L'équipe cycliste Pony Malta est une équipe cycliste colombienne ayant existé de 1987 à 1996, affiliée à l'UCI de 1987 à 1991. Elle participe notamment à deux Tours d'Espagne (1988 et 1990) et à un Tour d'Italie (1991).
Histoire de l'équipe
À la mi-mai 1987, les brasseries Bavaria prennent en charge l'équipe professionnelle Western, à la dérive après la dissolution de l'entreprise. La nouvelle formation prend le nom de sa boisson sans alcool à base de malt, . La première course disputée par l'équipe, avec ce nouveau sponsor, est le Clásico RCN. (Même si sous ces nouvelles couleurs, remporte la , une course de niveau départemental dans la Valle del Cauca, cinq jours avant).
Première saison : Reynel Montoya, champion de Colombie En mai 1987, au départ du Clásico RCN, Reynel Montoya est le principal favori de la compétition au même titre que Fabio Parra, à un degré moindre figure . Mais Parra profite des contre-la-montre pour s'imposer, alors que Reynel y faillit, chassant les Pony Malta des podiums ( achève l'épreuve quatrième, Montoya finit sixième, Arango termine dixième).
Une semaine plus tard, l'équipe remporte son plus grand succès de sa première saison avec sa victoire dans la deuxième édition du championnat de Colombie professionnel. Reynel Montoya, transfuge de la formation Manzana Postobón, obtient la médaille d'or en produisant son attaque dans le dernier raidillon du circuit à de l'arrivée. La médaille de bronze revient à son coéquipier ( finissant sixième).
Quelques jours plus tard, la formation participe à son Tour national. Arrivée sur la pointe des pieds, elle se transforme en grande animatrice de la compétition. Elle remporte quatre étapes par l'intermédiaire de Rogelio Arango, Luis Alberto González, Reynel Montoya et Abelardo Ríos et trois classements annexes (les classements combiné, de la régularité et de la montagne) par Montoya. Tout en classant trois hommes dans les six premiers du classement général (Arango, quatrième, González, cinquième et Montoya, sixième) démontrant, selon El Tiempo, la valeur de l'équipe, faite pour les terrains montagneux.
Le reste de la saison, les membres de la formation obtiennent, également, plusieurs victoires dans des courses à étapes du calendrier national. C'est le cas notamment de Reynel Montoya aux Clásica de Antioquia et Clásica de Cundinamarca, ou de Luis Alberto González à la Clásica del Valle.
Deuxième saison et premier Grand Tour : Tour d'Espagne 1988 Avec le succès de Lucho Herrera lors de l'édition précédente et l'engouement que suscite les coureurs colombiens en Europe, une troisième équipe latino-américaine est invitée au Tour d'Espagne 1988, la formation Pony Malta. Avec trois leaders désignés, , et , le directeur technique de l'équipe réclame une à ses coureurs et fixe comme objectif un ou deux hommes dans les dix premiers du général et le gain d'une étape. À l'issue, Gutiérrez dresse un bilan sans complaisance : . Il met en exergue l'inexpérience de ses coureurs et les premières étapes venteuses qui déciment son équipe. Le premier d'entre-eux, Chizabas, termine .
Plus tôt en saison, la formation avait participé au Tour des Amériques. Lors de la troisième étape (un circuit dans Caracas), s'échappait avec le futur vainqueur de l'épreuve, Jesper Worre, qui lui laissait le gain de l'étape.
Fin mars, l'équipe remporte une course à étapes colombienne, la , par l'intermédiaire du . Fort de cette victoire, González, au même titre que Montoya, est le rival désigné (dans les rangs de Pony Malta) pour contrecarrer Pablo Wilches, favori du Clásico RCN 1988. Même si leurs abandons dans le Tour d'Espagne laissent planer un doute sur le pronostic. Lors de la cinquième étape, Luis Alberto González semble justifier son statut en remportant le contre-la-montre individuel. Ce qui le rapproche à quatre secondes du maillot de leader. Mais deux jours plus tard, il perd toutes chances de bien figurer au classement final, en ne pouvant suivre le rythme des Manzana Postobón dans l. Selon la presse, pour les Pony Malta, la course se termine en , en laissant González . Ce dernier termine premier d'entre eux mais à la sixième place (, membre de l'équipe amateur, septième et Montoya dixième).
À la veille de l'arrivée du Tour de Colombie 1988 et d'un contre-la-montre individuel, Reynel Montoya semble capable de mettre fin à vingt et une années sans victoire dans le Tour national. Il n'est qu'à sept secondes du leader transitoire Álvaro Mejía, depuis l'attaque des Pony Malta dans la septième étape et toute son équipe est à son service (y compris Luis Alberto González). L'exercice solitaire bouleverse la hiérarchie de la compétition. Luis Herrera prend les commandes de l'épreuve en remportant l'étape alors qu'en déboursant , Rafael Montoya en est la principale victime. L'épreuve s'achève le lendemain par la victoire d'Herrera et trois Pony Malta dans les dix premiers (González, cinquième, Montoya septième et dixième et, par ailleurs, meilleur néo-professionnel de la compétition). Auparavant, , membre de l'équipe amateur, s'était imposé lors de la neuvième étape.
À peine une semaine plus tard, se dispute le championnat national. Malgré l'absence de coureurs d'envergure comme Luis Herrera, Pablo Wilches ou Pacho Rodríguez, l'immense majorité des coureurs professionnels colombiens est présente au départ. Les Pony Malta contrôlent la course et notamment la dernière tentative de Samuel Cabrera et Alberto Camargo. Reynel Montoya conserve son titre en retardant son effort jusqu'à la dernière montée menant à l'arrivée sur la , à Tunja.
