, terme vénitien ou italien signifiant « État du doge », aussi nommé Dogat ou Duché de Venise () désigne une ancienne province de la république de Venise dans laquelle était située la ville de Venise, qui en était le chef-lieu. Il s'agit de l'unité administrative directement soumise au doge, qui était composée de neuf podestats. Avec les et le , le était l'une des trois composantes de la république de Venise.

Situation Le Dogado était situé entre la Polésine au Sud, le Padouan à l'Ouest, le Trévisan et le Frioul au Nord, et l'Adriatique à l'Est. Il comprenait les nombreux îlots qui forment la ville de Venise, plus la Giudecca, San Giorgio Maggiore, San Erasmo, Malamocco, Burano, Murano, Lido, Cavallino-Treporti, Chioggia, Sottomarina et d'autres.

Historique Les assises juridiques et territoriales du futur Dogado remontent au « pacte de Lothaire » de 840 par lequel le doge Pietro Tradonico se fait doublement reconnaître à la fois comme hypatos (« consul ») et spatharios (« porte-épée ») impérial par l'empereur byzantin Theophile et comme « dux » (duce, doge) de la Vénétie maritime par le carolingien Lothaire qui le reconnaît comme représentant de l'Italie byzantine en Vénétie, y compris sur les terres de la lagune et ses rivages , ce qui définit l'étendue précise du DogadoDonald M. Nicol, Byzantium and Venice. A Study in Diplomatic and Cultural Relations, Cambridge University Press 1992..

Vers l'an mil, Venise s'émancipe de l'Empire romain d'Orient (dit byzantin) auquel elle était jusque-là attachée, avec une certaine autonomie : les doges sont attestés depuis 697. Venise, prospère république de marchands et d'armateurs naviguant à travers la mer Adriatique jusqu'aux extrémités occidentales de la route de la soie en Méditerranée orientale (le « Levant »), garde son indépendance jusqu'en 1797. L'organisation du Dogado, qui correspond au territoire initial de Venise à son indépendance, a peu varié au cours de ce millénaire ; en revanche, ses territoires continentaux (les Domini di Terraferma) et maritimes (le Stato da Màr) ont connu une phase d'expansion, puis une stabilisation au , et pour finir, en ce qui concerne le domaine maritime, de recul face à l'Empire ottoman.

Mais c'est la France, venue de l'Ouest, qui est à l'origine de la chute de la république de Venise en 1797 : c'est la fin des Doges et du Dogado. La cité lagunaire intègre de 1805 à 1814 le royaume d'Italie napoléonien. Après les défaites napoléoniennes, au congrès de Vienne de 1815, la république de Venise n'est pas rétablie et la cité de Venise échoit à l'empire d'Autriche qui l'intègre à son « royaume Lombard-Vénitien »Jean-Claude Hocquet, Venise au Moyen Âge, Guide Belles Lettres des Civilisations, Les Belles Lettres, Paris 2003John Julius Norwich, Histoire de Venise, Payot, Paris 1986, Alvise Zorzi, Une cité, une république, un empire : Venise, Fernand Nathan, Paris 1980 .

Subdivisions Le Dogado était divisé en neuf podestats : Cavarzere (XIIIe s.-1797) Caorle (1251-1797) Chioggia (1208-1797) Cologna (1404-1797) Gambarare (XIIIe s.-1797) Grado (1251-1797) Lido (XIII s.-1797) Loreo (XIIIe s.-1797) Malamocco (1251-1797) Murano (1271-1797) Torcello (XIII s.-1797) Torre delle Bebe (XIIIe s.-1607)

Voir aussi Sources

Bibliographie Marco Sebastiano Giampiccoli, Descrizione istorica e geografica del Veneto Dogado con sua carta topografica di questa provincia, Belluno, 1779 Mirto Etonti et Fiorenzo Rossi, La populazione nel Dogado Veneto nel secoli XVII e XVIII, 244 p., Padoue, Cleup editore, 1994

Lien externe Venise

Sources

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