, née le à Ashiya, est une femme politique japonaise, proche de la droite conservatrice. Elle est gouverneure de la préfecture de Tokyo depuis 2016.

Yuriko Koike est membre successivement de plusieurs formations de droite conservatrice, dont le Parti libéral-démocrate (PLD), de 2002 à 2016 et le Parti de l'espoir, qu'elle a cofondé, entre 2017 et 2018.

Elle est ministre de l'Environnement de 2003 à 2006 dans le gouvernement Koizumi II, puis de la Défense dans le gouvernement Abe I du au . Le , elle est la première femme élue gouverneur de Tokyo. Elle est réélue au même poste en 2020 puis en 2024.

Yuriko Koike est membre du Nippon Kaigi, un lobby nationaliste et révisionniste, qui rassemble la plupart des ministres du Parti libéral-démocrate (PLD).

Enfance et études

Née et élevée à Ashiya (Hyōgo), une banlieue aisée à l'est de Kōbe, Koike fréquente le collège puis le lycée pour filles Kōnan, dans l'arrondissement de Higashinada à Kōbe.

Son père, Yūjirō Koike, est un marchand d'export spécialisé en produits pétroliers. Il est également engagé en politique, et soutient Shintarō Ishihara et le Tatenokai au cours des ; il participe sans succès aux élections législatives du sous les couleurs du Parti libéral-démocrate (PLD), grand parti conservateur au pouvoir depuis sa création en 1955, dans l'ancien de la préfecture de Hyōgo, soit les banlieues insérées entre Kōbe et la préfecture d'Ōsaka, ainsi que l'île d'Awaji. De sa carrière, il enseigne à sa fille quelques principes politiques, notamment l'impératif pour le Japon de renforcer ses liens avec les pays arabes, afin d'assurer un approvisionnement stable en hydrocarbures, de peur que le Japon, faute de ressources propres, n'ait à nouveau à se lancer dans une guerre en quête de pétrole. Les paroles de son père encouragèrent Yuriko à se rendre en Égypte pour apprendre l'arabe.

Après avoir étudié la sociologie à l'université Kwansei Gakuin de Nishinomiya d' à et à l'université américaine du Caire en 1972, Koike obtient un en sociologie à l'université du Caire, en . Elle épouse un étudiant japonais en Égypte, alors qu'elle est âgée de , mais divorce rapidement.

Carrière dans les médias

De retour au Japon en 1977, elle travaille d'abord comme interprète pour l'arabe, et est secrétaire générale de l'Association arabe du Japon (, ) à Tokyo. Mais elle se fait surtout remarquer en 1978 pour avoir mené l'interview télévisée pour la chaîne (NTV) du président de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Yasser Arafat et du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dans le cadre d'une émission spéciale« Une ministre de la Défense, un espoir pour les Japonaises », Libération, 13 juillet 2007.. Elle entame alors une carrière de à la télévision.

Elle est d'abord présentatrice assistante aux côtés de Kenichi Takemura pour son émission matinale de débat politique et d'actualité, , sur la NTV de 1979 à 1985.

Koike est ensuite la première présentatrice principale du , ou « WBS », de TV Tokyo (TX), programme d'informations nationales centré sur l'économie diffusé en fin de soirée, entre le (première édition de l'émission) et .

Carrière en politique

vignette|gauche|Yuriko Koike lors du Forum économique mondial 2008 sur le Moyen-Orient à Charm el-Cheikh en Égypte, le .

