Thérèse Aubry est une chanteuse et danseuse de l'Opéra de Paris, née à Paris le et morte dans l'ancien de Paris le .

Biographie

Famille et jeunesse Thérèse Angélique Aubry naît à Paris en 1772, fille de modestes artisans du quartier du carré Saint-MartinActe de décès du , reconstitué le , Paris (ancien), Archives de Paris.

En 1788, elle est engagée comme figurante à l'Opéra de Paris, alors établi à deux pas de chez elle, au théâtre de la Porte Saint-Martin. Elle suit des cours de chant et, en 1791, passe dans les chœurs de l'opéra avec d’appointements. Elle vit alors avec ses parents rue Saint-Martin, dans un logement misérable.

En 1799, Thérèse Aubry met au monde une fille naturelle baptisée Louise Phannie (ou Fanny)Acte de naissance du , reconstitué le , Paris, Archives de Paris, qui porte à la naissance le patronyme de son père, Paul François Moraux, puis plus tard celui de sa mèreActe de décès du , reconstitué le , Paris, Archives de Paris. Son père ne l'élève pas par la suite.

Déesse de la Raison

Le soir même, le département et la commune décident que la fête du décadi suivant, le , aura lieu à la cathédrale Notre-Dame de Paris et Pache donne à cette cérémonie le nom de Fête de la liberté et de la raison. Selon le vœu de Chaumette, Notre-Dame est convertie en temple de la Raison par la Convention nationale. Choisie par Jacques-Louis David, Thérèse Aubry représente symboliquement la déesse de la Raison lors de la fête, donnée le à Notre-Dame.

Thérèse Aubry reçoit des propositions d'autres théâtres, mais décide de rester à l'Opéra, qui augmente son salaire à , une somme toutefois insuffisante, ce qui l'oblige à partager la mansarde d'une consœur.

Après la naissance de sa fille, Thérèse Aubry s'établit 5, rue Louvois. Ses appointements de choriste n'ayant pas augmenté, elle continue de vivre dans la précarité. On lui prête une relation avec un proche de Napoléon, qu'il aurait contribué à faire sacrer empereur en 1804.

Accident Le , Thérèse Aubry interprète le rôle de Minerve dans le ballet Le Retour d'UlysseLe Retour d'Ulysse est un ballet pantomime en trois actes, créé par Louis-Jacques Milon sur une musique de Louis-Luc Loiseau de Persuis et représenté pour la première fois le 27 février 1807 à l'Académie impériale et royale de musique à Paris., coiffée d'un casque et armée d'une lance et tenant un bouclier. Elle descend des cintres assise sur une gloire qui doit la poser au centre de la scène, où l'attendent Ulysse et Pénélope. Elle est alors victime d'un grave accident : la machine sur laquelle elle descendait s'effondre, la faisant tomber d'une hauteur de 5 mètres et la blessant grièvement. Le tout-Paris s'intéresse à son sort, tout comme l'impératrice Joséphine qui assistait à la représentation. Henri Mosnier écrit : . vignette|Sépulture de Thérèse Aubry et sa fille Phannie (ou Fanny), cimetière de Montmartre, 1829 Il s'ensuit une querelle entre les machinistes sur la cause de l'accident, qui exaspère Napoléon qui vient de remporter la bataille d'Eylau au prix de pertes importantes. Il l'écrit dans une lettre qu'il adresse le à Fouché : Le Théâtre français de la Révolution à l'Empire : Ulysse (ballet, Milon).

Thérèse Aubry reste de longs mois en convalescence et doit mettre un terme à sa carrière artistique, après 17 ans de service. Elle obtient une pension de . Sa fille, entrée comme élève à l'école de l'Opéra à l'âge de 12 ans, a rejoint le corps de ballet, mais sa carrière (sous le nom de Fanny Aubry) ne dure que quelques années et, en 1824, après quelques mois de maladie, elle est rayée du personnel de l'Opéra. Mère et fille continuent de vivre ensemble une vie modeste, oubliées et affaiblies par leur mauvaise santé.

Sentant sa fin approcher, Thérèse Aubry prend des dispositions pour faire ériger un petit monument funéraire sur sa tombe et choisit comme légataire universel son ancien amant. Elle meurt le à son domicile du 43, rue du Faubourg-Montmartre. Après des obsèques célébrées à l'église Notre-Dame-de-Lorette, elle est inhumée le au cimetière de Montmartre (division 30)Cimetière de Montmartre-Répertoire journalier d'inhumation : 07/01/1829 au 18/02/1829, , . Sa fille, morte à la même adresse le suivant à l'âge de 28 ans, repose à ses côtésCimetière de Montmartre-Répertoire journalier d'inhumation : 18/02/1829-31/03/1829, , . Leurs tombes sont surmontées de deux petites colonnes, toujours visibles.

Archives personnelles

Inventaire après décès, Aubry, Thérèse Angélique, Faubourg-Montmartre (rue du), , , Archives nationales

Notes et références

Catégorie:Danseuse française du XVIIIe siècle Catégorie:Danseuse française du XIXe siècle Catégorie:Naissance à Paris au XVIIIe siècle Catégorie:Naissance en août 1772 Catégorie:Décès en janvier 1829 Catégorie:Décès dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière de Montmartre (division 30) Catégorie:Décès à 56 ans