Au mois d'août, la formation Pony Malta réalise son meilleur résultat à l'étranger en deux ans d'existence. Alirio Chizabas termine deuxième du Grand Prix Guillaume Tell. À la faveur d'une échappée qui prend plus de seize minutes aux favoris, Chizabas arrive au contre-la-montre qui clôt l'épreuve leader avec une dizaine de secondes d'avance sur Fabian Fuchs. Il ne peut lui résister mais conserve sa place sur le podium.
Troisième saison En avril 1989, au départ du Clásico RCN, en l'absence de coureurs étrangers de renom, Francisco Rodríguez est favori au même titre que Fabio Parra, Luis Herrera, Álvaro Mejía ou Oliverio Rincón. Même si Rincón et Rodríguez ont été de grands animateurs, ils n'ont jamais paru capables de gagner l'épreuve, attaquant sans cesse mais sans faire de différence. Celle-ci se faisant dans les contre-la-montre (à leur détriment). Pacho Rodríguez termine quatrième à de Mejía quand son coéquipier finit, lui, cinquième.
En regard du Clásico RCN, le Tour de Colombie 1989 souffre davantage de son calendrier et du tropisme européen du cyclisme mondial qui attire les meilleurs coureurs colombiens. Ainsi Herrera participe au Tour d'Italie au même moment. Fabio Parra n'envisage la course que comme une préparation pour le Tour de France et Mejía participait encore au Critérium du Dauphiné, la veille du prologue. C'est pourquoi Francisco Rodríguez et Oliverio Rincón sont considérés comme les favoris (à un degré moindre figure également ). Pourtant, en raison d'une péricardite, Pony Malta voit son leader Pacho Rodríguez ne pas prendre le départ de la course la plus importante de sa saison. Même si Luis Alberto González remporte le prologue, qui par un changement de règlement de dernière minute, devient facultatif, les coureurs ne pèsent absolument pas sur la course. González termine quatrième et premier d'entre-eux mais il finit à plus de deux minutes du podium. Trois autres Pony Malta achèvent leur Tour national dans les dix premiers. termine cinquième et premier néo-professionnel. Dubán Ramírez, de la formation amateur, le finit huitième et , neuvième. Roncancio et Demetrio Cuspoca (lui-aussi encore amateur) remportent chacun une étape et le classement des étapes volantes.
Une semaine après l'arrivée du Tour de Colombie, les professionnels ont rendez-vous à Pereira pour se disputer le championnat de Colombie professionnel et tenter de succéder à Reynel Montoya, vainqueur des deux éditions précédentes. Quarante et un concurrents, appartenant aux équipes Café de Colombia, Manzana Postobón, Pony Malta, Varta - Kelme prennent part à la course. S'échappant à presque un kilomètre de l'arrivée, Montoya s'adjuge son troisième titre consécutif. Ce succès est le fruit du travail collectif de la formation Manzana Postobón qu'il a retrouvé. Les Pony Malta placent cinq hommes dans les dix premiers, avec , sixième, , septième, , huitième, Luis Alberto González, neuvième et , dixième.
La formation dispute au moins deux épreuves en Europe, le Tour de l'Oise de manière anecdotique, et, au mois d'août, le Grand Prix Guillaume Tell, en Suisse. Luis Alberto González y remporte la septième étape. Fin octobre, la Colombie est représentée par des membres de l'équipe amateur Pony Malta au Tour du Guatemala. remporte l'épreuve devant le Guatémaltèque et ses coéquipiers et Dubán Ramírez. Ils remportent en outre le classement par équipes et Bernal s'octroie le trophée des grimpeurs.
Les Pony Malta s'illustrent aussi dans les courses par étapes nationales tout au long de l'année. Ainsi en mars, Francisco Rodríguez s'impose dans la . Puis c'est Luis Alberto González qui remporte la . Alors que Jair Bernal gagne la Clásica de El Carmen de Viboral, en décembre.
Quatrième saison La formation commence la saison lors de la première édition de la , patronné par les cafés "Águila roja". À la veille de l'arrivée, se fait fort de renverser le classement et de l'emporter à la faveur du contre-la-montre terminal. Mais ne réussissant qu'à faire jeu égal avec le vainqueur de l'épreuve, Gustavo Wilches, il termine sur la dernière marche du podium. Martín Ramírez, nouveau renfort de la structure, termine cinquième grâce à sa troisième place dans le "chrono".
Un mois plus tard, la formation Pony Malta domine largement ses rivaux lors de la Clásica "Texaco" de Cundinamarca. Sa victoire dans le contre-la-montre de clôture permet à de terminer deuxième l'épreuve juste derrière son coéquipier Francisco Rodríguez, qui conserve son titre acquis l'année précédente.
En l'absence de Francisco Rodríguez qui se concentre uniquement sur le Tour de Colombie, est le leader de la formation Pony Malta au départ du Clásico RCN. Il figure parmi les principaux adversaires du tenant titre, Álvaro Mejía comme Luis Herrera ou Oliverio Rincón. Martín Ramírez remporte l'étape montagneuse, arrivant à Calarcá. Tandis que son coéquipier Demetrio Cuspoca s'adjuge l'avant-dernière étape. Mais comme les années précédentes, les hommes de la formation sont loin du podium final. , à une seconde de la troisième marche avant le contre-la-montre terminal, se retrouve rejeté à la septième place du classement général, à l'issue. Son coéquipier Luis Alberto González le précédant d'une place. s'adjuge, quant à lui, le classement des étapes volantes.
Au même moment, l'équipe est sur les charbons ardents, attendant un désistement d'une autre formation pour participer au Tour d'Espagne 1990. Environ un mois avant le départ du prologue, les Pony Malta apprennent de la part des organisateurs leur participation à l'épreuve.