Les débuts au NPJ et dans la coalition anti-PLD

Yuriko Koike rejoint le Nouveau parti du Japon (NPJ), parti réformiste et libéral fondé en par l'ancien gouverneur de la préfecture de Kumamoto Morihiro Hosokawa (de 1983 à 1991) et réunissant essentiellement de jeunes figures issues des assemblées locales, de l'Institut Matsushita de politique et de management ou de la société civile, dont quelques tarento (Yuriko Koike mais aussi l'analyste économique et autre animateur de télévision Banri Kaieda). Ce parti milite essentiellement pour une modification des pratiques politiques (et notamment pour plus de transparence dans le processus de décision, la lutte contre la corruption, le rajeunissement des cadres dirigeants et une meilleure représentation des femmes) sur le modèle du parlementarisme anglo-saxon et pour des réformes structurelles libérales allant dans le sens d'une réduction du poids de l'administration d'État, de la décentralisation et de la dérégulation. Yuriko Koike est la présidente du Comité de recherche politique du parti (ce qui en fait la numéro quatre, après le président Hosokawa, le vice-président Kunitarō Takeda et le secrétaire général Satoshi Arai, elle est chargée de l'élaboration du programme) de à , puis est vice-présidente du mouvement, partageant ce titre avec Satsuki Eda, de à .

Koike entre pour la première fois à la Diète sous cette étiquette en étant l'une des quatre élus du nouveau parti à la Chambre des conseillers, la chambre haute du parlement japonais, le . Elle était la deuxième candidate sur la liste du NPJ emmenée par Morihiro Hosokawa dans la circonscription proportionnelle nationale, qui obtient , 8,05 % des suffrages exprimés et quatre sièges.

Elle passe ensuite à la Chambre des représentants à la suite des élections législatives du . Elle est élue avec le deuxième meilleur score pour cinq sièges à pourvoir au vote unique non transférable dans l'ancien de sa préfecture natale, où son père avait tenté, sans succès, d'obtenir un siège en 1969. Elle totalise et 15,1 %, arrivant derrière la sortante Takako Doi, ancienne présidente du Parti socialiste japonais (PSJ) et de ce fait chef de l'opposition de 1986 à 1991. Elle fait donc partie de la « coalition anti-PLD, anti-communiste » qui provoque la première alternance politique depuis 1955 et porte Morihiro Hosokawa au poste de Premier ministre d' à . Yuriko Koike est d'ailleurs membre de son gouvernement sans faire partie toutefois du Cabinet, en tant que vice-ministre parlementaire (équivalent de sous-secrétaire d'État) auprès du ministre d'État et directeur général de l'Agence de Gestion et de Coordination Kōshirō Ishida (membre du parti centriste et d'inspiration bouddhiste Kōmeitō). Elle est également honorée dans la première promotion des « » (GLT) désignés par le Forum économique mondial en 1993 « », site officiel du Forum économique mondial..

Aux côtés d'Ichirō Ozawa

Cette alliance très hétérogène éclate toutefois en au profit d'une Grande coalition unissant le PLD au PSJ et à la petite formation centriste et progressiste du Nouveau parti pionnier (ou Nouveau parti Sakigake, NPS). Yuriko Koike participe alors, comme les autres membres du NPJ, à la création le du Parti de la nouvelle frontière (PNF ou Shinshintō), nouveau mouvement d'opposition principal à la Grande coalition sur une base réformiste libérale. Elle déclare à cette occasion : . Le premier président du parti, l'ancien Premier ministre libéral-démocrate Toshiki Kaifu, la nomme au poste de secrétaire générale adjointe (secondant à ce poste Ichirō Ozawa) et de directrice du bureau des affaires internationales « », sur son site officiel en anglais., fonctions qu'elle conserve jusqu'en . Puis, lorsqu'Ichirō Ozawa est élu face à son ancien allié devenu principal rival Tsutomu Hata (dernier chef du gouvernement anti-PLD de manière éphémère en 1994) le pour succéder à Toshiki Kaifu à la tête du parti, il fait de Yuriko Koike (qui a fait partie de ses principaux soutiens durant la campagne) son assistante à la présidence. Elle participe également à l'organisation de la fédération du Shinshintō dans la préfecture de Hyōgo dont elle est la vice-présidente à partir de .

