Joséphine Dubray, dite aussi Giuseppina Dubray, née à Paris le et morte à Vienne (Autriche-Hongrie) le , est une photographe daguerréotypiste française qui a exercé en Italie et l'une des rares femmes à avoir contribué à la diffusion du daguerréotype hors de France.
Biographie Famille et jeunesse Angélique Joséphine Gabrielle Dubray, née en 1818 à Paris, dernière enfant de Jean Pierre Dubray et Marie Joséphine Louise FourcadeActe de naissance du , reconstitué après le , Paris (ancien), Archives de Paris, mariés en 1810. Elle a deux frères aînés, Charles Florimond, né en 1812, et Vital Gabriel, né en 1813.
Sa famille compte plusieurs artistes. Son père est sculpteur sur bois. Son frère, Vital Gabriel Dubray, est sculpteur et père de : Charlotte Dubray, également sculptrice et épouse du peintre Albert Besnard ; Séverine Dubray, peintre miniaturiste ; Giovanna Dubray, sculptriceDictionnaire Bénézit..
En 1842, à Gênes, Joséphine Dubray donne naissance à un enfant naturel né de père inconnu, Luigi Augusto Dubray. En 1847, à Milan, elle accouche d'un second fils naturel, Alberto Emilio Giuseppe, qui porte le nom de son père, l'artiste peintre italien , né en 1809 à CesenaActe de naissance , , Cesena, Archivio di Stato di Forlì (vue 163/209). Le , les deux parents, se marient tardivement à Paris, où ils résident 23, rue de Douai, légitimant AlbertoArchives de Paris Acte de mariage dressé au 9 arrondissement, vue 17 / 31. Vital Gabriel Dubray est l'un de leurs témoins de mariage. Antonio Pio meurt le en leur domicile parisien du 30, rue Rodier Archives de Paris Acte de décès dressé le 31/12/1871 au 9 arrondissement, vue 18 / 20 et il est inhumé au cimetière de MontmartreRegistre journalier d'inhumation, , cimetière de Montmartre, Archives de Paris.
Devenu photographe, Luigi Dubray meurt en 1900 à Milan. L'un de ses fils, Joseph Dubray, émigré aux États-Unis en 1910, devient directeur de la photographie. Alberto Pio meurt à Gênes le à 64 ansAntenati Acte de décès , vue 306 / 1918.
Carrière vignette|180x180px|Boîte à daguerréotypes au nom de Giuseppina Dubray, avec une adresse à Milan (Fonds bibliothèque comunale Mozzi Borgetti, Macerata) Guia Lelli Mami, « Da Parigi con dagherrotipo », La Rivista IBC, 2018, , note 16.. En 1839, le daguerréotype, procédé photographique mis au point par Nicéphore Niépce et Louis Daguerre, est officiellement présenté à l'Académie des sciences à Paris. et son brevet acquis par l’État français R. Derek Wood, « », (Taylor & Francis: Royaume-Uni), , (5), . lire en ligne.. Après en avoir appris la technique, plusieurs photographes voyageurs diffusent le procédé hors du pays, en Allemagne, en Angleterre ou encore en Italie. Selon la Gazzetta di Genova, un certain Charles Dubray, , se trouve à Gênes en 1842 : élève de Daguerre, il vient de Paris et fait preuve d'une grande maîtrise technique. Il s'agit probablement de Charles Florimond Dubray, frère aîné de Joséphine Dubray qui à la même époque se trouve aussi à Gênes où elle accouche de son premier enfant, Luigi. Les parrain et marraine de l'enfant sont l'oncle paternel de Joséphine Dubray, Jean-Baptiste Dubray, et son épouse Louise Hornig, allumeurs de réverbères et résidents génois. Luigi Dubray affirmera plus tard être né « par hasard » à Gênes. Charles Dubray quitte la ville en .
À Gênes, Joséphine Dubray, connue sous le prénom Giuseppina, fait la connaissance de Stefano Pescio, un des premiers génois à pratiquer la daguerréotypie, et de son fils Adolfo, pianiste et photographe amateur. En , elle poursuit son voyage en Émilie-Romagne et arrive en juillet à Parme munie d'une lettre de recommandation des Pescio père et fils pour le graveur Paolo Toschi. Elle s'établit dans le quartier Felino, casa Grassetti, et propose des portraits au daguerréotype qu'elle signe « J. Dubray » sur le côté droit de la plaque. Elle se rend à Bologne en août puis à Florence en septembre, proposant par ailleurs et bénéficiant de publicité dans la presse où elle est présentée comme une élève de Daguerre.
L'année suivante et jusqu'en 1846, Joséphine Dubray travaille à nouveau en Émilie-Romagne, passant par Forlì en décembre 1845, puis à Cesena où elle tombe amoureuse du peintre et copiste Antonio Pio. Tous deux collaborent et ouvrent un atelier de dagueorréotypie à Cesena. En 1847, ils sont à Milan lorsque naît leur fils naturel et ne semblent pas être retournés à Cesena. L'atelier est vendu en 1856, marquant probablement la fin de l'activité professionnelle de Joséphine Dubray.
Après la photographie Joséphine Dubray s'installe à Paris avec son compagnon et leur fils Alberto et, en 1865, quand son mariage avec Antonio Pio est finalement célébré, elle est dite sans profession. En 1868, Alberto intègre la première promotion d'architecture de l'école des Beaux-Arts, où il reçoit plusieurs distinctions et prix. Après la mort de son mari en 1871, Joséphine Dubray quitte Paris et elle réside à Milan en 1877 lorsque son fils Luigi s'y marie. Elle est dite . En 1880, elle s'installe avec Alberto en Autriche, au 25 Margarethenstrasse à Vienne. Le , Alberto se marie à Gênes avec Maria PescioAntenati Acte de mariage , vue 71 / 483, la fille d'Adolfo Pescio qu'il a probablement rencontrée par l'intermédiaire de son frère Luigi, puis le couple s’établit aussi à Vienne.
Dans ses souvenirs parus en 1924, Louise Scala, une ancienne professeure de français émigrée à Vienne au début des années 1880, évoque ses liens avec Joséphine Dubray dont elle a fait la connaissance en donnant des cours à sa belle-fille Maria. Elle raconte : Louise Scala s'établit au 33, Favoritenstrasse, tout près du domicile des Pio, et les fréquente avec assiduité. Les anciennes activités professionnelles de Joséphine Dubray ne sont toutefois jamais évoquées dans son récit.
Joséphine Dubray meurt en son domicile à Vienne, au 42, Favoritenstrasse, le , à l'âge de 85 ans. Elle est inhumée le suivant au cimetière central de VienneSite Matricula Registre de la paroisse Sainte-Elisabeth de Vienne, folio Tod-0008, .
Toute son œuvre semble avoir été perdue. Ne subsiste de son travail de photographe qu'une étiquette d'une boîte de daguerréotypes à son nom et dont l'adresse pourrait être celle d'une rue de Milan. Elle est conservée à la à Macerata.
Sources
Généalogie de Joséphine Dubray et documents d'archives, FamilySearch
Bibliographie
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Notes et références
Notes
Références
Liens externes
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