vignette|272x272px|Centre ville de Bou-saâda. L'histoire de Bou-Saâda, s'inscrit dans le cadre plus large de l’histoire de l’Algérie et trouve ses origines dans des périodes remontant à plusieurs millénaires. La ville de Bou-Saâda occupe depuis l'Antiquité une position stratégique tant sur le plan géographique que socio-économique. Par son rôle d’oasis de transition, elle a longtemps constitué un point de convergence pour les populations nomades et sédentaires, ainsi qu’un relais important dans les réseaux commerciaux transsahariens.
Le développement de Bou-Saâda à travers les siècles reflète l’interaction entre des dynamiques locales, telles que l’organisation tribale et les structures religieuses, et des forces exogènes, qu’elles soient politiques, militaires ou économiques. La ville a ainsi connu des phases successives d’intégration dans des entités politiques variées — royaumes berbères, Empire romain, dynasties musulmanes, régence d'Alger, puis administration coloniale française — qui ont laissé des empreintes durables sur son tissu urbain, son organisation sociale et ses fonctions économiques.
Présentation Bou Saâda est une ville saharienne qui se trouve dans le désert. Elle se situe au sud de la wilaya de M'Sila à , au sud-est du nord algérien à de la wilaya d'Alger et au sud du chott El-Hodna à 4°, 11’ longitude est et 35°, 13’ de latitude nord, sur une altitude de . Bou-Saâda représente un grand carrefour où convergent les échanges de plusieurs villes « M'Sila, Djelfa, Biskra, Alger », elle est reliée par la route nationale N46 vers Djelfa au sud et M’sila au nord-est et par la route nationale N8 vers Alger au nord et vers Biskra au sud-est. La ville est connue par son histoire et sa civilisation ancienne qui indiquent qu’elle était habitée depuis au moins 8000 ans.
Préhistoire
vignette|379x379px|Gravure préhistorique de Ben Srour. Beaucoup d’études et de fouilles ont bien montré que dans le périmètre immédiat de Bou-Saâda, il se rencontre bien une aire de vie épipaléolithique/néolithique. En effet, les fouilles de Dra-el-Euch, situé à quelques kilomètres de Bou-Saâda, ont monté que les fossiles exhumés appartenaient au Rhétien. J. Emberger relève lui aussi: «Nous attribuons au Rhétien les divers lambeaux affleurant à Aïn-Ograb»Nacib Youcef, Cultures Oasiennes, Bou-Saâda : essai d’histoire sociale, ENAL-Alger 1986, p.59. Des fouilles de Dra-el-Euch, il s’est conclu à l’identification d’espèces animales localisées dans des couches attribuées à l’Albien supérieur. Ainsi l’aire de Bou-Saâda était pourvue d’eau et peuplé d’animaux dès l’Albien, ce qui favorisera son peuplement par les hommes préhistoriques. Effectivement, les chercheurs du C.R.A.P.E (centre de recherches anthropologiques préhistoriques et ethnologiques. Alger) ont exhumé des quatre principaux gisementsNacib Youcef, Cultures Oasiennes, Bou-Saâda : essai d’histoire sociale, ENAL-Alger 1986 p.60, (A. Heddouche au gisement d’el-Onçor, N. Ferhat à Zaccar, N. Amara à es-Sayyar et N. Amrouche au gisement DDC+), près de l’Oued de Bou-Saâda de nombreux outils préhistoriques. Cet outillage lithique ainsi que les ossements découverts dans ces gisements confirment cette présence humaine au sein de l’aire de Bou-Saâda depuis plusieurs millénaires. De plus, le gisement Zaccar contenait plusieurs fragments de grosse faune et parmi eux des mandibules de bovidés sans arrangement apparent. À quelques kilomètres de là, sur un autre axe, au lieu-dit Tafza, on trouve trace de dessins préhistoriques dont le plus remarquable est un bovidé d’aspect morphologique rappelant celui d’un bison. On y a aussi relevé des fragments de coquilles d’œufs d’autruche, témoignage de préoccupations artistiques, et des éclats de silex préhistoriques. Il apparaît donc que les alentours de l’actuelle Bou-Saâda étaient une aire de vie où l’eau était fournie par l’oued qui devait avoir un débit plus important, qui jouissait d’un gibier certainement abondant et qui se prévalait d’un relief propice offrant refuges et cavernes d’habitation pour les hommes, les protégeant ainsi contre les fauves et les intempéries.