Aux élections législatives du , les premières à appliquer la réforme électorale de 1994 (l'une des principales mesures prises par la coalition anti-PLD), Yuriko Koike est la candidate du Shinshintō au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans le nouveau de la préfecture de Hyōgo (soit la partie nord de l'ancien ). Elle y est élue de peu, avec et 38,3 % des suffrages exprimés, soit seulement et de plus que le libéral-démocrate Yoshihide Sakaue. À la suite de ce scrutin, qui voit le Shinshintō rester la principale force d'opposition avec (soit quatre sièges de moins que dans l'assemblée sortante), Yuriko Koike abandonne sa position d'assistante d'Ichirō Ozawa pour prendre à la place la présidence du comité des campagnes électorales du parti. Elle devient également la présidente de la commission des Sciences et des Technologies de la Chambre des représentants le temps d'une session de à .

vignette|Yuriko Koike en . Le Shinshintō se dissout le et s'éclate en plusieurs petits mouvements (dont plusieurs vont rejoindre le Parti démocrate du Japon, ou PDJ, qui avait été créé par des dissidents de la Grande coalition qui souhaitaient incarner une « troisième voie » sur le modèle du britannique de Tony Blair ou des américains de Bill Clinton), essentiellement en raison de la personnalité contestée d'Ichirō Ozawa. Yuriko Koike, avec les autres parlementaires qui sont restés fidèles à ce dernier, participe alors à la création, le , du Parti libéral. Elle en devient la présidente déléguée du comité des relations publiques jusqu'au puis, après l'entrée du parti dans une nouvelle coalition gouvernementale avec le PLD de Keizō Obuchi (la Grande coalition ayant éclaté en 1998), tout en restant membre de ce comité, elle devient aussi une des secrétaires exécutives (à savoir membre du bureau politique) jusqu'en . Elle retrouve ensuite de nouveau une fonction mineure dans le gouvernement, toujours sans être au Cabinet, à l'occasion d'un remaniement ministériel le opéré pour permettre l'entrée d'un nouveau partenaire de coalition, le Nouveau Kōmeitō. Elle devient ainsi vice-ministre parlementaire auprès du ministre d'État et directeur général de l'Agence de planification économique Taichi Sakaiya, tout particulièrement chargée à partir du du « Nouveau millénaire ». Après l'hospitalisation de Keizō Obuchi (qui aboutit finalement à son décès) et son remplacement par Yoshirō Mori, Koike est reconduite au même poste dans le premier gouvernement de ce dernier jusqu'au . C'est à cette époque que, avec d'autres élus libéraux, elle rompt avec Ichirō Ozawa.

Du parti conservateur au PLD

En effet, à l'approche des élections législatives prévues en 2000 (et finalement organisées le ), Ichirō Ozawa souhaite retourner dans l'opposition, du fait de l'échec des négociations avec le PLD pour arriver à un accord électoral qui lui convienne et de l'arrivée à la tête du gouvernement de Yoshirō Mori avec lequel il s'entend moins bien. Cependant, Yuriko Koike, comme les autres membres libéraux du gouvernement et une moitié des parlementaires ( et ) souhaitent au contraire rester dans la majorité : ils créent le le Parti conservateur (PC ou Hoshutō), et Koike en devient la présidente du comité des relations publiques.

Yuriko Koike est donc réélue sous cette nouvelle étiquette, et avec le soutien du PLD, dans le de Hyōgo. Elle obtient un plus faible score qu'en 1996, mais se maintient en tête grâce notamment à la division de l'opposition non-communiste à travers trois candidatures (le trentenaire démocrate Kōichirō Ichimura, la quinquagénaire sociale-démocrate Tomoko Nakagawa et une autre candidate de la petite Ligue libérale). Elle gagne en effet (plus de moins que quatre ans auparavant) et 33,8 % des suffrages ( de moins), avec et de plus qu'Ichimura. Après le vote, duquel le Parti conservateur est ressorti avec seulement (alors que le Parti libéral en a ), Yuriko Koike voit ses fonctions renforcées au sein de l'exécutif du mouvement : comme elle l'avait déjà fait pour le Shinshintō, elle en dirige le bureau des affaires internationales jusqu'en , tout en conservant également la présidence du comité des relations publiques et en devenant la vice-présidente du comité de recherche politique (où elle seconde Ki'ichi Inōe) jusqu'en .