Les élections fédérales australiennes de 2025 () ont lieu le pour le renouvellement des de la Chambre des représentants et de 40 des du Sénat. À l’issue de ces élections débute la quarante-huitième législature du Commonwealth d’Australie.
Pour le Premier ministre sortant Anthony Albanese, à la tête du Parti travailliste (ALP), l’enjeu de ces élections est d’obtenir un deuxième mandat à la tête du gouvernement fédéral, après la victoire et l’alternance politique de 2022. En face, la Coalition libérale-nationale, auparavant au pouvoir entre 2013 et 2022, est menée par Peter Dutton, ancien ministre de la Défense dans le deuxième gouvernement de Scott Morrison. À la demande du Premier ministre, le scrutin est convoqué le 28 mars 2025 pour le 3 mai suivant. Il s’agit ainsi des premières élections organisées sous le mandat de la gouverneure générale Sam Mostyn.
La campagne se centre principalement autour du coût de la vie, des droits de douane américains et du changement climatique, ou encore la proposition de la Coalition de développer l'énergie nucléaire civile.
L’ALP remporte une majorité absolue écrasante avec 94 sièges, soit son meilleur score depuis 2007. En obtenant environ 62,7 % des sièges de la Chambre, il s’agit également de la meilleure performance du parti à ce niveau depuis John Curtin en 1943.
La Coalition subit sa plus lourde défaite depuis sa formation, perdant le vote populaire et enregistrant le plus faible nombre de sièges de son histoire. Les Verts perdent trois des quatre sièges qu’ils détenaient à la Chambre, tandis que les indépendants conservent leurs positions et gagnent cinq sièges supplémentaires au Sénat. One Nation réalise des gains à la chambre haute, avec deux nouveaux sièges.
Parmi les chefs de partis siégeant à la Chambre, seuls Anthony Albanese (Grayndler) et David Littleproud (Maranoa) sont réélus dans leurs circonscriptions respectives. Peter Dutton (Dickson) et Adam Bandt (Melbourne) sont battus, tous deux au profit d’une travailliste.
Le 13 mai suivant, le Premier ministre et son équipe prêtent serment devant Sam Mostyn, et le gouvernement Albanese II entre en fonction.
Contexte
Ces élections interviennent trois ans après l'alternance politique survenue au dernier scrutin au profit de l'ALP. Si la Coalition arrive en tête des premières préférences, elle perd 18 représentants, établissant ainsi son score le plus bas depuis 1946..
Les travaillistes, après neuf ans dans l'opposition, disposent d'une majorité absolue des sièges à la Chambre des représentants, mais le Sénat demeure, comme à l'accoutumée, une chambre sans majorité. Le scrutin est également un succès pour les Verts et les candidats indépendants, qui réalisent chacun des gains substantiels..
Anthony Albanese, qui prête serment comme Premier ministre le 23 mai, déclare lors de son premier discours post-investiture son intention d’organiser un référendum constitutionnel sur la création d'un organe représentatif des autochtones, l'une de ses promesses de campagne. Cette initiative était née en 2017, lorsque 270 délégués autochtones rédigent la déclaration d'Uluru, visant notamment la mise en place d'un organe qui serait chargé de conseiller le Parlement sur toute loi les concernant.
L'ALP, porteur du projet, fait activement campagne en faveur du « Oui », avançant un moyen de remédier à plusieurs problèmes auxquels font face les Aborigènes et les indigènes du détroit de Torrès, notamment un taux de pauvreté et d'incarcération plus élevé que dans le reste de la population, ainsi que l'accès aux soins et à l'éducation. Chez l'opposition, les opinions divergent : si le Parti national s'oppose au projet dès novembre 2022, le Parti libéral finit par faire campagne contre à partir d'avril 2023, son chef Peter Dutton s'étant pourtant déclaré favorable au projet en 2019 quand il siégeait au sein du gouvernement Morrison II, mais sous la forme d'une simple législation et non d'un amendement constitutionnel.
Le référendum se révèle finalement être un échec, le « Non » l'ayant emporté grâce, notamment, à la campagne menée de Peter Dutton dénonçant une division du pays selon des « critères raciaux », où « tous les Australiens [seraient] égaux, mais où certains Australiens [seraient] plus égaux que d'autres ».. Au soir du scrutin, Anthony Albanese reconnaît la défaite et promet de continuer à travailler pour promouvoir la réconciliation..
Système politique et électoral L'Australie est une démocratie parlementaire et une monarchie constitutionnelle. C'est un royaume du Commonwealth avec Charles III pour roi d'Australie. Ce dernier est doté d'un rôle purement cérémoniel, et est représenté par un gouverneur général dont les fonctions sont également d'ordre symbolique, tout en conservant certains pouvoirs de réserve. Le pouvoir exécutif est exercé par le Premier ministre et son Cabinet. Ceux-ci sont responsables face à la Chambre des représentants et ne demeurent en fonction que s'ils bénéficient de la confiance d'une majorité des députés.
La Chambre des représentants et le Sénat sont tous deux pourvus au suffrage universel direct, mais selon des systèmes électoraux différents. La Chambre est par ailleurs renouvelée intégralement pour des mandats de trois ans, tandis que le Sénat est renouvelé par moitié, mais pour des mandats de six ans. Le vote est obligatoire et le fait de ne pas voter est puni d'une amende..