Le schéma directeur des zones archéologiques et historiques d’août 2007 publié par le ministère de la culture nous relève que les gisements d’es-Sayyar, d’el-Onçor, DDC et un cinquième, autre que les quatre susnommés, celui d’el-Hamel, remontent à l’Ibéromaurusien, marquant la transition entre Paléolithique supérieur et Épipaléolithique, environ de à ans BP (avant présent). L’industrie lithique ibéromaurusienne est l'œuvre d'humains anatomiquement modernes. Cette période se caractérise par la présence de lamelles en silex à bord abattu ainsi que des grattoirs, des burins et des microlithes. C'est dans cette période qu'apparaît l'utilisation de l'outillage en os. J. Tixier publiait minutieusement le gisement d’el Hamel où il remarque que la couche livrait un outillage Ibéromaurusien à très fort pourcentage (74,9%) de lamelles à bord abattuTixieh, Le gisement préhistorique d'El Hamel. Libyca, t. II, 1954, pp. 78-120. Plus tard, Ginette Aumassip précise :
Le Capsien, comme l’Ibéromaurusien, est une culture de l'Épipaléolithique, dernière phase de la préhistoire, d'Afrique du Nord et qui est décrit comme proto-berbère. Il doit son nom à la ville de Gafsa en Tunisie, anciennement appelée Capsa. Le Capsien dure d'environ 6800 av. J.-C. à 4500 av. J.-C. Les gisements capsiens sont souvent des escargotières ou, en arabe, ramadyet (cendrière), amas de coquilles d'escargots et de cendres auxquelles sont mêlés des outils et des débris de cuisine. L'un des éléments culturels originaux du Capsien est la réalisation de gravures sur œufs d'autruche. Il a été produit par des Hommes anatomiquement modernes comme celui qui a porté la civilisation ibéromaurusienne à Bou-Saâda. On est en droit alors de se poser la question de l’évolution du chasseur pré-néolithique de cette période ibéromaurusienne puisque les premières populations nous y ont laissé une œuvre inachevée qui dans l’état actuel des connaissances recueillies ne permettent pas de montrer le chainon reliant l’Ibéromaurusien au néolithique méditerranéen marqué par une néothilisation ou révolution néolithique caractérisée par le passage d’une économie de prédation (chasse, cueillette) à une économie de production (agriculture, élevage). Mais à quelques dizaines de kilomètres de Bou-Saâda, sur l’aire de Ben-Srour, on trouve des gravures rupestres d’âge néolithique qui s'apparentent à celles, à l'ouest, du Sud-Oranais (régions de Figuig, d'Ain Sefra, d'El Bayadh, d'Aflou et de Tiaret) et de Djelfa, à l'est à celles du Constantinois; ce qui infirme, selon R. Poyto, l'opinion selon laquelle la région de Bou-Saâda :
Antiquité Bou-Saâda a été témoin de plusieurs civilisations depuis l’antiquité, parmi lesquelles nous mentionnons les Gétules, la Civilisation romaine et la tribu des Hilaliens.
