travaux se poursuivent avec l'installation d'un second ascenseur au niveau de la voie 1, mis en service le , et la mise en place de la vidéosurveillance et de surfaces podotactiles (pour les personnes malvoyantes) sur l'ensemble de la gare. La communauté d'agglomération Amiens Métropole a voulu modifier les abords de la gare pour améliorer le confort et la sécurité de ses passagers ; de ce fait, l'arrêt des lignes de bus est déplacé ainsi que celui des taxis. Lesdits travaux ont coûté , financés par l'État, la région Picardie, et la SNCF.. Enfin, le sol de la passerelle et ses escaliers, ainsi que son éclairage, sont à leur tour rénovés à l' ; concomitamment, de nouveaux espaces d'attente y sont créés, et le de la gare y est étendu..

La (ou ) a été rachetée par , qui en est devenue propriétaire en ; le montant de cet investissement s'élève . Désaffecté au début des , ce bâtiment en , d'une longueur de et d'une surface de , est destiné à recevoir le public grâce à sa réhabilitation en espaces culturels et commerces, dans le cadre du projet de réaménagement de du quartier (terrain s'étendant jusqu'aux hortillonnages). ; dès , le parvis du bâtiment accueille de surcroît une sculpture en bronze représentant un poulpe (dite , réalisée par François Schuiten et Pierre Matter en référence à l'imaginaire de Jules Verne).. Les voies, situées sur la plate-forme jouxtant cette halle, ont été démontées en .. En outre, l'ancienne piscine cheminote, ouverte en 1948 et fermée dans les , est la seule de la région à ne pas avoir été détruite. Prisé par les amateurs d'exploration urbaine, le site fait l'objet de projets visant à le réhabiliter..

Par ailleurs, un chantier s'est déroulé sur la place de la gare à partir de , dans le cadre de la création d'un réseau de bus à haut niveau de service (BHNS).. Les véhicules de ce réseau empruntent désormais très fréquemment le pont de la rue Jules-Barni, datant de la fin du ; constitué d'une structure métallique recouverte de béton, il jouxte la gare et surplombe plusieurs voies ferrées. Après des décennies d'un entretien insuffisant néanmoins réalisé par la SNCF, ainsi qu'une dizaine d'années de désaccords entre (ex-RFF) et quant à la propriété de l'ouvrage, les frais de rénovation, dont le total sera supérieur à , devraient être partagés entre ces deux intervenants. ; les travaux commencent en .. Il s'avère toutefois qu'il faudra ultérieurement remplacer cet ouvrage, ce qui représente un coût compris entre 15 et ..

Cas de la voie 6

vignette|redresse|Séparation physique entre les et 6. La partie du quai affectée à cette dernière est visible en arrière-plan.