Pour les Australiens se trouvant à l'étranger au moment du vote, cent-onze bureaux de vote sont ouverts dans les ambassades et consulats australiens dans quatre-vingt trois pays, et ces citoyens peuvent par ailleurs choisir de voter par courrier postal. Les personnes se trouvant dans les territoires australiens en Antarctique peuvent voter par téléphone. Pour les citoyens ne se trouvant pas en Australie, voter n'est pas obligatoire "‘I just rocked up’: how Australians abroad cast their vote, from Moscow to the Maldives", The Guardian, 30 avril 2025.
Chambre des représentants vignette|redresse|Fonctionnement d'un vote à second tour instantané vignette|redresse|Exemple de bulletin de vote utilisé à la chambre La Chambre des représentants se compose de (un de moins qu'en 2022 "House of Representatives to return to 150 members", Commission électorale australienne, 27 juillet 2023) pourvus au vote à second tour instantané dans autant de circonscriptions électorales uninominales. Ce type de vote y est utilisé sous sa forme intégrale : les électeurs classent l'intégralité des candidats de leur circonscription par ordre de préférences en écrivant un chiffre à côté de chacun de leurs noms sur le bulletin de vote, 1 étant la première préférence. Au moment du dépouillement, les premières préférences sont d'abord comptées puis, si aucun candidat n'a réuni plus de la moitié des suffrages dans la circonscription, le candidat arrivé dernier est éliminé et ses secondes préférences attribuées aux candidats restants. L'opération est renouvelée jusqu'à ce qu'un candidat atteigne la majorité absolue. Les bulletins de vote doivent obligatoirement comporter un classement de l'ensemble des candidats. À défaut, ils sont considérés comme nuls. La loi électorale permet cependant de considérer comme valables les bulletins sur lesquels une seule case a été laissée non cochée..
Dans la pratique, des volontaires des partis politiques se tiennent à l'entrée des bureaux de vote le jour des élections et proposent aux électeurs des cartes qui indiquent comment chaque parti préconise d'ordonner les candidats.
Sénat Le Sénat se compose quant à lui de 76 sièges pourvus au scrutin à vote unique transférable dans des circonscriptions plurinominales. Chacun des six États constitue une circonscription de élus pour six ans, mais renouvelés par moitié, tandis que celles du Territoire du Nord et de la capitale Canberra comportent deux sénateurs chacun, élus pour trois ans et renouvelés intégralement. Si le renouvellement de la Chambre est intégral, celui du Sénat a ainsi lieu par moitié environ, quarante sièges étant à pourvoir tous les trois ans : six par État et deux par Territoire. Le Sénat peut toutefois être renouvelé intégralement en même temps que la Chambre dans le cas d'une double dissolution, auquel cas la moitié des sénateurs des États effectuent exceptionnellement des mandats de trois ans.
Dans ce mode de scrutin, à finalité proportionnelle, les électeurs classent au moins autant de candidats que de sièges à pourvoir par ordre de préférences en écrivant un chiffre à côté de chacun de leurs noms sur le bulletin de vote, 1 étant la première préférence. La forme du système est ici non intégrale : les électeurs ne sont pas obligés de numéroter l'ensemble des candidats, mais seulement au moins autant que le double du nombre de sièges à pourvoir dans leur circonscription. Ils peuvent toujours en numéroter plus s'ils le souhaitent. En pratique, la loi électorale permet de considérer comme valables des bulletins sur lesquels au moins six candidats ont été numérotés.
vignette|Exemple de bulletin de vote utilisé au Sénat Les candidats sont regroupés sur le bulletin de vote par partis, et les électeurs peuvent librement sélectionner l'ensemble des candidats de ce parti ou en sélectionner des candidats de partis différents. Les électeurs ont également la possibilité de voter directement pour le parti de leur choix en cochant une seule case, auquel cas l'ensemble de leurs préférences sont attribués aux candidats présentés par le parti dans l'ordre proposé par ce dernier. L'électeur choisissant ce type de vote par parti doit cependant en numéroter au moins six, bien que la loi électorale permette de considérer comme valables des bulletins sur lesquels un seul parti a été coché.
Les partis ne sont pas contraints de présenter autant de candidats que de sièges à pourvoir et tendent à en présenter un nombre restreint afin de limiter la dispersion des voix de leurs électeurs, notamment chez les petits partis. Les bulletins de vote sont imprimés avec les partis disposés horizontalement au-dessus d'une ligne sous laquelle leurs candidats sont disposés en colonnes verticales. Un vote directement par candidats est ainsi couramment appelé (Below the Line) et un vote par partis (Above the Line)..
Au moment du dépouillement, il est d'abord établi le quota de voix à atteindre par un candidat pour obtenir un siège en divisant le nombre de votes valides plus un par le nombre de sièges à pourvoir plus un. Les premières préférences sont d'abord comptées et le ou les candidats ayant directement atteint le quota sont élus. Pour chaque candidat élu, les secondes préférences de ses électeurs sont ajoutées au total des voix des candidats restants, permettant éventuellement à ces derniers d'atteindre à leur tour le quota. Si aucun candidat n'a atteint le quota dans la circonscription, ou qu'il reste des sièges à pourvoir après attribution des secondes préférences, le candidat arrivé dernier est éliminé et ses secondes préférences attribuées aux candidats restants. Si un candidat est élu ou éliminé et que ses secondes préférences vont à un candidat lui-même déjà élu ou éliminé, les préférences suivantes sont utilisées, et ainsi de suite. L'opération est renouvelée jusqu'à ce qu'autant de candidats que de sièges à pourvoir atteignent le quota.
Du fait des circonscriptions plurinominales et du scrutin quasi proportionnel, le nombre de candidats pour le Sénat est généralement très élevé.. Le dépouillement peut souvent prendre plusieurs semaines..
Partis politiques et dirigeants