Les Gétules dans le Hodna vignette|364x364px|Carte situant les Gétules (Gaetuli) sur la lisière sud de l'Afrique romaine
A regarder de près une carte de l’Empire romain, on remarque que le territoire des Gétules s’étend, du nord au sud, sur une région comprenant l’Atlas saharien et le nord du Sahara. Les Gétules est le nom d'un ancien peuple d'Afrique du nord de la protohistoire descendant direct de la branche de la civilisation Capsienne ayant émigré au Sahara vers 3000 av. J.-C. et il semble que c’est le peuple qui a dominé de la façon la plus certaine l'Algérie durant les 1500 ans de son antiquité. Ils étaient, selon l'historien grec Strabon, le peuple le plus nombreux d'Afrique du Nord, mais également le moins connu. En tout état de cause et au fil des siècles, les Gétules développèrent une cavalerie efficace, et devinrent un peuple nomade migrant du Sahara vers le Nord de l'Afrique en suivant deux routes principales. L'une est celle des Gétules orientaux qui les mène vers Chella, l'actuelle Salé au Maroc, et l'autre est la route qui les mène du désert vers Madaura l’actuelle M'daourouch près de Souk-Ahras en Algérie. Lorsque la Première Guerre Punique éclate en 264 av. J.-C., le général carthaginois Hannibal Gisco les engage comme mercenaires. Deux siècles plus tard, les Gétules avaient acquis une grande expérience guerrière. Au temps de la guerre de Jugurtha contre Rome, les Gétules qui vivent dans les steppes au Sud de la Numidie sont, les uns indépendants, les autres sujets du roi. Celui-ci peut faire chez eux des levées importantes. Mais d’autres Gétules vont servir dans l’armée romaine et sont pour le Consul romain Marius d’utiles auxiliaires qui leur donna alors la promesse de leur livrer des terres numides ainsi que la citoyenneté romaine en échange de leur soutien. Ainsi, les Gétules qui combattirent aux côtés des Romains, et après que Jugurtha fut défait, se virent offrir, pour leurs services et en grand nombre, la citoyenneté romaine et de grandes propriétés terriennes et se fondirent, après un siècle de sédentarisation au sein des populations du nord de l'Algérie Mais Stéphane Gsell remarque : , quant à lui, nous éclaire un peu plus sur leur mode de vie quand il écrit : .Il les signale comme étant : . Ce sont ces sépultures qu’on retrouve un peu plus loin au sud de Bou-saâda dans les Zibans à Doucen et Tolga et une dans la région de Bou-Saâda avoisinant le chott et que décrit Rethault dans ”Les Djeddars du sud Constantinois”[ii]. Ces trois tombes ont en commun le fait qu’elles sont des chambres funéraires berbères recouvertes chacune d’une dalle surmontée d’un tumulus. Au nord de Bou-Saâda, près d’Aïn Khermame, d’autres tumulus attestent d’une vie antérieure à l’occupation romaine. De ce fait, on peut donc penser que l’aire de Bou-Saâda était parcourue en ces temps-là par les Gétules nomades du Sud.
Les romains à Bou-Saâda Parmi les civilisations anciennes les plus importantes qui ont traversé l’Algérie, nous trouvons la civilisation romaine qui a régné d’environ 42 av. J.-C. à 297 apr. J.-C.. Selon les études faites par les archéologues, Bou-Saâda aurait été occupé par Rome. Les chercheurs sont partis de cette hypothèse pour trouver si les romains s’installaient à cette ville ou non. La justification de l’occupation romaine à la cité est due à la présence d’un genre bien déterminé des pierres qui sont utilisées par les romains pour bâtir. Comme l’explique Y.Nacib : .Pour Cauvet (cité par Y. Nacib), . Le Commandant Cauvet s’appuyait sur la proximité phonétique des deux noms (il y aurait eu en Numidie un évêché de Buffada) celui de l’antique «Buffada» et celui de l’actuel «Bou-Saad». Par ailleurs, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bou-Saâda se trouve un immense balcon surélevé, une véritable allure de château-fort dit «El-Goléa» (la citadelle), aussi dénommé par la colonisation «billard du colonel Pein». Cette dénomination est liée à un colonel français qui l’a colonisé.
Les œuvres racontent l’histoire de l’occupation romaine dans les régions intérieures où ils ont utilisé El-Goléa comme forteresse et prison pour leurs prisonniers pendant leur occupation de la cité oasienne. À cet effet, Stéphane Gsell, dans son Atlas archéologique de l'Algérie (cité par Y. Nacib) confirme l’existence d’une forteresse : . Les chercheurs ont consulté la carte des troupes placées par Rome en Maurétanie césarienne et ont trouvé qu’elle fait mention de Bou-Saâda comme point de stationnement de soldats romains. De plus, des pièces de monnaie romaines y ont été retrouvées et que P. Salama (cité par Y. Nacib) les a identifiées : . Alors, après tous les indices précédents, nous pouvons admettre que les Romains sont bien passés à Bou-Saâda plus d’une fois et qu’ils y ont construit un repère militaire qui a été fonctionné en lien étroit avec la forteresse d’El-Goléa. vignette|287x287px|قبة جامع النخلة بوسعادة
Conquête musulmane